Le développement, seule réponse durable face au désespoir, affirment plusieurs Chefs d’État et de gouvernement

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from UN General Assembly
Published on 25 Sep 2014 View Original

AG/11562

Assemblée générale
Soixante-neuvième session
9e & 10e séances plénières
Matin & après-midi

Au deuxième jour du débat général de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, plusieurs chefs d’État et de gouvernement ont, aujourd’hui, insisté sur la nécessité de concentrer les efforts de la communauté internationale sur l’élimination de la pauvreté et la réduction des inégalités, deux fléaux qui alimentent l’extrémisme et le terrorisme.

« Le monde aujourd’hui est à la croisée des chemins: soit la communauté internationale apporte son appui aux pays en développement, pour qu’ils puissent avancer et assurer la sécurité et la stabilité dans leurs régions respectives, soit nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auquel aucun endroit au monde ne pourra échapper », a déclaré le Premier Ministre du Maroc, M. Abdelilah Benkirane, lisant l’allocution du Roi Mohammed VI.

« Le terrorisme puise ses racines dans la pauvreté, le chômage, la discrimination, l’humiliation et l’injustice, et prospère dans la culture de violence », a constaté pour sa part le Président de la République islamique d’Iran, M. Hassan Rouhani, qui a mis l’accent sur la nécessité de favoriser la justice et le développement.

Le Chef du Gouvernement italien, M. Matteo Renzi, a lui, exhorté les États Membres à « ne pas se voiler la face et à garder à l’esprit les erreurs du passé ». « La communauté internationale, qui, hier, a été silencieuse à Srebrenica, doit retrouver une définition de l’espoir pour que cessent les bains de sang au Moyen-Orient et en Afrique », a-t-il dit.

Son homologue éthiopien, M. Hailemariam Dessalegn, a souligné pour sa part que l’efficacité du programme de développement pour l’après-2015 dépendrait, entre autres, de la réussite de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tiendra à Addis-Abeba, en juillet 2015.

« La seule réponse durable au désespoir c’est le développement », a estimé le Président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy, qui a ensuite salué les engagements de l’ONU pour la promotion des objectifs de développement, la lutte contre les changements climatiques et le virus Ebola, « peste des temps modernes », selon lui.

« L’après-2015 est déjà là et l’élaboration d’un programme de développement au-delà de cette échéance exige, au préalable, de faire un bilan de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) », a proposé le Président du Niger, M. Mahamadou Issoufou, qui a relevé que de « vastes écarts persistent » pour atteindre certains OMD.

« Élaborer et concrétiser un programme de développement porteur de transformation pour l’après-2015 » est le thème du débat général de cette soixante-neuvième session.

Le Premier Ministre de la Norvège, Mme Erna Solberg, a demandé que les négociations relatives au programme de développement pour l’après-2015 incluent les questions relatives à la paix et à la stabilité et répondent au défi des changements climatiques.

Dans un discours passionné en faveur des petits États insulaires en développement, le Président des Palaos, M. Tommy Esang Remengesau, a critiqué le projet de programme de développement pour l’après-2015 et ses 17 objectifs, trop éparpillés. « Un agenda sur tout est un agenda sur rien » et « les solutions à taille unique ne sont pas des solutions », a-t-il commenté, en réclamant que l’on se concentre sur une réponse « commune mais différenciée ».

Plusieurs intervenants, dont le Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda, M. Gaston Alphonso Browne, ont toutefois exhorté à une « démocratisation des Nations Unies », et ce, afin que « tous les pays aient voix au chapitre sur les questions qui les touchent directement ».

Dans l’objectif d’un renforcement de l’économie mondiale, le Premier Ministre de l’Australie, M. Tony Abbott, a préconisé, de son côté, une libéralisation des échanges, un investissement accru dans les infrastructures, ainsi que le renforcement et la modernisation du système fiscal international et des institutions économiques mondiales.

Dans ce monde que d’aucuns ont décrit comme « de tous les dangers », des lueurs d’espoir subsistent toutefois. Ainsi, le Président de la Colombie, M. Juan Manuel Santos Calderón, a-t-il annoncé qu’à l’issue de « près d’un demi-siècle de conflit, son pays « connaîtrait très bientôt la paix », grâce au processus de négociations entamé il y a deux années à La Havane avec les représentants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

S’agissant du développement de l’Afrique, le Président nigérien a estimé que le continent devait « sortir de l’échange inégal, du pacte colonial qui en fait un simple réservoir de matières premières ».

« L’Afrique sera le continent du XXIe siècle le jour où ses rapports avec les autres nations seront régis par le commerce équitable et non par l’aide publique au développement; le jour où naîtra une immense classe moyenne qui sera la conséquence d’une bonne gouvernance politique et économique », a-t-il dit.

Par ailleurs, le Chef de l’État iranien a formé l’espoir que les négociations portant sur le programme nucléaire de son pays avec les gouvernements des « E3+3 » (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, États-Unis, Fédération de Russie) aboutiraient à un « accord final dans la courte période encore impartie ».

L’Assemblée générale poursuivra son débat général demain à partir de 9 heures.

Suite du débat général

Pour M. ISSOUFOU MAHAMADOU, Président du Niger, l’après-2015 est déjà là et l’élaboration d’un programme de développement au-delà de cette échéance exige, au préalable, de faire un bilan de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). En dépit des progrès remarquables enregistrés dans leur application, de vastes écarts persistent pour certains.

S’agissant du Niger, il a réussi à atteindre certains objectifs comme la réduction de moitié des personnes souffrant de la faim ou encore la baisse de la prévalence du VIH/sida. En ce qui concerne les autres objectifs, des efforts importants ont été réalisés mais ils n’ont pu être atteints en dépit de la mise en œuvre du Programme de renaissance en cours depuis l’élection de M. Mahamadou en 2011. Il partage l’avis selon lequel les OMD non atteints doivent être retenus dans l’élaboration du programme post-2015, dans lequel le dividende démographique devrait être une priorité selon lui.

Rappelant que ce programme sera dominé par les trois « D », défense (sécurité), démocratie et développement, M. Mahamadou a regretté que la paix et la sécurité mondiales étaient actuellement menacées par le terrorisme, le crime organisé, les revendications identitaires et par l’accroissement des inégalités qui ont pour conséquence l’aggravation de la pauvreté dans le monde. « De l’Iraq à la Libye, de la Syrie au Nigéria, du Mali à la Somalie, les ennemis porteurs de la menace terroriste font un combat non conventionnel, asymétrique. Ils mènent une propagande par les actes, cherchent à contrôler les populations par la terreur », a souligné le Président pour lequel la guerre menée contre eux n’est plus conventionnelle, mais une guerre au sein de la population.

Cela suppose une réforme des armées avec des forces spéciales capables de s’adapter aux méthodes de l’ennemi. Pour éradiquer l’État islamique en Iraq et au Levant et le Front el-Nosra, pour neutraliser les organisations djihadistes en Libye, pour vaincre Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et les Mourabitoun au Sahel, pour chasser les Chabab de Somalie, pour étouffer Boko Haram au Nigéria, la communauté internationale doit se fixer un but commun et adopter une stratégie commune, en concertation avec les pays concernés, a expliqué M. Mahamadou.

En tant que pays voisin de la Libye, du Mali et du Nigéria, le Niger est très préoccupé par la situation qui prévaut dans ces pays. Le Président est d’avis que pour neutraliser les milices libyennes et réconcilier tous les Libyens, former un gouvernement d’union nationale, il faudrait que la Mission d’appui actuelle des Nations Unies soit remplacée par une structure plus robuste, en l’occurrence une mission de stabilisation et d’édification des institutions et cette responsabilité revient à la communauté internationale. Il a également annoncé la participation de son pays à la prochaine réunion de Niamey en octobre 2014 à laquelle participent le Bénin, le Nigéria, le Cameroun et le Tchad pour mutualiser les efforts de lutte contre Boko Haram. M. Mahamadou salue en outre le dialogue intermalien inclusif qui se déroule actuellement sous l’égide de l’Algérie.

« L’avenir de l’Afrique est dans son union. La meilleure façon de sortir des frontières héritées de la colonisation n’est pas de créer de nouvelles frontières sur des bases ethniques ou confessionnelles mais de dépasser les frontières actuelles par l’intégration », a affirmé le Président. S’il partage l’avis selon lequel « l’Afrique est le continent du XXIe siècle » avec ses taux de croissance élevés, il a toutefois conditionné cette réalité par le fait que le continent doit sortir de l’échange inégal, du pacte colonial qui en fait un simple réservoir de matières premières. Pour M. Mahamadou, l’Afrique sera le continent du XXIe siècle le jour où ses rapports avec les autres nations seront régis par le commerce équitable et non par l’aide publique au développement; le jour où naîtra une immense classe moyenne qui sera la conséquence d’une bonne gouvernance politique et économique.

M. ANDREJ KISKA, Président de la Slovaquie, a affirmé que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le programme de développement pour l’après-2015 et le défi du climat devaient constituer davantage qu’une base théorique de discussion. Ces objectifs doivent identifier, régler, proposer des solutions et résoudre les questions qui, dans une ou deux générations, pourraient mener l’espèce humaine à l’extrémité de sa propre existence, a-t-il déclaré.

Il a ensuite réaffirmé la primauté du multilatéralisme et de la coopération internationale dans tous les domaines, y compris face aux conflits. M. Kiska a rappelé qu’il y a 20 ans, l’Ukraine avait abandonné son programme nucléaire en échange de garanties de sécurité et d’intégrité territoriales de la part des membres permanents du Conseil de sécurité – États-Unis, Royaume-Uni, Chine, France et Fédération de Russie.

« Aujourd’hui, au lieu de marquer cette avancée majeure pour l’Europe, nous assistons à un conflit armé et à une instabilité politique dans ce pays », a déploré le Chef de l’État slovaque, pour qui le dialogue et l’approche diplomatique sont les seules réponses au conflit en cours, un dialogue auquel la Fédération de Russie doit prendre part. « Aujourd’hui, au lieu de bâtir un monde exempt d’armes de destruction massive, nous encourageons ces pays à chercher leur sécurité dans le développement de leur arsenal nucléaire. De manière regrettable, nous oublions la tragédie d’Hiroshima et Nagasaki », a-t-il dit.

En Ukraine, les Nations Unies doivent jouer un rôle majeur. « Nous devons respecter l’intégrité et la souveraineté territoriales du peuple ukrainien, qui doit pouvoir décider de son sort de manière libre et indépendante. Ce dont l’Ukraine a besoin aujourd’hui, c’est de rétablir la paix et la stabilité et de mettre en œuvre les réformes, tout en étant assurée des garanties d’inviolabilité de son territoire », a ajouté le Président.

Cette situation l’a conduit à se poser la question de savoir où, concrètement, se trouvait le « bouclier protecteur » des Nations Unies. Qui aurait pu imaginer, il y encore un an, la montée en puissance de l’État islamique de l’Iraq et du Levant, a-t-il lancé, encourageant la communauté internationale à faire preuve d’unité et à empêcher cette organisation de consolider son pouvoir militaire et économique en Iraq.

Enfin, pour le Président slovaque, la réforme du secteur de la sécurité est un des facteurs déterminants d’une paix durable. À cet égard, il a réitéré le soutien de son gouvernement auprès de l’Afghanistan, se félicitant de l’accord auquel étaient parvenus les deux candidats présidentiels.

M. JOHN DRAMANI MAHAMA, Président du Ghana, a fait part de son impression de « déjà vu » face aux problèmes récurrents du monde et aux tensions qui essaiment à travers la planète. Il a ainsi cité en exemple la situation en Iraq où des otages sont sauvagement abattus aujourd’hui, comme ils l’étaient en 2004, tout comme les récents combats à Gaza qui rappellent, a-t-il relevé, ceux de 2005 au même endroit.

