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Les paysages variés de la COVID-19 en Afrique

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Par le Centre d’études stratégiques de l’Afrique

30 juillet 2020

La progression de la COVID-19 en Afrique n’est pas le fait d’une dynamique unique mais plutôt de multiples profils de risques distincts. Ces profils mettent en relief le rôle d’une presse libre, de la transparence des gouvernements et des conflits dans la réponse à la pandémie en Afrique.

Le nombre de cas déclarés de COVID-19 en Afrique est en constante progression depuis la première occurrence confirmée en Égypte le 15 février 2020. Depuis le 1er mai, le nombre de cas déclarés double toutes les trois semaines. L'expérience africaine avec les pandémies passées suggère que la lutte contre le nouveau coronavirus ne fait que commencer et le défi qu'elle représente perdurera probablement pendant plusieurs années.

Le nombre restreint des tests de dépistage administrés et des déclarations des cas limite toute analyse précise de la COVID-19 en Afrique. Les capacités de dépistage, l'engagement pour le dépistage, la déclaration des cas de coronavirus, ainsi que des décès qui y sont liés varient considérablement. Par conséquent, les pays qui effectuent le plus grand nombre de tests de dépistage ou qui signalent le plus grand nombre de cas ne correspondent pas nécessairement aux pays les plus touchés ou les plus exposés à la pandémie.

Compte tenu de ces limites en matière de données, le schéma des transmissions du coronavirus signalées en Afrique évolue au fil du temps.

À mesure que les transmissions internes augmentent, le profil de risque propre à chaque pays deviendra de plus en plus pertinent pour déterminer l'évolution de la pandémie. Il est donc essentiel de reconnaître les vulnérabilités, ainsi que les points forts, que représentent ces différents profils de risque afin d'atténuer les effets de la COVID-19.

Les trajectoires variées du COVID en Afrique

L'examen de la propagation de la COVID-19 en Afrique révèle immédiatement que la progression du coronavirus y varie considérablement. En effet, plusieurs schémas d'expérience distincts apparaissent dans la progression de la pandémie, reflétant la grande diversité du continent. Le CESA a identifié sept profils de risque de la COVID-19 en Afrique. Ces profils reposent sur une combinaison de facteurs : taille de la population, dimensions des environnements urbains, ampleur des conflits et des déplacements, démographie et gouvernance. Tandis que certains pays pourraient sans doute présenter plusieurs profils, ces catégories peuvent permettre de mieux comprendre la propagation de la COVID-19 sur le continent et finalement mieux en atténuer les effets.

Pays d'entrée

Les pays d'entrée ont les plus hauts niveaux de commerce international, de voyage, de tourisme et de trafic portuaire sur le continent. Ce n'est donc pas un hasard si ce groupe recense 64 % des cas signalés de COVID-19 et 69 % des décès déclarés sur le continent, alors qu'il n'en représente que 18 % de la population totale. Cette catégorie comprend certains des plus grands pays et des plus importantes économies d'Afrique. En d'autres termes, l'exposition de ce groupe à la pandémie a été précoce et vaste. Ces pays luttent donc depuis le début pour en contrôler la transmission. Une notamment les mégapoles du Caire et de Johannesburg-Pretoria. La catégorie des pays d'entrée se caractérise aussi par certains des systèmes de santé les plus robustes du continent. Donc, dans l'ensemble, ces pays ont été proactifs pour effectuer les tests de dépistage et la déclaration des cas tout au long de la crise. Les pays d'entrée représentent à ce jour environ 53 % de tous les tests effectués sur le continent.

Fait moins bien connu, l'âge médian de la population de ce groupe surpasse la norme africaine de presque 10 ans, soit 28,5 ans contre 20 ans, ce qui contribue à la vulnérabilité de ces populations une fois qu'elles sont exposées au virus. Le niveau de liberté de la presse de cette catégorie est également relativement faible ; certains pays, notamment l'Algérie et l'Égypte, ont arrêté des journalistes pour avoir publié des reportages sur l'épidémie de COVID-19. Ces restrictions ont probablement limité la sensibilisation et la confiance du public dans les communications de ces gouvernements, entravant ainsi l'efficacité de la réponse à la pandémie. Par conséquent, ce groupe obtient une note moyenne de 17,5 sur 20 en matière de vulnérabilité au risque pour les quatre facteurs les plus fortement corrélés aux cas déclarés : l'exposition à l'international, la population urbaine, l'âge et la liberté de la presse. La médiane africaine pour ces quatre facteurs est de 11.

