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Pour gagner en efficacité, la coopération entre l’ONU et l’Union africaine doit surmonter des « contradictions » persistantes au Conseil de sécurité (Déclaration présidentielle S/PRST/2020/11)

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SC/14371

Alors que la coopération entre l’ONU, l’Union africaine (UA) et les organisations régionales et sous-régionales africaines n’a « jamais été aussi forte » selon le Secrétaire général, il faut s’attaquer aux  « contradictions » du Conseil de sécurité, lesquelles entravent parfois la résolution des conflits sur le continent, a souligné de son côté le Président de la Commission de l’UA.

C’est précisément au Conseil de sécurité que MM. António Guterres et Moussa Faki Mahamat ont tenu ce matin, par visioconférence, ces propos lors d’un débat de haut niveau sur cette coopération qu’il s’agit pour les deux hommes de raffermir, plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que des ministres des affaires étrangères, abondant en ce sens.

La portée de cette coopération n’a cessé de s’étendre depuis la signature en 2017 du Cadre commun pour la paix et la sécurité puis, en 2018, du Cadre commun de mise en œuvre de l’Agenda 2063 et du Programme de développement durable à l’horizon 2030, ont noté la plupart des intervenants.  Et depuis 2007, les réunions consultatives annuelles entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA jouent en outre un rôle déterminant dans la formulation de stratégies concertées.

L’ONU a en outre soutenu des initiatives africaines de médiation et de désarmement, comme le  « Réseau des femmes d’influence en Afrique » et « Faire taire les armes », ou encore des activités destinées à autonomiser des jeunes, a relevé le Secrétaire général. Mais surtout, l’Organisation a travaillé « main dans la main » avec l’UA dans le cadre de processus politiques, en particulier en vue de la signature d’accords de paix, notamment en Libye, au Mali, en République centrafricaine, au Soudan au Darfour ou encore en Éthiopie, a rappelé le Secrétaire général.

Enfin, conjointement avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou encore la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’ONU mène des programmes d’appui et de renforcement des capacités et s’associe aux objectifs d’intégration économique panafricaine.

Dans une déclaration lue par son Président pour le mois de décembre, M. Jerry Matthews Matjila, le Conseil de sécurité a félicité l’UA pour sa contribution croissante au maintien de la paix et de la sécurité et pour les efforts qu’elle « ne cesse » de déployer afin de renforcer son rôle et celui des organisations sous-régionales dans la prévention, l’apaisement par la médiation et le règlement des conflits sur le continent africain.

Si tous les intervenants ont salué la multiplication de ces synergies, reste que la « triste réalité », c’est que le continent n’est toujours pas représenté dans la catégorie des membres permanents de ce même Conseil, alors que 50% des questions à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et 70% de celles inscrites au titre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies concernent l’Afrique.

Pire encore, s’est désolé le Président du Niger, Mahamadou Issoufou, les voix des États africains et de l’UA ne sont pas toujours écoutées et prises en compte, comme en témoigne le cas de la Libye, où l’intervention militaire lancée en 2011 avait suscité une levée de boucliers. Les conséquences pour les pays voisins, dont le sien, sont désormais connues, a observé le Chef d’État.

Pour éviter que ce type de situation ne se reproduise et renforcer cette coopération « naturelle » « indispensable », il y aurait tout à gagner à instaurer un dialogue permanent entre le Conseil de sécurité et l’UA, afin de profiter des « avantages comparatifs » de celle-ci, de son expérience acquise et de ses pratiques optimales, avec pour point de départ le renforcement des partenariats existants, ont plaidé Saint-Vincent-et-les  Grenadines, la République dominicaine ou encore le Soudan.

L’un des objectifs de ces consultations doit être de permettre aux nations africaines d’assurer leur propre sécurité, a observé la France, pour qui le Conseil doit faire preuve de « souplesse » dans le financement des opérations de paix codirigées ou dirigées par l’UA, avec l’autorisation du Conseil.

Il faudrait également redoubler d’efforts pour « provoquer un changement qualitatif » qui placerait l’Union et les organisations régionales « au premier plan » du règlement des crises.  La désignation, en coordination avec l’UA, d’un plus grand nombre d’envoyés africains dans les zones de conflit serait susceptible d’accroître l’efficacité des médiations, a plaidé le Président de la Tunisie, M. Kaïs  Saïed, tandis que son homologue sud-africain, M. Cyril Ramaphosa, insistait sur la complémentarité de « tous les éléments constitutifs du système multilatéral ». 

Il faut en effet soutenir le principe de « solutions africaines aux problèmes africains », dans le respect de l’appropriation nationale, ont souligné de nombreux pays du continent. Car ce sont eux qui savent le mieux ce qui se passe à domicile, ont renchéri la Fédération de Russie et la Chine. Bien que la Ministre des affaires étrangères de la Belgique ait soutenu ce principe, elle a toutefois souligné que la « subsidiarité » des tâches ne doit jamais être synonyme d’inaction.

Déclaration du Président du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité rappelle ses précédentes résolutions pertinentes et les déclarations de sa présidence, qui soulignent combien il importe d’établir des partenariats efficaces entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales, en particulier l’Union africaine, conformément à la Charte des Nations Unies et aux statuts des organisations régionales.

Le Conseil réaffirme qu’en vertu de la Charte il a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, et rappelle que la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales sur les questions concernant le maintien de la paix et de la sécurité internationales, conformément aux dispositions du Chapitre VIII de la Charte, peut améliorer la sécurité collective.

Le Conseil se félicite de la détermination de l’Union africaine à libérer l’Afrique de tout conflit et à créer des conditions favorables à la croissance, au développement et à l’intégration du continent, dont témoignent son objectif consistant à faire taire les armes en Afrique et notamment son plan directeur sur les mesures concrètes à prendre en vue d’atteindre l’objectif d’une Afrique sans conflit, ainsi que son architecture africaine de paix et de sécurité et son architecture africaine de gouvernance, en particulier son initiative africaine de solidarité, sa politique de reconstruction et de développement après un conflit, sa politique de réforme du secteur de la sécurité et sa politique de justice transitionnelle.

Le Conseil salue les travaux entrepris par le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine pour renforcer le partenariat entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine.

Le Conseil constate que, depuis le renforcement du partenariat stratégique entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine et grâce à l’action menée par les États Membres des deux organisations, des gains importants ont été enregistrés dans la recherche de solutions durables aux conflits armés en Afrique et dans les progrès du continent vers la réalisation des objectifs de développement durable, conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030, et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui constitue le plan du continent en matière de développement.

Le Conseil félicite l’Union africaine pour sa contribution croissante au maintien de la paix et de la sécurité et pour les efforts qu’elle ne cesse de déployer afin de renforcer son rôle et celui des organisations sous-régionales dans la prévention, l’apaisement par la médiation et le règlement des conflits sur le continent africain, conformément aux résolutions et décisions qu’il a adoptées, et salue à cet égard le courage et le sacrifice des femmes et des hommes qui servent dans les opérations africaines de paix.

