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Migrations environnementales: Note d'analyse et de positionnement

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Introduction

L e Secours Catholique – Caritas France se positionne depuis plusieurs années en faveur d’un droit à migrer, accompagné de la garantie d’un accès effectif des personnes migrantes aux droits fondamentaux tout au long de leur parcours et quel que soit leur statut.

Une attention toute particulière est accordée aux personnes en situation vulnérable, notamment celles qui sont amenées à quitter leur lieu de vie en prévision ou en réponse à un danger d’ordre humanitaire, politique, économique ou environnemental sans pour autant faire l’objet d’une protection adéquate. C’est le cas des migrants environnementaux, qui se déplacent de manière anticipative ou forcée face à la montée des eaux, à l’intensité croissante des catastrophes soudaines ou à la baisse de la production agricole suite à des dégradations de l’environnement, mais qui ne rentrent dans aucun cadre légal permettant d’assurer leur sécurité. « L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique ; ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale. » (Pape François, Laudato Si, 24 mai 2015)

En se basant sur le rapport de Christian Aid, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime entre 25 millions et 1 milliard le nombre de personnes déplacées à la suite d’une rupture environnementale d’ici à 2050, se déplaçant à l’intérieur de leur pays ou au-delà des frontières, de façon permanente ou temporaire, soit une personne déplacée par seconde. En cohérence avec l’alerte lancée par le pape François dans son encyclique Laudato Si, le Secours Catholique – Caritas France poursuit son engagement en faveur des personnes migrantes en s’intéressant particulièrement à la vulnérabilité des migrants environnementaux.

Pour le Secours Catholique – Caritas France, le terme «migrant environnemental» renvoie à toute personne qui, essentiellement pour des raisons liées à un risque environnemental soudain ou progressif, ou à l’anticipation de ce risque, est contrainte ou a choisi de quitter son foyer habituel de façon temporaire ou définitive, et qui pour ce faire, franchit une frontière. Les migrants environnementaux ne sont pas considérés comme des réfugiés, ne remplissant pas les critères établis dans la Convention de Genève de 1957. Ils doivent être distingués des « déplacés environnementaux internes » qui ne franchissent pas de frontières internationalement reconnues d’un Etat.

Le terme « risque environnemental » renvoie quant à lui aux catastrophes naturelles soudaines, aux évolutions progressives de l’environnement, aux projets industriels ou d’infrastructures d’origine étatique ou privée qui engendrent des modifications durables de l’habitat, aux accidents industriels et aux conséquences environnementales des conflits.

En s’appuyant sur la parole de ses partenaires internationaux et de son réseau national, le Secours Catholique – Caritas France, à travers ce document, expose le contexte dans lequel évoluent les populations fuyant leur lieux de résidence pour des raisons environnementales (Partie I), réaffirme ses postulats concernant la préservation de l’environnement, les migrations internationales et la protection des personnes vulnérables (Partie II) et défend les droits fondamentaux des migrants environnementaux tout au long du parcours migratoire (Partie III).