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Note technique: Éducation, autonomisation des filles et éradication des mutilations génitales féminines

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1. Introduction

La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a engendré une crise mondiale dont les conséquences disproportionnées sur les femmes et les filles ont contribué à creuser davantage les inégalités préexistantes. Selon les dernières données disponibles, en 2020, le risque de mutilations génitales des filles, en particulier, aurait été renforcé par les nombreuses fermetures d’établissements scolaires, l’accès perturbé aux services essentiels ainsi que l’augmentation de la pauvreté. En effet, tandis que les fermetures d’écoles ont limité les possibilités de détection et de signalement des cas, la pauvreté monétaire croissante des ménages aurait poussé les familles à adopter des mécanismes d’adaptation négatifs dans l’espoir de réduire les coûts domestiques – des mécanismes dont relève notamment la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) dans le cadre de la préparation au mariage. Dans un de ses rapports, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a ainsi estimé que la pandémie devrait conduire à la mutilation de 2 millions de filles supplémentaires d’ici à 2030.

L’éducation des filles s’est également trouvée grandement perturbée par la crise sanitaire provoquée par la COVID-19, les fermetures d’établissements scolaires ayant donné lieu à une augmentation de la charge de travail non rémunéré des filles et donc à une réduction du temps pouvant être consacré aux activités d’apprentissage; une situation d’autant plus préoccupante que la fracture numérique entre les genres limitait pour ces dernières les possibilités d’accès à un enseignement à distance. En conséquence, selon le Fonds Malala, 20 millions de filles en âge d’être scolarisées dans l’enseignement secondaire pourraient ne jamais reprendre le chemin de l’école après la fin de la crise, à l’exemple du Kenya, où, malgré un fort taux de rescolarisation, les adolescentes de 15 à 19 ans comptaient parmi les moins susceptibles de réintégrer les établissements en janvier 2021, 16 pour cent d’entre elles n’étant pas retournées en classe, contre seulement 8 pour cent de leurs camarades masculins. Elles viendraient ainsi s’ajouter aux 129 millions de filles déjà non scolarisées avant le début de la pandémie.

Bien que les recherches sur les corrélations entre éducation et MGF soient encore trop peu nombreuses, l’éducation des filles semble bien constituer un facteur clé pour la réduction de la prévalence de cette pratique ; le corollaire étant que la déscolarisation des filles est susceptible d’exacerber le risque de MGF pour les générations actuelles et futures.