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Swiss Peace Supporter: Swiss specialists in African Training Centres / Les spécialistes suisses dans des centres de formation africains [EN/DE/FR/IT]

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Chers Peace Supporters,
Chères lectrices, chers lecteurs,

Depuis le 1er janvier 2020, je suis responsable, en tant que nouveau commandant du Centre de compétences SWISSINT, de la mise en œuvre du troisième mandat de notre armée. Cette fonction m’a été confiée après le décès subit de mon prédécesseur, le colonel EMG Franz Gander. J’ai pu succéder à un commandement bien conçu et fonctionnel. Mes activités sont axées sur le maintien de la qualité et de la quantité des missions de promotion de la paix de l’Armée suisse à son niveau élevé actuel.

Un secteur de la promotion militaire de la paix est constitué par l’envoi de membres de l’armée dans des régions en crise où ils contribuent, dans le cadre de missions des Nations Unies, à réunir les conditions favorisant la progression lente et ardue vers la coexistence pacifique d’une société marquée par la guerre et la destruction. Un autre secteur est constitué par le développement des capacités, qui représente un élément de la promotion militaire internationale de la paix dont on ne saurait plus se passer aujourd’hui. L’Armée suisse s’engage depuis 2006 déjà dans le développement des capacités en mettant par exemple du personnel qualifié à la disposition de divers centres de formation en Afrique, et elle assure ainsi la diffusion de savoir-faire précieux. Ce secteur comprend aussi la participation au Projet de partenariat triangulaire des Nations Unies pour le déploiement rapide de capacités de génie civil (UN TPP ARDEC) dans le but d’améliorer les capacités de génie technique disponibles pour les missions des Nations Unies en Afrique.

Dans le secteur du développement des capacités, l’Armée suisse est en mesure de fournir une contribution inestimable à une promotion militaire de la paix efficace et durable grâce à son système de milice et à la disponibilité de spécialistes hautement qualifiés issus des secteurs professionnels les plus divers. En tant que commandant, j'œuvrerai au maintien de ce secteur de la promotion internationale de la paix.

Colonel EMG Alexander Furer
Commandant du Centre de compétences SWISSINT

Texte Sandra Stewart-Brutschin, Communication SWISSINT

Un élément important de la promotion militaire de la paix est constitué par ce qu’il est convenu d’appeler le développement des capacités, dont le but est de transmettre un précieux savoir-faire dans le domaine du soutien de la paix. L’Armée suisse s’engage depuis 2006 déjà en soutenant des centres de formation africains tant sur le plan du personnel que des finances.

Le grand moment est arrivé en janvier 2006 : le premier officier suisse entrait en fonction en tant que directeur des cours du Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre (KAIPTC) à Accra, Ghana. Le KAIPTC est aujourd’hui l’une des institutions de recherche et de formation africaines les plus importantes dans le domaine de la prévention des conflits et de la promotion de la paix. Depuis sa création il y a seize ans, le Centre a préparé plus de 18000 militaires, policiers et civils à des opérations de paix multidimensionnelles et les a formés dans des thématiques aussi diverses que l’analyse des conflits et la médiation, la réforme du secteur de la sécurité, la coopération entre civils et militaires, la protection de la population civile, le droit de la guerre ou la planification et la logistique. Le DDPS soutient le Centre en déléguant du personnel et en finançant deux cours annuels, alors que le DFAE assure par ailleurs le financement d’un cours supplémentaire.

Les expériences positives faites ont incité les auteurs du rapport sur l’armée 2010 à relever que dans le domaine de la promotion militaire de la paix, l’une des priorités devait être donnée à « l’envoi de petits détachements et de personnes non armées en qualité d’observateurs militaires, d’officiers d’état-major et d’instructeurs pour le développement de capacités dans la promotion militaire de la paix sur place ». L’objectif à moyen terme prévoit que des membres de l’armée fournissent des prestations dans jusqu’à cinq centres de formation différents.

Le soutien initial accordé au KAIPTC a été étendu pas à pas : aujourd’hui trois officiers suisses y occupent les fonctions de Head of Training, Evaluation and Development (TED), de directeur des cours et de spécialiste de la communication en ligne. Le directeur TED est notamment responsable du contrôle et de l’assurance qualité de tous les cours durant leur déroulement ; il est également chargé du développement de nouveaux cours, tandis que le directeur des cours doit par exemple veiller à l’exécution correcte de tous les préparatifs administratifs et logistiques des cours.

