Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés - Supplément no 12 (A/74/12)

Report
from UN General Assembly
Published on 24 Oct 2019 View Original

Assemblée générale
Documents officiels
Soixante-quatorzième session
Supplément no 12

I. Introduction

  1. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a eu beaucoup de difficultés à protéger et à aider les personnes relevant de sa compétence, les déplacements n’ayant pas perdu de leur ampleur au cours de la période considérée. Il a toutefois eu quelques raisons d’être optimiste, en particulier lorsque les États et les autres parties prenantes ont adopté le Pacte mondial sur les réfugiés en tant que nouveau cadre de partage prévisible et équitable des responsabilités. Fruit de deux années de consultations approfondies menées par le HCR, le Pacte a été approuvé par l’Assemblée générale en décembre 2018.

  2. À la fin de l’année 2018, les persécutions, les conflits et la violence avaient forcé quelque 70,8 millions de personnes, dont 25,9 millions de réfugiés et 41,3 millions de personnes déplacées dans leur propre pays4 (déplacés), à quitter leur foyer. On comptait environ 13,6 millions de personnes nouvellement déplacées, dont 10,8 millions à l’intérieur de leur propre pays, ce qui signifiait que chaque jour, quelque 37 000 personnes étaient contraintes de partir de chez elles. Des millions de personnes dans le monde courraient toujours le risque de devenir apatride et des obstacles les empêchaient souvent de jouir de certains de leurs droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé, l’emploi et la liberté de circulation.

  3. Au cours de l’année écoulée, le HCR et ses partenaires ont dû se battre contre la montre pour améliorer les conditions de vie de centaines de milliers de réfugiés rohingya au Bangladesh avant la saison de la mousson. Les conflits récurrents en République centrafricaine et en République démocratique du Congo ont poussé davantage de personnes à quitter leur foyer. La situation sur le plan de la sécurité et des droits de l’homme s’est considérablement détériorée au Burkina Faso et au Cameroun, ce qui a entraîné des déplacements importants, en particulier à l’intérieur de ces deux pays. Au Yémen, des millions de personnes ont souffert de la faim alors que la crise s’aggravait. Entré dans sa neuvième année, le conflit en République arabe syrienne continuait d’empêcher des millions de déplacés de revenir chez eux. L’exode massif en provenance du Venezuela (République bolivarienne du) a eu des répercussions sur l’ensemble de la région, et les mouvements complexes de réfugiés et de migrants ont donné lieu à des difficultés supplémentaires en Amérique centrale, en Méditerranée et ailleurs. Dans le même temps, des pressions de plus en plus fortes ont été exercées sur les personnes déplacées pour qu’elles retournent dans des zones instables, des familles ont été séparées, des frontières ont été fermées, des bateaux ont été refoulés et d’autres personnes ont perdu la vie en mer.

  4. Dans de nombreuses régions, des discours clivants et politisés sur les réfugiés et les migrants ont contribué à accroître les risques en matière de protection. Toutefois, malgré les graves difficultés économiques et sociales qu’éprouvent les principaux pays d’accueil, les gouvernements et populations locales ont continué de faire preuve de solidarité et de générosité en appliquant les principes de la protection internationale des réfugiés. Environ 84 % des réfugiés étaient accueillis par des pays situés dans des régions en développement.

  5. En 2018, 2,9 millions de personnes environ sont retournées dans leur région ou leur pays d’origine, dont quelque 2,3 millions de déplacés et 594 000 réfugiés. Alors même qu’environ 1,4 million de réfugiés avaient besoin d’être réinstallés, seules quelque 81 300 places étaient disponibles.