Il a en outre souligné que les récentes violences aux États-Unis, à la suite de supposées brutalités policières contre des noirs, semblaient rappeler les émeutes survenues à la suite de la mort du jeune Guinéen de 23 ans Amadou Diallo, abattu à New York en 1999 par des policiers. Au vu de ces faits répétitifs, « sommes-nous en train de régresser ou alors faisons-nous du surplace en dépit de changements apparents? », s’est interrogé le Président. Il a en outre rappelé que le deuxième Secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, avait affirmé que « la recherche de la paix et du progrès est un travail de longue haleine, et que cette quête sera meublée de succès et d’échecs, mais qu’elle ne doit jamais être abandonnée ».

M. Mahama a par ailleurs déclaré qu’en tant que Président de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il avait visité récemment les trois pays les plus affectés par le virus Ebola: la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone. Il a déploré le fait que les malades soient isolés et parfois abandonnés faute de moyens pour leur prise en charge. Il a dit avoir été choqué, dans ces trois pays, de constater que les aéroports étaient complètement vides du fait des interdictions de vols dont ils sont victimes.

Il a rappelé que le virus Ebola ne connaissait pas de frontières, et que, de ce fait, le monde devait agir, comme l’a fait le Ghana qui a offert d’accueillir, à Accra, la base opérationnelle de la Mission des Nations Unies pour l'action d’urgence contre l’Ebola (UNMEER). Il a souligné que le virus Ebola s’était répandu aussi rapidement en Afrique de l’Ouest en raison de la politique sous-régionale de fluidité des frontières qui est promue depuis plusieurs décennies.

Il a aussi fait part de son inquiétude face à la politique de libre circulation des hommes et des biens, laquelle pourrait favoriser la circulation de maladies, de drogues, d’armes ou encore de terroristes. Sur ce dernier point, le Président a dit sa crainte de voir le terrorisme s’installer durablement en Afrique, un continent qui compte 60% de sa population qui a moins de 35 ans, et qui stagne sous la pauvreté. Il a jugé opportun que les pays du continent puissent coordonner leurs efforts pour lutter contre ce fléau.

M. Mahama a ensuite évoqué les problèmes économiques de l’Afrique en général et du Ghana en particulier, rappelant que l’an dernier, dans ce même contexte, il avait appelé à des partenariats avec le continent, et non plus seulement à de la sympathie. Sur un tout autre plan, il a déclaré qu’avec la commémoration du vingtième anniversaire de la Conférence mondiale sur les femmes de Beijing, le Ghana, qui fêtera également le quarantième anniversaire de la mise sur pied du Conseil national sur les femmes et le développement, était fier d’avoir, aujourd’hui, un nombre inégalé de femmes occupant des hautes fonctions dans l’administration publique.

Le Président ghanéen a conclu son propos en invitant la communauté internationale à plus de compassion et de tolérance, et a souhaité une bonne année aux juifs, tout en présentant ses vœux aux musulmans qui vont célébrer, la semaine prochaine, la fête du sacrifice.

M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, a déclaré d’emblée qu’il venait d’une région du monde où de nombreuses parties brûlaient sous le feu de l’extrémisme et du radicalisme. « À l’est et à l’ouest de mon pays, des extrémistes menacent nos voisins, recourent à la violence et au bain de sang. Ils ne parlent pas une seule langue; n’ont pas la même couleur de peau ni la même nationalité; ils sont venus au Moyen-Orient du monde entier. » Mais ils ont néanmoins une seule idéologie: « violence et extrémisme ». Et un objectif unique: « la destruction de la civilisation, la montée de l’islamophobie et la création d’un terrain fertile pour de nouvelles interventions de forces étrangères dans notre région », a-t-il ajouté, en regrettant la mondialisation du terrorisme et le fait que les extrémistes du monde se sont trouvés les uns les autres sous le cri de ralliement « Extrémistes du monde, unissez-vous! »

Le Président iranien a affirmé que certains pays avaient aidé à la création de l’extrémisme et, à présent, ils n’arrivaient pas à y faire face. Ce sont nos populations qui en paient le prix, a-t-il constaté, rappelant que l’anti-occidentalisme actuel était le résultat du colonialisme d’hier, et une réaction au racisme de jadis. Certaines agences de renseignement ont mis les couperets dans les mains de fous qui, désormais, n’épargnent personne. Tous ceux qui ont joué un rôle dans l’établissement et le soutien à ces groupes terroristes doivent admettre leurs erreurs, qui ont conduit à l’extrémisme, et présenter leurs excuses non seulement aux générations passées mais également futures, a-t-il déclaré.

M. Rouhani a affirmé que le terrorisme puisait ses racines dans la pauvreté, le chômage, la discrimination, l’humiliation et l’injustice, et prospérait dans la culture de violence. En conséquence, pour l’extirper de nos sociétés, il importe de favoriser la justice et le développement, en faisant barrage à la distorsion des enseignements divins pour justifier la brutalité et la cruauté. La douleur n’en est que plus forte lorsque ces terroristes font couler le sang au nom de la religion et décapitent au nom de l’islam, a-t-il insisté, en se déclarant étonné que ces groupes meurtriers se font appeler « islamiques », et, plus étonnant encore, que les médias occidentaux répercutent cette contrevérité, contribuant ainsi à alimenter la haine envers tous les musulmans, lesquels, à leur tour, perçoivent cette diffamation comme faisant partie d’un projet islamophobe.

Pour le Président iranien, l’agression militaire contre l’Afghanistan et l’Iraq, et l’ingérence dans le conflit syrien sont des exemples clairs d’une approche stratégique erronée au Moyen-Orient. De la même façon, la démocratie ne saurait être transplantée de l’étranger: la démocratie est le produit de la croissance et du développement et non de la guerre et de l’agression, a-t-il expliqué, estimant que la démocratie n’était pas un produit exporté susceptible d’être commercialement importé de l’Ouest vers l’Est. Dans une société sous-développée, une démocratie importée mène uniquement à un gouvernement faible et vulnérable, a-t-il jugé.

Pour M. Rouhani, la région attend qu’une fois pour toutes, le monde occidental se mette du côté de ceux qui recherchent sincèrement la démocratie et allègent ainsi les souvenirs amers de son appui aux dictateurs. L’expérience de la création d’Al-Qaida et des groupes extrémistes modernes a montré que l’on ne saurait se servir de tels groupes pour s’opposer à un État. Il a rappelé que l’Iran avait invité tout le monde au « dialogue » face à l’action criminelle du 11 septembre 2001, et avait préconisé un « monde exempt de violence et d’extrémisme ».

Le Moyen-Orient a soif de développement et n’aime pas la guerre, et il y existe des personnalités politiques et des élites modérés qui jouissent de la confiance du peuple, a poursuivi le Président iranien. Ils ne sont ni pro ni anti-occidentaux, et bien que conscients du rôle du colonialisme dans le sous-développement de leurs nations, ils recherchent réellement le développement de leurs nations.

M. Rouhani a indiqué que les voix de ces dirigeants étaient les véritables voix de la modération dans le monde islamique. Il a estimé que si les pays à la tête de la coalition agissaient pour perpétuer leur hégémonie dans la région, ils commettaient une erreur stratégique. En revanche, si la douleur est ressentie par les pays de la région, ils sont les plus indiqués pour former une coalition et accepter la responsabilité de chef de file pour contrecarrer la violence et le terrorisme. Et si d’autres nations désirent agir contre le terrorisme elles peuvent alors venir apporter leur appui.

Renvoyant à la proposition de son pays « Un monde exempt de violence et d’extrémisme », qui avait recueilli un soutien général, il a déclaré que dans une région tumultueuse et chaotique comme le Moyen-Orient, l’Iran était l’une des nations les plus tranquilles, sûrs et stables.

Il a estimé par ailleurs que la question nucléaire ne pouvait être résolue que par les négociations, négociations qui se poursuivent du reste entre l’Iran et les gouvernements des « E3+3 » avec sérieux et optimisme de part et d’autre. Les observateurs internationaux ont remarqué que l’Iran avait honoré ses engagements en toute bonne foi. Il a espéré néanmoins que les négociations en cours aboutiront à un accord final dans la courte période encore impartie. Il a réitéré la détermination de son pays à mener son programme nucléaire, notamment d’enrichissement, et à pleinement jouir de ses droits nucléaires sur le sol iranien dans le cadre du droit international.

Les sanctions ne feront que créer des obstacles supplémentaires sur la voie de la coopération, a-t-il commenté, en demandant aux partenaires de comprendre cela et de ne pas faire de mauvais calculs dans le processus de négociations. Le Président iranien a aussi prié les partenaires de faire preuve de souplesse afin de s’attaquer, ensemble, à des vrais problèmes à l’échelle de région, autrement plus graves, comme celui de l’extrémisme et du terrorisme. Il a invité à mettre fin à cette « iranophobie trompeuse » car si cela ne se fait pas, la région deviendra encore plus chaotique car la solution viendra de l’intérieur de cette région-même, a-t-il conclu en citant des versets du Coran à ce propos.

M. MOHAMED MONCEF MARZOUKI, Président de la Tunisie, a affirmé que son pays poursuivait sa transition pacifique et, après avoir lancé un dialogue national qui a débouché sur l’adoption d’une nouvelle constitution. La Tunisie prépare actuellement des élections présidentielle et législatives d’ici à la fin de l’année. Il a dénoncé des forces internes et externes qui continuent de saper les efforts de paix et de démocratisation, qui se sont notamment traduits par des assassinats politiques.

Néanmoins M. Marzouki se dit confiant dans le fait que la Tunisie est un terrain fertile pour la transition démocratique tout en conciliant entre islam et démocratie. Selon lui, la Tunisie est actuellement confrontée à une contre-révolution et cherche à se débarrasser des restes du despotisme. Elle s’est engagée sur la voie du développement économique tout en étant respectueuse de l’environnement. Pour le peuple tunisien, il s’agit de laisser le passé derrière et de se tourner résolument vers l’avenir, a estimé M. Marzouki.

Compte tenu de la situation géographique de la Tunisie, le pays est confronté à de réels problèmes de sécurité et de violence notamment des attentats terroristes. La situation volatile en Libye affecte notamment la stabilité en Tunisie et M. Marzouki espère que la Libye parviendra rapidement à un État démocratique et stable sans intervention militaire externe.

Il souhaite qu’elle puisse préserver le consensus national et la sécurité de tous ses citoyens. Préoccupé par la propagation de la violence et de l’incitation à la haine dans certains pays du Moyen-Orient, M. Marzouki s’est dit scandalisé par « ces attaques contre nos frères chrétiens » et a dit avoir honte de telles pratiques qui vont à l’encontre de l’islam qui prêche la paix et la tolérance. « Rien ne justifie cette violence qui a atteint des degrés sans précédent et il ne faut pas perdre de vue que nous appartenons tous à la famille humaine. »

Il s’est dit déterminé à combattre ces actes qu’il impute en partie à cinq décennies de despotisme causant la pauvreté dans un camp et la richesse dans l’autre. Toutefois, il ne pense pas que ces problèmes puissent se régler par la police et l’armée mais plutôt par la mise en place de régimes démocratiques et des économies qui bénéficient à la majorité de la population ainsi que par l’éducation.

Seules de telles politiques pourront aboutir à des sociétés unifiées et assurer un avenir meilleur aux peuples de cette région. Il faut aboutir à la réconciliation interne et toute solution militaire risque de pérenniser la guerre. Dans ce contexte, M. Marzouki a lancé un appel à la communauté internationale pour reconstruire Gaza et « prie Dieu » pour mettre fin au cauchemar en Syrie.

La Tunisie, en tant que membre des Nations Unies, estime qu’il est important d’avancer dans la réforme de l’ONU et soutient l’idée que le Brésil et l’Inde devraient obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité ainsi qu’un autre siège pour l’Afrique. M. Marzouki est également revenu à la proposition qu’il avait faite l’année dernière à l’Assemblée générale, à savoir de créer une cour constitutionnelle internationale pour conseiller tous les peuples libérés et trancher sur les questions relatives à des élections irrégulières.

