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Un seul monde N° 4 / décembre 2021 [FR/DE/IT]

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LA RECHERCHE FAVORISE UN CHANGEMENT POSITIF ET DURABLE

Ces dernières années, nous avons assisté à une dégradation progressive, mais marquée des valeurs démocratiques. Nous avons aussi été confrontés à des défis de plus en plus urgents en matière de changement climatique et de durabilité. La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la fragilité de notre espèce et a eu un impact dévastateur sur la sécurité alimentaire de millions de personnes, plongeant nombre d’entre elles dans la pauvreté.

La Suisse s’est adaptée à cette évolution, en finançant des programmes qui répondent à des problèmes globaux tels que le changement climatique, l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, la santé et la migration, ou en renforçant ce que l’on appelle le nexus entre l’aide humanitaire, la coopération au développement et la promotion de la paix. La recherche, thème du dossier de ce numéro, favorise incontestablement des changements positifs et durables.

Le Myanmar, un pays confronté à de multiples défis, a accompli ces dernières années des progrès considérables en termes de réduction de la pauvreté et de transition vers la démocratie. Cependant, après la prise du pouvoir par l’armée et la crise provoquée par le nouveau coronavirus, le pays s’est retrouvé au bord de l’effondrement économique et de la guerre civile. En tant que responsable de la coopération internationale au Myanmar, je suis directement confronté à la souffrance de la population qui s’est en grande partie opposée à l’intervention de l’armée. La souffrance n’est pas seulement matérielle, mais aussi spirituelle, car les militaires ont volé aux gens leurs rêves d’un avenir meilleur.

Dès le premier jour de la crise, nous avons adapté nos programmes pour continuer à soutenir la population et trouver des stratégies visant à résoudre les conflits. Dans ce numéro, un article donne la parole aux jeunes qui ont vécu les événements tragiques du 1er février, tandis que deux témoignages montrent comment les citoyens et les acteurs institutionnels comme la DDC ont réagi à la nouvelle situation.

Au Myanmar, la DDC soutient deux projets qui recourent à des données scientifiques pour résoudre des problèmes concrets. En 2020, l’Union internationale pour la conservation de la nature a lancé, à travers le programme BRIDGE, une initiative qui a pour but de former les différentes communautés vivant le long de la section birmane du fleuve Salouen à la gestion durable du bassin et à la résolution des multiples conflits. Depuis plusieurs années, l’Université de Berne mène un projet qui, grâce à l’utilisation de données GPS, favorise la prise de décisions éclairées ainsi qu’une utilisation plus durable et moins conflictuelle des terres et des ressources naturelles. L’interruption de la collaboration avec les autorités militaires oblige les responsables des deux projets à repenser leur mise en œuvre, sans toutefois remettre en cause leurs objectifs à long terme.

Comme vous le découvrirez dans le dossier de ce numéro, la DDC soutient, en collaboration avec le Fonds national suisse de la recherche scientifique, des universités, les écoles polytechniques fédérales et des institutions multilatérales, différents projets qui contribuent à trouver des solutions innovantes pour améliorer durablement la qualité de vie des populations du Sud. En plus de répondre aux besoins concrets des gens, les projets renforcent leurs capacités et impliquent activement les scientifiques des pays partenaires. Cet effort n’est pas dénué de difficultés, mais il est certainement payant à long terme. C’est la clé du succès de cette approche.

Giacomo Solari
Chef adjoint de la Mission suisse, responsable de la coopération internationale au Myanmar