Le Conseil se déclare préoccupé par la menace croissante que le terrorisme et l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme font peser sur la paix et la sécurité en Afrique. Il réaffirme que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales et que tous les actes de terrorisme sont criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motifs, le contexte et les auteurs et demeure résolu à contribuer encore à améliorer l’efficacité de l’action d’ensemble menée contre ce fléau à l’échelle mondiale, conformément à la Charte des Nations Unies et aux autres obligations incombant aux États en vertu du droit international des droits de l’homme, du droit international des réfugiés et du droit international humanitaire.

Le Conseil salue les efforts consentis par les États Membres d’Afrique et les organisations sous-régionales, avec l’appui précieux de l’Organisation des Nations Unies et d’autres partenaires internationaux, pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme sur le continent africain, et notamment le déploiement de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), de la Force multinationale mixte (FMM) dans le bassin du lac Tchad et de la Force conjointe du G5 Sahel, ainsi que les processus de Nouakchott et de Djibouti.

Le Conseil se déclare préoccupé par la grave situation humanitaire qui prévaut sur le continent, notamment les déplacements de population à grande échelle, la destruction des conditions de vie et le risque de famine, et salue l’action menée par la communauté internationale, y compris les donateurs, en vue d’apporter une aide humanitaire en réponse à ces crises. Il prend également note de l’initiative prise par l’Union africaine de créer l’Agence humanitaire africaine, chargée d’aider les États membres africains à coordonner et à gérer les interventions en situation de crise humanitaire.

Le Conseil réaffirme qu’il incombe aux organisations régionales de mobiliser les ressources humaines, financières, logistiques et autres dont elles ont besoin, notamment grâce aux contributions de leurs membres et à l’appui de leurs partenaires, se félicite du précieux soutien financier fourni par les partenaires à cet égard, note qu’un appui accru est nécessaire pour renforcer les opérations de paix de l’Union africaine et encourage à cette fin la poursuite du dialogue entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine.

Le Conseil continue d’encourager l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine à redoubler d’efforts pour coordonner leur action de façon complémentaire dans toutes les formes de réponse aux conflits (prévention, médiation, maintien de la paix, consolidation de la paix, relèvement et développement post-conflit), conformément au Cadre commun pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, notamment pour assurer une application effective des accords de paix par les parties belligérantes, et souligne à cet égard qu’il importe de continuer à intensifier le dialogue stratégique et les partenariats et à rendre plus réguliers les échanges de vues, d’analyses et d’informations menés au niveau opérationnel, afin de renforcer les capacités ayant trait aux instruments de diplomatie préventive, de dynamiser et d’exploiter les capacités et moyens potentiels ou existants, en particulier par l’intermédiaire des bureaux politiques régionaux de l’Organisation, de contribuer à la cohérence et à l’intégration de leur action en matière de diplomatie préventive, entre autres, grâce à la médiation et aux bons offices du Secrétaire général, y compris la coordination entre les envoyés spéciaux des deux organisations, selon qu’il convient.

Le Conseil note avec satisfaction les progrès accomplis par le Secrétaire général dans ses efforts visant à encourager tous les partenaires et les parties prenantes, notamment l’Union africaine, à renforcer l’efficacité du maintien de la paix des Nations Unies par le biais de son initiative « Action pour le maintien de la paix », qui accorde la plus haute importance aux objectifs suivants: la sûreté et la sécurité du personnel de maintien de la paix; la recherche de solutions politiques; la promotion du programme pour les femmes et la paix et la sécurité; le renforcement de la protection des civils; l’amélioration de la performance et du respect du principe de responsabilité; le renforcement de l’incidence du maintien de la paix sur la consolidation et la pérennisation de la paix; le renforcement des partenariats de maintien de la paix; l’amélioration de la conduite des opérations de maintien de la paix et de leur personnel.

Le Conseil se dit profondément préoccupé par les allégations graves et persistantes d’actes d’exploitation et d’atteintes sexuelles visant du personnel de maintien de la paix des Nations Unies et des forces non onusiennes agissant sous son mandat, y compris des militaires, du personnel civil et du personnel de police, ainsi que par le signalement insuffisant de tels actes, soulignant que les actes d’exploitation et les atteintes sexuelles commis par ce personnel sont, entre autres crimes et fautes graves, inacceptables, et félicitant les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police qui ont pris des mesures pour prévenir les actes d’exploitation et les atteintes sexuelles, enquêter à leur égard et en tenir les auteurs responsables. Il réitère son appui à la politique de tolérance zéro de l’Organisation à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles, et exhorte tous les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police à redoubler d’efforts pour prendre les mesures qui s’imposent afin de contrôler les antécédents de leur personnel, de former leurs effectifs, d’enquêter sur les allégations d’actes d’exploitation et d’atteintes sexuelles commis par des membres de leur personnel et de prendre les mesures appropriées pour amener les auteurs de tels actes à en répondre.

Le Conseil réaffirme que les femmes jouent un rôle indispensable pour améliorer la performance et l’efficacité globales des opérations de maintien de la paix et encourage la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, notamment l’Union africaine, afin de promouvoir une plus grande participation et un rôle plus important des femmes dans les opérations de maintien de la paix.

Le Conseil exprime sa volonté de poursuivre sa coopération et sa collaboration avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine sur les questions de paix et de sécurité en Afrique, en tirant parti des réunions consultatives annuelles conjointes entre ses membres et ceux du Conseil de paix et de sécurité.

Le Conseil réaffirme que les femmes et les jeunes jouent un rôle important dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que dans la consolidation de la paix et les situations d’après-conflit, encourage l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine à continuer de tirer parti de leurs consultations annuelles pour promouvoir, dans leurs contextes respectifs, les priorités concernant les femmes et la paix et la sécurité, et encourage la coopération et la mise en commun des meilleures pratiques aux fins de ces priorités, comme demandé par les organisations régionales et sous-régionales.

Le Conseil réaffirme que les jeunes apportent une contribution importante et positive au maintien et à la promotion de la paix et de la sécurité, à la prévention et au règlement des conflits et, singulièrement, pour ce qui est de la stabilisation, de l’inclusivité et de la réussite des activités de maintien et de consolidation de la paix.

Le Conseil souligne que l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine doivent mener une action concertée pour mettre fin aux violences sexuelles dans les situations de conflit armé et d’après-conflit et insiste sur le fait qu’il importe d’appliquer pleinement les mesures prévues dans ses résolutions applicables pour prévenir et combattre les violences sexuelles.

Le Conseil souligne qu’il importe de s’attaquer aux causes profondes et aux facteurs des conflits en Afrique et appelle toutes les parties prenantes à intensifier leurs efforts pour réaliser les objectifs énoncés dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine: L’Afrique que nous voulons et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations Unies.

