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WHS des engagements aux actes, 8 septembre 2016

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SYNTHÈSE DES PRINCIPALES CONSTATATIONS

Les engagements issus du Sommet mondial sur l'action humanitaire témoignent du large soutien que recueille le Programme d'action pour l'humanité et ses cinq responsabilités fondamentales. Leur nombre − NOuP QR 3 140 engagements individuels et conjoints à ce jour – est, à lui seul, un signe clair de la volonté de toutes les parties prenantes d'améliorer le sort des millions de personnes qui risquent d'être laissées pour compte en raison de conflits ou de catastrophes.

Les engagements individuels et conjoints couvrent un large éventail de questions abordées dans le rapport et le Programme d'action pour l'humanité du Secrétaire général. Ils font cependant apparaître que certains domaines d'action future génèrent une dynamique et un élan particulier (sans que leur présentation ci-après reflète un ordre de priorité).

  1. Renforcer le respect des règles et le principe de responsabilité au regard du droit international (deuxième responsabilité fondamentale : faire respecter les normes qui protègent l'humanité)
    De nombreux participants ont réaffirmé qu’ils entendaient faire respecter les normes qui protègent l'humanité, notamment en prenant des mesures concrètes pour amener les parties à un conflit armé à se conformer au droit international humanitaire et au droit international des droits de l'homme.

Les engagements ont également porté sur l'adhésion aux instruments fondamentaux, notamment le Traité sur le commerce des armes et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, ainsi que sur le respect par les États Membres du Code de conduite relatif à l’action du Conseil de sécurité contre le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre

Un appel a par ailleurs été lancé aux membres permanents du Conseil de sécurité pour qu’ils s'abstiennent d'exercer leur droit de veto en cas d’atrocités de masse.

La prévention des violences sexistes s’est révélée être un enjeu majeur, qui s’est traduit par des engagements à se rallier à des initiatives mondiales visant à mettre un terme aux violences faites aux femmes et filles, à financer ces actions et à leur apporter tout le soutien approprié.

En outre, de nombreux intervenants ont réaffirmé leur adhésion aux principes humanitaires et ont dit leur détermination à agir pour les promouvoir et les défendre. La pertinence et la place prédominante des principes humanitaires ont été soulignées tout au long des débats du Sommet.

  1. Adopter une nouvelle approche face aux déplacements forcés (troisième responsabilité fondamentale : ne laisser personne de côté)

L'appel lancé par le Programme d'action pour l'humanité enjoignant de réduire les déplacements de populations et de remédier aux problèmes qu’ils posent est arrivé en deuxième place en termes de nombre d'engagements individuels et conjoints recueillis pour un seul changement proposé dans ledit Programme. Ces engagements sont les signes manifestes de l’existence d’un consensus quant au fait que le traitement de situations prolongées de déplacement forcé relève de l’urgence humanitaire et représente aussi une priorité d’ordre politique et en matière de développement.

De nombreuses parties prenantes se sont engagées à répondre tant aux besoins des personnes déplacées qu’à ceux des communautés d'accueil, et plusieurs ont promis d’importantes contributions financières pour aider les pays hôtes. Les participants au Sommet se sont dits conscients de la nécessité de trouver des solutions durables pour les réfugiés et les personnes déplacées et de redoubler d'efforts pour mettre en place un nouveau mécanisme de coopération relatif au partage prévisible et équitable des responsabilités entre les pays d'origine, de transit et de réinstallation.

La nécessité d'avoir accès à une éducation de qualité, en particulier parmi les populations déplacées, a été considérée par beaucoup comme une question exigeant une réponse urgente ; plusieurs engagements importants ont été pris pour veiller à ce que les réfugiés puissent bénéficier d’une éducation de qualité et pour renforcer le soutien apporté en la matière aux pays qui accueillent des réfugiés.

