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L'ONU appelle à être proactif pour protéger les enfants des conflits armés

« Le mandat sur les enfants et les conflits armés est plus important que jamais », a déclaré mardi le Secrétaire général des Nations Unies lors d’un évènement de haut niveau marquant les 25 ans de ce mandat, soulignant que les enfants continuent d’être tués dans des cycles de violence.

« Il y a vingt-cinq ans, la communauté mondiale a lancé un appel à l'action audacieux pour mettre fin au fléau des enfants tués, mutilés, recrutés et utilisés dans les conflits, pour mettre fin aux enlèvements et aux violences sexuelles, pour mettre fin aux attaques contre les écoles et les hôpitaux, et pour mettre fin aux refus de l'aide humanitaire vitale », a rappelé António Guterres, énumérant les six graves violations que vise à éradiquer et prévenir le mandat adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies et le Conseil de sécurité en 1996.

Il faut faire beaucoup plus

Le Secrétaire général a souligné que depuis lors, le Bureau pour les enfants et les conflits armés - dirigé par son Représentant spécial – n’a cessé de travailler sans relâche pour protéger les enfants pris au piège des conflits, démontrant qu’« étape par étape…il est possible de mettre un terme aux violations graves commises à l'encontre des enfants ».

Il s’est félicité des plus de 170.000 enfants recrutés par des groupes et des forces armées qui ont été libérés ainsi que des centaines d'engagements et de plans d'action visant à sauver des vies qui ont été signés et mis en œuvre, au cours des 25 dernières années.

« Mais il faut faire beaucoup plus. Des enfants sont toujours en danger. La paix se fait rare. Les cycles de violence et de désespoir ne s'arrêteront pas automatiquement », a fait valoir M. Guterres.

Le chef de l’ONU a appelé la communauté internationale à continuer à soutenir le travail vital de surveillance et d'information du Bureau. « Nous devons renforcer notre soutien aux enfants libérés afin qu'ils puissent se réintégrer dans leurs communautés », a continué M. Guterres.

Il a également appelé « à accorder la priorité aux besoins et aux droits des enfants dans les négociations de paix » et « honorer leur bravoure et leur résilience en leur donnant une voix pleine et active dans l'avenir de leur pays ».

Le chef de l’ONU a appelé la communauté à tenir les promesses auxquelles elle s’est engagée il y a 25 ans.

Un mandat axé sur la collaboration

La Représentante spéciale du Secrétaire General pour les enfants et les conflits armés a également mis en exergue les résultats de l’engagement pratique au cours des 25 dernières années.

Virginia Gamba a non seulement cité les dizaines de milliers d’enfants libérés et les centaines d’engagements pris par les parties aux conflits, mais l’engagement des Etats membres à travers la ratification du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés par 172 pays, ainsi que divers instruments de prévention tels que les Principes de Paris, les Principes de Vancouver et la Déclaration sur la sécurité dans les écoles.

La guerre peut avoir de nombreuses répercussions sur la vie des jeunes. Outre le recrutement, les enfants sont tués et mutilés par les restes explosifs de guerre et les fusillades, ils sont enlevés sur le chemin de l'école ou violés alors qu'ils vont chercher du bois ou de l'eau, a illustré Mme Gamba.

« Le mandat des enfants et des conflits armes nous oblige à être proactifs, et pas seulement réactifs, pour briser les cycles de violence qui continuent de nuire aux enfants au quotidien. Il nous oblige également à travailler à la prévention de ces violations avant qu'elles ne se produisent », a-t-elle déclaré.

Soulignant que la collaboration est essentielle à la réalisation du mandat, Mme Gamba a rappelé le rôle essentiel des gouvernements, des organisations internationales et régionales, de la société civile et des communautés dans la prévention et le traitement des violations et dans la réponse aux besoins des survivants.

Cette collaboration a donné des résultats, a-t-elle ajouté, citant en exemples la République centrafricaine, les Philippines, la République démocratique du Congo et la Colombie.

Lors d'une réunion avec les ministères du gouvernement fédéral somalien et le commissaire de police, en Somalie, la représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba, montre la feuille de route signée pour renforcer la protection des enfants dans les conflits armés.(2019)

Comprendre le passé pour inspirer l'avenir

Une nouvelle étude publiée mardi à l’occasion des 25 ans du mandat « Enfants et conflits armés » propose une nouvelle voie pour dynamiser la protection des enfants touchés par les conflits armés, fondée sur la prévention, la collaboration, la réintégration et un mécanisme de suivi renforcé.

Il s’agit de la première étude complète à analyser de manière holistique les défis, les opportunités et les succès dans l'exécution du mandat des Nations Unies CAAC depuis sa création en 1996. Elle a été présentée lors d'un événement de haut niveau co-organisé par la Norvège pour commémorer le 25e anniversaire du mandat.

Selon la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba, l’étude a pour objectif d’éclairer l’évolution du mandat au cours des 25 dernières années afin d’aider la communauté internationale à mieux préparer les 25 prochaines années du mandat.

« L'étude fournit une photographie de la situation actuelle de mon mandat… Mais elle ouvre la fenêtre à une voie renforcée vers l'avenir en mettant en évidence certaines recommandations collectives pour inspirer les 25 prochaines années, alors que nous augmentons notre engagement pour assurer une meilleure protection des enfants dans les situations de conflit armé dans le monde entier », a déclaré Mme Gamba.

L’étude appelle, entre autres, à renforcer l'accent sur la prévention, le plaidoyer et la sensibilisation ; le mécanisme de suivi et améliorer la réintégration des enfants.

La voix des enfants au cœur de l’étude

Les enfants étant au cœur du mandat, leurs voix et leurs messages sont également au centre de cette étude et ont été inclus dans des discussions de groupe et des consultations facilitées par l'Institut Dallaire, Défense des Enfants International et le Comité International de Secours.

« Donner la parole aux enfants vivant au milieu des hostilités reste au cœur du mandat « Enfants et conflits armés », car ce sont leurs besoins qui nous guident dans nos efforts pour mieux les protéger », a ajouté Mme Gamba.

« Aujourd'hui, je demande à la communauté internationale de renouveler son engagement en faveur des enfants touchés par les conflits et de faire plus, de faire mieux, pour les protéger du danger et de redoubler d'efforts pour mettre fin à toutes les violations à l'encontre des enfants dans les situations de conflit armé », a-t-elle encore dit.

L'étude a été produite par le Bureau de la Représentante spéciale et présente l'évolution du mandat du CAAC depuis sa création par l'adoption de la Résolution 51/77 par l'Assemblée générale en 1996. Des consultations approfondies ont été menées auprès des États membres, des entités de l'ONU et d'organisations de la société civile tout au long de l'année 2021 afin d'alimenter l'étude.