M. ANTÓNIO GUTTERES, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que la coopération entre l’ONU, l’Union africaine (UA) et les communautés économiques régionales africaines et les autres mécanismes régionaux n’a jamais été aussi forte. Notre travail conjoint a gagné en profondeur et en portée, en particulier depuis que nous avons signé, en 2017, notre Cadre commun pour la paix et la sécurité puis, en 2018, le Cadre commun pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et du Programme 2030. Ce partenariat est profondément ancré dans les principes de complémentarité, de respect et de prise en charge africaine, et de certitude qu’aucune organisation ni État ne peut à lui seul surmonter les problèmes de notre époque, s’est-il félicité.

Le Secrétaire général a également estimé que les chefs d’État et de gouvernement africains ont présenté une vision convaincante de la paix et de la sécurité à travers l’initiative phare « Faire taire les armes en Afrique » et le Plan directeur de Lusaka. Et l’ONU s’est employée à soutenir ces initiatives de plusieurs manières concrètes, notamment en apportant une assistance technique dans les domaines de la médiation et du désarmement, en participant à la création du «  Réseau des femmes d’influence en Afrique  » et ses 25 chapitres nationaux  ou encore en investissant dans des activités d’autonomisation des jeunes, y compris l’éducation à la paix.

Cette coopération, avec le soutien des missions politiques spéciales et des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a par ailleurs donné des résultats significatifs. En Libye, les parties ont signé un accord de cessez-le-feu sous les auspices des Nations Unies et les pourparlers politiques ont repris. En République centrafricaine, l’ONU a appuyé la création de la Mission militaire d’observation de l’Union africaine et des progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de paix négocié par l’Union africaine ont été enregistrés. L’ONU a également renforcé son engagement avec la Communauté économique des pays de l’Afrique centrale (CEEAC), à la suite de la création de la nouvelle Commission de la CEEAC en septembre dernier, a encore noté le Chef de l’Organisation. L’Organisation travaille par ailleurs en étroite collaboration avec l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), notamment au Soudan du Sud et en Éthiopie. L’ONU a également soutenu l’IGAD dans l’élaboration de sa stratégie de réponse régionale pour faire face à la pandémie de COVID-19.

L’ONU et l’UA travaillent aussi « main dans la main » au Soudan, où un nouvel accord de paix entre le Gouvernement et les mouvements armés a été signé, après un an de pourparlers constructifs. En Somalie, les deux organisations ont conjointement aidé le Gouvernement à étendre le contrôle de l’État à d’autres régions et à préparer de nouvelles élections. Elles ont également travaillé avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en Côte d’Ivoire et en Guinée, avant et après les élections, et ont uni leurs efforts pour faciliter en septembre la mise en place de la transition de 18 mois au Mali. En collaboration avec la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et le Bureau du facilitateur de la SADC, le Président sud-africain, M. Cyril Ramaphosa, l’ONU et l’UA appuient les efforts politiques et institutionnels en vue de la mise en œuvre du processus de réforme global du Lesotho. Elles coopèrent en outre avec la SADC pour faciliter la reconfiguration de la Brigade d’intervention de la force et la stratégie conjointe à la sortie de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a détaillé M. Guterres.

Mais en dépit de ces étapes positives, les défis sont « de taille », avec de nouveaux conflits, l’urgence climatique et la pandémie de COVID-19, autant de facteurs qui exacerbent les fragilités. Comme dans d’autres régions du monde, la confiance s’érode en Afrique, soulignant l’importance d’une bonne gouvernance et du respect des droits de l’homme. Cette approche n’est pas seulement essentielle pour le développement du continent, elle est également « cruciale » pour la paix et la sécurité. Il faut donc faire plus, a lancé le Secrétaire général, en réitérant son appel pour que les opérations de paix et de lutte contre le terrorisme menées par l’Afrique reçoivent des mandats du Conseil de sécurité, au titre du Chapitre VII de la Charte, de même qu’un financement prévisible.

Concluant, le Secrétaire général a indiqué avoir commandé cette année une évaluation indépendante du partenariat ONU-UA et du travail du Bureau des Nations Unies auprès de l’UA. Cette étude a révélé un large consensus sur le fait qu’un solide partenariat ONU-UA est essentiel pour relever l’éventail des défis de paix et de sécurité en Afrique. De plus, c’est l’une des relations les plus importantes dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales et une pierre angulaire du multilatéralisme. L’évaluation a par ailleurs mis en évidence des progrès significatifs dans ce partenariat, à la fois dans le cadre des missions et des non-missions, mais également des domaines à améliorer.

Sachant qu’environ 70% de l’ordre du jour de ce Conseil de sécurité est consacré aux questions de paix et de sécurité relatives au continent africain, a déclaré M. MOUSSA FAKI MAHAMAT, Président de la Commission de l’Union africaine, il semblerait évident que l’Afrique dispose d’une présence permanente au sein du Conseil. Toutefois, ce n’est toujours pas le cas, a-t-il regretté. M. Mahamat a ajouté que la signature du Cadre conjoint ONU-UA pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, en 2017, a encore renforcé ce partenariat stratégique et la coopération, en vue de promouvoir l’appropriation et le leadership de l’Afrique dans les processus de paix sur le continent. La signature en 2018 d’un accord-cadre similaire visant à harmoniser la complémentarité entre le Programme 2030 et l’Agenda 2063 de l’UA s’inscrit dans le cadre du partenariat renforcé entre les deux organisations afin d’accélérer le programme de développement pour l’Afrique et en reconnaissance du lien entre la paix, la sécurité et le développement humain, a ajouté M. Mahamat.

Le haut fonctionnaire a aussi dit que les réunions consultatives annuelles entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA depuis 2007 ont joué un rôle clef dans le renforcement de l’engagement du Conseil envers le Conseil. Entre-temps, a-t-il indiqué, sur le terrain, les deux organisations ont également renforcé la coopération opérationnelle et la coordination en travaillant main dans la main pour soutenir les processus de paix au Soudan, au Mali, en République centrafricaine, au Darfour et en Somalie, et ailleurs. Il a souligné à cet égard l’engagement et le soutien fort à la relation stratégique de l’UA avec l’ONU affichée par le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres.

Pour sa part, en collaboration avec les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux, a poursuivi M. Mahamat, l’Union africaine approfondit sa coopération, notamment en ce qui concerne la consolidation de ses activités de maintien de la paix et de la sécurité régionales. De même, elle continue de combiner ses efforts conjoints pour faire en sorte que la mise en œuvre de l’Initiative « faire taire les armes » s’associe aux objectifs d’un programme dynamique d’intégration économique panafricaine.