Microcosmes complexes

La catégorie des microcosmes complexes représente les pays dont la population urbaine est importante, avec des paysages sociaux et géographiques très variés et des défis de sécurité complexes---le reflet de la grande diversité observée à travers l'Afrique. La taille moyenne de la population dans la catégorie des microcosmes complexes (87 millions) est supérieure à celle de toutes les autres catégories, et ces pays occupent en moyenne des territoires de 1,1 million de kilomètres carrés. Leurs populations urbaines se situent également dans le quintile supérieur du continent. , ce qui les rend particulièrement exposés à la transmission rapide du nouveau coronavirus. Comme beaucoup de ces personnes travaillent dans la prestation de services, comme chauffeurs ou personnels de maison par exemple, ils sont en contact quotidien avec d'autres réseaux sociaux, ce qui accentue leur vulnérabilité à l'exposition et à la transmission du virus. Les cas déclarés de COVID-19 pour ce profil ne représentent pourtant que 13 % du total de l'Afrique, même si la catégorie englobe 35 % de la population totale.

L'effet apparemment plus discret de la pandémie dans ce groupe est en partie dû au fait que ses niveaux d'exposition à l'international sont relativement plus faibles que pour les pays d'entrée, ce qui s'est traduit par une transmission initiale plus lente du virus. Par ailleurs, les populations des microcosmes complexes sont en moyenne plus jeunes que la médiane africaine. Cette caractéristique démographique atténue probablement les effets les plus dévastateurs de la pandémie. La vulnérabilité actuelle plus modérée se reflète dans le facteur de risque médian des microcosmes complexes, qui est de 13 sur 20 pour les quatre facteurs les plus fortement corrélés.

Ce groupe présente néanmoins des niveaux de risque plus élevés pour d'autres facteurs importants qui sont susceptibles de les rendre vulnérables pendant toute la durée de la crise. En effet, les systèmes de santé de ces pays sont relativement plus fragiles, ce qui limite la capacité de dépistage, de déclaration et de réaction aux transmissions. En d'autres termes, il est très probable que les cas de COVID-19 soient largement sous-estimés dans les pays classés comme microcosme complexe. En outre, quatre des cinq pays de cette catégorie subissent des conflits actifs et acceuillent tous beaucoup de réfugiés et de personnes déplacées en interne. Les conflits sont non seulement des accélérateurs potentiels de la transmission, mais constituent également une distraction majeure pour les gouvernements qui tentent de mobiliser des ressources pour endiguer le virus. De plus, présente un risque unique de transmission rapide qui pourrait vite décimer ces groupes déjà vulnérables, tout en accentuant la propagation de la COVID-19 dans ces pays. Le au sein des communautés de réfugiés et de personnes déplacées en interne en Afrique confirme ces risques. En raison de ces vulnérabilités, ainsi que d'autres, les microcosmes complexes présentent le plus haut niveau du total de facteurs de risque (35 sur un total possible de 45) de tous les groupes examinés. Par conséquent, ces pays pourraient très bien devenir des foyers de transmission à mesure que la pandémie se développe.

Centres stables

La catégorie des centres stables regroupe les pays dont la population est comprise entre 20 et 50 millions d'habitants et qui servent de centres économiques régionaux. Une caractéristique déterminante des pays de ce groupe est le fait qu'ils ne sont pas confrontés à des conflits actifs. En outre, la nature de base de ce groupe se reflète dans le fait que leurs facteurs de risque correspondent étroitement à la médiane africaine. Ainsi, les centres stables sont moins vulnérables à la COVID-19 que les groupes des pays d'entrée ou des microcosmes complexes car leurs populations urbaines sont relativement plus petites et moins denses et leurs médias indépendants sont, par comparaison, plus vigoureux. Ce groupe se distingue d'autant plus de la catégorie des pays d'entrée que son niveau d'exposition à l'international reste modéré, ce qui limite le flux des transmissions en provenance de l'extérieur du continent.