Le Président tunisien a réitéré le fait que la démocratie devait être protégée et a espéré que cette proposition serait prise en considération. M. Marzouki a également proposé que la Tunisie devienne le siège d’un des organismes onusiens.

M. JUAN MANUEL SANTOS CALDERÓN, Président de la Colombie, a déclaré que, dans un monde marqué par des mauvaises nouvelles, le terrorisme et les maladies, il voulait apporter une lueur d’espoir à cette Assemblée: il espère, qu’après près d’un demi-siècle de conflit, la Colombie connaîtrait très bientôt la paix. Si cela se réalise, alors l’espoir de paix est permis dans toutes les régions du monde, a assuré M. Santos Calderón qui s’est dit confiant dans le fait que cet objectif est à portée de main dans son pays.

Le processus qui a eu lieu à la Havane au cours des deux dernières années avec les représentants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a été sérieux, réaliste, efficace et crédible et a conduit à des résultats concrets, a-t-il expliqué. Un programme en cinq points a été convenu, et des accords ont d’ores et déjà été trouvés sur trois d’entre eux à savoir le développement rural global, la participation politique et le problème du trafic illicite de drogues.

Revenant sur la question de la participation politique, M. Santos Calderón a expliqué que le but était d’élargir la démocratie, de promouvoir la participation des citoyens et de consolider la paix de manière à n’avoir jamais plus à associer « politique et armes ». Il a également été convenu de démanteler les structures mafieuses de la drogue et de promouvoir un programme national de substitution des cultures et de développement alternatif. L’accord prévoit en outre que les FARC mettent un terme aux relations qu’elles pourraient avoir avec les milieux de la drogue et qu’elles participent à la lutte contre ce problème.

Les discussions sur les deux derniers points vont bon train et portent sur la question des victimes et la fin du conflit. En effet, le conflit a fait des millions de victimes qui sont restées sans voix jusque-là et qui sont aujourd’hui placés au cœur du processus, a expliqué M. Santos Calderón. Il s’agit de garantir leurs droits à la justice, à la réparation, à la vérité mais au-delà de tout, de faire en sorte qu’il n’y ait jamais plus de victimes, a précisé le Président. Concrètement, dans un exercice inédit dans le monde, les victimes expliquent leurs cas et présentent leurs revendications devant des négociateurs du Gouvernement et du groupe rebelle. Ce sont les principaux protagonistes et bénéficiaires de la paix, a assuré M. Santos Calderón.

De plus, un sous-comité formé de militaires et de police a été mis en place pour se pencher sur les modalités concrètes du cessez-le-feu bilatéral final, ainsi que sur la démobilisation et le désarmement, une fois l’accord final signé. À ce moment-là, le plus grand défi de la Colombie sera de réintégrer ceux qui ont été démobilisés, d’assurer la présence de l’État dans les anciennes zones de conflit. Ainsi, la Colombie compte sur le soutien de la communauté internationale et lui lance un appel en ce sens dès maintenant.

Au plan mondial, l’un des moteurs des conflits est le trafic illicite de drogues, et la Colombie a promu une discussion sérieuse sur les aspects et méthodes techniques et objectifs de la « guerre contre la drogue ». Elle a obtenu un consensus des pays d’Amérique latine lors de la dernière session de l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) au Guatemala la semaine dernière. C’est la preuve qu’il est possible d’avancer et de travailler ensemble et d’être mieux préparés pour la session spéciale des Nations Unies sur les drogues qui doit avoir lieu en 2016, a souligné le Président.

Pour son deuxième mandat, M. Santos Calderón s’est fixé des objectifs ambitieux, notamment de faire de la Colombie le pays le plus éduqué d’Amérique latine d’ici à 2025, ce qui s’inscrit dans l’approche du développement durable et de développement humain post-2015. Il a affirmé que ces objectifs étaient réalisables compte tenu des bonnes performances économiques que connaît son pays, et il espère que le même scénario sera possible dans le reste du continent et dans les Caraïbes.

M. HERY RAJAONARIMAMPIANINA, Président de Madagascar, a dit la gratitude du peuple malgache pour l’attention particulière et les moyens que le système des Nations Unies a mobilisés pour contribuer à l’aboutissement du processus de sortie de crise à Madagascar. En faisant le choix du retour à l’ordre constitutionnel par la voie des urnes, le peuple malgache a confirmé son attachement à la stabilité et à la sécurité, et participe à la construction de la paix et de la sécurité dans la région et partout dans le monde, a-t-il ajouté, avant de mettre l’accent sur la réconciliation nationale, socle de la cohésion sociale et pierre angulaire de la politique de développement du pays. Pour cette raison, a-t-il dit, Madagascar souhaite accéder au Fonds pour la consolidation de la paix.

Le Président malgache a rappelé que 5% de la biodiversité mondiale se trouvait dans son pays, d’où la responsabilité de préserver cette richesse et d’en assurer une meilleure gestion pour les générations futures. Il a souligné que dès le lendemain de sa prise de fonction en janvier dernier, il avait déclaré la guerre aux trafiquants de bois de rose ainsi qu’à tous ceux qui s’adonnent au commerce illégal des espèces protégées.

Dans ce contexte, l’instauration d’une bonne gouvernance forestière a été le premier acte de toute une série de mesures concrètes prises à ce titre et un Comité interministériel chargé de l’assainissement de la filière a été mis en place dès juin 2014. Les autorités sont également à pied d’œuvre pour concrétiser la politique de tolérance zéro contre les trafics de tous genres, liés aux ressources naturelles et espèces sauvages, a-t-il encore indiqué, en mettant en exergue les risques élevés en matière de piraterie, de terrorisme et autres trafics. M. Rajaonarimampianina a appelé à des mesures à cet égard, dans le cadre d’une coopération internationale active pour protéger la zone de l’océan Indien.

Après plus de cinq années de crise politique assortie de sanctions et de mesures suspensives de toutes sortes, il a déclaré qu’il était clair que la majorité des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seraient pas atteints en 2015 à Madagascar, mais le pays s’est engagé à recentrer son développement sur la population. Ainsi, l’insertion scolaire et socioprofessionnelle de près de 500 000 enfants et jeunes pour l’année 2014-2015 a pu être réalisée, et plus d’une centaine de centres de santé de base viennent d’être ouverts ces derniers mois à travers le pays.

Particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, le pays a pris des mesures d’atténuation qui vont de l’élaboration de cadres juridiques à la mise en place d’une politique de transition énergétique qui trouve son fondement dans les énergies renouvelables, au Plan des actions nationales d’adaptation et à la création de différentes structures de coordination des activités liées au changement climatique.

M. IVO JOSIPOVIĆ, Président de la Croatie, a dit que 2015, année du soixante-dixième anniversaire des Nations Unies, serait celle de la finalisation et du lancement du programme de développement pour l’après-2015 et celle d’un éventuel accord universel sur le changement climatique. « Si le développement durable et la protection de notre planète sont au sommet de nos efforts, d’autres problèmes requièrent notre pleine attention », a-t-il dit. Les guerres, les conflits armés, les catastrophes naturelles, la pauvreté et d’autres menacent en effet la vie et les droits de l’homme.

La Croatie est profondément inquiète de la situation en Ukraine où une solution pacifique reste la seule issue, a ajouté M. Josipović. Elle est attachée à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Elle est aussi gravement préoccupée par la propagation du terrorisme et de la violence dans le monde notamment au Moyen-Orient et en Afrique qui nécessite la politique de tolérance zéro et d’un effort mondial commun. La Croatie apporte son appui aux efforts en cours pour former une coalition contre l’État islamique en Iraq et au Levant. En outre, un accord de paix durable et stable entre Israéliens et Palestiniens est impératif, a déclaré le Président qui a plaidé pour la solution à deux États.

Cette situation globale place la question de la non-prolifération des armes de destruction massives au centre de notre attention, a continué M. Josipović. À cet égard, la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 2015 sera importante. La Croatie souhaite la consolidation et le renforcement du Traité. C’est au milieu de ces problèmes que nous devons surmonter des obstacles comme le dérèglement climatique, les catastrophes naturelles, la raréfaction et la dégradation des ressources naturelles en particulier la nourriture et l’eau potable.

Mais l’on ne peut sérieusement se concentrer sur le développement durable sans la paix et la sécurité dont la responsabilité première revient aux États eux-mêmes, les organisations régionales et internationales qui ont les moyens, ont aussi l’obligation de les aider. La consolidation de la paix peut aider les sociétés qui sortent de conflit. À cet effet, les femmes jouent un rôle spécifique notamment dans la réalisation d’une résolution pacifique des conflits et du développement durable. C’est pourquoi, la Croatie organisera le 26 septembre prochain une rencontre de haut niveau aux Nations Unies sur la dimension sexospécifique du développement durable dans le contexte de redressement après-conflit.

Avant de conclure, M. Josipović a réclamé un siège supplémentaire de membre non permanent au Conseil de sécurité pour le groupe des pays d’Europe orientale dans le cadre de la réforme nécessaire du Conseil. Mais au final, il a dit que la consolidation de l’espace européen est seulement possible lorsque l’Europe du Sud sera stable et sécurisée et lorsque tous les pays de la région seront finalement admis au sein de l’Union européenne.

M. HAJI HASSANAL BOLKIAH, Sultan de Brunéi Darussalam, a rappelé qu’en l’espace de quelques décennies, la communauté internationale avait compris qu’elle devait faire front uni pour relever les défis qui se posent à l’espèce humaine. Dans ce contexte, a-t-il dit, l’ONU demeure l’enceinte privilégiée pour élaborer une réponse collective, ce qui est tout particulièrement vrai pour le programme de développement de l’après-2015. Le Sultan a expliqué que son pays avait contribué activement aux efforts de formation et de renforcement des capacités sur les plans national et international, notamment dans les cadres de l’Initiative pour l’intégration de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et du Programme d’enrichissement de l’anglais dans les pays membres de la même organisation.

Ces principes directeurs sont également ceux qui président à la « Vision nationale de Brunéi Darussalam 2035 », dédiée à l’amélioration de la qualité de vie de ses habitants. Ensuite concernant le maintien de la paix, M. Bolkiah a indiqué que son pays avait fourni des contingents à l’opération des Nations Unies déployée au Liban et des missions internationales de surveillance dans le sud des Philippines. Vigoureusement opposé du terrorisme, le chef d’État a assuré que Brunéi Darussalam continuerait de participer aux initiatives de dialogues interreligieux et interculturels.

« Plus largement, le principe fondamental de respect et de confiance mutuels, d’application de l’état de droit et de promotion de la coopération devrait servir de base pour résoudre les conflits, afin de permettre au monde entier de jouir d’une paix et d’une stabilité continues. »

Là où la coopération internationale peut également faire une différence, c’est dans le renforcement des capacités pour prévenir et faire face aux catastrophes, a poursuivi le Sultan, qui a expliqué que son pays avait organisé l’an dernier, à destination des nations du Sud-Est asiatique, un programme d’entraînement militaire dans les domaines de l’assistance humanitaire et des secours en cas de catastrophes.

Il a également affirmé que la coopération devait prévaloir en matière de commerce international. Enfin, au sujet de la situation au Moyen-Orient, il a affirmé que la justice et la liberté étaient plus que jamais exigées pour la Palestine, dont le peuple doit pouvoir vivre dans la dignité et jouir du développement économique. M. Bolkiah s’est dit encouragé par le respect, par les deux parties, du cessez-le-feu, jusqu’à présent.

M. ROBERT GABRIEL MUGABE, Président du Zimbabwe, s’est félicité du thème choisi pour la présente session de l’Assemblée générale, le qualifiant de « pertinent, approprié et à point nommé » et a noté que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient aidé à concentrer et à mobiliser les efforts de développement, bien que les résultats obtenus diffèrent d’une région à l’autre voire à l’intérieur d’un même pays. Il est donc opportun de fixer des objectifs de développement durable pour parfaire la tâche, notamment en ce qui concerne la question fondamentale de l’élimination de la pauvreté qui demeure le défi majeur à l’échelle mondiale.