Mais « l’Afrique que nous voulons », a continué le Président de la Commission de l’Union africaine, croit aussi aux principes de la coopération internationale dans un monde de plus en plus multipolaire, afin de relever des défis communs en tant que communauté mondiale. À cet égard, le partenariat stratégique UA-ONU est un modèle de coopération multilatérale, a-t-il suggéré. M. Mahamat a également exhorté la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité, à reconnaître le principe de responsabilité partagée du maintien de la paix et de la sécurité mondiales, qui devrait inclure le financement prévisible, durable et flexible des opérations de soutien de la paix dirigées ou autorisées par l’UA, sur la base du principe de l’utilisation des contributions   mises en recouvrement par l’ONU. Alors que nous cherchons de nouvelles façons de renforcer la coopération multilatérale, nous devons également nous attaquer aux contradictions de ce Conseil qui entravent parfois la résolution des conflits en Afrique, a terminé M. Mahamat.

M. MATEMELA CYRIL RAMAPHOSA, Président de l’Afrique du Sud, s’est félicité que l’ONU et l’UA aient approfondi leurs relations et partenariats en matière de promotion de la paix et de la sécurité, de développement et de renforcement des capacités. Il a mis l’accent sur le rôle important joué par l’Union africaine dans sa participation aux opérations de paix régionales sur le continent. À cet égard, il a cité notamment les opérations en République centrafricaine et au Mali, qui ont créé un précédent pour les opérations de paix dirigées par les pays de la région sous mandat de l’ONU. Il a aussi cité la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS), nouvelle illustration de la coopération entre l’Union africaine et l’ONU pour protéger les civils. Enfin, il a cité la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), qui reste importante pour promouvoir la stabilisation et l’avancement de la paix en Somalie.

« Grâce à notre coopération, nous devons également nous attaquer aux causes profondes des conflits en Afrique, y compris les questions de développement et de gouvernance », a insisté le Chef d’État sud-africain avant d’appeler à examiner tous les facteurs susceptibles d’entraver l’avènement d’une Afrique prospère. Malgré les gains significatifs réalisés, le Président s’est dit préoccupé par l’immense défi humanitaire en raison des conflits en cours sur le continent, mais aussi en raison de la pandémie de COVID-19. Pour lui, cette pandémie a montré que la solidarité et la coopération par l’action multilatérale reste le moyen le plus efficace de faire face à une menace commune. Face à tous les défis en suspens, le Président sud-africain a appelé à renforcer davantage la coopération stratégique entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Il a prévenu que la paix, la sécurité et le développement ne peuvent être atteints que s’ils sont le produit des efforts collectifs de tous les acteurs, en s’appuyant sur les forces respectives et complémentaires de tous les éléments constitutifs du système multilatéral.

M. MAHAMADOU ISSOUFOU, Président de la République du Niger, a rappelé que plus de 50% de l’ordre du jour du Conseil et 70% des résolutions placées sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies concerne le continent africain. C’est une « triste réalité » qui appelle à une coopération et à une action renforcées entre l’ONU et l’UA, a-t-il dit. Le Président a également rappelé que les concepts et outils existent avec des résultats probants. Mais s’il faut se féliciter des succès de la coopération entre l’ONU et l’UA, notamment avec la signature d’accords de paix, force est aussi de constater que cette coopération n’a pas toujours été exemplaire, en particulier dans le dossier libyen. L’opposition du Niger et d’autres États voisins à une intervention militaire en Libye n’a pas été entendue, avec les conséquences que l’on sait aujourd’hui pour l’essor du terrorisme au Sahel, la prolifération d’armes légères et de petit calibre et le trafic d’êtres humains, a aussi rappelé le Chef d’État.

Poursuivant, il a estimé que la crise actuelle de la pandémie de COVID-19 offre l’occasion de revoir le système international, y compris des Nations Unies. L’Afrique doit prendre la place qui lui revient, a plaidé M. Issoufou. Résumant son propos, il a ensuite expliqué que la coopération UA-ONU doit explorer quatre éléments: d’abord, revoir les concepts de maintien de la paix; puis mettre en place des mécanismes de financement pérennes pour les opérations de paix dirigées par les Africains, suivant le concept du « solutions africaines aux problèmes africains »; organiser des rencontres régulières pour faire le bilan de cette coopération; enfin veiller à ce que les pays africains jouent un rôle dans les affaires du Conseil de sécurité.

M. KAÏS SAÏED, Président de la Tunisie, a déclaré qu’en dépit des efforts internationaux et régionaux, de nombreuses régions du continent africain souffrent depuis des décennies de la prolifération des foyers de violence, de conflits et d’instabilité. Les diverses manifestations et facteurs de vulnérabilité, qui exacerbent de plus en plus les conflits renforcent l’émergence de nombreuses menaces à la paix et la sécurité internationales, a-t-il dit. C’est la raison pour laquelle le renforcement de la coopération et du partenariat entre l’ONU et l’UA est de plus en plus important pour relever les défis de paix et de sécurité dans la région, coordonner les efforts de gestion des crises et des conflits, encourager leur règlement, faire progresser les solutions politiques, élaborer des stratégies pour parvenir à la sécurité et à la consolidation de la paix et à la durabilité dans les phases postconflit, par le biais de mécanismes conjoints et de consultations régulières.

Alors que le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine tiennent des réunions consultatives annuelles depuis 2007, ainsi que des opérations conjointes dans un certain nombre de zones de conflit sur le continent, le Chef d’État tunisien a jugé nécessaire de redoubler d’efforts pour provoquer un changement qualitatif qui irait de la gestion des conflits à leur prévention en s’attaquant aux facteurs et aux causes profondes.

Le Président a ensuite appelé à une plus grande coopération dans les domaines des évaluations et des plans d’intervention conjoints, et de l’intégration des médiations pour s’assurer que les parties s’impliquent dans les opérations de maintien de paix et le passage de relais de l’ONU à l’UA. Il a aussi souligné le rôle important joué par les organisations sous-régionales africaines pour faire face aux crises et aux conflits.

Dans ce contexte, a poursuivi M. Saïed, il est nécessaire d’œuvrer à la coordination des décisions relatives aux questions africaines au sein du Conseil de sécurité, afin de placer l’UA et les organisations régionales au premier plan du règlement des crises. En effet, les pays africains disposent des capacités de comprendre et de traiter les diverses données pertinentes, comme l’a démontré récemment la CEDEAO pour la crise au Mali. Le Président a en outre estimé que la désignation d’un plus grand nombre d’envoyés africains dans les zones de conflit en Afrique, en coordination avec l’UA, pourrait accroître l’efficacité des missions en jouant le rôle de médiation et en poussant vers le règlement pacifique des différends, étant donné leur connaissance des cultures locales sur lesquelles reposent les relations entre les différentes parties aux conflits. M. Saïed a enfin appelé à un soutien financier accru aux opérations de promotion de la paix de l’Union africaine.

