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Plan de Réponse Humanitaire Global : COVID-19 (avril - décembre) - Mise à jour du GHRP de mai

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Avant-propos du Coordonnateur des secours d’urgence

La pandémie du COVID-19 nous fait tous souffrir. Mais ses effets les plus dévastateurs et les plus déstabilisants se feront ressentir dans les pays les plus pauvres du monde. Nous sommes confrontés au plus important ralentissement économique que nous ayons connu de mémoire d’homme. Le système humanitaire se prépare à une forte hausse des conflits, de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté avec la contraction de l’économie et la disparition des recettes d’exportation, des envois de fonds et du tourisme. Les confinements et la récession économique pourraient impliquer une pandémie de la faim pour des millions de personnes.

Au fur et à mesure que les pays dotés de faibles systèmes de santé tenteront de lutter contre le virus, nous pourrons nous attendre à une augmentation de la rougeole, du paludisme, du choléra et d’autres maladies dans la mesure où les vaccinations seront suspendues, où les systèmes de santé fléchiront sous le poids de la pression et où les fournitures médicales seront interrompues.

Si nous n’apportons pas un soutien aux pays plus pauvres dans leur combat contre la pandémie, nous laisserons le virus se propager sans contrôle et faire le tour du monde. Ce n’est dans l’intérêt de personne.
L’effondrement économique et l’instabilité dans les pays fragiles et pauvres ne le sont pas non plus.
Il est dans notre intérêt à tous de nous rassembler pour répondre en urgence et de manière coordonnée à cette pandémie dans les milieux les plus fragiles du monde. Le Plan global de réponse humanitaire au COVID-19 est le principal moyen de collecte de fonds de la communauté internationale à cet effet. Cette mise à jour du Plan est basée sur de larges consultations dans les pays et reflète les besoins en temps réel. Elle regroupe les appels de l’OMS et d’autres organisations humanitaires des Nations unies. Les organisations non-gouvernementales et les consortiums d’ONG, qui sont souvent les intervenants de première ligne, ont été déterminants dans leur contribution à la conception du plan qui leur permet d’avoir accès à un financement.

Les confinements, les couvre-feux et les limitations de la circulation du personnel et des marchandises, dans le cadre de la stratégie de ralentissement de la transmission du virus, affectent les opérations humanitaires. Mais, malgré ces obstacles, les ressources sont rapidement acheminées sur place et ont un impact immédiat. Le Plan global de réponse humanitaire a appuyé les installations de lavage des mains dans des lieux vulnérables comme les camps de réfugiés, la distribution de gants et de masques chirurgicaux, de respirateurs N95, de combinaisons et de lunettes pour aider les pays vulnérables à répondre à la pandémie et la création de nouveaux hubs de transport à partir desquels les fournitures peuvent être transportées par voie aérienne.

Le Plan priorise les besoins des plus vulnérables comme les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes et les filles. La pandémie ayant déjà exacerbé les niveaux existants de discrimination, d’inégalité et de violence sexiste, le Plan contient des mesures spécifiques visant à garantir la prise en compte des vulnérabilités de ces groupes. Il contient également des programmes de réponse à la rapide croissance anticipée de l’insécurité alimentaire.

Tout ce qui a été réalisé à ce jour a été rendu possible grâce au financement généreux des donateurs. Les progrès ne pourront être poursuivis sans la mise à disposition de financements supplémentaires.
Alors que nous sommes unis dans la lutte contre ce virus, j’exhorte les gouvernements riches à répondre proportionnellement à l’échelle du problème auquel nous sommes confrontés.

Je demande aux gouvernements riches de prendre deux mesures. Premièrement, s’engager à soutenir ce plan global de réponse humanitaire au COVID-19. Il nécessite 6,7 milliards de dollars. Deuxièmement, continuer à soutenir les plans de réponse humanitaire existants. Si le financement est détourné de ces opérations pour lutter contre le COVID-19, les conséquences pourraient en être graves et représenter une menace pour la vie des personnes déjà exposées au risque le plus élevé dans les contextes humanitaires. Cette pandémie ne ressemble à rien de ce à quoi nous avons été confrontés au cours de notre vie. Il ne s’agit pas d’une situation habituelle. Des mesures extraordinaires s’imposent.

Mark Lowcock Coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies

En un clin d’œil

BESOINS FINANCIERS (USD) $ 6,71Md

FINANCEMENT REÇU (USD) $ 923 M

PAYS 63

Objectifs, portée et pays inclus

Depuis la publication du Plan de réponse humanitaire global (GHRP), le 25 mars 2020, la pandémie du COVID-19 s’est installée dans les 54 pays où se poursuivent des crises humanitaires d’ampleur, de vitesse et de gravité variables. En fonction de leur vulnérabilité et de leur capacité de réponse, neuf autres pays1 et Djibouti ont été inclus dans la présente mise à jour, dans le cadre du Plan régional de réponse pour les migrants dans la Corne de l’Afrique et au Yémen, portant ainsi à 63, le nombre des pays couverts par ce plan.

Les besoins financiers totaux sont passés de 2 milliards de dollars à 6,71 milliards de dollars.
Cette importante augmentation est due à la rapide évolution des besoins humanitaires, à l’inclusion de pays supplémentaires, à l’augmentation du coût des fournitures de santé et autres essentielles et du transport aérien et maritime. À ce jour (5 mai), 923 millions de dollars ont été reçus et 608 millions de dollars supplémentaires ont été déclarés en dehors du GHRP, portant ainsi à environ 1,5 milliard de dollars le total reçu pour la réponse humanitaire au COVID-19. Les besoins financiers du GHRP ciblent les personnes les plus vulnérables et ne représentent qu’une petite partie des 90 milliards de dollars nécessaires pour apporter un soutien à 10% des populations les plus pauvres affectées par la pandémie dans le monde Les besoins financiers supplémentaires pour la réponse urgente au COVID-19 viennent aggraver les insuffisances de financement déjà considérables des plans de réponse humanitaires dans le monde. Au moment où nous écrivons, seulement 13% du financement demandé pour l’Aperçu de la situation humanitaire dans le monde (GHO) ont été reçus. Cet écart est dramatique face à l’aggravation des besoins humanitaires dus à cette pandémie, en raison notamment de la détérioration de la situation de la sécurité alimentaire, des interruptions des chaînes d’approvisionnement et de la persistance des conflits. Plus particulièrement, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë pourrait presque doubler en passant de 135 millions en 2019 à 265 millions en raison de l’impact économique du COVID-19.

En décembre 2019, les Nations unies prévoyaient un besoin financier de $28,8 milliards de dollars dans le GHO pour sa réponse aux besoins humanitaires en 2020. En faisant un parallèle avec la crise mondiale de 2008-2009, où les besoins humanitaires avaient augmenté de 54%, tout indique que les besoins humanitaires augmenteront considérablement d’ici à la fin de l’année en raison des impacts secondaires du COVID-19.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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