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Renforcer les capacités d'évaluation des besoins d'urgence (SENAC), phase II, par l'apport d'un soutien thématique au Programme alimentaire mondial (PAM)

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Lieu de l'opération: Global

Montant de la décision: 3 500 000 euros

Numéro de référence de la décision: ECHO/THM/BUD/2006/05000

Exposé des motifs

1 - Justification, besoins et population cible

1.1. - Justification:

Le principe d'une approche fondée sur les besoins de l'aide humanitaire requiert la capacité d'évaluer correctement ces besoins afin d'élaborer la meilleure réponse pour satisfaire de manière opportune ces derniers sans effets négatifs, parmi lesquels des erreurs d'exclusion dans le ciblage des bénéficiaires, des réponses inappropriées et insuffisantes ou des réponses non conformes au principe consistant à «ne pas porter préjudice» («do not harm»).

Les agences humanitaires ne disposent pas toujours d'informations suffisantes sur les problèmes qui surviennent au cours d'une crise, notamment la manière dont les personnes touchées par les urgences perçoivent ces problèmes et quelle est leur capacité à y faire face et à survivre. Ce manque d'informations et de connaissances peut donner lieu à des réponses qui ne seront peut-être pas les plus appropriées, voire pas appropriées du tout. Pour ce qui est des interventions d'aide alimentaire, il existe bon nombre d'exemples d'interventions qui ont eu des effets néfastes, notamment des erreurs de ciblage, une réponse inadaptée aux habitudes alimentaires locales et des mesures dissuasives pour la production locale et le développement des marchés.

En matière d'aide alimentaire, les donateurs ont régulièrement fait part de trois préoccupations aux partenaires de mise en oeuvre comme le Programme alimentaire mondial (PAM):

1) la qualité des évaluations des besoins en matière d'aide alimentaire et les informations sur lesquelles ces évaluations reposent;

2) la quantité, la nature, la synchronisation et la durée de l'aide alimentaire fournie dans certaines situations d'urgence;

3) l'incidence des actions d'aide alimentaire.

Pour répondre à ces préoccupations, le conseil d'administration du PAM a adopté en février 2004 une politique qui a souligné l'importance des évaluations des besoins (WFP/EB.1/2004/4-A) et a adopté ensuite un plan de mise en oeuvre de trente mois visant à renforcer la qualité, la crédibilité et la transparence des évaluations des besoins d'urgence. Le plan de mise en oeuvre (WFP/EB.3/2004/4-E) a énoncé les objectifs, partenariats et exigences de financement relatifs aux principaux points identifiés en vue d'une amélioration: (i) responsabilité et transparence; (ii) méthodes et lignes directrices renforcées; (iii) informations de crise aux pays prioritaires; et (iv) capacités d'évaluation.

Compte tenu du montant des interventions d'aide alimentaire de la Commission européenne (CE), à savoir près de 200 millions d'euros par an (dont environ 40 millions sont financés par la DG ECHO(1)) fournis principalement par le biais du Programme alimentaire mondial, la DG ECHO a entamé en octobre 2004 le financement thématique du projet «Renforcer les capacités d'évaluation des besoins d'urgence» (SENAC) dans le cadre du PAM.

Les composantes du projet SENAC sont pleinement conformes aux priorités définies dans le plan de trente mois du PAM. Le financement de la phase I (les douze premiers mois de SENAC) a apporté des résultats concrets, mais il convient à présent de rendre les connaissances acquises opérationnelles, de les affiner, de les mettre en oeuvre et de les diffuser. C'est ce qui sera réalisé au cours des phases II et III. Le financement de la phase II doit veiller à ce que le processus d'amélioration des capacités et méthodes d'évaluation des besoins se poursuive et débouche sur des évaluations crédibles des besoins.

Du point de vue de la CE, le projet se justifie avant tout par la nécessité de répondre de manière appropriée aux besoins, mais aussi de maximiser la valeur des fonds utilisés pour l'aide alimentaire en ce sens qu'un meilleur ciblage, et par conséquent un nombre réduit d'erreurs d'inclusion, aurait pour effet de répondre aux besoins d'un plus grand nombre de personne avec les mêmes fonds.

La présente décision propose de fournir des fonds à la phase II de SENAC, qui constitue le principal volet du plan de trente mois du PAM visant à renforcer l'évaluation des besoins d'urgence. La phase II prolongera et consolidera les résultats de la première phase, entamera des travaux dans trois nouveaux domaines thématiques susceptibles d'être intégrés au manuel d'évaluation de la sécurité alimentaire en situation d'urgence (EFSA)(2) et soutiendra la formation du personnel en place du PAM, des organisations non gouvernementales (ONG), du personnel des autorités gouvernementales et d'autres agences des Nations unies aux nouveaux outils mis au point.

Note:

(1) Direction générale de l'aide humanitaire - ECHO

(2) Compilation d'outils et de lignes directrices en matière d'évaluation