M. RALPH E. GONSALVES, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères, de la sécurité nationale, des affaires juridiques et de l’information de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a rappelé que le partenariat stratégique entre l’ONU et l’Union africaine est un instrument essentiel de l’architecture mondiale de sécurité. Depuis la signature en 2017 du Cadre conjoint ONU-UA pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, ce mécanisme n’a cessé de se renforcer pour partager les fardeaux collectifs de la sécurité, en permettant à la communauté internationale de s’appuyer sur l’expertise complémentaire des acteurs locaux et régionaux, a-t-il observé. « Nous avons vu les avantages tangibles de ce partenariat croissant avec les développements positifs des processus de paix en République centrafricaine, au Soudan du Sud et au Soudan », s’est félicité le Chef du Gouvernement. Notant que des solutions durables ne peuvent être imposées de l’extérieur, le Premier Ministre a appelé à garder à l’esprit les positions et priorités énoncées par l’UA, notamment à travers l’« Agenda 2063: L’Afrique que nous voulons » et l’initiative « Faire taire les armes ». Il a jugé indispensable que l’on tienne compte systématiquement des conseils de l’Union, avant tous les renouvellements de mandat des opérations de paix sur le continent africain. « Le Conseil de sécurité devrait également consulter régulièrement l’UA sur la mise en œuvre de tâches prioritaires obligatoires pour les missions de paix dans des domaines tels que la réforme du secteur de la sécurité (RSS) et le désarmement, la démobilisation et réintégration (DDR) - où l’Union africaine dispose d’une expertise et fournit des conseils opérationnels.

M. Gonsalves a appelé à tenir compte des avantages comparatifs de l’Union africaine et de l’expérience acquise dans ses participations à des missions comme l’AMISOM et la MINUAD. C’est pourquoi il a encouragé les deux conseils, celui de l’ONU et celui de l’UA, à communiquer plus régulièrement pour permettre aux attentes et préoccupations africaines d’être pleinement reflétées dans les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU sur les questions africaines.

Poursuivre sérieusement toutes les modalités d’échanges d’informations, y compris par le biais de visites conjointes sur le terrain. Enfin, il s’est fait l’écho des appels de l’Union africaine pour mettre fin à toutes les sanctions économiques imposées aux pays africains et ainsi aider à la création de conditions propices à la reprise économique, à la croissance, et à la stabilité. Il a conclu en disant que les immenses défis d’aujourd’hui ne peuvent être résolus que par le biais de solutions multilatérales pragmatiques.

Le représentant de la Chine a d’abord souligné l’importance de la coopération contre le virus pour soutenir les peuples africains dans la consolidation de leur ligne de défense sanitaire. En la matière, l’ONU et l’OMS doivent bien jouer leur rôle de coordonnateur pour mobiliser les ressources mondiales, soutenir la stratégie continentale commune contre la COVID-19 élaborée par l’UA, aider l’Afrique à obtenir matériels et médicaments, de même que les technologies pertinentes. Il faut faire du vaccin contre la COVID-19 un bien public mondial et en favoriser l’accessibilité pour tous les pays africains.

Ensuite, il faut réaliser l’objectif de « faire taire les armes en Afrique » pour soutenir les peuples africains dans la construction d’une Afrique pacifique, a plaidé la Chine. Et le Conseil de sécurité, dont 70% des sujets à son ordre du jour au titre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies concernent l’Afrique, doit assumer ses responsabilités pour aider ce continent à renforcer ses propres capacités, y compris par l’octroi d’un soutien financier durable et prévisible aux opérations de paix et de sécurité dirigées par l’UA.

Il faut également s’appuyer sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 pour soutenir les peuples africains dans leur marche vers la prospérité. Il revient donc à l’ONU et à l’UA, conformément au Cadre UA-ONU pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 qu’elles ont signés, d’accorder la primauté à l’élimination de la pauvreté, d’intensifier leur coopération dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, des infrastructures et autres.

Enfin, cette coopération doit s’attacher à l’équité et à la justice pour que les peuples africains profitent des bienfaits de la gouvernance mondiale. Pour cela, il faut « perfectionner » et renforcer les systèmes de gouvernance mondiale pour mettre fin aux inégalités. Ainsi, dans l’élaboration des règles et la répartition des ressources et du personnel, l’ONU doit mieux refléter les besoins et les intérêts de l’Afrique et augmenter sa représentativité. Elle doit également, dans la gestion des dossiers africains, tenir compte et respecter la volonté des peuples africains, faire valoir le rôle de l’UA et des autres organisations sous-régionales. Car « ce sont les pays africains qui connaissent le mieux ce qui se passe en Afrique », a conclu le représentant, avant d’ajouter que la Chine a « toujours été une amie sincère qui partage les mêmes idéaux que les pays africains ».

Mme SOPHIE WILMES, Vice-Première Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Belgique, a salué le fructueux partenariat de longue date entre l’UA et l’ONU, estimant qu’il faut faire mieux et trouver une solution au financement adéquat et durable des opérations de paix de l’UA. Au-delà de l’indispensable collaboration institutionnelle entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, a ajouté la Vice-Première Ministre, il existe une série de domaines où les agendas pourraient être davantage en symbiose: l’agenda « femmes, paix et sécurité » par exemple. En outre, les activités et les réflexions de l’UA en matière de justice transitionnelle sont extrêmement pertinentes pour l’action de l’ONU.

Mme Wilmes a poursuivi en saluant l’engagement de l’UA en ce qui concerne la région des Grands Lacs. Elle s’est réjouie du rôle accru de l’UA dans la promotion d’une dynamique régionale positive, ainsi que dans le soutien aux efforts de l’Organisation à cet égard. Elle a souhaité que l’Union africaine soit étroitement associée à la poursuite de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie des Nations Unies pour la région des Grands Lacs et affirmé être impatiente de voir l’UA jouer un rôle de premier plan en ce qui concerne le Burundi. Ici, bien que certains défis demeurent, nous avons tourné une page, a souligné la Ministre, en tant que partenaire stratégique, et avec nos amis européens, nous souhaitons désormais commencer à écrire un nouveau chapitre dans nos relations bilatérales. Elle a ajouté que son pays soutient le principe de solutions africaines aux problèmes africains. Toutefois, a-t-elle prévenu, le principe de subsidiarité ne doit toutefois jamais impliquer l’inaction. C’est dans cet esprit que la Belgique exprime son soutien à l’initiative récente de l’Union africaine en faveur d’un dialogue en Éthiopie.

S’agissant enfin des politiques de sanctions, Mme Wilmes a réitéré que ce sont des outils permettant de promouvoir la paix et la sécurité internationales, de prévenir les conflits et de défendre le respect du droit international, du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire. La Belgique, a-t-elle souligné, soutient fermement les mesures restrictives de l’Union européenne là où elles s’avèrent nécessaires. « Elles ciblent les personnes responsables d’actions négatives et sont conçues de manière à ne pas affecter la population civile », a-t-elle argué. « Nous restons en particulier engagés à faire en sorte qu’en toutes circonstances, l’espace humanitaire soit sauvegardé ».

