Le Projet sur le capital humain en Afrique - quelques expériences réussies

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from World Bank
Published on 01 Oct 2018 View Original

Le capital humain (c’est-à-dire la somme de la santé, des compétences, des connaissances et de l’expérience d’une population) représente la plus grande richesse des pays du monde entier. Il permet à chacun de se réaliser pleinement et elle est de plus en plus reconnue comme l’un des principaux vecteurs de la croissance économique d’un pays.

Le Projet sur le capital humain lance par le Groupe de la Banque mondiale est une initiative mondiale destinée à accélérer l’accumulation de capital humain en s’efforçant d’identifier et de soutenir des investissements et des politiques plus efficaces. Le projet aidera les pays à renforcer leur capital humain et améliorer les moyens de le mesurer.

Le Projet sur le capital humain met en particulier l'accent sur la collaboration avec les pays d'Afrique subsaharienne, en vue de les aider à atteindre leurs objectifs en matière de capital humain. L’investissement dans la population africaine est essentiel pour assurer la prospérité future du continent et sa pleine participation aux marchés mondiaux.

MESURER LE CAPITAL HUMAIN EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : L’INDICE DU CAPITAL HUMAIN

Pour fournir une base de référence, le nouvel indice du capital humain de la Banque mondiale s’intéresse à la manière dont le capital humain contribue à la productivité de la prochaine génération de travailleurs d'un pays. L'indice mesure la performance d'un pays dans les composantes de base d'une économie, y compris celles qui sont étroitement liées aux cibles des Objectifs de développement durable en matière de santé, d'éducation et de nutrition.

  • Survie : un enfant né aujourd’hui atteindra-t-il l’âge d’aller à l’école ?
  • Scolarité : quelle sera la durée de sa scolarité et quels seront ses acquis ?
  • Santé : cet enfant sortira-t-il du système scolaire en bonne santé, prêt à poursuivre ses études ou à entrer sur le marché du travail ?

Sur la base de ce nouvel indice, on constate que ces 25 dernières années les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans ont beaucoup baissé dans les pays d'Afrique subsaharienne. Pour autant, le continent perd chaque année 2,9 millions d’enfants de moins de cinq ans, le plus souvent de causes évitables (complications liées à des infections respiratoires, dysenterie ou paludisme notamment)

Des pays comme le Mali, le Nigéria, la République centrafricaine, la Sierra Leone, la Somalie ou encore le Tchad ont beaucoup de mal à réduire les décès chez les enfants de moins de cinq ans : encore supérieurs à 100 décès pour 1 000 naissances vivantes, leurs taux de mortalité infantile sont parmi les plus élevés du monde (graphique 1).

Des disparités importantes subsistent également au sein des pays, en particulier en ce qui concerne l'accès à des interventions médicales plus complexes comme les accouchements assistés par du personnel qualifié et le traitement des maladies graves. Les pénuries de médicaments essentiels, l’absence d’équipement médical et le manque de formations pratiques et théoriques pour le personnel soignant de premier rang vient aggraver ce constat.

L’investissement dans l’éducation est particulièrement rentable

L'Afrique est le continent où le rendement de l'éducation est le plus élevé, chaque année de scolarité supplémentaire augmentant de 11 % les gains des hommes et de 14 % ceux des femmes. Mais les problèmes d'accès et de qualité sont préoccupants ; environ 50 millions d'enfants ne sont toujours pas scolarisés

Il est essentiel d'achever le programme d'éducation de base universelle, mais la scolarisation ne suffit pas à elle seule : les niveaux d'apprentissage dans la région sont très faibles (Figure 2). Dans certains pays, plus de 85 % des élèves du primaire ne peuvent pas lire couramment.

L'Afrique est également la seule région du monde où le nombre d'adolescents non scolarisés a augmenté ces dernières années, en partie à cause de l’accroissement démographique rapide. Les données montrent que les pays africains peuvent améliorer leur capital humain.

Un certain nombre de pays ont déjà progressé grâce à la réorientation de leurs systèmes éducatifs, par le biais de nouvelles initiatives comme la quantification et le suivi des acquis scolaires des élèves, l’application des méthodes qui ont fait leurs preuves, le recours aux transferts monétaires pour favoriser la scolarisation des pauvres, et la sensibilisation des principaux acteurs pour faire évoluer la situation.

Une bonne nutrition pendant la petite enfance est essentielle

Le calcul de l’indice du capital humain repose notamment sur les taux de retard de croissance, un indicateur de la malnutrition chronique et du développement de l’enfant. Il se mesure en fonction de la taille et de l’âge de l’enfant. Ce facteur joue de manière déterminante sur les capacités cognitives de l’individu, son état de santé à l’âge adulte et sa future productivité.

Cela signifie qu’un enfant trop petit pour son âge tombera plus souvent malade que les autres, ne profitera pas autant des possibilités d’apprentissage, obtiendra de moins bons résultats à l’école, grandira avec un handicap économique et aura plus de probabilités de souffrir de maladies chroniques à l’âge adulte. L’Afrique est par ailleurs la seule région du monde où le nombre d’adolescents non scolarisés augmente depuis quelques années.

Étant donné les taux élevés de fécondité et le faible recul des retards de croissance en Afrique, le nombre d’enfants dans cette situation a augmenté de 12 millions entre 1990 et 2015, et devrait continuer de progresser, à moins de s’emparer du problème à bras-le-corps.

Heureusement, quelques pays — dont des pays à faible revenu — sont parvenus à réduire considérablement les taux de retard de croissance. Même si les progrès sur ce front sont lents en Afrique, certains pays (le Lesotho, le Malawi et le Sénégal, notamment) ont obtenu des avancées notables, rendues possibles par des campagnes de sensibilisation et le déploiement de programmes à l’efficacité avérée ciblant en particulier les femmes enceintes et les nourrissons : distribution d’acide folique et d’autres micronutriments, promotion de l’allaitement au sein et de pratiques adaptées de stimulation et d’alimentation des bébés, accès à des services de santé essentiels et amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement.

PARIER SUR LE CAPITAL HUMAIN POUR INSTALLER UNE CROISSANCE INCLUSIVE ET UNE PROSPÉRITÉ PARTAGÉE : QUELLES MESURES PRENDRE ?

Chaque pays doit trouver sa propre voie pour progresser. L’une des grandes finalités du Projet sur le capital humain est de soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action conçus par les pays, mais également de faciliter les apprentissages mutuels. Sur le terrain, les progrès exigent le leadership politique et une action dans des domaines clés, consistant par exemple à :

  • Augmenter les investissements publics dans les services sociaux.
  • Introduire des réformes et des innovations pour améliorer la prestation de services.
  • S’engager en faveur de l’équité et de l’inclusion.
  • Résoudre les enjeux de fécondité et d’inégalités entre les sexes pour profiter du dividende démographique.

Le Projet sur le capital humain : pour que l’Afrique aille de l’avant

De nombreux pays comme le Lesotho, le Rwanda et l’Éthiopie, ont déjà adopté le Projet sur le capital humain et engage des réformes et des investissements prioritaires dans ce domaine.

La Banque mondiale collabore étroitement avec ces pays pour les aider à définir leur vision et à élaborer leur stratégie pour atteindre leurs objectifs de renforcement du capital humain.