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Les personnes handicapées, les laissés-pour-compte de l’épidémie de Covid-19

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Lyon, le 3 décembre 2020. À l’occasion de la Journée mondiale des personnes handicapées le 3 décembre prochain, Handicap International alerte sur les difficultés d’accès aux soins, le risque d’isolement et de paupérisation dont peuvent être victimes les personnes handicapées face à l’épidémie de COVID-19. L’association appelle à prendre en considération les besoins particuliers des personnes handicapées face à l’épidémie de Covid-19.

L’accès à l’information et le respect des gestes barrières plus difficiles

Les personnes handicapées sont souvent les laissés-pour-compte dans les campagnes de sensibilisation contre la COVID-19. Dépliants non adaptés aux personnes malvoyantes, lieux de diffusion peu fréquentés ou non accessibles aux personnes handicapés, messages inadaptés… les obstacles pour accéder à l’information sont nombreux. Ainsi en Ethiopie 40% des adultes et 45% des enfants handicapés ont déclaré ne pas avoir accès à une information publique compréhensible sur le COVID19.

De plus, le respect des gestes barrières est parfois un vrai défi pour les personnes en situation de handicap. Par exemple, un fauteuil roulant doit être désinfecté autant de fois que l’on se lave les mains. La distanciation sociale est difficile, voire impossible à appliquer pour les personnes qui dépendent d’un contact physique avec leur environnement (se tenir à un mur quand on a des problèmes de mobilité, toucher les objets quand on est malvoyant, etc.) ou ceux qui les aident. Les mesures prises pour éviter la propagation du virus ne permettent pas toujours aux personnes les plus vulnérables, marginalisées et à risque de se protéger efficacement.

Un manque d’accès au soin et un risque d’isolement accrus

Les personnes handicapées sont particulièrement à risque face à cette crise sanitaire :
Handicap International souligne ainsi le fait que la pandémie de COVID-19 augmente les taux de morbidité et de mortalité des personnes vulnérables. La combinaison de facteurs tels que le handicap, le genre et l’âge génère souvent de multiples formes de restriction à l’accès aux services.

Certaines difficultés d’accès aux services rencontrées par les personnes handicapées se sont ainsi intensifiées pendant la pandémie. Débordé, il arrive que le personnel médical refuse les soins à une personne handicapée considérant qu'elle doit être prise en charge dans un établissement spécialisé. Or, en raison de l’épidémie les services et réseaux d’appui (comprenant les assistants personnels et les aidants) sont bien souvent indisponibles ou interrompus. De fait, il est possible que des services de base ne soient plus assurés. Ainsi, en situation de crise, 75 % des personnes handicapées indiquent qu’elles n’ont pas correctement accès à des services de base comme l’eau, l’hébergement, la nourriture ou la santé .

Sur le plan économique, les personnes handicapées, qui sont plus susceptibles d'être pauvres, sans emploi et d'avoir un faible niveau d'éducation en temps normal, sont plus touchées par le choc économique lié à la crise sanitaire. La majorité d'entre elles ne bénéficient d'aucune forme de protection sociale. En Haïti, 65 % des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête pour l’ONG ont ainsi déclaré que le soutien économique qu'elles reçoivent normalement a été fortement perturbé depuis la déclaration de l'état d'urgence sanitaire3 .

La réponse de Handicap International

Handicap International a donc adapté ses programmes d’information et de réponses à la COVID-19. Dans de nombreux pays, Handicap International a par exemple lancé des campagnes combinant différents canaux et différents types de messages afin d’être accessibles au plus grand nombre (radio, TV, information de rue…). Au Népal par exemple, des campagnes de sensibilisation en langue des signes ont été déployées à la télévision pour être accessibles aux personnes sourdes.

Handicap International a également adapté ses programmes de réadaptation, essentiels aux personnes handicapées, pour pallier les problèmes d’isolement et de manque d’accès aux soins. Ainsi, une plateforme virtuelle de télé-réadaptation a été mise en place pour offrir des séances de physiothérapie aux bénéficiaires de l’ONG au Rwanda. De la même manière, 1000 sessions de réadaptation en ligne ont été organisées pour des patients au Népal.

Enfin, afin d'atténuer les conséquences économiques désastreuses sur les personnes handicapées, Handicap International a jusqu'à présent distribué une aide pour les besoins de base (y compris la nourriture) à 360 000 personnes dans le monde.

Handicap International

Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient depuis 35 ans dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et vulnérabilisées, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle s’engage à promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. Depuis sa création en 1982, Handicap International a mis en place des programmes de développement dans plus de 60 pays et intervient dans de nombreuses situations d’urgence. Le réseau de 8 associations nationales (Allemagne, Belgique, Canada, États- Unis, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Suisse) œuvre de manière constante à la mobilisation des ressources, à la cogestion des projets et au rayonnement des principes et actions de l’organisation. Handicap International est l’une des six associations fondatrices de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), colauréate du prix Nobel de la paix en 1997 et lauréate du Prix Conrad N. Hilton 2011. Handicap International agit et témoigne partout où « vivre debout » ne va pas de soi.