Le programme « Hydromet en Afrique » : la réponse du continent aux phénomènes climatiques et météorologiques

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from World Bank
Published on 16 May 2018 View Original

LES POINTS MARQUANTS

  • Alors qu’elle n’est que responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre, l’Afrique est particulièrement exposée aux effets négatifs du changement climatique et aux catastrophes naturelles.

  • Bien que les catastrophes naturelles soient difficiles à prédire, les services hydrométéorologiques contribuent à les anticiper et à se préparer à leurs conséquences.

  • Afin de répondre à ce défi, le programme Hydromet en Afrique (a) a pour objectif de fournir aux pays et aux populations du continent des données fiables et en temps réel sur les conditions météorologiques, hydrologiques et climatiques, afin de les aider à renforcer leur résilience au changement climatique et à atteindre leurs objectifs de développement économique.

ADDIS-ABEBA, 16 mai 2018 — Tesfaye cultive des céréales et des légumes à Chanco, au nord de la capitale de l’Éthiopie. Alors qu’il emmène paître son bétail, il s’arrête en chemin pour observer le ciel. Pour lui, savoir à l’avance le temps qu’il va faire est capital, mais les prévisions ne sont pas toujours fiables.

« Cette année, la météo a été favorable, mais l’an dernier il n’a pas assez plu pour arroser mes plants de teff, d’orge et de lentilles, explique Tesfaye. Ce serait très utile de pouvoir prévoir les gros orages, je pourrais m’organiser pour semer et récolter. »

Les prévisions fiables sur les conditions météorologiques, hydrométriques et climatiques, fournies par les services hydrométéorologiques apporteraient un avantage énorme à de nombreux fermiers comme Tesfaye. En Afrique, où la résilience aux aléas climatiques est un véritable enjeu, ces services sont essentiels pour des secteurs comme l’agriculture, l’aviation ou le tourisme, mais aussi pour les populations et en particulier les petites communautés rurales agricoles. Le programme Hydromet pour l’Afrique a pour but de moderniser et d’améliorer directement ces services et, d’aider ainsi les gouvernements, les communautés et le secteur privé à poursuivre leurs efforts de développement.

Connaissez-vous le programme Hydromet en Afrique ?

Pourquoi investir dans l’hydrométéorologie ?

Au carrefour de l’hydrologie et de la météorologie, l’hydrométéorologie fournit des informations en temps réel sur les conditions météorologiques, hydrologiques et climatiques ainsi que des signaux d’alerte et des prévisions permettant aux populations d’anticiper les catastrophes naturelles et de s’y préparer. L’hydrométéorologie fournit aussi des données utiles pour les prévisions météorologiques et différents services liés à l’observation climatique. Chaque jour, des écoliers, des agriculteurs et même de grands secteurs d’activité comme l’aviation et l’énergie bénéficient des services hydrométéorologiques.

L'hydrométéorologie est donc utile à tous les secteurs de l’économie qui dépendent de près ou de loin du temps qu’il fait ou qu’il va faire. Dans le domaine de l’aviation par exemple, des prévisions météo très précises fournissent aux pilotes des informations critiques pour la sécurité. Ces services sont aussi utilisés par les météorologistes, les hydrologistes et les spécialistes de la gestion des catastrophes naturelles pour prévoir les événements climatiques, planifier les mesures à prendre et, ainsi, mieux préparer et protéger les populations. Le renforcement des services hydrométéorologiques est particulièrement vital pour l’Afrique. Les capacités du continent en la matière sont faibles et des efforts concertés sont nécessaires pour anticiper les risques climatiques et mieux gérer leurs conséquences. Avec des services hydrométéorologiques optimisés, les pays africains pourraient limiter l’impact d’aléas climatiques prévisibles et, de ce fait, éviter de perdre les bénéfices des investissements qu’ils ont réalisés dans les infrastructures, l’éducation et le développement, brisant ainsi un cercle vicieux et assurant la pérennité des investissements et des moyens d’existence.

Investir dans l’hydrométéorologie pour renforcer la résilience de l’Afrique aux aléas climatiques

En réponse à cette priorité de développement, le programme Hydromet en Afrique soutient plusieurs projets, notamment en République démocratique du Congo (Renforcement des services hydrométéorologiques et du climat) (a), au Mali (Modernisation des services hydrologiques et météorologiques), au Niger (Gestion des risques de catastrophes naturelles et développement urbain) (a) et au Burkina Faso (Modernisation des services hydrométéorologiques) (a). Par ailleurs, les partenaires du programme (la Banque mondiale, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme alimentaire mondial) appuient les efforts de modernisation structurelle de nombreux pays ainsi que de centres météorologiques régionaux et sous-régionaux.

Dans le cadre de cette collaboration, la Banque mondiale a jusqu’à présent prévu d’allouer près de 900 millions de dollars à de futurs projets de modernisation durable des services hydrométéorologiques. Ces investissements permettront de mettre sur pied des services vitaux pour protéger les populations et leurs moyens d’existence, et pour favoriser la prospérité dans des zones à haut risque climatique.

Jerry Lengoasa, directeur général du Service météorologique d’Afrique du Sud, souligne que tous les habitants bénéficient directement des services hydrométéorologiques :

« L’hydrométéorologie est précieuse pour la vie de tous les jours. Elle nous fournit des données, des prédictions grâce auxquelles nous pouvons nous préparer aux événements et mettre au point des stratégies efficaces de résilience climatique à court et long terme, ce qui est indispensable pour atteindre nos objectifs de développement. »

Un grand nombre d’organisations partenaires (a) et de bailleurs de fonds (Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) (a), Fonds pour l'environnement mondial (GEF) (a), Fonds d'investissements climatiques (CIF), gouvernement du Japon (a), entre autres) soutiennent le programme Hydromet en Afrique. Cette aide est directement destinée à renforcer les systèmes d’alarme précoce et de réponse aux situations d’urgence en cas de catastrophes naturelles. Elle améliore en outre la capacité des pays africains à renforcer leur résilience au changement climatique et aux catastrophes naturelles, gage de développement durable.

Les actions menées actuellement visent à mobiliser la communauté internationale sur l’importance de mieux gérer les aléas climatiques grâce aux services hydrométéorologiques. À cet égard, l’événement One Planet Summit (a), qui s’est tenu à Paris fin 2017, illustre l’engagement mondial en faveur de la lutte contre le changement climatique et de l’investissement dans la résilience. La modernisation des services hydrométéorologiques qui est impulsée par le programme Hydromet en Afrique constitue une véritable chance pour l’Afrique et au-delà, car les populations et les pays du continent seront mieux armés pour prospérer et atteindre les objectifs de développement durable en s’appuyant sur des outils fiables de résilience climatique.