M. Mugabe a fourni un aperçu du Programme pour une transformation socioéconomique durable (Zim-Asset), dont le programme vise à une croissance économique inclusive, à la génération d’emplois décents pour tous, à une énergie abordable et fiable, à la sécurité alimentaire, à une agriculture soutenable et au développement d’une infrastructure moderne fiable. Ce programme contient également un volet de développement industriel avec des projets de développement économique durable et à visage humain.

Le Président du Zimbabwe a également souligné que la justice sociale, la stabilité politique et le développement durable des pays africains pouvaient être mieux atteints à travers un appui à l’appropriation des moyens de production par les pauvres, qui représentent la majorité. Le pays a d’ailleurs déployé des efforts sérieux pour jeter les bases de la production alimentaire durable grâce au programme de réforme foncière. Ainsi, la majorité des personnes rurales ont été autonomisées pour contribuer à la sécurité alimentaire et des ménages. « La possession et l’exploitation de leurs terres les ont transformés en maîtres de leur destinée, donnant par la même un véritable sens à notre indépendance nationale et à notre souveraineté indiscutable », a-t-il affirmé.

Toutefois, c’est précisément cette préoccupation d’autonomisation économique du peuple qui a fait du Zimbabwe une victime de machinations diaboliques des pays occidentaux, lesquels continuent à appliquer des sanctions unilatérales et illégales comme outil politique à des fins politiques à court terme, a-t-il estimé. « Le changement de régime est une politique illégale diabolique d’ingérence dans les affaires internes de mon pays et rien de bon ne proviendra des obstacles élevés contre notre économie ou de la privation de nos citoyens des besoins de base », a-t-il dit. Il a appelé à la levée immédiate et sans condition de ces « sanctions diaboliques qui violent les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et devraient être condamnées par la communauté internationale ».

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement durable pour l’après-2015, M. Mugabe a proposé une réforme rapide des institutions de Bretton Woods, en particulier de leurs structures de gouvernance, et a déclaré qu’il était « grand temps » de remédier à leur « déficit de légitimité ». De telles réformes doivent refléter les réalités actuelles et garantir la pleine expression et la participation des pays en développement dans leurs processus décisionnel et normatif.

Sur le continent, l’Union africaine s’efforce de rétablir la paix en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud, en République centrafricaine et en Somalie, a-t-il poursuivi, encourageant à l’intensification de l’engagement de la communauté internationale et de l’appui à l’Afrique en matière de maintien de la paix et la stabilité, par l’amélioration des capacités de maintien de la paix, notamment la formation, la logistique et l’appui financier.

L’Afrique est encore saisie de la question du Sahara occidental, dernier vestige colonial sur le continent, a-t-il remarqué, en soulignant que les Nations Unies ne devraient pas abdiquer leurs responsabilités en vue de la réalisation de l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Il a enfin fustigé la persécution du peuple palestinien par Israël », notamment la destruction brutale des infrastructures de la bande de Gaza alors que « le monde dit civilisé faisait la sourde oreille ». Une paix durable au Moyen-Orient ne pourra être réalisée qu’avec la solution de deux États dans les frontières de 1967. « Toute manœuvre tendant à un changement des réalités démographiques par le biais de colonies ou le recours à la force ne fera que prolonger les souffrances des Palestiniens », a déclaré M. Mugabe.

M. OLLANTA HUMALA TASSO, Président du Pérou, a présenté la priorité de son pays, qui est de réduire toutes les formes de pauvreté et d’inégalités, en particulier les inégalités de genre, en luttant notamment en faveur de l’autonomisation des femmes, de l’accès à une éducation de qualité et de l’élimination de toutes les formes de violence axée sur le sexe et contre les enfants. En même temps, l’objectif est une croissance durable avec des emplois stables dans le secteur formel.

Le Pérou est l’un des pays qui a le plus progressé dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), certains ayant été atteints avant la date butoir de 2015, s’est félicité le Président. Se voyant déjà comme un pays émergeant, le Gouvernement péruvien a déployé des efforts extraordinaires dans des domaines comme la santé et l’éducation.

M. Humala s’est prévalu de l’augmentation du budget alloué aux dépenses sociales, ainsi que des efforts déployés dans le domaine de la sécurité publique dans un pays qui souffre depuis longtemps de corruption. En ce qui concerne le problème de la drogue, il a appelé la communauté internationale à renforcer sa coopération pour lutter contre ce fléau.

Sur le plan économique, il a parlé du Programme national de diversification de la production qui vise une transformation de la structure économique du pays, ainsi que de l’amélioration de ses relations commerciales internationales. Le Pérou a développé d’excellentes relations avec ses voisins, a-t-il poursuivi, faisant notamment référence au règlement récent d’un différend maritime avec le Chili.

M. Humala a rappelé que le Pérou accueillerait dans sa capitale, en décembre 2014, la vingtième Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (COP20). Il a espéré qu’au-delà de la capitalisation du Fonds vert pour le climat, on parviendrait à un accord juridiquement contraignant. Le coût du changement climatique pour le Pérou est évalué à 4% de son PIB annuel, a-t-il dit, ce coût pouvant atteindre 20% en 2050 si rien ne change. Il a aussi mentionné que son pays avait ratifié le Protocole de Nagoya à la Convention sur la diversité biologique.

Enfin, le Président péruvien a mis l’accent sur la réforme nécessaire du Conseil de sécurité de l’ONU afin qu’il soit en mesure de répondre efficacement aux différentes crises. La lutte contre le terrorisme relève de la responsabilité de la communauté internationale, dans le respect des droits fondamentaux et de la souveraineté des États, a-t-il ajouté.

M. SHINZO ABE, Premier Ministre du Japon, a salué les efforts de l’ONU, auxquels son pays participe, pour la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique. Il a rappelé que lors de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD V), qui a eu lieu l’an dernier, le Japon avait prévu 500 millions de dollars aux questions liées à la santé en Afrique, et avait annoncé des programmes de formation qui bénéficient à 120 000 personnes du milieu de la santé.

Depuis, il a envoyé des experts dans le cadre de la mission de l’Organisation mondiale de la Santé, a augmenté sa contribution financière à la lutte contre Ebola de 5 millions de dollars et a fourni 500 000 équipements de protection personnelle pour le personnel de santé. Le Premier Ministre a annoncé aujourd’hui une contribution financière supplémentaire de 40 millions de dollars à ces efforts. De plus, le Japon travaille sur un médicament « prometteur » qui pourrait être très utile pour la phase post-exposition au virus.

Le Premier Ministre a également fait part de la préoccupation de son gouvernement face à la menace pour l’ordre international que représente l’État islamique. À ce stade, il faut, selon lui, mettre l’accent sur la prévention de l’extrémisme et rapidement faire face à la crise humanitaire dans la région. Pour participer à ces efforts, le Japon va allouer 50 millions de dollars à l’aide humanitaire d’urgence. En ce qui concerne la crise ukrainienne, le Premier Ministre a rappelé que l’enveloppe d’aide économique de 1,5 milliard de dollars, annoncée en mars dernier, était en cours de versement et que son pays envisageait d’autres aides à la reconstruction de l’est de l’Ukraine.

Pour des raisons liées à son histoire, le Japon reste un fervent défenseur de la paix et ne cessera de combattre la « culture de la guerre » de manière proactive, a expliqué le Premier Ministre, illustrant son propos par des initiatives concrètes dans la bande de Gaza et à Mogadiscio. La philosophie d’aide au développement des 60 dernières années reflète cette approche. L’un des axes principaux de l’engagement japonais dans le monde est l’éducation parce qu’elle est, selon M. Abe, à la base de toute croissance économique, de toute société juste et équitable qui place l’homme en son centre. Il a également fait part de l’engagement du Japon dans la lutte pour l’autonomisation et la promotion des femmes tant au plan national, qu’international, cause à laquelle il a alloué 1,8 milliard de dollars depuis l’année dernière sur une enveloppe de 3 milliards. Le Japon veut également devenir l’un des principaux bailleurs de fonds d’ONU-Femmes.

M. Shinzo Abe a ensuite réitéré la « détermination » de son pays à intégrer le Conseil de sécurité en tant que membre non permanent lors de l’élection l’année prochaine, justifiant en partie cette volonté par les engagements sans relâche du Japon pour la cause de l’ONU au cours des 58 dernières années. Allant plus loin, il a espéré que le soixante-dixième anniversaire de l’Organisation serait l’occasion de finalement « résoudre » la question de sa réforme pour qu’elle reflète la réalité du XXIe siècle. À ce titre, le Japon ambitionne un poste permanent au sein du Conseil de sécurité.

M. HAILEMARIAM DESSALEGN, Premier Ministre de l’Éthiopie, a affirmé que si la communauté internationale fait ce qu’elle doit faire, « cette session de l’Assemblée générale pourrait s’inscrire dans l’histoire comme celle qui a permis de placer sous tutelle l’environnement, la justice économique et la responsabilité sociale ». Alors qu’il reste moins de 500 jours avant la date butoir des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l’Afrique, a-t-il observé, a enregistré une vigoureuse croissance économique depuis une décennie, contribuant à « changer progressivement la perception traditionnelle du continent ». Mais des défis persistants rendent nécessaires d’avancer de manière décisive dans les négociations autour du programme de développement pour l’après-2015, en veillant au préalable à réaliser intégralement les OMD, a prévenu le Premier Ministre.

S’il s’est dit encouragé par les progrès réalisés jusqu’à présent dans le cadre de l’élaboration du programme, et notamment par le travail fourni par le Groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable, le Premier Ministre a déclaré attendre avec impatience le rapport de synthèse du Secrétaire général, qui devrait faciliter le dialogue et les négociations entre États Membres pour parvenir à un consensus agréé au niveau international.

M. Dessalegn a exprimé sa conviction selon laquelle l’efficacité du programme pour l’après-2015 dépendrait, entre autres, de la réussite de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tiendra à Addis-Abeba, en juillet 2015. Pour lui, le défi posé par les changements climatiques exige sans aucun doute un leadership et un engagement politique à tous les niveaux. « Nous n’avons pas d’autre choix que de nous montrer à la hauteur de ce défi en lançant les actions concrètes pour contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et démontrer la volonté politique indispensable pour parvenir à un accord juridiquement contraignant sur le climat. »

Préoccupé par la multiplication des conflits à travers le monde, le Chef du Gouvernement éthiopien a tout particulièrement évoqué la crise au Soudan du Sud, en rappelant que l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) faisait tout son possible, avec l’ONU, pour y mettre fin. Mais, a-t-il ajouté, cette organisation se heurte à un défi qui s’est déjà posé dans des situations similaires, à savoir que le maintien de la paix est une gageure en l’absence d’engagement suffisant pour résoudre pacifiquement les conflits.

La situation en Somalie voisine s’est toutefois améliorée, s’est félicité M. Dessalegn. « Al-Chabab n’a peut-être pas encore été éradiqué, mais ce groupe a subi de sérieux revers », a-t-il affirmé. « Toutefois, les progrès militaires sur le terrain ne pourront pas se pérenniser en l’absence de progrès dans l’arène politique, en particulier l’établissement d’administrations locales et le respect de l’état de droit et de l’ordre public dans les zones récemment libérées », a prévenu le Premier Ministre. À cet égard, il s’est félicité que de telles administrations soient désormais ouvertes dans le centre et le sud-ouest de la Somalie, conformément à la Constitution fédérale provisoire.

M. MATTEO RENZI, Premier Ministre de l’Italie, s’est dit très ému de se trouver dans une enceinte, a-t-il dit, « où l’on sent qu’il est encore possible de construire un monde de paix ». Il a ajouté que l’avenir ressemblait aujourd’hui à une menace: « l’avenir semble exempt de promesses ». M. Renzi a souhaité que les États Membres « ne se voilent pas la face » et aient le courage de dire la vérité en se remémorant les erreurs du passé.