M PHAM BINH MINH, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Viet Nam, a salué les contributions des nations africaines à la promotion de la paix et de la sécurité régionales et internationales avant de déclarer que l’Union africaine (UA) et les organisations sous-régionales sont devenues des moteurs de progrès. Il a estimé que l’« Agenda 2063 de l’UA: l’Afrique que nous voulons » et son partenariat stratégique avec l’ONU démontrent que l’Union africaine fait partie intégrante du système de gouvernance mondiale. Après avoir rappelé que le rôle des organisations régionales et sous-régionales dans le maintien de la paix et la sécurité est clairement identifié dans la Charte des Nations Unies, le Chef de la diplomatie vietnamienne a particulièrement salué l’évolution du cadre de partenariat entre l’ONU et l’UA, qui s’est affirmé comme un partenariat stratégique central pour la mise en œuvre d’initiatives de paix dans toute la région.

Tout en se félicitant des avantages comparatifs des deux organisations, M. Minh a souligné trois domaines dans lesquels ce partenariat pourrait être encore renforcé. Il a d’abord appelé à ce que la coordination avec l’UA tienne davantage compte des visions, des valeurs, de la culture et de l’histoire régionales dans la recherche de solutions pour désamorcer les conflits et les tensions locaux. Ensuite, il a suggéré de renforcer la coopération stratégique entre l’ONU et l’UA aux niveaux institutionnel et opérationnel, y compris en soutenant la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’UA et le programme des Nations Unies pour le développement durable à l’avenir. Enfin, il a appelé à développer la coopération interrégionale, pour aider l’Afrique ainsi que d’autres régions à faire face à des problèmes mondiaux qui touchent toutes les nations. Illustrant son propos, il a mis l’accent sur les avantages comparatifs dont pourraient bénéficier les pays de l’ASEAN, qui pourraient à leur tour partager leurs expériences et pratiques optimales pour faire face à leurs propres défis régionaux.

M. HEIKO MASS, Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, a dit que son pays soutient une coopération plus étroite entre l’UA et l’ONU, tant elle lui a paru « naturelle ». La délégation plaide aussi pour la création d’un poste permanent pour l’Afrique au sein du Conseil de sécurité. Le Chef de la diplomatie allemande a également souhaité que l’on mette à la disposition du continent les vaccins contre la COVID-19, à travers le Mécanisme COVAX. M. Mass a également soutenu l’OMS, à qui elle a fait don de 120 millions de masques médicaux, dont une grande partie sera acheminée vers l’Afrique. Son gouvernement, qui soutient par ailleurs l’initiative de l’UA « Faire taire les armes en Afrique », a noué des partenariats avec l’organisation régionale pour renforcer le contrôle de la circulation des armes, a-t-il noté.

Pour M. URMAS REINSALU, Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, l’importance des partenariats entre l’ONU, l’Union africaine et les organisations sous-régionales pour maintenir la paix et la sécurité internationales a été prouvée au Soudan, où l’opération hybride UA-ONU a contribué à mettre fin à des décennies de dictature et d’apporter la paix. La pandémie de COVID-19 a également souligné la nécessité d’une coopération renforcée, car nous sommes les mieux placés pour faire face ensemble à la pandémie et à ses effets, a ajouté le Ministre, en mettant en exergue trois domaines thématiques dans lesquels son gouvernement aimerait que la coopération ONU-UA soit encore renforcée.

En premier lieu, il a soutenu l’appel du Secrétaire général en faveur d’un renforcement des mécanismes d’alerte précoce afin d’assurer une action préventive, opportune et efficace ainsi que l’initiative « Faire taire les armes ». Le renforcement du respect des droits de l’homme, de la bonne gouvernance, de l’état de droit et de la démocratie est au cœur des efforts de prévention, a rappelé M. Reinsalu, qui a souhaité le renforcement de la coopération trilatérale entre l’ONU, l’UA et l’Union européenne dans le domaine de la prévention et de la médiation des conflits.

Le Ministre a aussi souhaité une coopération plus étroite dans le domaine des changements climatiques avant que la situation ne se dégrade davantage. Enfin, l’Estonie, a indiqué M. Reinsalu, soutient la poursuite de la coopération dans le domaine thématique « femmes, paix et sécurité ». Il faut poursuivre les efforts pour veiller à ce que les Africaines participent à tous les aspects de la société, y compris dans les efforts de prévention des conflits, de résolution et de consolidation de la paix.

Mettant l’accent sur trois aspects clefs de la façon dont le partenariat ONU-UA peut renforcer l’objectif fondamental de l’ONU - « maintenir la paix et la sécurité internationales », M. JAMES DUDDRIDGE, Sous-Secrétaire d’État et Ministre pour l’Afrique du Royaume-Uni, a cité « premièrement », l’identification précoce des risques pour la paix et la sécurité régionales; « deuxièmement », des efforts coordonnés pour jouer le rôle de médiateur et encourager les résolutions de conflits; et « troisièmement », un soutien cohérent à la mise en œuvre des accords de paix. Le Royaume-Uni, a-t-il dit, est fier de soutenir le système d’alerte précoce continental de l’UA, dont il visitera le centre lors de son prochain voyage à Addis-Abeba. Néanmoins, il a estimé que des informations précises et opportunes doivent être couplées avec des plans d’action rapides et efficaces, aux niveaux national, régional ou continental. Tout en notant que le soutien impressionnant par l’UA aux élections à Madagascar il y a deux ans et à la médiation au Soudan l’année dernière, il a relevé que l’action de l’UA ou de l’ONU est arrivée trop tard ou pas du tout dans d’autres situations en raison d’un manque de coordination et de cohérence.

Mettant l’accent sur les compétences complémentaires de l’ONU et de l’UA face à des conflits émergeants, le Ministre s’est dit profondément préoccupé par la situation au Tigré, en Éthiopie, où il est urgent d’assurer un meilleur accès humanitaire et la protection des civils. Il a assuré que le Royaume-Uni continuera de soutenir les efforts menés par l’UA. S’agissant de la consolidation de la paix postconflit, il a cité en exemple le partenariat entre l’ONU et l’UA dans le cadre de l’accord de paix en République centrafricaine, où la prochaine étape décisive sera la tenue d’élections inclusives et pacifiques à la fin du mois. Il a espéré que l’UA sera en mesure de fournir son expertise et soutien aux travaux de la MINUATS, en aidant la transition du Soudan vers la démocratie. Tout en saluant le rôle inestimable joué par les forces de l’UA en Somalie, il a précisé que les forces de sécurité somaliennes ont encore besoin du soutien de l’UA, l’ONU et d’autres pays pour pouvoir acquérir des capacités croissantes. Notant qu’un financement prévisible et durable est un élément important de la capacité de l’UA à déployer des opérations comme l’AMISOM, il a indiqué que le Royaume-Uni soutient, en principe, l’accès aux contributions pour les futures opérations de soutien de la paix dirigées par l’UA, sur la base d’un examen au cas par cas, et sous réserve de certaines conditions clefs.

