LE FARDEAU DE LA MALNUTRITION INFANTILE DANS LA RÉGION DE L'AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE RESTE OBSTINÉMENT ÉLEVÉ
Alors que la situation nutritionnelle dans la Région Afrique de l'Ouest et du Centre (RAOC) ne reçoit pas suffisamment d'attention au niveau mondial, le contexte reste difficile dans la plupart des pays de la région compte tenu des effets du changement climatique, de la crise économique, de la lente reprise après la pandémie du Covid-19, de l'instabilité politique et de l'augmentation de l'insécurité. Les chocs récurrents et multiples entraînent une vulnérabilité accrue et une situation nutritionnelle préoccupante pour les femmes et les enfants.
Les résultats des enquêtes nutritionnelles menées en 2022 dans les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre (carte 1) montrent des niveaux globalement inacceptables de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans, avec une prévalence très élevée (>15 %) dans certaines zones du Burkina Faso, du Tchad, du Mali et de la Mauritanie et une prévalence élevée (>10 %) dans des zones plus vastes du Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria et Tchad. L'enquête rapide sur la nutrition menée en août 2022 dans les États de Katsina, Sokoto et Zamfara dans le nord-ouest du Nigéria a montré des niveaux élevés de malnutrition aiguë, avec 13,5% de malnutrition aiguë infantile dans le Katsina (contre 6,5 % en 2021), 14,2 % au Sokoto (même prévalence qu'en 2021) et 9,5 % dans le Zamfara (contre 9 % en 2021). Au Libéria, l'évaluation rapide menée en 20221 a révélé que 7,1 % des enfants de moins de cinq ans sont malnutris, dont 2,5 % sont gravement émaciés.
Les enquêtes nutritionnelles menées en Guinée et au Togo montrent une prévalence de malnutrition aiguë qui approche le seuil critique de 10 % dans les zones frontalières des pays du Sahel. Au Bénin, les données sur les admissions pour traitement de la malnutrition aiguë sévère dans toutes les zones touchées par le débordement de l'insécurité du Sahel montrent une augmentation significative en 2022 par rapport à 2021, et la prévalence de la malnutrition aiguë mondiale dans le département de l'Alibori (14,7 %) est presque au seuil d'urgence.
Parmi les pays qui ont mené une enquête nutritionnelle en 2022, le Cameroun, la RCA, le Tchad et le Niger montrent une prévalence très élevée (>30 %) du retard de croissance. Le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Togo présentent une prévalence élevée (>20 %) de retard de croissance, affectant le développement physique et cognitif des enfants.