  1. Réaliser l'égalité des sexes et tendre à plus de solidarité (troisième responsabilité fondamentale : ne laisser personne de côté)

La question de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes et des filles a été un thème central du Sommet, et l’on retiendra ici que, sur l’ensemble des engagements qui y ont été pris, près de 20 % ont été consacrés à l’égalité hommes-femmes. Outre les 446 engagements venus conforter la table ronde des dirigeants de haut niveau sur les femmes et les filles, intitulée « Mobilisation de l'action en faveur de l'égalité des sexes », une volonté d'aboutir à de meilleurs résultats en termes d'égalité des sexes a aussi été exprimée dans les six autres tables rondes. L’importance accordée à l'égalité des sexes montre à quel point le Sommet mondial sur l'action humanitaire veut apparaître comme un moment charnière à partir duquel s’est opéré un réel changement qui ait pour effet d’intégrer systématiquement les besoins des femmes et des filles et de les pousser à participer aux processus décisionnels et à accéder à des fonctions dirigeantes.

D'autres engagements et initiatives d’une grande importance ont également été pris dans le cadre de la troisième responsabilité fondamentale, à savoir permettre à des groupes marginalisés, tels que les personnes handicapées et les jeunes, d’être davantage associés à l’action humanitaire et mieux traiter les crises humanitaires dans les villes et les grandes métropoles.

  1. Renforcer, sans les remplacer, les systèmes nationaux et locaux (quatrième responsabilité fondamentale : améliorer les conditions de vie - Fournir une aide ne suffit plus, il faut mettre fin au dénuement)

Le renforcement des systèmes nationaux et locaux, en ce compris l'obligation de rendre des comptes aux populations touchées, est le thème qui a recueilli l’appui le plus large si l'on additionne les engagements individuels ou conjoints et les adhésions aux engagements fondamentaux. Sur les 32 engagements fondamentaux, celui en faveur d'une nouvelle méthode de travail qui réponde aux besoins immédiats des populations tout en limitant les risques auxquels elles sont exposées et leur vulnérabilité, a suscité le plus grand nombre d'adhésions (117 sur 216 parties prenantes).

En outre, 399 engagements individuels ou conjoints en faveur du renforcement des systèmes nationaux et locaux ont été répertoriés à ce jour, ce qui laisse à penser qu’une place plus importante sera progressivement donnée aux efforts de préparation et d'intervention déployés au niveau national et local. Les participants se sont accordés à reconnaître la nécessité de faire davantage appel à des intervenants de première ligne, c.-à-d. des acteurs nationaux et locaux. La cinquième responsabilité fondamentale, qui appelle à investir dans les capacités locales, notamment en augmentant le montant des ressources affectées aux intervenants locaux, a fait l’objet de 88 autres engagements.

De multiples acteurs ont pris des engagements visant à mettre l'individu au centre de l'action humanitaire et à garantir la place qui lui revient dans le processus décisionnel. De très nombreuses parties prenantes se sont engagées à soutenir la Norme humanitaire fondamentale, perçue comme un moyen concret de promouvoir l'obligation de rendre des comptes aux populations touchées par les crises.

Divers engagements ont également fait ressortir l’importance que revêt pour beaucoup le potentiel de transformation qu’offrent les programmes de subventions en espèces, pour lesquels les parties prenantes ont souvent promis de revoir à la hausse leur assistance en espèces.

Plusieurs organisations non gouvernementales et autres acteurs se sont ainsi fixé des objectifs - Mercy Corps, par exemple, a assuré vouloir accroître son aide pécuniaire de 25 %.

  1. Diversifier la base de ressources et affecter les fonds de manière plus efficace (cinquième responsabilité fondamentale : investir dans l'humanité)
    Les résultats issus du Sommet mondial sur l'action humanitaire témoignent d’une profonde aspiration à mettre en place un nouveau mode de financement qui permette non seulement d’augmenter les ressources pour répondre aux besoins humanitaires, mais aussi de réduire ces besoins en atténuant les risques et la vulnérabilité des populations. De nombreux engagements ont été pris pour améliorer le volume, la diversité et la qualité des aides humanitaires, notamment en mobilisant le financement social islamique, en faisant appel à des partenaires non traditionnels, y compris le secteur privé, et en instituant des conditions plus favorables aux transferts de fonds.

Plusieurs États Membres se sont engagés à porter le Fonds central pour les interventions d'urgence à 1 milliard de dollars d'ici 2018. De très nombreux donateurs et organismes d'aide humanitaire ont uni leurs forces dans le cadre d'un « grand compromis » multiforme et se sont dit déterminés à améliorer l’efficacité du financement de l’aide humanitaire.