Une deuxième révolution: 30 ans de droits de l’enfant et un programme inachevé

Avant-propos

La Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, adoptée il y a 30 ans, a contribué à une transformation d’ampleur historique. La plupart des indicateurs attestent que la vie des enfants est aujourd’hui, en moyenne, considérablement meilleure qu’il y a 30 ans. Des centaines de millions d’enfants supplémentaires sont vaccinés, mangent sainement, vivent en toute sécurité et vont à l’école. Les lois et les politiques reconnaissent les droits des enfants comme jamais auparavant.

Mais ce n’est pas le moment de se réjouir. Dans les bidonvilles, les zones de conflit, les camps de migrants et les villages reculés, il y a des millions d’enfants dont la vie ne s’est pas améliorée. Ils ont faim, ils sont malades et laissés sans éducation. Beaucoup d’entre eux font l’objet de brutalités, de sévices, d’exploitation et de négligence. Souvent, ce sont les conséquences d’une discrimination fondée sur la race, la caste, la religion, le genre (en particulier envers les filles), l’orientation sexuelle, ou le handicap. Ces enfants sont ceux qui ont été laissés pour compte. Leur situation trahit un grave manquement aux promesses faites aux enfants en 1989.

La Convention relative aux droits de l’enfant est le traité le plus largement ratifié de toute l’histoire.
Les objectifs de développement durable ont été approuvés par tous les gouvernements. Tous les deux sont étroitement liés. Les ODD ne peuvent être atteints sans réaliser les droits de tous les enfants, et inversement.

Ce rapport en appelle aux États à remplir leurs engagements avec une vigueur, une urgence et une imagination renouvelées, afin que tous les enfants puissent grandir en bonne santé, avec une éducation, à l’abri des violences et en étant libres de décider de leur vie.

Mais cette tâche ne peut être menée par les États seuls. Nous sommes les six plus grandes ONG internationales dédiées à l’enfance dans le monde. Aussi, nous pensons avoir une importante contribution à apporter.

Nous nous engageons à travailler avec les autres à l’élaboration de solutions concrètes qui protègent les droits des enfants, et à la défense des principes de la CDE. Nous nous efforcerons d’améliorer notre propre responsabilité envers les enfants et de leur apporter notre soutien pour guider les décisions qui façonnent leur existence. Et nous travaillerons avec d’autres pour suivre les progrès accomplis et défendre les droits des enfants.

Agissons dans l’intérêt supérieur de tous les enfants. Le moment est venu de tenir parole.

Anne-Birgitte Albrectsen, Plan International
Meg Gardinier, ChildFund Alliance
Norbert Meder, SOS Villages d’Enfants International
Delphine Moralis, Terre des Hommes Fédération
Internationale
Andrew Morley, World Vision International
Helle Thorning-Schmidt, Save the Children
International