Depuis le mois d’août 2014 et jusqu’en janvier 2020, deux autres membres de l’armée ont occupé les fonctions de directeur TED et du directeur des cours du Centre international de formation pour le soutien de la paix (International Peace Support Training Centre – IPSTC) à Nairobi, Kenya, et depuis le mois de novembre 2019, un officier suisse effectue la première mission suisse en tant que directeur des cours de l’École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Bèye (EMPABB) à Bamako, Mali. L’Afrique compte six centres de formation régionaux consacrés à la promotion de la paix. D’autres centres existent en Égypte, au Nigeria et au Zimbabwe.

De nombreux pays africains de même qu’occidentaux profitent des cours proposés par ces centres pour préparer leurs membres en vue de missions pour les Nations Unies en Afrique. Bon nombre des pays africains étant francophones, les membres de l’Armée suisse qui s’y rendent en mission sont appréciés non seulement en raison de leurs précieuses connaissances professionnelles, mais aussi plus particulièrement en raison de leurs connaissances linguistiques étendues.

La Suisse poursuit un double objectif en soutenant des centres de formation. D’une part, les centres permettent à la Suisse de renforcer les capacités de soutien de la paix des États africains, et d’autre part, ils augmentent la visibilité nationale et créent des synergies avec les missions effectuées par des observateurs militaires, des officiers d’état-major ainsi que des spécialistes du déminage humanitaire dans les missions des Nations Unies en République démocratique du Congo, au Sahara occidental, au Sud-Soudan et au Mali.

Au chapitre du développement des capacités figure également le Projet de partenariat triangulaire (PPT) des Nations Unies lancé en 2014 avec pour but de former des unités du génie d’États africains de façon à leur permettre d’assumer des missions de promotion de la paix dans le domaine des travaux de génie horizontaux. Ce savoir-faire spécifique est requis pour la construction de camps, de routes et d’aéroports. L’Armée suisse soutient ce projet depuis 2016 et organise des cours appelés Training of Trainers (ToT) dans le secteur des engins de chantier. De plus amples renseignements sur cet engagement figurent en pages 10 et 11 ci-dessous.

Text Sandra Stewart-Brutschin, Communication SWISSINT

An important element of military peacekeeping is so-called capacity building, which imparts valuable expertise in the field of peace support. The Swiss military has been engaged with training centres in Africa in terms of personnel and funding since 2006.

In January 2006 the first Swiss officer became Course Director at the Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre (KAIPTC) in Accra, Ghana. Today, the KAIPTC is one of Africa’s most important training and research institutions in the field of conflict prevention and peacekeeping. In its 16 years of existence, over 18,000 military, police and civilian personnel have been prepared for multidimensional peace operations and trained in such diverse fields as conflict analysis and mediation, security sector reform, civil-military cooperation, civilian protection, international law of war, and planning and logistics. As well as providing personnel, the DDPS finances two courses a year and the FDFA finances a further course.

In order to build on these successes, the 2010 Armed Forces Report made "the deployment of unarmed individuals as military observers, staff officers and trainers for capacity building in military peacekeeping on the ground" a priority of military peacekeeping work. The medium-term goal is to provide services by military personnel at up to five different training centres.

The initial support offered to the KAIPTC has gradually expanded, and today three Swiss officers work there in the functions of Head of Training, Evaluation and Development (TED), Course Director, and Online Communications Specialist. The Head of Training, Evaluation and Development (TED) is responsible, among other things, for the review and quality assurance of all ongoing courses as well as the development of new courses, while the Course Director is in charge of ensuring that all administrative and logistical preparations for a course are carried out correctly.

Additionally, between August 2014 and January 2020, two members of the armed forces supported the International Peace Support Training Centre (IPSTC) in Nairobi, Kenya, as Chief TED and Course Director. In November 2019, a Swiss officer was stationed for the first time as Course Director at the École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Bèye (EMPABB) in Bamako, Mali. There are six regional peacekeeping training centres in Africa: others are located in Egypt, Nigeria and Zimbabwe.

Many African and Western countries use the courses on offer to prepare their military personnel for deployment in UN missions in Africa. Since many African countries are Francophone, Swiss army personnel are particularly valued not only for their expertise but also for their multilingualism.

Support for training centres in Africa serves a dual purpose: it allows Switzerland to contribute to strengthening the peace support capabilities of African states, and also increases national visibility and creates synergies with its existing network of military observers, staff officers and humanitarian de-mining specialists in UN missions in the Democratic Republic of Congo, Western Sahara, in Southern Sudan and Mali.

Capacity building also includes the UN Triangular Partnership Project (TPP), which was initiated in 2014 with the aim of training engineering units from African states for deployment in horizontal engineering work within peace support missions. This expertise is crucial to the construction of camps, roads and airfields. The Swiss Armed Forces have been supporting this project since 2016 and are conducting so-called Training of Trainers (ToT) courses in the area of construction machinery.

You can read more about this engagement on pages 10 and 11.