World

Les Ministres africains approuvent le Cadre de mise en œuvre de la stratégie mondiale pour la santé

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

La 71ème session du Comité régional de l'OMS pour l'Afrique a adopté le Cadre de renforcement de l'utilisation des données probantes, des informations et de la recherche pour l'élaboration des politiques dans la Région africaine de l'OMS. Il s'agit du premier cadre de mise en œuvre adopté par les États membres de l'OMS Afrique dans le domaine de l'utilisation des données probantes, de l'information et de la recherche pour l'élaboration des politiques dans le secteur de la santé.

Ce cadre, adopté le deuxième jour de la CR71, fournira un guide nécessaire pour renforcer l'utilisation des données probantes, de l'information et de la recherche pour l'élaboration des politiques de santé dans la Région africaine de l'OMS et se concentre sur la clarification des principes directeurs et des interventions prioritaires qui articulent l'utilisation des données probantes, de l'information et de la recherche pour l'élaboration des politiques de santé.

Lors de sa présentation au comité régional, le Dr Lindiwe Mkubalo, Directrice régionale adjointe pour l'Afrique, a noté que la réalisation des objectifs de développement durable et la couverture sanitaire universelle dans la région africaine dépendent largement de la disponibilité et de l'utilisation de données, d'informations et de connaissances solides pour la formulation des politiques de santé.

Cependant, une évaluation récente des systèmes nationaux de recherche en santé dans la région a révélé les faibles performances des États membres sur des indicateurs clés tels que la gouvernance de la recherche en santé, le développement et le maintien des ressources pour la recherche en santé, la production et l'utilisation de la recherche, ainsi que le financement national de la recherche en santé. Le document note que la source de financement la plus populaire pour la production de la recherche dans la Région a été les donateurs multilatéraux/bilatéraux, dont l'intérêt est davantage axé sur la réponse aux besoins de recherche de nature mondiale que sur les priorités locales et les besoins de preuves.

La situation est aggravée par l'incapacité à produire des preuves, des informations et des recherches sanitaires pertinentes au niveau local pour la formulation de politiques axées sur les priorités et les besoins locaux. Cependant, alors qu'une série de données probantes issues de la recherche en santé sont produites et traitées pour être utilisées à l'échelle mondiale, les politiques de santé de la Région n'en tiennent pas compte de manière optimale.

Cette situation est due à un certain nombre de problèmes, notamment l'insuffisance du financement de la recherche, la faiblesse ou l'absence d'instituts et de systèmes nationaux de recherche en santé, la faiblesse des capacités nationales en matière d'élaboration de politiques fondées sur des données probantes et la faible utilisation des plateformes de santé en ligne dans la région.

Le Dr Kumalo a noté que seuls 13 pays africains ont rejoint un réseau appelé Evidence-Informed Policy Network (EVIPNet) que l'OMS Afrique a lancé en 2006 pour faciliter l'application des connaissances et l'utilisation des données probantes pour l'élaboration des politiques dans les États membres.

Le nouveau cadre a les quatre objectifs suivants : renforcer les systèmes nationaux d'information sanitaire afin de générer des données de qualité ventilées par sexe ; établir ou renforcer les systèmes nationaux de recherche en santé afin d'entreprendre des recherches et des analyses pertinentes de données et d'informations utiles aux politiques ; assurer le bon fonctionnement des observatoires nationaux de la santé et accroître les capacités des pays à mettre en place des comités efficaces d'élaboration de lignes directrices et de technologies de la santé.

Avec des étapes claires à mi-parcours pour 2024 et 2027, le cadre vise à guider les États membres de l'OMS-Afrique pour qu'ils atteignent des objectifs clairs en 2030, à savoir disposer d'un système d'information sanitaire en établissement qui fonctionne bien, d'un observatoire national de la santé et d'une équipe d'application des connaissances adéquatement financée. On s'attend également à ce que, d'ici à 2030, les États membres disposent d'éléments de recherche permettant d'orienter les politiques.

D'après les discussions des délégués des pays, ces objectifs sont réalisables. Avec le soutien de l'OMS et de ses partenaires, le Togo a introduit le système d'information sanitaire de district (DHIS 2) et l'a étendu depuis 2018. En conséquence, l'exhaustivité et la ponctualité des rapports se sont remarquablement améliorées pour atteindre respectivement 89,7% et 66,7% en 2020.

Tout en notant que l'Afrique est toujours à la traîne par rapport aux autres régions de l'OMS pour ce qui est d'entreprendre des initiatives de recherche impliquant des données probantes générées par les patients, l'IAPO s'est montrée optimiste quant au nouveau cadre pour changer la situation pour le mieux.