UNICEF Action humanitaire pour les enfants en 2018 (Vue d’ensemble)

Report
from UN Children's Fund
Published on 30 Jan 2018 View Original

AVANT-PROPOS
Action humanitaire pour les enfants en 2018

L’année 2017 a été impitoyable pour les enfants.

Aujourd’hui, un enfant sur quatre dans le monde vit dans un pays en conflit ou ravagé par des bouleversements majeurs. Près de 50 millions de filles et de garçons ont dû fuir de chez eux en raison de violences, de la pauvreté ou de catastrophes naturelles.

Ces chiffres soulignent une réalité alarmante : l’impact des crises humanitaires sur les enfants a atteint des niveaux effroyables.

Dans tant d’endroits dans le monde, la brutalité des affrontements engendre des besoins humanitaires à des degrés critiques. Au cours de l’année 2017, les conflits qui font rage depuis des années notamment en République démocratique du Congo, en Irak, au Nigeria, au Soudan du Sud, en République arabe syrienne et au Yémen n’ont cessé de s’intensifier et de se complexifier.

Pour les enfants touchés par ces guerres, la vie au quotidien est un cauchemar. L’année passée, ces filles et ces garçons ont dû faire face à la menace constante de la violence. Beaucoup ont été déracinés. Beaucoup ont eu faim. Beaucoup ont contracté des maladies meurtrières, les infrastructures et services de santé, d’assainissement et de ravitaillement en eau potable ayant été mis hors d’usage.
Au Bangladesh par exemple, le regain de violences au Myanmar a provoqué un afflux massif de réfugiés Rohingyas dont un grand nombre d’enfants, en août 2017. Devant l’ampleur de l’exode, les camps d’accueil provisoires ont été dépassés, offrant des conditions d’hygiène et d’assainissement déplorables, à l’origine du développement d’épidémies de maladies liées à l’eau.

L’année 2017 a été également marquée par un nombre sans précédent de flambées de choléra, en particulier dans les territoires en conflit comme la République démocratique du Congo, l’Irak, le nord-est du Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen. Dans bien des cas, la violence des affrontements et l’effondrement des services publics ont conduit à la rupture des systèmes d’assainissement, renforçant la propagation du choléra et créant une situation d’urgence dans l’urgence.

Ce qui motive l’action de l’UNICEF, c’est de savoir que derrière chaque urgence, derrière chaque statistique inconcevable, derrière chaque récit d’atrocités, derrière l’exil et la faim, se trouve une petite fille ou un petit garçon. Un enfant qui devrait être scolarisé, mais qui ne l’est pas, son école ayant été endommagée ou détruite. Un enfant seul et effrayé, car séparé de ceux qu’il aime. Un enfant qui meurt du choléra, maladie tout à fait évitable.

Migrant, réfugié ou déraciné dans son pays, un enfant est un enfant, et tous les enfants doivent être protégés. Tous les enfants doivent pouvoir rester avec leur famille et avoir la chance d’aller à l’école. Peu importe la situation.

À l’UNICEF, l’un des principes fondamentaux de notre action est de prendre en compte les besoins complexes et spécifiques de chaque enfant dont la vie a été suspendue en raison d’une crise humanitaire. Le rapport Action humanitaire pour les enfants en 2018 réaffirme cet engagement. Il décrit les résultats que nous avons atteints avec l’appui de nos partenaires sur le terrain en 2017, les stratégies que nous déploierons pour relever les défis de 2018, ainsi que le soutien de nos donateurs si essentiel à notre capacité d’intervention.

Vous y découvrirez des informations sur nos actions dans des pays comme le Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen, où les effets combinés des conflits, des déplacements de population, de la sécheresse, de la rareté de l’eau et de la fragilité des infrastructures ont élevé le risque de famine en 2017 et exposé près de 1,4 million d’enfants au risque imminent de famine. Dans chacun de ces pays, l’UNICEF et ses partenaires étaient sur le terrain pour apporter de l’aide avant même que la menace de famine n’ait atteint son seuil critique.

Par exemple, en Somalie, les donateurs se sont manifestés très tôt, permettant une augmentation massive des services et une assistance prolongée. À novembre 2017, l’UNICEF et ses partenaires avaient traité plus de 220000 enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère et étaient venus en aide à près de 1,8 million de personnes touchées par la sécheresse, en leur donnant un accès temporaire à de l’eau potable et en renforçant le contrôle des flambées de choléra et d’autres maladies transmises par l’eau.

Même là où les besoins sont les plus urgents, l’UNICEF s’attache à déployer une aide humanitaire visant le développement et des effets à long terme. Dans la partie ouest de Mossoul, en Irak, l’UNICEF a investi dans la réparation et la reconstruction des réseaux de distribution d’eau afin de répondre aux besoins immédiats de la population tout en contribuant à la mise en place d’un système plus durable dont la collectivité continuera à bénéficier dans les années à venir.

Ces résultats et les avancées décrites dans cet appel ont été possibles grâce au soutien remarquable de nos donateurs. Tandis que nous poursuivons notre action dans des situations humanitaires plus complexes, dont un grand nombre se distingue par la dangerosité de leurs contextes opérationnels et les obstacles à l’accès humanitaire, votre soutien est primordial. À l’aide de vos contributions flexibles, nous pouvons intervenir rapidement et allouer des ressources là où les besoins sont les plus importants. Grâce à votre générosité, nous pouvons aider chaque enfant dans les situations de crise à retourner à l’école, à retrouver sa famille, à échapper aux maladies évitables et à avoir accès aux nutriments et à l’eau potable essentiels à sa survie et à son développement pour devenir un adulte en bonne santé.

Ensemble, nous pouvons donner à chaque enfant bénéficiaire de nos actions la chance de survivre aujourd’hui et de s’épanouir demain.

Omar Abdi
Directeur général adjoint de l’UNICEF