M. FEBRIAN A. RUDDYARD, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Indonésie, citant un dicton, a dit que ce sont les « voisins qui savent le mieux ». Et sur cette base, il a affirmé que les organisations régionales et sous-régionales africaines ont des capacités et des connaissances uniques du terrain qui peuvent grandement contribuer à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi qu’au maintien de la paix. Dans ce contexte, le partenariat entre l’ONU et l’UA peut encore être renforcé sur trois points, selon lui.

En premier lieu, il est impératif que le Conseil de sécurité fournisse le soutien politique nécessaire dans les situations où l’UA dirige des opérations de paix. Ensuite, le Conseil doit continuer d’appuyer les efforts régionaux et sous-régionaux dans le cadre des opérations de maintien et de soutien de la paix. Cela peut se faire, entre autres, par l’échange de connaissances, d’expertise et de formation. Enfin, il faut s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.

Dans ce contexte, le partenariat entre l’ONU et l’UA doit donc être guidé par cette interdépendance. Il doit être en mesure de fournir une réponse efficace aux réalités et aux défis en constante évolution sur le terrain. Pour cette raison l’Indonésie se félicite du Cadre conjoint ONU-UA pour un partenariat renforcé en matière de paix et la sécurité qui reconnaît l’importance de renforcer les capacités nationales pour s’attaquer aux causes profondes des conflits. Un tel partenariat doit tenir compte des priorités nationales pour assurer une forte appropriation et une mise en œuvre réussie, a conclu le dignitaire.

Le représentant des États-Unis a estimé que l’Union africaine s’est avérée être, à maintes reprises, un partenaire indispensable de l’ONU sur le continent africain. « Ces dernières années, nous avons approfondi la coopération entre l’ONU et l’UA, en reconnaissant les avantages distincts, les valeurs partagées et les intérêts communs de chaque organisation. Ensemble, nous sommes fermement attachés à l’esprit du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063: l’Afrique que nous voulons », a-t-il dit. Il a également félicité l’ONU de son large soutien à l’initiative de l’UA « Faire taire les armes en Afrique » et à son soutien politique, technique et logistique aux efforts de médiation et de mise en œuvre de l’accord de paix de l’Union africaine en République centrafricaine, en Guinée-Bissau, au Mali, au Soudan du Sud et au Soudan. « Nous apprécions les efforts coordonnés de l’ONU et de l’UA pour lutter contre l’instabilité en Somalie. Malgré un environnement opérationnel périlleux, les efforts conjoints apporteront stabilité et sécurité à long terme au peuple somalien », a noté la délégation.

Il a également reconnu les efforts de la coopération ONU-UA au Darfour au cours de la dernière décennie –en particulier grâce au travail de la MINUAD– pour protéger les civils, étendre l’autorité de l’État et surveiller les violations des droits de l’homme et les abus. Et en ce moment même, le solide partenariat ONU-UA est crucial pour faire face au conflit en cours au Tigré et à l’urgence humanitaire qui menace la stabilité dans la région, a noté le représentant. « En travaillant ensemble et avec le soutien de la communauté internationale, l’ONU et l’UA sont les mieux placées pour assurer la protection des civils; garantir un accès humanitaire gratuit, sûr et sans entrave; et de faire pression pour une solution pacifique et durable », a-t-il ajouté.

Forts de cet élan, nous attendons avec intérêt de continuer à travailler avec l’UA et l’ONU pour améliorer la qualité de nos efforts de maintien de la paix, y compris s’agissant de la prévention de l’exploitation et des abus sexuels et le traitement des allégations dirigées contre le personnel des deux organisations sur le terrain en Afrique. « Nous restons profondément troublés par les allégations persistantes contre les soldats de la paix en République centrafricaine. Il est essentiel que l’UA et l’ONU créent des mécanismes efficaces pour prévenir l’exploitation, les abus et les fautes, et pour promouvoir l’établissement des responsabilités », a ajouté la délégation américaine. Il a exhorté tous les pays fournisseurs de contingents et de policiers à appliquer strictement les politiques de tolérance zéro de l’ONU et de l’UA.

Le représentant de la République dominicaine a salué la valeur ajoutée de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales, en particulier l’Union africaine, à un moment où tous les pays sont confrontés aux effets dévastateurs de la pandémie de COVID-19. Il a estimé que cette coopération est plus pertinente que jamais pour trouver des solutions systématiques et cohérentes. À cet égard, le représentant s’est félicité de la tenue au mois de septembre d’une réunion entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine visant à améliorer la collaboration entre les deux conseils dans la recherche de la paix et la sécurité en Afrique. La République dominicaine les a appelés à redoubler d’efforts pour adopter des procédures standardisées, en particulier dans le domaine de la prévention des conflits, y compris par le biais de visites conjointes sur le terrain. Il a appelé à investir davantage dans la prévention des conflits afin de désamorcer les situations de crise avant qu’elles ne dégénèrent.

Par ailleurs, il a mis l’accent sur les succès de la coopération entre l’ONU et l’Union africaine en citant les exemples de la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire et en Guinée Bissau, et l’action de la Force conjointe du G5 Sahel, ou encore de la Force multinationale mixte (FMM) de lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. « Malgré ces progrès, dans certains pays de la région, les facteurs tels que l’extrémisme violent, le terrorisme, la corruption et l’impunité demeurent les principales causes d’instabilité; combinés avec les effets néfastes des changements climatiques, ils constituent une menace réelle pour la stabilité politique », a ajouté le représentant. C’est pourquoi il a jugé pertinent de renforcer la coopération entre l’ONU et l’Union africaine dans tous les domaines pertinents, par l’échange d’expériences et bonnes pratiques mais aussi le renforcement des capacités.

Le représentant de la France a dit que la coopération entre l’ONU et l’Union africaine est stratégique, non seulement pour prévenir et résoudre les crises en Afrique mais aussi parce que nous avons besoin de l’UA et des États africains pour répondre aux menaces globales. L’UA, a-t-il dit, joue un rôle majeur dans la prévention et le règlement des crises politiques en Afrique, comme nous l’avions vu à Madagascar en 2018 et au Soudan en 2019. « Cette année encore, la présidence sud-africaine est parvenue à installer une médiation de l’UA sur la question du Grand barrage de la renaissance », a-t-il souligné avant de saluer également la mobilisation du Président Ramaphosa en faveur d’un règlement pacifique de la crise en Éthiopie. La France a exhorté le Conseil de sécurité à appuyer l’engagement de l’Union africaine dans la prévention et le règlement des crises sur le continent, avant de rappeler que cette question est au cœur du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies sur la coopération entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales.

