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Les profondes répercussions de COVID-19: Comment cette crise sans précédent est en train de transformer le monde

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Avec près de 100 millions de personnes supplémentaires poussées dans l’extrême pauvreté en 2020, 1,4 milliard d’enfants touchés par la fermeture des écoles, et un taux de chômage record, la COVID-19 représente un frein monumental au progrès humain.

L'exposition présentée par le PNUD dans le cadre du festival Photoville à New York met en lumière les effets d'une crise qui touche aussi bien les riches que les pauvres - des rues désertes de New York aux bidonvilles de Nairobi, où vit l'une des populations les plus vulnérables au monde, confrontée maintenant à des difficultés encore plus grandes.

L’exposition Photoville est présentée au Brooklyn Bridge Park, à New York, du 15 septembre au 15 décembre 2020. Ci-dessous, un aperçu de nos contributions.

NICHOLE SOBECKI/VII FOR NATIONAL GEOGRAPHIC

La pandémie du COVID-19 a une fois de plus plongé les communautés vivant en marge de la société dans la précarité.

À Nairobi, Kenya, les bidonvilles serpentent entre les beaux quartiers, et les populations les plus riches et les plus pauvres de la ville mènent des vies diamétralement différentes. Certains peuvent se permettre de se confiner dans l’enceinte de leur propriété, de constituer un stock de provisions et de continuer leurs activités professionnelles en ligne. Mais la distanciation sociale est impossible dans des zones densément peuplées telles que Kibera, Mathare et Huruma. Les masques et le désinfectant pour les mains restent un luxe pour de nombreux Nairobiens, tout comme l’accès à l’eau courante.

Au plus fort de la pandémie en mai, le bidonville de Kariobangi a été rasé ; d’innombrables habitations ont été détruites et 7000 personnes se sont trouvées contraintes de partir.

Nous ne saurons peut-être jamais quel sera le coût réel de la pandémie ici - de l'augmentation de la violence, du nombre de sans-abri, des grossesses précoces, de la faim, et des dysfonctionnements du système éducatif. Le seul filet de sécurité sociale reste la générosité des personnes qui trouvent toujours des méthodes créatives pour soutenir leurs communautés contre ces menaces.

NYIMAS LAULA

Connue sous le nom de « l’Île des dieux » de l’Indonésie, Bali compte quatre millions d’habitants. Des rizières, des temples anciens et des plages splendides font partie du paysage de l’île. Plus de 50% de l’économie de Bali dépend directement du tourisme. L’année dernière, l’île a attiré plus de six millions de touristes internationaux et dix millions de touristes indonésiens.

Depuis les attaques terroristes qui ont tué 202 morts en 2002, jusqu’à l’éruption volcanique du mont Agung de 2017, Bali a su par le passé se relever de chocs économiques dévastateurs. Mais la pandémie de COVID-19 représente à ce jour le plus lourd choc.

Les travailleurs du secteur du tourisme dépendent désormais de l’aide alimentaire communautaire pour survivre. Pour certains, cette situation est l’occasion de revenir aux fondements de la philosophie balinaise – les « *Tri Hita Karana » *(les Trois Raisons du Bien-être), dont l’une est de vivre en harmonie avec la nature.

Des milliers de travailleurs retournent dans leur village et reprennent un mode de vie traditionnel, basé sur l’agriculture et la pêche, pour nourrir leur famille.

DHIRAJ SINGH POUR LE PNUD EN INDE

La pandémie du COVID-19 nous rappelle brutalement que les faiblesses de nos systèmes de protection sociale ont un prix. Elle a révélé à quel point une croissance non inclusive et non durable peut être dévastatrice.

Plus de 80% des Indiens — environ 450 millions — travaillent dans le secteur informel. Ces travailleurs constituent une part vitale de l’économie ; ils contribuent à près de 50% du PIB de l’Inde et ce sont eux qui ont été frappés le plus durement par la pandémie et les longues périodes de confinement.

L'Organisation internationale du travail estime que près de 400 millions de travailleurs indiens retomberont dans la pauvreté à la suite de la pandémie.