« La communauté internationale, qui, hier, a été silencieuse à Srebrenica, doit retrouver une définition de l’espoir pour que cessent les bains de sang au Moyen-Orient et en Afrique », a encore déclaré le dirigeant italien. Il a, de plus, souhaité que l’Italie soit « la place publique où débattre des solutions aux problèmes les plus urgents du monde ».

Sur la situation en Méditerranée, M. Renzi a affirmé que la priorité devait être d’empêcher une fragmentation définitive de la Libye. « Un peuple ami souffre en traversant une période de transition qui semble ne jamais devoir finir. » « Éteindre l’incendie en Libye, c’est empêcher qu’il ne s’étende à toute la Méditerranée », a-t-il encore souligné avant de rappeler que l’Italie continuerait d’apporter un appui « plein et entier » au Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye.

Revenant sur la réunion du Conseil de sécurité sur le phénomène grandissant des combattants terroristes étrangers, le Premier Ministre italien a déclaré que l’État islamique en Iraq et au Levant représentait une menace « pour toute la communauté des hommes ». « Non, la menace n’est pas liée à une quelconque religion », a-t-il insisté. Évoquant ensuite une visite dans un camp de réfugiés syriens en Turquie, il a affirmé que « face à la douleur des victimes du fanatisme, il n’est plus possible de rester inerte, insensible ». « Comme l’Italie l’a dit hier au Président Obama, seule une communauté unifiée gagnera cette bataille pour la civilisation », a en outre déclaré M. Renzi, qui a tenu à rendre hommage aux Casques bleus italiens déployés au Liban.

Le dirigeant italien a à son tour assuré qu’il ne pourrait y avoir de paix dans les régions en proie au terrorisme « sans paix entre les enfants d’Abraham ». Appelant ainsi à un « règlement définitif » du conflit israélo-arabe, il a réaffirmé le soutien « sans faille » de son pays à la situation des deux États.

En ce qui concerne la crise en Ukraine, M. Renzi a jugé qu’elle menaçait le processus européen et la stabilité du continent. Il a alors appelé les parties prenantes à s’inspirer de la réflexion de Machiavel, qui « estimait que reconnaître une occasion au milieu de la guerre, c’est saisir une opportunité pour en sortir par le biais du dialogue et de la réconciliation nationale ».

Pour le Premier Ministre italien, la politique sera la seule voie possible en 2015 pour renforcer la gouvernance numérique, avancer sur la voie de l’égalité des sexes et lutter plus efficacement contre la discrimination religieuse. Sur ce dernier point, il a déclaré que « jamais auparavant, autant de chrétiens n’ont été tués en raison de leur foi ».

Abordant le rôle de l’Italie au cours de la présente session de l’Assemblée générale, il a fait savoir qu’elle présenterait une nouvelle résolution concernant le moratoire sur la peine de mort. À cet égard, il a expliqué que c’est à Florence, ville dont il fut le maire, que fut annoncée l’abolition de la peine capitale en Italie.

Enfin, se référant à Dag Hammarskjöld, M. Renzi a déclaré que si l’on ne peut pas choisir le cadre de sa destinée, « il ne dépend que de nous d’y insérer ce que nous souhaitons: les valeurs de paix et de tolérance et la force de transformation de l’éducation ».

M. HERMAN VAN ROMPUY, Président du Conseil européen, a relevé que, comparé à la même période, l’an dernier, le monde était devenu aujourd’hui plus dangereux. Il a évoqué quelques sujets dramatiques de l’actualité internationale, notamment l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles dans le nord-ouest du Nigéria il y a près de six mois, l’appareil de la Malaysia Airlines qui a été abattu au-dessus de l’Ukraine, ou encore la mort, la semaine dernière, d’un demi-millier de migrants à destination de l’Europe.

Il a en outre déclaré que le fait le plus marquant en Europe aura été l’annexion de la Crimée en mars dernier, un fait qui, a-t-il expliqué, représente la plus grande menace pour la sécurité en Europe depuis des décennies. Il a ensuite souligné que l’Europe restait solidaire de l’Ukraine et de sa population, et que cela justifiait les sanctions économiques prises sans hésitation contre la Fédération de Russie, même si ces décisions conduisent à des répercussions sur les économies des pays d’Europe.

Il a précisé que ces sanctions n’étaient pas définitives, mais qu’elles pouvaient être revues s’il y avait des progrès tangibles. M. Van Rompuy a estimé par ailleurs que la vie politique de l’Ukraine et sa prospérité devraient appartenir à ses citoyens. Il a ajouté qu’avec la Fédération de Russie, son plus grand voisin, l’Union européenne se tenait prête à rétablir une base de confiance et de promesses tenues.

Le Président du Conseil européen a ensuite dit que les sujets les plus préoccupants de l’heure étaient l’Iraq, la Syrie et plus globalement le Moyen-Orient. Il a noté que les actes de l’État islamique en Iraq et au Levant relevaient d’un retour à un passé barbare. Pour lutter contre ce groupe terroriste, il a proposé que l’EIIL soit isolé, que ses financements soient bloqués, ainsi que son approvisionnement en armes. Il a aussi plaidé pour que soient stoppés ses flux de fonds venant de la vente illégale de pétrole, ou encore les arrivées de combattants terroristes étrangers qui le renforcent.

Il a fait part, en outre, de sa crainte face à la radicalisation visible en Europe, rappelant ainsi le cas du jeune Français qui est revenu de Syrie et qui a commis un attentat dans un musée juif à Bruxelles. Il a aussi noté que la solution contre l’État islamique en Iraq et au Levant passait par la résolution des foyers de tension de toute la région, notamment en Syrie et entre Israéliens et Palestiniens, notamment par la réalisation de la solution à deux États.

« La seule réponse durable au désespoir c’est le développement », a poursuivi le Président de la Commission européenne.

Dans ce contexte, il a salué les engagements des Nations Unies pour la promotion des objectifs de développement, pour la lutte contre les changements climatiques et contre le virus Ebola qu’il a désigné comme la « peste des temps modernes ». Il a rappelé, par ailleurs, que le monde commémorait en cette année le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Il a déploré le fait que la violence est toujours visible entre États et à l’intérieur de ceux-ci, et il a émis le vœu que la peur qui anime l’humanité en ce moment soit surmontée, afin de restaurer la justice et la marche vers la paix.

M. GASTON A. BROWNE, Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda, a plaidé pour une démocratisation des Nations Unies afin que tous les pays aient voix au chapitre sur les questions qui les touchent directement, comme les répercussions des changements climatiques sur leur développement. Il a ajouté que les « petits États » dépendaient de la capacité des Nations Unies à faire respecter l’état de droit et à les défendre contre toutes les formes d’intrusion, de violation de leur souveraineté et de leurs droits fondamentaux.

Évoquant le différend qui oppose, devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), son pays aux États-Unis depuis plus de 10 ans, il a déploré une perte de revenus ayant empêché Antigua-et-Barbuda d’améliorer le bien-être de ses habitants, de mieux résister aux effets néfastes de la crise financière comme du réchauffement de la planète. « Notre petit État a été victime d’une atteinte à ses droits commerciaux », a-t-il lancé, jugeant que la démocratie et l’état de droit devaient être équitablement respectés « par le fort et par le faible ».

M. Browne s’est par ailleurs penché sur le « blocus de Cuba », en condamnant toutes les politiques et pratiques discriminatoires prises en guise de représailles, lesquelles « en l’occurrence, empêchent Cuba d’exercer pleinement et librement son droit à participer aux affaires économiques et politiques de sa région ».

S’agissant du programme de développement pour l’après-2015, M. Browne a attiré l’attention sur la nécessité d’accroître l’aide publique au développement, les pays du « monde développé » n’étant pas parvenus à atteindre la cible des 315 milliards de dollars qu’ils s’étaient fixés en décidant de consacrer 0,7% de leur PIB à cette aide. « Mon propre pays et tous ceux regroupés au sein de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), ont été les témoins directs d’un déclin de l’aide, au point que nous avons dû dépendre de ressources non traditionnelles venues de Chine ou encore du Venezuela », a-t-il dit.

Selon lui, l’heure est venue pour que les donateurs et les récipiendaires eux-mêmes prennent un nouvel engagement global en matière d’aide au développement, et que les institutions financières permettent « enfin » aux pays à revenu intermédiaire d’être éligibles aux prêts à taux réduits.

Enfin, M. Browne a exhorté les Nations Unies et la communauté internationale à aider les nations de la CARICOM, dont les économies, depuis la crise de 2008, sont revenues au niveau où elles étaient dans les années 70, à redonner espoir aux jeunes générations. « Si nous échouons de répondre à leurs aspirations, nous les condamnerons, au mieux, à une vie aux marges de la société et, au pire, à une existence de crime et de violence », a déclaré le Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda.

M. JABER AL-MUBARAK AL-HAMAD AL SABAH, Premier Ministre du Koweït, a tout d’abord souhaité que les pays arabes bénéficient d’une représentation permanente au sein du Conseil de sécurité, au regard notamment de leur poids démographique et de l’importance des questions se rapportant au monde arabe.

Il a ajouté que le Conseil n’assumait pas les fonctions qui lui ont été confiées, ce qui conduisait à l’aggravation de la situation dans plusieurs États du Moyen-Orient. Il a en particulier mentionné « la dernière agression d’Israël dans la bande de Gaza qui a duré plus de 50 jours » et a appelé le Conseil à faire pression sur ce pays pour que celui-ci cesse le blocus de Gaza, ses activités de colonisation et sa politique de judaïsation de Jérusalem.

Abordant la crise en Syrie, le Premier Ministre a rappelé que son pays avait contribué à hauteur de 800 millions de dollars pour répondre aux urgences humanitaires en Syrie. Il a ensuite plaidé pour la recherche d’une solution politique répondant aux aspirations des Syriens, conformément au Communiqué de Genève.

Se tournant vers la situation au Yémen, il a réitéré le soutien de son pays au dialogue national en cours et appelé à faire résolument face aux différentes formes de violence et de terrorisme.

En ce qui concerne le programme nucléaire iranien, le Premier Ministre du Koweït a plaidé pour une solution pacifique, qui garantirait pour l’Iran et tous les pays de la région le droit d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

« Le Koweït réitère sa ferme position de principe qui consiste à rejeter toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme, quelles qu’en soient les raisons, les motifs et les sources », a-t-il affirmé. Il a ensuite condamné sans réserve les agressions et activités terroristes conduites par l’État islamique en Iraq et au Levant et apporté son soutien aux efforts de l’Iraq pour se débarrasser du fléau du terrorisme.

« Symbole de son engagement en faveur du soutien du rôle humanitaire joué par les Nations Unies, le Koweït a doublé le montant de ses contributions annuelles fixes volontaires à diverses organisations, en particulier l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour combattre la propagation du virus de l’Ebola en Afrique de l’Ouest », a-t-il affirmé.

En conclusion, le Premier Ministre s’est félicité de l’exceptionnel honneur que le Secrétaire général avait fait à l’Émir du Koweït en lui conférant le titre de « Leader humanitaire », reconnaissance du rôle éminent joué par le Koweït dans la sauvegarde de millions de vies.

M. VICTOR PONTA, Premier Ministre de la Roumanie, a dit que face aux « plus complexes et plus graves développements » de la sécurité internationale depuis la fin de la guerre froide, notamment les crises que le monde a connues depuis un an, la communauté internationale avait le devoir de confirmer, une fois de plus, son engagement en faveur des principes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les pays, du non-recours à la force, de la solution pacifique de tous les problèmes entre États, conformément au droit international.