La stabilité relative de cette catégorie permet aux pays concernés de consacrer une plus grande attention et plus de ressources au défi posé par la COVID-19. Certains pays de cette catégorie, comme l'Ouganda, y sont plus vulnérables en raison de l'importance des populations déplacées de force qu'ils accueillent. Cependant, les niveaux généralement plus faibles d'exposition à l'international, les populations urbaines plus petites, la jeunesse relative et l'environnement médiatique plus ouvert des centres stables représentent un facteur de risque total de 11,5 sur 20 parmi les quatre variables les plus corrélées.

S'il est moins vulnérable aux facteurs de risque de la COVID-19 que certains autres profils, ce groupe se distingue notamment par la portée de sa transparence gouvernementale. En effet, on observe un rapport inverse entre ses facteurs de gouvernance et les cas déclarés de coronavirus. En d'autres termes, des pays relativement plus transparents comme le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Sénégal déclarent un nombre de cas beaucoup plus important que l'Angola qui enregistre l'un des niveaux les plus bas de cas déclarés par million de personnes sur le continent. Ainsi, le manque de transparence, associé à des systèmes de santé trop faibles pour effectuer suffisamment de tests de dépistage, pourrait favoriser une augmentation des transmissions dans certains des pays à centres stables si le public n'est pas sensibilisé et si une réponse n'est pas formulée dans les meilleurs délais.

Agglomérations / États fragiles

La catégorie des agglomérations/États fragiles englobe presqu'une dizaine de pays africains, situés principalement au Sahel et dans la Corne de l'Afrique, qui se caractérisent par des zones urbaines denses et qui sont aussi confrontés à un conflit actif ou à une importante population déplacée de force. Cette combinaison n'est pas fortuite puisque . Il en résulte un amalgame de facteurs de risque, notamment une grande densité des populations urbaines, des systèmes de santé publique faibles et une pression accrue sur les ressources pour répondre à la fois la pandémie et les problèmes de sécurité.

La densité urbaine ne vient pas immédiatement à l'esprit lorsqu'on pense à de nombreux pays de cette catégorie. Leur population médiane n'est que de 14 millions d'habitants et beaucoup de ces pays disposent de vastes étendues de territoire faiblement peuplées. Pourtant, une part disproportionnée de la population de ces pays vit dans les villes. Avec une moyenne de 4 200 habitants par kilomètre carré dans les zones urbaines, le niveau de densité de la population urbaine de ce groupe est le plus élevé du continent et est comparable à Bogota et à Kaboul. Un tel niveau de densité de population crée un risque de transmission de la COVID-19 similaire à celui des pays plus urbanisés, même si, au niveau national, les pays de la catégorie des agglomérations/États fragiles sont parmi les moins densément peuplés au monde.

Le risque que pose la COVID-19 pour cette catégorie est amplifié par le fait que la plupart des pays de ce groupe sont confrontés à un certain niveau de conflit actif. De plus, ils accueillent tous un nombre important de populations déplacées (en moyenne 6,5 % de la population totale). Ces facteurs rendent ces pays plus vulnérables aux transmissions rapides et potentiellement non détectées. Par ailleurs, les systèmes de santé publique d'une grande majorité de ces pays ont sont également relativement faibles. Ceci contribue à limiter le nombre de tests de dépistage et de cas déclarés (et l'incertitude quant à la gravité de la menace) et donc à augmenter la difficulté que représente la pandémie pour ce groupe. Les niveaux de transparence et de liberté de la presse relativement faibles créent un environnement dans lequel une recrudescence des transmissions serait sous-déclarée, ce qui pourrait encore favoriser la propagation.

Dans ce groupe, ces risques potentiellement dangereux sont néanmoins atténués grâce à l'un des niveaux d'exposition à l'international les plus faibles et des populations les plus jeunes du continent. Ces caractéristiques contribuent au facteur de risque total relativement modeste de 10 sur 20 pour le groupe des agglomérations/États fragiles des quatre variables les plus corrélées. Ceci est illustré par les onze pays de ce profil qui ne représentent que 6 % des cas déclarés de COVID-19 en Afrique, alors qu'ils en constituent 12 % de la population totale. Cependant, les facteurs de risque sous-jacents pour ce groupe le rendent vulnérable à un revirement brutal de la situation.

