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Vers l’intégration de l’approche genre dans la prévention et la gestion de l’insécurité alimentaire - Analyse critique du cadre d‟analyse HEA /AEM

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Résumé

Malgré l‟abondance de la production alimentaire mondiale, les populations du Sahel et de l‟Afrique de l‟Ouest souffrent fréquemment de faim et de malnutrition. En 2012, tous les pays de la région ont été de nouveau exposés à une insécurité alimentaire massive, en raison de la sécheresse, des pluies rares, des piètres récoltes, de la flambée des prix des aliments et des déplacements intensifs de populations. Selon les estimations des Nations Unies, cette crise avait condamné plus de 18 millions de personnes à l‟insécurité alimentaire et nutritionnelle (FAO, 2012 : 9).

Comprendre pourquoi les populations souffrent d‟insécurité alimentaire et analyser les causes sous-jacentes est fondamental pour planifier des interventions appropriées. Dans la pratique, la mesure et l‟analyse de la sécurité alimentaire présente un défi technique en raison de la complexité et de la multi-dimensionnalité de ce concept. Actuellement, l‟analyse de la sécurité alimentaire en situations d‟urgence repose sur trois piliers: i) les disponibilités alimentaires, ii) l‟accès à l‟alimentation et iii) l‟utilisation des aliments (PAM, 2009).

L‟Approche de l‟Economie des Ménages (AEM/HEA), développée dans les années 90 par l‟ONG internationale Save the Children-UK, est actuellement l‟un des outils les plus utilisés par le système d‟alerte précoce dans la région du Sahel pour appréhender le pilier d‟accès. En partant du principe que les ménages ont un accès plus ou moins difficile aux aliments en fonction de leur niveau de pauvreté, cet outil cherche à comprendre leur économie alimentaire et à mesurer l‟impact des chocs sur celle-ci, en vue d‟orienter l‟aide vers ceux qui seraient les plus vulnérables. Seulement, le HEA, ne s‟intéresse pas à la situation spécifique de chaque individu à l‟intérieur du ménage, étant donc incapable d'analyser la manière dont les chocs touchent les femmes et les hommes et comment chacun d'entre eux essaie d‟y faire face. Cette lacune représente l‟une des grandes faiblesses de ce système puisqu‟il néglige une dimension clé dans la compréhension de « qui, aujourd‟hui, risque le plus d‟être exposé à l‟insécurité alimentaire et à la malnutrition au Sahel et pourquoi » -pour reprendre les termes de la brochure du projet HEA-SAHEL-.

Ce rapport, structuré en trois parties, est le résultat d‟une étude lancée par Oxfam Intermón, dans le cadre du projet de recherche SARAO (Sécurité Alimentaire et Résilience en Afrique de l‟Ouest), qui cherche à apporter des réflexions critiques et des pistes d‟action pour perfectionner le cadre d‟analyse HEA grâce à une démarche qui tient compte des Inégalités de Genre.

La première partie du rapport est consacrée à l‟approche méthodologique adoptée et aux techniques employées pour la collecte et l‟analyse de l‟information. D‟un côté, l‟analyse Genre a été au cœur de la démarche suivie et a consisté à examiner de nouvelles dimensions telles que la répartition et l'organisation des rôles, des responsabilités et des ressources entre les femmes et les hommes afin de mettre en lumière leur importance dans l‟analyse de la sécurité alimentaire. De l‟autre côté, la collecte des informations sur le terrain s‟est faite au Burkina Faso, à travers des entretiens semi-dirigés et des questionnaires auprès de profils différents, en fonction de l‟objectif recherché dans chaque étape de l‟étude.