Il a déclaré que la crise ukrainienne avait un impact sur la sécurité des pays d’Europe de l’Est, y compris celle de la Roumanie. « La Roumanie rejette toute forme de pression externe envers les États d’Europe de l’Est qui ont des aspirations d’intégration au sein de l’Union européenne », a aussi déclaré M. Ponta.

Le Premier Ministre a ensuite exprimé le soutien de la Roumanie à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et il a appelé la communauté internationale à condamner cette agression, tout en veillant à faire en sorte que cette crise ne se propage pas dans cette région qui a toujours constitué un pont entre l’Asie centrale et l’Europe.

M. Ponta a appelé de tous ses vœux au respect du droit international et a réaffirmé sa solidarité à l’Ukraine, à la République de Moldova et à la Géorgie. Il a en outre rappelé qu’en 2018, la Roumanie allait célébrer le centenaire de son existence, et que le peuple roumain avait résolument choisi la démocratie en 1989.

Le Premier Ministre a par ailleurs souhaité que le futur programme de développement pour l’après-2015 ait, parmi ses préoccupations majeures, la lutte contre la pauvreté, la réalisation du développement durable, la bonne gouvernance et l’état de droit, tout en tenant compte des intérêts des générations présentes et futures.

M. TONY ABBOTT, Premier Ministre de l’Australie, a dit que malgré des échecs, l’ONU avait œuvré, depuis 70 ans, en faveur de la paix et du progrès, et que l’Australie avait été fière d’y apporter sa contribution. Il a notamment relevé que l’Australie avait fourni, depuis 1947, plus de 65 000 personnels dans plus de 50 opérations de maintien de la paix.

Il a indiqué aussi qu’avec 24 millions d’habitants, l’Australie était un pays relativement petit, mais qu’il représentait la douzième économie mondiale. Il est suffisamment fort pour se rendre utile à l’échelle internationale, mais il est assez pragmatique pour savoir quelles sont ses limites, a-t-il dit.

Il a évoqué un certain nombre de faits traduisant l’implication de l’Australie sur la scène internationale. Il a ainsi fait état d’un don d’un milliard de dollars à l’Indonésie en 2004 après le tsunami qui avait dévasté la région, du soutien procuré au Japon après le tremblement de terre de 2011, ou encore, plus récemment, d’une aide de huit millions de dollars octroyés pour la lutte contre l’épidémie à virus Ebola. M. Abbott a ensuite indiqué que l’Australie était présente en Iraq dans la lutte contre l’État islamique en Iraq et au Levant, et ce sur requête du Gouvernement iraquien, a-t-il précisé.

M. Abott a en outre affirmé qu’une économie mondiale plus forte, si elle ne pourrait éviter tous les problèmes du monde, permettrait néanmoins de surmonter plus facilement les défis auxquels la communauté internationale est confrontée. Il a aussi proposé, dans le but de renforcer l’économie mondiale, de libéraliser davantage les échanges, d’investir plus dans les infrastructures, de renforcer et rendre plus moderne le système fiscal international et d’œuvrer au renforcement des institutions économiques mondiales.

Il a souhaité également que le programme de développement pour l’après-2015 soit centré sur la croissance économique, car, a-t-il noté, la croissance rend les autres cibles sociales, y compris la lutte contre les changements climatiques, plus faciles à réaliser. Il a cité le cas des pays d’Asie de l’Est qui ont, grâce à de solides avancées économiques, modifié les indicateurs sociaux de manière spectaculaire en une génération. « Les gens y vivent plus longtemps, ils ont une meilleure éducation, ils sont plus riches et apprécient davantage les libertés et la stabilité que leurs parents n’ont pas connues », a-t-il déclaré.

Le Premier Ministre australien a terminé son propos en affirmant qu’il ne devait pas y avoir de limites à ce que nous sommes capables de faire, notamment quand nous travaillons en synergie.

M. ALHADJI YAHYA A.J.J. JAMMEH, Président de la Gambie, a déploré l’« inertie lamentable » des Nations Unies alors que des États Membres puissants tirent avantage de l’Organisation au détriment d’autres plus faibles, « alors que des sanctions économiques et financières injustes sont imposées », que des pays sont pris à partie et voient leurs ressources naturelles pillées, et que des guerres sont menées au nom de la démocratie et des changements de régime. Toutes ces situations vont dans le sens contraire des principes consacrés dans la Charte des Nation Unies, a-t-il dénoncé, avant d’encourager tous les États Membres à observer la plus grande retenue et à s’abstenir de l’usage de la force.

Saluant les propositions faites par le Groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable, le Président de la Gambie a souhaité que les cibles arrêtées jusqu’à présent reflètent un programme « intégré et transformatif » qui s’appuierait sur les gains obtenus dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) pour relever les défis d’aujourd’hui. Mais, a-t-il ajouté, nous devons impérativement tirer aussi les leçons des échecs rencontrés dans la réalisation des OMD et renouveler le soutien de la communauté internationale en faveur des pays en développement encore à la traîne.

Au nombre des crises les plus urgentes à résoudre, figure pour M. Jammeh, la maladie à virus Ebola, qui a fait plus de 2 000 victimes en Afrique de l’Ouest, la plupart en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria. Saluant l’aide déjà apportée par les États-Unis et la Fédération de Russie, il a déclaré que l’ONU devait prendre le leadership dans la mobilisation du soutien international contre l’épidémie.

En outre, a poursuivi le Président gambien, « le monde est désormais confronté à la forme la plus haineuse et la plus sanglante de terrorisme », dont les responsables « sont des vermines humaines sataniques et sadiques déguisés en militants islamistes au nom de la pureté de l’islam », mais ces « fils de l’infamie » et leur honteuse allégeance à la religion pacifique et noble qu’est l’islam sont une insulte à tous les musulmans. Il s’est toutefois livré à une diatribe contre les critiques visant l’application de la loi islamique, la charia, dans les pays où l’islam est religion d’État, comme c’est par exemple le cas en Arabie saoudite.

S’agissant de la situation au Moyen-Orient, elle demeure toujours instable, comme l’illustre le récent conflit à Gaza, qui a fait 2 000 victimes palestiniennes et 70 israéliennes, a noté le Président gambien, pour qui les Nations Unies doivent là aussi prendre la tête des efforts de paix. Selon lui, elles doivent également jouer un rôle central dans la lutte contre les injustices associées à l’application unilatérale ou bilatérale de sanctions économiques et financières, parce qu’elle contrevient aux principes du droit international et du droit international humanitaire et des normes gouvernant la coexistence pacifique des États. Il a cité à cet égard le cas de Cuba, demandant la levée de l’embargo imposé par les États-Unis.

Le Président de la Gambie a, en conclusion, demandé à l’ONU d’ouvrir une enquête impartiale et indépendante sur le naufrage des navires transportant de jeunes migrants africains à destination de l’Europe: « Si ces bateaux sont capables de traverser l’océan Atlantique et la Méditerranée sans heurts, pour ne s’abîmer que sur les côtes européennes, nous devons établir quelles forces meurtrières mystérieuses agissent dans cette zone ».

M. BRONISŁAW KOMOROWSKI, Président de la Pologne, a rappelé avec force que l’occupation de la Crimée et l’agression contre l’Ukraine constituaient des violations des normes du droit international et foulaient aux pieds les valeurs fondamentales défendues par les Nations Unies.

« Le contexte idéologique de ce conflit est un retour à une rhétorique issue de la première moitié du siècle dernier, un retour à la logique des zones d’influence, à la logique de la loi du plus fort et de l’impitoyable domination impériale sur les voisins plus faibles, censés devoir se comporter comme les satellites d’un pouvoir opérant une révision des fondations de l’ordre international civilisé », a-t-il dit.

Rappelant que l’Union européenne était devenue garante de la paix en Europe et bien au-delà de ses frontières, le Président a indiqué que ce qui s’était passé il y a six mois représentait une menace pour la sécurité du continent européen. « Nous ne pouvons accepter la brutalisation de la vie internationale en n’importe quel endroit du monde », a déclaré M. Komorowski.

Puis, commentant les actes barbares commis par l’« État islamique en Iraq et au Levant », le Président de la Pologne a affirmé qu’il était du devoir des États qui adhéraient aux valeurs de la Charte des Nations Unies de protéger tous ceux qui étaient menacés par une telle violence. « Tout doit être néanmoins fait pour que les actions que nous entreprenons respectent la Charte des Nations Unies. »

M. Komorowski a affirmé que son pays assumait des responsabilités croissantes dans les domaines de la coopération pour le développement, de l’aide humanitaire et de la protection du climat. « Nous sommes prêts à partager notre expérience et nos idées lorsque nous siègerons au Conseil en tant que membre non permanent en 2018 et 2019 », a-t-il poursuivi. Il s’est également dit en faveur d’une réforme qui augmenterait tout à la fois la représentativité du Conseil et son efficacité.

Mentionnant le principe de responsabilité de protéger approuvé par la communauté internationale en 2005, le Président de la Pologne a développé l’idée d’un mécanisme qui doterait le Conseil de la capacité d’agir dans les situations couvertes par ce principe, tout en évitant les abus de son mandat pour les situations y échappant. « J’ai formulé ce vœu à cette même tribune deux fois déjà », a-t-il affirmé, ajoutant que cette idée pourrait être combinée avec une réforme plus large du Conseil.

M. ANDRIS BĒRZIŅŠ, Président de la Lettonie, a déclaré que l’agression de la Russie contre l’Ukraine avait défié les principes fondateurs des Nations Unies et qu’elle constituait « une menace contre la paix et la sécurité mondiales ». « L’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Russie est condamnée et ne sera pas reconnue par la communauté internationale », a-t-il affirmé.

M. Bērziņš a exhorté la Russie à retirer immédiatement ses forces armées du territoire ukrainien et à arrêter d’envoyer des armes et des mercenaires à des groupes terroristes.

Il y a 25 ans, a-t-il rappelé, les peuples baltes ont fait le choix de la liberté et de la démocratie. Aujourd’hui, il faut empêcher l’émergence d’un « conflit gelé » dans les régions de l’est de l’Ukraine et rejeter toute tentative de diviser ce pays.

Par ailleurs, le règlement des conflits prolongés en Transnistrie, Abkhazie, Ossétie du Sud et au Haut-Karabakh doivent continuer de figurer en bonne place dans l’ordre du jour international.

Le Président a appuyé l’élargissement de la composition du Conseil de sécurité dans les deux catégories d’appartenance et jugé intéressante l’initiative de la France visant à limiter le recours au droit de veto.

Alarmé par l’impact négatif des idéologies extrémistes violentes en Syrie, en Iraq et dans d’autres pays, M. Bērziņš s’est félicité de l’adoption de la résolution 2178 (2014) du Conseil de sécurité sur les combattants terroristes étrangers. La Lettonie a déjà commencé à préparer des mesures pour empêcher leur recrutement et leur financement.

La Lettonie, a souligné le Président, prend part à des opérations de paix et de sécurité au Mali et en République centrafricaine. Par ailleurs, son pays ayant été l’un des premiers à signer et ratifier le Traité sur le commerce des armes, il a prié tous les États Membres d’en faire autant.

Enfin, M. Bērziņš a estimé que le nouveau programme de développement devrait répondre aux défis mondiaux tels que les conflits, le terrorisme, les inégalités, l’absence d’état de droit, les changements climatiques et les catastrophes naturelles. Il a annoncé que la Lettonie présiderait le Conseil de l’Union européenne pendant la première moitié de l’année 2015.

M. ALI BONGO ONDIMBA, Président du Gabon, a déclaré que lors de la précédente session, les attaques terroristes étaient à déplorer, comme celle qui a ciblé le centre commercial de Nairobi, au Kenya. Voici que la présente session se tient dans un contexte tout aussi préoccupant, marqué par de graves menaces à la paix et la sécurité internationales, a-t-il déclaré, citant d’abord l’avancée de Boko Haram, qui étend son champ d’action à la frontière des pays voisins du Gabon, puis le virus Ebola qui endeuille l’Afrique.

