Relever le défi de l’éradication du paludisme

Report
from World Health Organization
Published on 23 Aug 2019 View Original

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’accélération des travaux de recherche-développement (R-D) pour la mise au point de nouveaux outils de prévention et de traitement du paludisme est essentielle pour éradiquer cette maladie au niveau mondial dans un futur proche. Aujourd’hui, moins de 1% du financement de la R-D dans le domaine de la santé est consacré à la mise au point d’outils contre le paludisme.

L’OMS signale aussi qu’il est urgent d’avancer sur la voie de la couverture sanitaire universelle, d’élargir l’accès aux services et d’améliorer la surveillance pour que la riposte au paludisme soit plus ciblée.

C’est ce qui ressort d’un rapport du Groupe consultatif stratégique de l’OMS sur l'éradication du paludisme (SAGme).

« Afin de libérer le monde du paludisme, nous devons redoubler d’efforts pour trouver des stratégies et des outils susceptibles de changer la donne et d’être adaptés au contexte local. Si rien ne change, nous progresserons plus lentement et nous allons même régresser », estime le Dr Marcel Tanner, Président du SAGme.

Le Groupe a publié le résumé d’orientation de son rapport en prévision du forum qui se tiendra le 9 septembre 2019 à Genève, sous l’égide de l’OMS, sur le thème « relever le défi de l’éradication du paludisme ».

Pourquoi il est important d’éradiquer le paludisme

« L’éradication du paludisme à l’échelle mondiale serait l’un des plus grands succès dans le domaine de la santé publique. Avec de nouveaux outils et de nouvelles approches, nous pouvons faire de cet idéal une réalité », dit le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

L’éradication du paludisme permettrait à la fois de sauver des vies et de dynamiser l’économie.

Ce sont les populations les plus vulnérables dans le monde qui en bénéficieraient le plus en termes de santé. 61% des personnes qui décèdent du paludisme sont des enfants de moins de cinq ans. Plus de 90% des 400 000 décès dus au paludisme chaque année surviennent en Afrique subsaharienne.

Il ressort des analyses du groupe que la mise en œuvre à plus grande échelle des interventions actuelles contre le paludisme permettrait d’éviter deux milliards de cas et quatre millions de décès supplémentaires d’ici à 2030, à condition que 90% de la population des 29 pays qui supportent 95% de la charge mondiale de morbidité bénéficient de ces interventions.

On estime que cette mise en œuvre à plus grande échelle coûterait US $34 milliards pour un gain d’environ US $283 milliards en termes de produit intérieur brut (PIB) total, ce qui représente un rapport bénéfice-coût de plus de 8 pour 1.

Surmonter les difficultés liées à l’éradication

Les taux d’infection palustre et de décès dans le monde sont restés pratiquement les mêmes depuis 2015. Selon le Rapport sur le paludisme dans le monde 2018, le monde n’est actuellement pas en bonne voie pour atteindre les buts fixés pour 2030 dans la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030, à savoir réduire de 90% l’incidence du paludisme et les taux de mortalité liés au paludisme.

Dans de nombreux pays, l’accès aux services de santé reste très difficile. Dans les zones où la transmission du paludisme est modérée à élevée, seule une femme enceinte sur cinq est en mesure d’obtenir les médicaments dont elle a besoin pour se protéger de la maladie. En Afrique, la moitié des personnes à risque dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide et à peine 3% des personnes à risque bénéficient de la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations.

Ceci montre bien qu’il faut avancer sur la voie de la couverture sanitaire universelle et renforcer les services de santé et les systèmes de prise en charge pour que chacun puisse bénéficier de la prévention, du diagnostic et du traitement du paludisme quand il en a besoin et là où il en a besoin, sans être confronté à des difficultés financières.

Le groupe a noté qu’il fallait repenser les approches. L’OMS et ses partenaires définissent déjà de nouvelles approches stratégiques pour combattre le paludisme. Ainsi, en novembre dernier, l’OMS et le Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme a présenté l’approche « D’une charge élevée à un fort impact », qui vise à accélérer les progrès dans la lutte contre le paludisme en ciblant 11 pays – 10 pays africains et l’Inde – qui supportent 70% de la charge de morbidité au niveau mondial.

Ceci complète les efforts des pays qui entendent éliminer le paludisme d’ici à 2020 en vue d’obtenir la certification, dans le cadre de l’initiative « E-2020 » de l’OMS. L’Organisation a déjà certifié 38 pays et territoires exempts de paludisme.

De nouvelles technologies s’imposent

La plupart des outils utilisés aujourd’hui pour lutter contre le paludisme – moustiquaires imprégnées d’insecticide, insecticide à effet rémanent pour pulvérisation à l’intérieur des habitations, tests de diagnostic rapide et médicaments à base d’artémisinine – ont été mis au point au cours du siècle dernier, voire avant.

De nouveaux outils de diagnostic, médicaments et insecticides ainsi que de nouvelles méthodes de lutte antivectorielle prometteurs sont actuellement mis au point, à côté de traitements par immunisation passive, par exemple à l’aide d’anticorps monoclonaux. Le premier vaccin antipaludique, le RTS,S/AS01 est maintenant disponible au Ghana et au Malawi, et il est prévu qu’il le soit aussi au Kenya.

Le SAGme souligne qu’il faut intensifier d’urgence la R-D pour renforcer le processus d’innovation et signale que le programme de recherche pour l’éradication du paludisme (Malaria Eradication Research Agenda (malERA)) est un point de départ utile pour orienter les investissements nécessaires dans le domaine de la R-D.

Notes

Le SAGme est composé de 13 responsables et scientifiques appartenant à diverses disciplines et venant de plusieurs pays. Il bénéficie du soutien de représentants des centres collaborateurs et de membres du personnel de l’OMS, et d’autres parties prenantes.

Au cours des trois dernières années, le SAGme a étudié les facteurs biologiques, techniques, financiers, socioéconomiques, politiques et environnementaux qui influent sur le paludisme. Son résumé d’orientation final présente une série de conclusions et de recommandations à l’intention du Directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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