Petits pays ouverts/restreints

Les catégories petits pays ouverts et petits pays restreints ont des profils de risque à la COVID-19 très similaires en ce qui concerne leurs caractéristiques structurelles. Elles regroupent plus de 20 pays d'Afrique avec une population médiane totale de 5,5 millions d'habitants, des populations et une densité urbaine relativement faible, des médianes d'âges similaires et de faibles niveaux d'exposition à l'international. En outre, ces deux groupes sont relativement stables, avec de faibles niveaux de conflits et de déplacements forcés. En bref, leur vulnérabilité collective à la COVID-19 est relativement faible, ce qui est confirmé par le plus petit nombre de cas déclarés par rapport à la population totale (6 % contre 11 % du total pour l'Afrique).

La grande différence entre ces deux plus petits groupes de population réside dans leur gouvernance. La catégorie des petits pays ouverts englobe les pays qui garantissent une plus grande liberté de la presse et une plus grande transparence. La catégorie des petits pays restreints regroupe les pays qui se situent en dessous de la médiane lorsqu'on combine la liberté de la presse et les mesures de transparence. Cette distinction est une caractéristique déterminante du profil de risque de la COVID-19 de chaque groupe car l'information revêt une importance cruciale pour éduquer le public, établir la confiance, organiser une action collective, identifier les cas et intervenir et pour s'adapter aux réalités changeantes de la pandémie.

Cette différence de gouvernance se reflète dans leurs expériences divergentes face à la pandémie. Les pays du groupe petits pays ouverts ont effectué en moyenne 30 % de plus de tests de dépistage du coronavirus que le groupe petits pays restreints (43 673 contre 33 593). Malgré cela, les pays du groupe petits pays restreints ont déclaré 75 % de cas de plus et de cas par million de personnes (348 contre 201).

En bref, les petits pays ouverts semblent tester davantage de personnes et aplatir la courbe des transmissions plus rapidement que les petits pays restreints. Un niveau élevé de transparence est notamment cité comme facteur clé ayant permis à la Tunisie de réduire considérablement le nombre de cas auxquels elle a été confrontée.

Faible transparence

La dernière catégorie comprend les pays qui ne font pas activement de tests de dépistage ou qui ne déclarent pas leurs cas de coronavirus ; à savoir la Tanzanie, le Burundi et l'Érythrée. Il est donc très difficile d'y déterminer avec certitude la gravité de la pandémie. Dans leurs déclarations, la Tanzanie, le Burundi et l'Érythrée font respectivement état de 8, 16 et 41 cas par million d'habitants. La médiane africaine est de 189 cas par million d'habitants. En prenant ce chiffre comme base de référence, le nombre réel de cas dans ces trois pays pourrait être de 5 à 24 fois plus élevé que ce qu'ils déclarent à présent. Bien qu'ils ne soient pas inclus dans cette catégorie au vu de déclarations plus cohérentes, d'autres pays africains avec notamment un nombre limité de cas déclarés par million incluent l'Angola (12 cas), l'Ouganda (21 cas), le Mozambique (34 cas) et le Zimbabwe (51 cas).

Avec la réouverture progressive des économies africaines, le risque de transmissions transfrontalières, par le biais de déplacements et de transport du fret, signifie que l'absence de déclarations dans un pays donné a des conséquences pour toute la région. Les disparités nationales en matière de dépistage et de déclaration des cas, de l'éducation du public et du traitement des personnes exposées entravent à leur tour la coordination régionale.

Paradoxalement, grâce à une exposition à l'international relativement faible et à des populations jeunes, les pays de la catégorie à faible transparence ne présentent pas nécessairement un risque élevé. En effet, la médiane des facteurs de risque pour les quatre facteurs les plus corrélés n'est que de 11 sur 20, ce qui place cette catégorie au même niveau que celui des petits pays restreints. Cependant, en ne communiquant pas à leurs populations la gravité de la menace et les précautions à prendre, ces pays risquent d'accentuer considérablement l'ampleur du problème auquel ils font face.