« Mon pays, qui par le passé a gagné la bataille face à plusieurs crises du virus Ebola, se propose de mettre à disposition le Centre international de recherche médicale de Franceville dont l’expertise sur cette épidémie est avérée », a dit M. Bongo, qui s’est par ailleurs réjoui du thème de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale: « Élaborer et mettre en œuvre un programme de développement porteur de changements pour l’après-2015 ». « Le Gabon est entré dans le processus de l’Agenda de Développement post-2015 dans le cadre de la mise en œuvre du Plan stratégique Gabon émergent » (PSGE), a ajouté le Président.

Ce plan, a-t-il expliqué, procède d’une vision, d’une approche qui a conduit à définir un programme de développement ambitieux, lequel intègre les préoccupations prises en compte dans les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les défis liés aux changements climatiques et à la sécurité alimentaire. Il accorde une place de choix à tout ce qui concourt à la mise en valeur du potentiel que constitue la jeunesse. La stratégie mise en place par le Gabon vise à accélérer la transformation structurelle de son économie en passant, dans un avenir proche, d’une économie de rente à une économie d’industries et de services à forte valeur ajoutée.

Il est notoire que ces efforts ne peuvent prospérer que dans un environnement politique, économique et social où règne la bonne gouvernance, a continué le Président. C’est dans cette optique, a-t-il dit, que le Gabon s’est doté d’instruments institutionnels, telle que la Commission nationale de la lutte contre l’enrichissement illicite, dont la mission est de garantir la transparence et l’obligation de reddition dans la gestion des deniers publics. « Depuis, j’ai fait de la lutte contre la corruption un objectif prioritaire et, en ce moment même, des missions de contrôle et d’inspection d’envergure sont menées dans tout le pays avec des résultats conséquents », a indiqué M. Bongo Ondimba.

En outre, l’engagement du Gabon en matière de lutte contre les changements climatiques reste constant, compte tenu de la gravité du phénomène. Il vise à diminuer d’ici à 2025 de plus de moitié les émissions de gaz à effet de serre produit par chaque Gabonais. « C’est tout le sens de la rencontre que nous allons organiser à Libreville, du 18 au 19 mars 2015, pour une initiative des pays du Sud en faveur du climat », a-t-il dit.

Le Président a ajouté que la planète devait être sauvée à Paris en décembre 2015. Concernant la lutte contre le braconnage et le commerce illicite des espèces protégées, le Gabon est attaché à l’Initiative de Londres de février 2014 et organisera avec l’Allemagne, le 26 septembre 2014, un événement parallèle sur cette question.

M. JUAN CARLOS VARELA RODRÍGUEZ, Président du Panama, s’est réjoui de constater que l’Amérique était en paix. Il a énuméré les défis principaux auxquels le continent doit faire face: inégalité, crime organisé, trafic de drogue, traite des êtres humains, et réglementation des flux migratoires vers les économies plus développées.

Depuis 500 ans, l’isthme de Panama a servi de point de passage pour les civilisations. Alors qu’il marque le centenaire du canal cette année, le Panama, « pays de convergence », réitère son engagement à être une nation au service de la communauté internationale, a assuré M. Rodriguez. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’a été entreprise l’expansion du canal.

En avril 2015, le Panama accueillera le Sommet des Amériques, en vue de promouvoir l’intégration et la paix sociale, l’équité et la prospérité.

Le Président, qui a pris ses fonctions en juillet dernier, s’est engagé à consolider la démocratie au Panama au cours des cinq prochaines années, à renforcer l’état de droit et les institutions, et à stimuler la croissance économique et les investissements. À ce sujet, il a exposé les mesures qui amélioreront la qualité de vie des Panaméens et feront avancer les objectifs du prochain programme de développement.

M. JOSEPH KABILA KABANGE, Président de la République démocratique du Congo (RDC), a remercié la communauté internationale pour son appréciable appui technique et logistique dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui a fait plus de 2 000 morts en moins de six mois sur le continent africain. Il a précisé que la RDC, touchée pour la septième fois par Ebola, avait non seulement réussi à contenir cette nouvelle épidémie dans la province de l’Équateur, mais aussi apporté son concours à la lutte contre l’épidémie en Afrique de l’Ouest. Fort de plus de 30 ans d’expérience de gestion des épidémies d’Ebola, la RDC va mettre en place, dès le mois d’octobre 2014, des centres de formation pluridisciplinaires pour former le personnel de santé aux besoins des pays africains en matière de lutte contre cette maladie, a insisté M. Kabila Kabange.

Par ailleurs, il a dit l’importance de la paix et de la prévention des conflits avant de préciser que la RDC était à nouveau un pays debout. M. Kabila Kabange a indiqué que la RDC était un pays où la paix se consolidait chaque jour davantage, un pays où l’économie est l’une des plus dynamiques du continent, avec un taux d’inflation proche de zéro, un taux de croissance au-dessus de la moyenne africaine depuis près d’une décennie avec des réserves de change en constante augmentation. Il a dit que la RDC était un pays en pleine reconstruction, où les routes, les écoles, les hôpitaux et infrastructures sont construits en nombre et à un rythme sans précédent.

Il a ajouté que la consolidation de la démocratie et le renforcement de la cohésion nationale demeuraient les objectifs prioritaires de la RDC. Dans ce contexte, il a confirmé la tenue prochaine des élections, conformément au calendrier arrêté par la Commission électorale nationale indépendante. Il a aussi cité la combinaison judicieuse du dialogue politique, de la diplomatie et de l’action militaire afin d’éradiquer les forces négatives présentes sur le territoire congolais.

M. Kabila Kabange a affirmé que la RDC travaillait à améliorer les conditions sociales de la population. Il a dit que cela passait par l’amélioration du climat des affaires afin de stimuler les investissements, favoriser une plus grande création de valeur ajoutée locale et créer des emplois. Le Président de la RDC a dit que la priorité de son pays était de préserver la stabilité.

Par ailleurs, M. Joseph Kabila Kabange a souhaité que l’Afrique soit mieux représentée dans les organes de décision de l’ONU, notamment au sein du Conseil de sécurité, en précisant que 6 des 10 économies les plus dynamiques du monde étaient africaines.

M. ROSSEN PLEVNELIEV, Président de la Bulgarie, a indiqué que ces mois derniers, son pays et la région des Balkans avaient été victimes d’inondations sans précédent, conduisant des milliers de personnes à perdre leurs domiciles et leurs récoltes et faisant de nombreux morts. Il a appelé les États Membres à répondre de manière urgente aux problèmes des changements climatiques.

Il a parlé de la participation de son pays aux travaux du Groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable et a appelé toutes les parties à maintenir leur engagement en faveur de l’élaboration d’un cadre ambitieux et tourné vers l’avenir. Il a aussi insisté sur l’importance de combler les lacunes des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de mettre notamment l’accent sur les jeunes, l’éducation, la santé et l’emploi.

M. Plevneliev a ensuite estimé que l’« annexion illégale » de la Crimée par la Russie et le conflit dans l’est de l’Ukraine représentaient la plus grave menace à la paix et à la sécurité en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il a également souligné que l’environnement sécuritaire dans la région de la mer Noire avait été gravement affecté.

Le Président bulgare a sommé la Russie de cesser de fournir en armes les séparatistes et de les appuyer. Il a ensuite espéré que les élections parlementaires qui doivent se tenir prochainement en Ukraine permettront de bâtir un pays démocratique et durable. Le Chef de l’État bulgare a aussi salué la ratification des accords d’association de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie avec l’Union européenne. Les changements positifs constatés aujourd’hui dans la région des Balkans n’auraient jamais été possibles sans le moteur de l’intégration européenne, a-t-il affirmé.

Ensuite, M. Plevneliev a appelé le Conseil de sécurité à faire preuve d’unité pour trouver une issue au conflit en Syrie. Il a condamné les meurtres perpétrés par l’« État islamique en Iraq et au Levant » à l’encontre des minorités ethniques et religieuses et a dénoncé les exécutions brutales de personnes innocentes. Le Président s’est par ailleurs félicité du fait que le Traité sur le commerce des armes avait atteint, ce matin, les 50 signatures nécessaires à son entrée en vigueur. Il a souligné que la mise en œuvre et l’universalisation de ce texte étaient de la plus haute importance.

M. Plevneliev a annoncé la candidature de son pays à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2019-2021. Il a fait part de sa préoccupation au sujet des incidents antisémites qui ont récemment eu lieu en Europe et a souligné qu’en tant que pays qui a sauvé 48 000 juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Bulgarie condamnait fermement les manifestations récurrentes, « brutales et dégoutantes » d’antisémitisme. ´ Le Président a aussi parlé de la réforme du Conseil de sécurité et a voulu qu’au moins un siège non permanent supplémentaire soit réservé au Groupe d’Europe orientale. La Bulgarie brigue également un siège de membre non permanent pour la période 2018-2019.

M. Plevneliev a par ailleurs rappelé que le mandat du Secrétaire général Ban Ki-moon arriverait à son terme à la fin 2016 et a estimé que le moment était venu pour que le Groupe d’Europe orientale ait un représentant à la tête de l’ONU.

M. BUJAR NISHANI, Président de l’Albanie, a estimé que la situation géopolitique a changé radicalement en Europe. L’ouest des Balkans, auquel appartient l’Albanie, est devenu non seulement important du point de vue géostratégique mais aussi une région qui vient de s’engager sur la voie de la stabilité politique, du progrès économique, de la coopération, des relations de bon voisinage et de la consolidation la paix. La région est consciente des efforts qu’elle doit encore déployer contre la corruption et la criminalité organisée.

Pour les pays de la région, l’élargissement de l’Union européenne est en effet une affaire de performance qui devrait leur permettre d’obtenir une pleine intégration à l’Union européenne. L’Albanie y est parvenue en juin dernier et a considéré cette étape comme un encouragement à intensifier le processus de réformes qui devrait conduire à ouvrir les pourparlers sur une accession à l’Union européenne.

Parmi les pays de la région, le Kosovo, a affirmé le Président, est devenu un facteur de paix et de stabilité dont l’indépendance a été reconnue par 108 États Membres de l’ONU, soit bien plus que la moitié de la composition de l’Assemblée générale. L’Albanie appelle les autres pays à faire de même dans un geste qui aiderait non seulement le peuple du Kosovo à aller de l’avant mais qui contribuerait aussi à la paix et à la stabilité régionales.

Ces deux dernières décennies, a aussi affirmé le Président, l’Albanie est passée d’un État totalitaire à une démocratie opérationnelle. Les progrès sont évidents et surtout dans le domaine des droits de l’homme. La candidature de l’Albanie à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2015-2017 n’est donc qu’une conséquence logique du parcours du pays vers une société fondée sur les droits de l’homme.

De la même manière, une présence de l’Albanie au Conseil des droits de l’homme lui donnerait l’élan nécessaire pour accélérer le processus de démocratisation et élever les normes des droits de l’homme. L’Albanie, a insisté le Président, est déjà soutenue par le Groupe des pays d’Europe orientale et elle apprécierait l’appui des autres États Membres.

Le Président a aussi indiqué que son pays avait activement participé aux consultations sur le programme de développement pour l’après-2015, soucieux d’y intégrer la voix des peuples. L’Albanie, a-t-il dit, a accepté de « tester » l’idée de consacrer un objectif spécifique à la gouvernance et à l’état de droit, comme moyen de réaliser le développement durable. Le Président a espéré que l’on exploitera l’expérience de son pays en la matière.

M. JÁNOS ÁDER, Président de la Hongrie, a parlé d’une bataille en train d’être perdue, celle des changements climatiques. La première prise de conscience date de Tokyo, soit un siècle après les premiers signes d’un réchauffement climatique établis par des scientifiques suédois en 1896, a-t-il dit. « Nous n’entendons pas les avertissements de Mère nature », a-t-il déploré, mentionnant les diverses aberrations climatiques qui ont eu lieu ces derniers années. Une température record de 123 degrés a ainsi été relevée en Australie, la neige est tombée à Bethléem et le Danube a connu des inondations graves et répétées.

