Yemen

Première mission avec A.M.I. : administrateur pour la mission Yémen

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Après un stage desk au siège d'A.M.I., Alexandre Schwall a fait ses premiers pas sur le terrain en tant qu'administrateur, à Hodeidah.

Alexandre Schwall, ancien stagiaire assistant desk au siège d'Aide Médicale Internationale, revient de sa première expérience sur le terrain. Une mission de trois mois en renfort sur le poste d'administrateur au Yémen, o=F9 A.M.I. appuie des centres de santé dans le gouvernorat d'Hodeidah, l'un des plus pauvres du pays. Présente depuis 2007, A.M.I. y agit pour l'accès aux soins de qualité de plus de 142 500 personnes. En trois mois de mission, Alexandre aura pu découvrir tous les volets d'une mission A.M.I. et contribuer concrètement au fonctionnement de celle-ci.

Arrivée d'une clinique mobile pour une séance de consultations

Votre stage au sein d'Aide Médicale Internationale était votre premier contact avec le monde de l'humanitaire, d'o=F9 vous est venu l'engouement pour ce milieu ?

J'étais étudiant à l'Institut d'Etudes du Développement Economique et Social (IEDES) en Master « Gestion des situations de crise ». Cette formation couvrait l'ensemble des situations de crise qui peut exister (catastrophes naturelles, conflits armés, etc.) et m'a amené à découvrir les problématiques liées à la gestion des conflits armés. Il existe plusieurs manières d'agir dans ce domaine et je savais que l'humanitaire était une porte d'entrée possible pour découvrir l'ensemble des acteurs de l'aide internationale. J'ai donc effectué des recherches sur différentes ONG. Je n'avais pas en tête un domaine d'intervention précis (médical, droits de l'homme, etc.), c'est la démarche opérationnelle d'A.M.I. qui m'a séduit : les programmes répondent aux besoins immédiats des populations, en matière de soins par exemple, tout en posant les bases pour l'après en visant l'autonomie des populations. C'est une position particulière de l'association à laquelle j'ai rapidement adhéré, parce qu'elle s'applique à intégrer « Urgence » et « Développement » dans son approche opérationnelle.

L'avantage d'une structure comme A.M.I., quand on découvre le fonctionnement d'une ONG comme moi c'est qu'on a rapidement une vision d'ensemble. La taille de l'association (et les gens qui y travaillent !) en fait un endroit convivial, o=F9 il y est plus facile de s'y intégrer professionnellement.

Vous avez effectué votre stage au sein du desk 2 en charge des missions Soudan, Afghanistan et Haïti. Vous assistiez à la fois la chargée de gestion financière sur le suivi budgétaire des missions, et la responsable des opérations dans la rédaction de propositions d'opérations ou de rapports à remettre aux bailleurs. Votre passage au siège vous a-t-il permis d'avoir une meilleure compréhension des enjeux du terrain ?

Outre mon envie de découvrir le milieu de l'humanitaire, j'espérais également pouvoir compléter mon passage au siège par une expérience de terrain. De ce point de vue, je peux dire que je n'ai pas été déçu : mon passage au siège m'a donné une vision plus nette des différents corps de métiers de l'humanitaire, au-delà de l'opérationnel, comme le travail du service médical ou du service communication. =C0 l'issue de mon stage, je suis parti en renfort sur le terrain pendant trois mois en tant qu'administrateur au Yémen.

C'est une mission typique d'A.M.I. puisqu'il s'agit d'appuyer des centres de santé. Dans le gouvernorat d'Hodeidah. A.M.I. est présente dans le district urbain d'Al Hali et dans le district rural d'Al Marawa. Dans le premier, les soins de santé primaires s'accompagnent d'une attention particulière portée à la santé reproductive. Dans le district rural, en consortium avec Triangle GH (qui s'occupe du développement agricole) A.M.I. développe des activités de nutrition en plus des aspects habituels de supervision, d'approvisionnement en médicaments et mobiliers, de formation et de suivi épidémiologique.

Quel était votre rôle au sein de la mission et comment avez-vous appréhendé les nouvelles responsabilités qui vous étaient confiées ?

Je suis parti en renfort sur le poste d'administrateur, pendant 3 mois pour pallier le départ du précédent administrateur local, en recruter un nouveau et le former. Je suis arrivé trois semaines après le départ de l'administrateur et j'ai dû apprendre vite. Il me fallait à la fois me familiariser avec la mission, comprendre les tâches qui m'étaient confiées, et à la fois me mettre au travail tout de suite : il y avait déjà près d'un mois de comptabilité à mettre à jour. J'ai dû comprendre, apprendre et faire en même temps, ce qui n'est pas forcément évident au début, mais permet de rentrer dans le vif du sujet surtout sur une mission courte comme la mienne.

Mon travail quotidien consistait globalement à suivre les dépenses de la mission : assurer le suivi et la validation des factures, entrer toutes ces données dans le logiciel sur lequel j'ai été formé au cours de mon stage. C'est beaucoup de responsabilité car la réalisation des activités repose en grande partie sur une bonne gestion. Il y a également tout un volet ressources humaines avec lequel j'étais le moins familier au départ et qu'il m'a fallu apprendre sur le tas, soutenu par le chef de mission. Je suis notamment arrivé dans une équipe o=F9 j'étais le plus jeune et je me suis parfois retrouvé à demander à des professionnels plus âgés et plus expérimentés de me rendre des comptes, ce qui n'est pas forcément évident au début. J'étais par exemple, celui qui tenait la fiche de présence le matin, faisait pointer le personnel et devait rappeler à l'ordre les retardataires.

Au-delà de la comptabilité de la mission, l'administrateur est également le garant du règlement intérieur de la mission. C'est à lui qu'incombe la tâche de vérifier la validité des contrats, les salaires du personnel, les demandes de congés et d'être en relation avec les autorités locales pour des questions de sécurité sociale du personnel local, par exemple. Le travail d'administrateur demande beaucoup de rigueur, à la fois personnelle et professionnelle. Apprendre à gérer son temps de travail est essentiel car les petites tâches à faire s'accumulent assez rapidement et l'on a vite fait d'être pris par le quotidien.

Cette expérience vous a-t-elle donné une vision plus précise du milieu humanitaire et permis de préciser vos perspectives professionnelles ?

C'est une expérience très formatrice que j'aimerais beaucoup renouveler. Le poste d'administrateur m'a donné une vision d'ensemble du projet car la nature des tâches qui m'étaient confiées impliquait de travailler en collaboration étroite avec les autres services.

Aujourd'hui, j'aimerais repartir sur ce type de poste car il m'a appris beaucoup en très peu de temps. J'aimerais, à terme, mettre à profit les compétences concrètes acquises grâce à mon expérience de terrain en management ou en suivi budgétaire dans la gestion de projet, en rapport avec la culture de la paix.