Implications

Cette analyse souligne à quel point il est important d'éviter un discours unique sur le coronavirus en Afrique. Alors même que les différences dans les dépistages et les déclarations empêchent une analyse plus approfondie, plusieurs expériences distinctes face à la COVID-19 se dessinent sur le continent. Chacun de ces profils est confronté à différents niveaux et types de risques face à la pandémie. Certains profils, notamment les pays d'entrée, ont été les plus vulnérables aux premiers stades de la pandémie, en raison de leur niveau plus élevé d'exposition à l'international. Cependant, d'autres catégories, notamment les microcosmes complexes et les agglomérations/États fragiles, peuvent être plus vulnérables au fil du temps en raison de l'importance des populations urbaines, des conflits en cours ou des grandes communautés de réfugiés et de déplacés en interne, ainsi que des niveaux relativement faibles de transparence et de liberté de la presse.

La gestion de ces vulnérabilités différera en fonction du profil de risque. Les niveaux de risque pouvant varier d’un groupe à l’autre, il faudra exercer une vigilance constante sur tout le continent à mesure que toutes les catégories continuent d’enregistrer une augmentation du nombre de cas déclarés. Par ailleurs, étant donné le risque de transmissions transfrontalières, la vulnérabilité dans un pays crée une vulnérabilité pour toute la région.

Les pays qui présentent des risques plus élevés en raison de facteurs structurels comme l’exposition à l’international, une population urbaine importante et une population plus âgée devront poursuivre leurs efforts pour maîtriser les transmissions au sein des populations vulnérables. Il faudra continuer à limiter les grands rassemblements ou les rassemblements de forte densité, en particulier dans les lieux clos, et à sensibiliser les citoyens sur l’importance du port du masque. De même, , dans ce qui ressemble plus à un marathon qu’à un sprint, sera un multiplicateur de force essentiel pour assurer la sécurité de l’ensemble de la population. La force du système de santé publique africain repose sur ses réseaux de santé communautaires qui en étendent la portée et qui mettent l’accent sur la prévention et le changement des comportements. La prévention reste la réponse prioritaire à la pandémie en Afrique et, par conséquent, exige de préserver la sécurité des professionnels de la santé.

Cette analyse a également mis en évidence les défis cumulatifs auxquels sont confrontés les pays touchés par des conflits dans leur réponse à la pandémie. Les dirigeants politiques et le public doivent gérer des intérêts concurrents avec des ressources limitées pour répondre simultanément à ces deux menaces. Le grand nombre de personnes qui vivent dans des zones d’habitation informelles, ainsi que les communautés de réfugiés ou de personnes déplacées, souvent hébergées dans des espaces confinés, représentent des foyers potentiels de transmission dans ces pays. dans ces zones fortement peuplées afin d’appliquer des mesures pratiques pour renforcer la distanciation sociale, le lavage des mains, les options de transport alternatives, l’isolement des personnes présentant des symptômes et la recherche des contacts.

Les pressions concurrentes que créent les conflits peuvent entraver de telles initiatives. Cette logique a motivé l’appel du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, par la suite adopté par le Conseil de sécurité des Nations unies, en faveur d’un . Les liens entre la COVID-19 et les conflits devraient également . Les limites aux tests de dépistage dans les contextes de conflit pourraient faciliter la propagation du coronavirus sans que cela soit immédiatement apparent. Cette ambiguïté se complique encore plus par le fait que la transparence des gouvernements et la liberté de la presse ont tendance à être plus limitées dans les pays touchés par des conflits. Même en dehors des zones de conflit, cet examen a mis en évidence l’importance de la gouvernance, de la transparence et de la liberté de la presse pour lutter contre la pandémie. Les cas déclarés de COVID-19 ont tendance à être corrélés à un gouvernement plus ouvert. Avec la propagation de la pandémie en Afrique, une presse libre continuera à être un élément à part entière des mesures d’atténuation de l’épidémie en servant de système d’alerte précoce et en aidant à cibler les interventions de santé publique. De même, la transparence des gouvernements sera essentielle pour établir la confiance et le respect des mesures de santé publique nécessaires à ralentir la progression du virus. La liberté de la presse est donc un outil essentiel pour lutter contre la pandémie en Afrique et plus généralement, pour la stratégie de résilience du continent.