En outre, il a dit que le partenariat UA-UN revêt une importance stratégique en matière de sécurité et que la contribution africaine au maintien de la paix est inestimable. La France soutient le développement et le financement durable et prévisible des opérations africaines de paix, y compris sur contributions obligatoires de l’ONU. Le représentant a estimé que les pays africains doivent être en mesure d’assurer leur propre sécurité et de renforcer leur coopération régionale dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Il a souhaité que les réunions entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine permettent d’avancer sur ce sujet. Il a ajouté que l’objectif de la France était que la Force conjointe du G5 Sahel, exemple à promouvoir, devienne pleinement autonome, grâce au soutien du Conseil.

Par ailleurs, le représentant de la France a souhaité que le partenariat entre l’ONU et l’UA aille encore plus loin, en soutenant des projets pour mettre en œuvre concrètement l’initiative « Faire taire les armes en Afrique », l’Accord de Paris sur le climat, et l’Agenda 2030 pour le développement durable. « Cela passe par des opportunités économiques et nous encourageons à cet égard la poursuite des efforts de l’UA pour opérationnaliser la zone économique de libre échange continentale », a-t-il insisté. Enfin, M. Nicolas de Rivière a prévenu que le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine ne sera un succès que s’il implique la société civile et contribue à l’inclusion de tous, notamment des femmes et de la jeunesse. À cet égard, il a salué l’Envoyée spéciale pour la jeunesse de l’Union africaine, Mme Aya Chebbi, qui était intervenue devant notre Conseil, pour sa détermination à porter les revendications des jeunes Africaines dans le cadre du Forum Génération Égalité que la France accueillera avec ONU-Femmes et le Mexique.

Le représentant de la Fédération de Russie a salué l’importance des réunions conjointes entre le Conseil de sécurité et le Conseil de la paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) pour améliorer leur coopération aux fins de l’efficacité des opérations de maintien de la paix en Afrique. Parmi les exemples de coopération réussie sur le terrain, le représentant russe a cité l’Opération hybride UA-ONU au Darfour, qui a achevé sa mission, ainsi que l’assistance fournie à la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM) ou encore à la Force conjointe du G5 Sahel. Il a dit apprécier la contribution de la délégation de l’Afrique du Sud au Conseil de sécurité au cours des deux dernières années pour aborder et traiter les problèmes clefs du maintien de la paix en Afrique. Il a salué l’initiative phare de l’Union africaine (UA) pour faire taire les armes. Rappelant la pertinence du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, il a dit la nécessité de le mettre en œuvre en gardant à l’esprit la nécessité de trouver des solutions africaines aux problèmes africains. En outre, selon lui, l’efficacité de notre coopération dépendra aussi de la souplesse dont il sera fait preuve pour financer les opérations de maintien de la paix menées dans la cadre d’une coopération avec l’UA.

Par ailleurs, la Russie a offert l’expertise de son pays pour gagner en efficacité dans la lutte contre le terrorisme, avant de s’inquiéter de la détérioration de la situation au Sahel. Elle s’est dite favorable au réexamen des sanctions afin de s’assurer qu’elles n’aient pas d’influence négative sur les capacités de défense des États et notamment leurs capacités de faire face au terrorisme. À l’aune de la lutte contre la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19), le représentant russe a indiqué que son pays tenait à la disposition du continent africain le vaccin russe anti-COVID-19 nommé « Spoutnik V ».

Au nom de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), M. ABDALLAH HAMDOK, Premier Ministre du Soudan, a rappelé l’adoption par l’IGAD en 1996 d’un programme de paix, de sécurité et de développement régional sur la base du principe de subsidiarité qui est la pierre angulaire de l’architecture de paix et du développement en Afrique. Ce partenariat, a estimé le Premier Ministre, a donné lieu à une riche expérience en matière de paix, de sécurité et de développement. L’IGAD a été notamment en première ligne en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud, a rappelé M. Hamdok qui a posé la question de savoir comment poursuivre cette expérience au niveau régional. De plus, a ajouté le Premier Ministre, les pays de la région font montre aujourd’hui d’une volonté de dialoguer comme c’est le cas entre le Soudan et le Soudan du Sud. Cette coopération a permis d’observer les améliorations depuis 2018 entre leurs relations, a-t-il indiqué.

L’expérience de l’IGAD a été soutenue par le partenariat avec l’ONU, a aussi déclaré M. Hamdok. Lequel a estimé qu’elle doit être poursuivie compte tenu des facteurs déstabilisateurs au niveau régional comme entre autres le trafic d’armes. Il a en outre déclaré que le Secrétaire général peut compter sur le soutien de l’IGAD dans ses réformes plus particulièrement les quatre missions en cours en Afrique. Mais cette coopération doit être fondée sur le dialogue permanent, la recherche continue des solutions pacifiques et la prévention, a-t-il mis en garde. Le point de départ doit être le renforcement des partenariats existants et l’alignement des stratégies si nous voulons répondre efficacement aux nombreux défis du continent. Pour une meilleure entente, pour plus d’accord, il faut se fonder sur des objectifs communs, rapprocher les trajectoires comme en Somalie et au Soudan du Sud, soutenir les missions, mobiliser des ressources en particulier dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, renforcer la coordination diplomatique, enlever les sanctions contre les États et renforcer leurs capacités, a conclu le Premier Ministre.

Le représentant de la Libye a mis l’accent sur l’importance de la coopération entre l’ONU et l’UA pour prévenir les conflits en insistant sur le fait qu’il est moins onéreux de prévenir un conflit que d’y mettre fin. Il a estimé que la coopération entre l’ONU et l’UA était indispensable pour préserver la paix et la stabilité en Afrique, jugeant nécessaire davantage de consultations entre l’UA et l’ONU afin de s’assurer qu’il soit tenu compte des préoccupations africaines dans la mise en œuvre de toutes les opérations de paix. À cet égard, il a cité en exemple les récentes consultations internationales tenues au Maroc pour entendre une délégation du Parlement libyen sur les moyens de créer un environnement propice à la résolution du conflit en Libye. Il a aussi cité en exemple la réunion tenue le 23 octobre dernier qui a permis la signature de l’accord de cessez-le-feu et la discussion de mesures permettant de mettre fin aux violences et de faire face à la crise économique et financière dans son pays. Par ailleurs, le représentant libyen a exhorté le Conseil de sécurité et le Conseil de la paix et de la sécurité de l’Union africaine (UA) de continuer de travailler de concert sur le dossier libyen, en collaboration avec le Représentant spécial du Secrétaire général et le Comité de haut niveau, pour montrer qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit. Il a jugé urgent que la communauté internationale aide la Libye à faire respecter sa souveraineté et son intégrité territoriales.

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