Des millions d’Indiens ont perdu leur travail. Sans aucune autre forme de soutien, ils ont commencé à repartir vers leur foyer d’origine à la campagne, où ils ont été confrontés à de terribles famines, à des suicides, à l’épuisement, à des accidents de la route et de train, à la brutalité policière, et au manque de soins médicaux.

CYNTHIA MATONHODZE

Depuis de nombreuses années, le Zimbabwe traverse une crise économique et une hyperinflation, dont les effets ont été amplifiés par de graves sécheresses. La majorité de la population est menacée par la famine. Selon le Programme alimentaire mondial, la moitié de sa population - 7,7 millions de personnes - souffre d'insuffisance alimentaire.

La pandémie du COVID-19 empire considérablement la situation. Il est devenu encore plus difficile de gagner sa vie. En raison des mesures de confinement, seuls les travailleurs essentiels sont autorisés à se déplacer, ce qui les place dans une situation encore plus précaire.

Ils doivent se réveiller au milieu de la nuit pour entamer le long trajet en transport en commun vers leur lieu de travail. Leurs trajets quotidiens les exposent au risque d'être victimes de vols ou d'agressions, et au risque accru de contracter le virus.

DINA LITOVSKY

Fin mars 2020, la ville de New York était devenue l'épicentre de la pandémie du COVID-19 aux États-Unis. Lorsque le confinement a été déclaré, la "ville qui ne dort jamais" est entrée dans une hibernation de trois mois. Confinée à Manhattan, Dina Litovsky a commencé à errer dans les rues désertes à la tombée de la nuit, documentant comment le paysage de la ville était affecté par la crise.

En perdant sa finalité sociale, le paysage autrefois si familier des bars, restaurants, parcs, magasins et carrefours animés de la ville est devenu méconnaissable. Dina s'est efforcée de saisir cette réalité déconcertante, où des éléments familiers sont privés de leurs fonctions. Les feux de circulation ne guidaient plus les gens, et les caméras de surveillance ne filmaient plus rien. Les rues sont maintenant empreintes d'une atmosphère "hopperesque", marquée par des fenêtres éclairées et des lampadaires allumés.

COLLECTIF FLUXUS FOTO

"L'éducation à travers WhatsApp" vise à attirer l'attention sur les inégalités sociales et économiques croissantes dans l'enseignement primaire en Équateur durant la crise du COVID-19.

Près de 4,6 millions d'enfants ont été concernés par les fermetures des écoles et le ministère de l'éducation a opté pour l'apprentissage virtuel. WhatsApp permet aux enfants et aux enseignants de communiquer librement, d'envoyer des vidéos, des messages vocaux et des SMS, et peut être utilisé sur n'importe quel téléphone.

Selon l'UNICEF, seulement 37 % des familles équatoriennes ont accès à Internet. Cela signifie que six enfants sur dix ne peuvent pas poursuivre leurs études. La situation est encore pire pour les enfants des zones rurales, où seuls 16 % des ménages disposent d'appareils électroniques.

La fermeture des écoles a eu des répercussions. De nombreux enfants dépendent des repas scolaires pour leur alimentation. Les femmes, qui assument la plupart des tâches ménagères et des soins aux enfants, doivent porter un fardeau de plus en plus lourd, tandis que le pays enregistre une augmentation des violences domestiques.

NADÈGE MAZARS

La quarantaine a eu un effet immédiat sur la capitale colombienne Bogotá, qui dépend fortement de l'économie informelle. Le premier jour, le 20 mars, la ville a pris l'apparence d'une dystopie. Les seuls êtres présents dans les rues étaient les policiers, les sans-abris et les pigeons à la recherche de nourriture. Bogota a révélé une autre facette d'elle-même ; le mirage construit sur les excès d'une société de consommation s'est effondré.

De sérieuses conséquences sont prévues dans les mois à venir. Des milliers de personnes vont perdre leur maison faute de pouvoir payer leur loyer. Si rien n'est fait, les conséquences sociales et économiques se multiplieront jusqu'à devenir incontrôlables.

Les travaux de Nadège visent à sensibiliser le public aux conséquences à long terme de cette crise et nous incitent à repenser notre relation avec le travail, l'environnement et nos pratiques nuisibles de surproduction et de consommation.