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Le HCR alerte sur les conséquences désastreuses du sous-financement de la lutte contre le Covid-19 pour les réfugiés

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Nafisa, une réfugiée afghane de 48 ans, se fait vacciner contre le Covid-19 au centre de vaccination du Croissant-Rouge à Rawalpindi, au Pendjab © HCR/Asif Shahzad

Ceci est un résumé des déclarations de la cheffe de la section du HCR pour la santé publique Ann Burton – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 17 septembre 2021 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, appelle la communauté internationale à une plus grande attention et à un soutien financier pour contrer l'impact du Covid-19 sur les personnes déracinées dans le monde entier.

L'urgence Covid-19 figure en tête de liste des 10 situations du HCR les plus sous-financées en 2021. Seul un tiers des 924 millions de dollars prévus au budget a été reçu, ce qui laisse un vide béant dans la capacité du HCR à protéger les plus vulnérables des conséquences de la pandémie.

Malgré les progrès réalisés dans de nombreux endroits où le HCR travaille, de nouveaux cas apparaissent et l'on enregistre encore des pertes en vies humaines. Alors que des vaccins sûrs et efficaces peuvent soulager les pressions sur les systèmes de santé et sauver des vies, les inégalités en matière d'accès aux vaccins continuent de frapper le plus durement dans de nombreux États qui accueillent des réfugiés. Il est établi que 86% des réfugiés sont accueillis dans des pays en développement. Cependant, environ 80% de toutes les doses de vaccin ont été administrées dans des pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur.

Par ailleurs, les pays à faible revenu qui accueillent la majorité des réfugiés dans le monde, ont les systèmes de santé les moins résilients et ont du mal à faire face aux besoins de leurs propres populations, avant d'ajouter les besoins supplémentaires posés par l'accueil des réfugiés. Le HCR réitère son appel aux États afin qu'ils partagent les doses excédentaires avec le dispositif COVAX en temps utile, afin de remédier aux inégalités en matière d'accès aux vaccins et d'éviter de prolonger la pandémie.

Jusqu'à présent, nous avons été encouragés par la célérité des pays d'accueil qui ont inclus les réfugiés dans les programmes de vaccination et nous les exhortons à poursuivre dans cette voie. Cependant, nous avons constaté que de nombreux obstacles à l'accès au vaccin subsistent. Le HCR est prêt à aider les États à surmonter certains de ces obstacles - à condition que nous en ayons les moyens - en créant par exemple des documents d'information adaptés aux faibles niveaux d'alphabétisation et dans les langues que maitrisent les réfugiés.

La pandémie affecte les personnes déracinées et les apatrides d'une manière qui va bien au-delà du risque posé par le virus lui-même. Ils subissent en effet de plein fouet les répercussions économiques de la pandémie. La pénurie des fonds ne fait qu'aggraver leur situation.

Lorsque les entreprises et les lieux de travail ont fermé, leurs moyens de subsistance précaires ont souvent été les premiers à disparaître. Alors que les gouvernements ont accordé des subventions pour compenser l'impact économique, ou aidé les écoliers à suivre des cours à distance, les personnes déracinées n'ont le plus souvent pas bénéficié de ces mesures.

Ces conséquences économiques impliquent que ces personnes ne peuvent pas payer leur loyer ou se procurer des produits de première nécessité, comme la nourriture, ce qui augmente le risque d'exploitation et de violence sexiste. Le HCR appelle les États à inclure les réfugiés dans les régimes de sécurité sociale nationaux et les donateurs à nous soutenir, afin d'aider à combler ces manques.

Notre réponse au Covid-19 couvre toutes les régions. Elle englobe tout l'éventail des besoins et reflète les ramifications étendues de la pandémie sur la vie des personnes contraintes de fuir. À la fin du mois d'août 2021, les besoins non satisfaits les plus importants comprenaient un déficit de 74 millions de dollars en matière d'assistance en espèces. Des lacunes plus modestes mais significatives subsistent également en matière de financement pour atténuer l'impact de la pandémie sur les soins de santé primaires, l'éducation primaire et les services aux personnes ayant des besoins spécifiques.

Rien que pour des raisons sanitaires, le nombre de personnes déracinées qui représentent 1% de la population mondiale, montre qu'il serait imprudent de ne pas les prendre en compte dans le cadre d'une réponse globale à la pandémie. Mais il n'est pas trop tard. Nous sommes reconnaissants aux donateurs qui ont déjà promis ou fourni des fonds pour couvrir les besoins liés à la prévention et la lutte contre le Covid-19 et nous appelons les autres à nous aider à canaliser les fonds là où ils sont le plus urgemment indispensables.

Le rapport " UNHCR's most underfunded situations in 2021" est disponible ici [en anglais].

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • A Genève, Aikaterini Kitidi, kitidi@unhcr.org +41 79 580 8334