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Message du Directeur Régional de l'OMS pour l'Afrique, Dr Luis Gomes Sambo, à l'occasion de la Journée Mondiale de Lutte Contre le Paludisme 2011

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Aujourd’hui, 25 avril 2011, c’est un immense plaisir pour moi de me joindre à la célébration de la Journée mondiale de Lutte contre le Paludisme sur le thème : « Faire des progrès et avoir un impact ».

À la session spéciale sur le paludisme tenue le 22 septembre 2010 à New York lors du Sommet des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) , le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a déclaré : "Lorsque nous en évaluons les progrès réalisés, nos résultats dans la lutte contre le paludisme constituent un exemple de mise en œuvre réussie et de collaboration effective”. Nous, dans la Région africaine voulons faire écho à cette déclaration et dire : "Ensemble, nous pouvons faire plus”.

La célébration de cette année marque la fin de la décennie de lutte des Nations Unies pour faire reculer le paludisme. Elle nous offre l’occasion de renouveler notre vison commune et notre engagement pour envisager l’avenir et viser l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici 2015. Le paludisme, par sa complexité à inclure tant les déterminants de la santé que les déterminants environnementaux et socioéconomiques, y compris leurs conséquences, est virtuellement lié à tous les OMD. Ainsi qu’on le sait bien, notre partie du monde abrite environ 795 millions de personnes exposées au paludisme. Près de 90 % des décès dus au paludisme surviennent en Afrique. Les pauvres, les enfants, les femmes enceintes, les personnes vivant avec le VIH/sida, les victimes des troubles et des catastrophes, ainsi que les voyageurs non immunisés sont particulièrement vulnérables. Par conséquent, les progrès réalisés dans la lutte contre le paludisme en Afrique sont cruciaux pour atteindre les cibles ambitieuses fixées dans l’appel du Secrétaire général des Nations Unies en faveur de l’accès universel aux interventions essentielles, dans la Déclaration et le Plan d’Action d’Abuja de l’Union africaine, les résolutions des organes directeurs de l’OMS et du Plan d’action mondial contre le paludisme de l’initiative Faire reculer le paludisme.

À cet effet, il est encourageant de noter que les alliances de lutte contre le paludisme sont en train d’être renforcées dans toute l’Afrique. Par exemple, l’Alliance des Chefs d’États contre le paludisme (ALMA) s’est engagée à soutenir l’élimination des décès évitables dus au paludisme d’ici 2015. L’Union africaine et les Communautés économiques régionales ont aussi gardé la lutte contre le paludisme à un niveau élevé de priorité sur leur agenda de santé et de développement.

Les pays et les partenaires accomplissent des efforts louables pour accélérer et maintenir les progrès dans la prévention et le contrôle du paludisme dans notre Région. Par exemple, les pays endémiques ont inscrit le contrôle du paludisme dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté. La revue des programmes est en cours et les plans stratégiques sont en train d’être actualisés afin de prendre en compte les déficits dans les financements et les capacités en vue d’atteindre l’accès universel. Le taux de succès des propositions contre le paludisme du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme ont atteint 80 % dans la série 10. Par conséquent, on est en train d’adapter et d’accélérer les interventions efficaces comprenant la protection contre le moustique vecteur grâce aux moustiquaires imprégnées d’insecticide et à la pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations, le traitement précoce des cas de paludisme par combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA), le traitement préventif intermittent du paludisme chez les femmes enceintes et les enfants.

Des initiatives transfrontalières catalysent les efforts visant à accélérer et à maintenir le contrôle et, là où cela est possible, à préparer la transition vers la pré-élimination. La Facilité de médicaments antipaludéens à des prix abordables (AMFm) a été lancée au Ghana, au Kenya, à Madagascar, au Niger, au Nigeria, en Tanzanie et Ouganda pour garantir l’accès à des CTA de qualité dans les structures du secteur privé. Les essais de vaccins contre le paludisme se poursuivent au Burkina Faso, au Ghana, au Gabon, au Malawi, au Mozambique, en Tanzanie et au Kenya.

À la fin de 2010, onze pays (Algérie, Botswana, Cap-Vert, Érythrée, Madagascar, Namibie, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Afrique du Sud, Swaziland, Zambie et Zanzibar, Tanzanie) avaient enregistré une réduction de plus de 50 % des cas de paludisme et des décès qui lui sont dus; la proportion des foyers possédant au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII) était de 42 % et de 35 % d’enfants de moins de cinq ans dormant sous une MII; 27 pays avaient signalé la mise en œuvre de la pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations (IRS) ce qui a permis que 73 millions de personnes comptant pour 10 % de la population à risque de paludisme dans la Région soient protégés par l’IRS; 33 pays avaient adopté une politique d’examen parasitologique de tous les cas suspects de paludisme et 35 % des cas de paludisme dans la Région ont été confirmés par un test diagnostique.

Pour consolider les gains obtenus à ce jour, nous devons assurer : une gouvernance rigoureuse pour renforcer les performances et l’obligation de rendre compte; une mobilisation de ressources additionnelles; le lien entre la conception de programme sur les maladies et le renforcement des systèmes de santé; une meilleure coordination des parties prenantes et des partenaires sous direction nationale; et l’engagement effectif de chaque individu et communauté exposés. Parmi les défis cruciaux auxquels les pays pourraient s’attaquer on note : la faible capacité de surveillance, de suivi et d’évaluation; des plateformes de recherche opérationnelle inadéquates; l’absence de mise en œuvre de mesures réglementaires telles que le bannissement des monothérapies orales à base d’Artemisinine et le suivi inadéquat de la résistance du parasite aux médicaments antipaludéens et de la résistance du moustique aux insecticides.

L’OMS continuera de travailler avec les États Membres et les partenaires pour intégrer le contrôle du paludisme dans les politiques et les plans de santé et développement; mobiliser les fonds intérieurs et extérieurs; encourager les partenariats public-privé, appuyer l’alignement des parties prenantes sur les priorités des pays et fournir les orientations et l’assistance visant à assurer l’utilisation efficace des ressources en faveur de la performance et de l’impact. Nous continuerons également à appuyer les initiatives pour la suppression des taxes et droits de douane sur les produits de lutte contre le paludisme, et une interdiction de la publicité pour les monothérapies orales à base d’Artemisinine.

Je lance un appel aux Gouvernements, aux parlementaires, aux organisations non gouvernementales, au secteur privé, aux groupes de la société civile, aux organisations confessionnelles et à toutes les communautés exposés, pour qu’ils fassent le point de nos réalisations communes et mobilisent les ressources financières et humaines de manière décisive en vue d’accélérer davantage la prévention et le contrôle du paludisme en faveur du progrès socioéconomique des pays de la Région africaine.

Je vous remercie.