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Rendre les systèmes agroalimentaires plus résilients face aux chocs: enseignements tirés de la pandémie de covid-19

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La résilience des systèmes agroalimentaires aux chocs est essentielle pour la sécurité alimentaire. © FAO/Roberto Grossman

L’édition 2021 du rapport de la FAO sur La Situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture met en lumière la fragilité de nos systèmes agroalimentaires et propose des solutions pour faire face aux chocs soudains.

Rome – Les pays doivent rendre leurs systèmes agroalimentaires plus résilients face aux chocs comme celui que nous avons vécu pendant la pandémie de covid-19, laquelle s’est révélée un facteur important de la progression de la faim dans le monde mise en évidence par les estimations les plus récentes. Selon un nouveau rapport publié aujourd'hui par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les chocs imprévisibles continueront d’affaiblir les systèmes agroalimentaires si nous ne prenons pas les mesures nécessaires pour bien nous y préparer.

Cette année, La Situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture a pour sous-titre «Rendre les systèmes agroalimentaires plus résilients face aux chocs et aux situations de stress». Le rapport fournit une évaluation de la capacité des systèmes agroalimentaires nationaux à réagir aux chocs et aux facteurs de perturbation et à s’en relever, ainsi que des orientations à l’intention des pouvoirs publics concernant les approches qui leur permettraient de favoriser une plus grande résilience.

On dénombre aujourd’hui quelque 3 milliards de personnes qui ne peuvent se permettre une alimentation saine. À ce chiffre, il faut ajouter un milliard de personnes qui risqueraient de rejoindre leurs rangs si un choc venait à les priver d’un tiers de leurs revenus. Par ailleurs, jusqu’à 845 millions de personnes pourraient voir le coût de l’alimentation augmenter si des liaisons de transport d’importance critique devaient subir une perturbation. Les auteurs du rapport définissent les chocs comme des «déviations, sur le court terme, par rapport à des tendances longues et qui ont un effet préjudiciable important sur un système, sur le bien-être des personnes, sur les biens, sur les moyens d’existence, sur la sécurité, et sur la capacité de résister à des chocs futurs». Il peut, par exemple, s’agir de phénomènes climatiques extrêmes ou d’épidémies et d’infestations d’organismes nuisibles touchant les végétaux et les animaux.

Avant même l’apparition de la covid-19, le monde n’était déjà pas en bonne voie pour éliminer la faim et la malnutrition d’ici à 2030. S’il est vrai que les chaînes de production et d’approvisionnement alimentaires ont toujours été vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes, aux conflits armés et à la hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires, force est de constater que la fréquence et la gravité de ces chocs ne vont qu’en s’accroissant.

La publication du rapport arrive à point nommé.

«La pandémie a fait apparaître à la fois la résilience et la faiblesse de nos systèmes agroalimentaires», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, à l’occasion d’une manifestation en ligne qui était organisée pour marquer le lancement du rapport et dont le programme prévoyait également une présentation de l’Économiste en chef de la FAO, M. Máximo Torero Cullen, et une table ronde réunissant des responsables politiques et des universitaires.

Action concrète

Les systèmes agroalimentaires mondiaux, qui forment un réseau complexe d’activités liées à la production, à l’entreposage, à la transformation, au transport, à la distribution et à la consommation de produits agricoles alimentaires et non alimentaires, produisent chaque année 11 milliards de tonnes de nourriture et emploient plusieurs milliards de personnes, directement ou indirectement. On ne saurait trop insister sur l’urgence qu’il y a à renforcer leur capacité à résister aux chocs.

Le rapport présente également des indicateurs de la résilience des systèmes agroalimentaires au niveau des pays. Les auteurs ont analysé divers facteurs, tels que les réseaux de transport, les flux commerciaux et la disponibilité d’une alimentation saine et variée, dans plus d’une centaine de pays. Les pays à faible revenu se trouvent généralement dans une situation nettement plus délicate que les autres, mais il ressort du rapport que les pays à revenu intermédiaire sont eux aussi vulnérables. Le Brésil, à titre d’exemple, réalise 60 pour cent de la valeur de ses exportations avec un seul partenaire commercial. Il n’a donc que peu de marge de manœuvre lorsqu’un choc frappe l’un de ses partenaires. Même des pays à revenu élevé tels que l’Australie et la Canada ne sont pas à l’abri d’un choc compte tenu des longues distances qu’il faut parcourir pour assurer la distribution des produits alimentaires. Pour près de la moitié des pays analysés par les experts de la FAO, la fermeture de liaisons de transport d’importance critique augmenterait de 20 pour cent au moins le temps de trajet, ce qui se traduirait par une hausse des coûts et des prix des aliments pour les consommateurs.

À la lumière des éléments exposés dans le rapport, la FAO recommande aux gouvernements de faire de la résilience au sein des systèmes agroalimentaires un volet stratégique de leurs plans d’action face aux défis actuels et à venir.

Dans cette optique, il est essentiel de miser sur la diversification – des sources d’intrants, de la production, des marchés et des chaînes d’approvisionnement ainsi que des acteurs –, car la diversité multiplie les voies qu’il est possible d’emprunter pour absorber les chocs. Pour maintenir la diversité des chaînes de valeur agroalimentaires nationales, on peut notamment promouvoir le développement de petites et moyennes entreprises agroalimentaires, de coopératives, de consortiums et de pôles d’activité.

Un autre aspect déterminant réside dans la connectivité. Des réseaux agroalimentaires bien connectés se relèvent plus rapidement en cas de bouleversements en modifiant les sources d’approvisionnement et les réseaux utilisés pour le transport, la commercialisation, les intrants et la main-d’œuvre.

Enfin, il est essentiel d’améliorer les capacités de résilience des ménages vulnérables pour éradiquer la faim dans le monde. Nous pouvons y parvenir en améliorant l’accès aux biens, à des sources diversifiées de revenus et à des programmes de protection sociale en cas de choc.

«Le rapport sur La Situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture illustre les efforts que déploie la FAO pour renforcer la résilience et établit de nouveaux indicateurs qui aideront les Membres à évaluer la capacité de résilience de leurs systèmes agroalimentaires et à cerner les lacunes et les possibilités d’amélioration», a conclu M. Qu.

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