Le Président de la Hongrie s’est dit ensuite préoccupé par la tonalité des discours qu’il a entendus au sein des Nations Unies ces derniers jours en ce qui concerne les changements climatiques. Pourquoi persistons-nous à ne pas voir les signaux que la planète nous envoie, s’est-il de nouveau interrogé tout haut, indiquant que la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’avait jamais été aussi importante.

M. Áder a indiqué que les travaux de prévention qui auraient permis de protéger la ville de New York contre les effets d’un ouragan coûtaient quelques millions de dollars à comparer aux centaines de millions de dollars de dommages occasionnés par l’ouragan Sandy en 2012. M. Áder a souhaité que les négociations de Paris en 2015 qui doivent aboutir à un accord sur les changements climatiques se soldent par un franc succès.

Nous allons devoir nous faire à l’idée que nos enfants vont vivre avec un environnement dégradé, même si nous avons du mal à accepter cette idée, a-t-il poursuivi. Sur un ton résolument alarmiste, M. Àder a relevé que « nous n’étions pas à la vingt-quatrième heure, mais à la vingt-cinquième heure » en ce qui concerne les changements climatiques. « Si vous voulez le calme, vous devez vous préparer à la catastrophe », a conclu le Président de la Hongrie.

M. ARTHUR PETER MUTHARIKA, Président du Malawi, a affirmé que les premières élections tripartites avaient eu lieu dans son pays en mai 2014, à l’issue d’un processus démocratique et pacifique. Le Malawi a aussi célébré, au mois de juillet, le jubilé de son indépendance. Malgré les progrès accomplis dans différents secteurs, de nombreux citoyens vivent toujours sous le seuil de pauvreté, a-t-il cependant dit.

Le Président a rappelé que son pays avait présidé la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) d’août 2013 à août 2014 et, à ce titre, œuvré pour la paix et la stabilité dans la région. Il a mentionné à cet égard le déploiement de la brigade de force d’intervention en République démocratique du Congo (RDC) sous les auspices de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), qui a obtenu notamment la reddition du groupe M23.

À Madagascar, la Communauté de développement de l’Afrique australe a aussi joué un rôle crucial dans le retour à la normale sur le plan constitutionnel. Le Président a ensuite parlé du soutien de son pays aux efforts internationaux de désarmement, notamment pour les armes de destruction massive.

Passant à la question du développement durable, M. Mutharika a salué le caractère inclusif du processus qui conduira au programme de développement pour l’après-2015. Le Malawi figure parmi les 50 pays qui ont mené des consultations nationales pour apporter leur contribution à ce processus. Il a souhaité que les objectifs de développement durable tirent les leçons des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Le Malawi, a-t-il poursuivi, est en bonne voie pour atteindre 4 des 8 OMD, à savoir ceux qui concernent la réduction de la mortalité infantile, la lutte contre le VIH/sida, l’environnement et les partenariats en faveur du développement. La non-réalisation des autres objectifs s’explique par le manque de ressources, a-t-il indiqué.

Il a regretté à cet égard que les donateurs n’aient pas tenu leurs promesses, avant de plaider en faveur d’un partenariat mondial efficace pour le développement. Le Président a demandé que le programme de développement pour l’après-2015 tienne compte des besoins spécifiques et des caractéristiques des pays en développement.

Enfin, il a appelé à élargir la composition du Conseil de sécurité, tant pour les sièges de membres permanents que ceux de membres non permanents, en incluant les pays en développement dans les deux catégories. Il a aussi souligné la nécessité de placer les femmes, les filles et les personnes handicapées au centre du programme de développement pour l’après-2015.

M. BARON DIVAVESI WAQA, Président de Nauru, a énuméré les défis que doivent relever les petits États insulaires en développement (PEID), tels que la pauvreté et les changements climatiques. Il a attiré l’attention sur les problèmes environnementaux qui affectent les océans: les émissions de gaz à effet de serre qui réchauffent la planète et acidifient les océans, la surpêche et la pollution, entre autres. La solution durable à ces problèmes, a-t-il noté, nécessite davantage de ressources et un niveau plus élevé de coopération de la part de la communauté internationale. Reconnaissant que des pays comme le sien ne peuvent pas rester les bras croisés, il a indiqué par exemple que les parties à l’Accord de Nauru concernant la coopération dans la gestion des pêches d’intérêt commun prenaient des mesures pour améliorer la gestion des stocks de thon.

Venant au programme de développement pour l’après-2015, le Président a prôné une approche qui donne la priorité au renforcement des institutions. « Il nous faut, a-t-il expliqué, un engagement national sur le long terme, soutenu par des ressources réelles pour des institutions nationales dirigées par des nationaux. » Il a recommandé de ne pas détourner l’attention des problèmes principaux, comme la surpêche, l’adaptation aux changements climatiques et le traitement des déchets.

S’il s’est félicité des engagements de réduction des émissions pris par les pays et les entreprises lors du Sommet sur le climat, il y a deux jours, il a fait remarquer que ces promesses seraient à la charge de futurs gouvernements qui seront au pouvoir dans 10 ans ou plus. Les PEID, qui ne contribuent qu’à une fraction des émissions mondiales, ont entrepris de mettre en place des économies durables et ont fait des promesses ambitieuses en termes de réduction des émissions. Il a indiqué que son pays avait ainsi décidé de réduire ces émissions de 50% d’ici à 2020. Le Président, qui a aussi tenu à souligner les liens existant entre les changements climatiques et les conflits, a demandé au Secrétaire général de nommer un représentant spécial sur le climat et la sécurité.

Au sujet du Conseil de sécurité, il a soutenu son élargissement au niveau des deux catégories de membres et demandé une réforme de ses méthodes pour le rendre plus efficace. Les Nations Unies, dans leur ensemble, doivent travailler pour les petits pays comme le sien, a-t-il ajouté, plaidant aussi la cause du peuple de Taiwan. Enfin, il s’est inquiété face à l’insuffisance du financement de la solution aux changements climatiques. On est loin de l’objectif des 100 milliards de dollars qui doivent être mobilisés d’ici à 2020, a-t-il noté à cet égard.

Suis-je un rêveur écervelé ou tout simplement pragmatique? a demandé M. TOMMY ESANG REMENGESAU, Président des Palaos. Le temps nous le dira mais laissez-moi vous dire une chose, a-t-il répondu: « mon pays ne tombera pas sans se battre ». Mon pays, s’est expliqué le Président, est fait de gens qui voient tous les jours l’impact réel des changements climatiques et qui regardent ses océans se faire polluer et ses stocks de poissons fondre. C’est la raison pour laquelle, les dirigeants du Pacifique ont soutenu cette année la Déclaration des Palaos, « L’océan: vie et futur ». C’est la raison pour laquelle avec Kiribati, les Îles Cook, la Nouvelle-Calédonie, les États-Unis, les États fédérés de Micronésie et les Îles Marshall, les Palaos sont en train de créer des zones maritimes protégées de tailles différentes pour inverser la tendance de la surexploitation des océans. C’est la raison pour laquelle, les Palaos et d’autres pays du Pacifique se sont engagés à lancer, d’ici au mois de septembre 2015, des négociations sur un accord international relatif à la conservation et l’utilisation viable de la biodiversité marine dans les zones au-delà de la juridiction nationale. C’est la raison pour laquelle, a ajouté le Président, nous demandons aux États Membres de consacrer aux océans un objectif à part entière dans le programme de développement pour l’après-2015. »

À ce stade, a estimé le Président, le projet de programme, et ses 17 objectifs, part dans tous les sens. « Un agenda sur tout est un agenda sur rien » et « les solutions à taille unique ne sont pas des solutions. » Le Président a voulu que l’on se concentre sur une réponse « commune mais différenciée ». Il a annoncé que, dans les mois à venir, son pays créerait un sanctuaire marin car c’est en reconnaissant les océans comme un bien appartenant à chaque citoyen de la planète que l’on parviendra à une gestion mondiale de notre « zone économique exclusive mondiale ».

Les changements climatiques sont notre « guerre silencieuse » et la question qui définira notre siècle, a prévenu le Président. Une augmentation de 3,6% de la température de la planète est tout simplement « inacceptable » et si c’est tout ce que peuvent faire les dirigeants du monde, alors on ferait mieux de jeter l’éponge et d’arrêter de faire des enfants parce qu’ils n’auront pas d’avenir. D’ici à 2015, on attend des dirigeants du monde qu’ils donnent une nouvelle orientation et, ce faisant, qu’ils ratifient le deuxième Amendement au Protocole de Kyoto. La migration ne saurait être une option, car « personne ne part, personne ne perd son pays, personne ne devient un réfugié climatique », a prévenu le Président en paraphrasant une poétesse des Îles Marshall.

Nous n’appelons pas les pays développés à des actions que nous n’entreprenons pas nous-mêmes, a dit le Président qui a salué les États-Unis, le Japon, Taiwan, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Union européenne dont « le partenariat est un engagement ». Pour sauver nos océans et arrêter la vague des émissions, nous devons créer un système durable de partenariats mondiaux, fondés sur le respect et dans ce cadre, a insisté le Président, les « moyens de mise en œuvre », qu’il s’agisse des océans, des changements climatiques ou de la biodiversité, sont une question récurrente et cruciale. Sans des partenariats efficaces, rien ne sera possible, et sans des engagements juridiquement contraignants contre les changements climatiques, aucune transformation pour les générations futures ne sera possible. En cette ère moderne, a conclu le Président, la seule façon de faire la différence est de dépasser les intérêts étroits.

M. JAKAYA MRISHO KIKWETE, Président de la République-Unie de Tanzanie, a souhaité qu’une attention particulière soit portée au financement du programme de développement durable pour l’après-2015. Il a ensuite demandé au Président de l’Assemblée générale d’utiliser ses bons offices pour revitaliser le processus de réforme des Nations Unies.

Le Président s’est dit préoccupé par les événements en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, dans la région des Grands Lacs et dans la Corne de l’Afrique. De même, la menace du terrorisme, l’exploitation illicite des ressources naturelles, le braconnage, le trafic illicite des stupéfiants et des armes rendent le monde moins sûr.

Il ne faut pas laisser faire Al-Chabab, Boko Haram, l’État islamique en Iraq et au Levant et d’autres organisations terroristes, a dit M. Mrisho. « Il ne faut pas laisser la Libye se désintégrer. Les combats insensés en République centrafricaine et au Soudan du Sud doivent prendre fin. »

S’agissant de la question du Sahara occidental, « quels sont les insurmontables défis qui empêchent les Nations Unies de résoudre l’impasse »? a demandé le Président. Il a souhaité que ce problème, qui a surgi à peu près en même temps que celui du Timor oriental, il y a près de 40 ans, soit réglé « une bonne fois pour toutes ».

Par ailleurs, le monde doit se dresser contre l’épidémie d’Ebola qui menace les pays d’Afrique de l’Ouest. M. Mrisho a demandé quatre choses: que l’on continue d’assister les pays affectés jusqu’à ce que la propagation de la maladie soit maîtrisée; que l’on aide les pays voisins à renforcer leurs capacités en matière de surveillance, d’isolation et de traitement; que l’on intensifie les efforts pour trouver un remède et un vaccin; et que l’on arrête la stigmatisation qui se développe contre l’Afrique à cause d’Ebola.

En fait, a-t-il fait remarquer, « les pays affectés sont plus près de l’Europe qu’ils ne le sont du Kenya, de la Tanzanie ou de l’Afrique du Sud. Annuler des visites dans ces parties de l’Afrique est incompréhensible ».

M. STEPHEN HARPER, Premier Ministre du Canada, a indiqué que la paix ne se résumait pas à l’absence de guerre. Lorsque règnent l’injustice et la misère, il ne saurait y avoir de paix, a-t-il dit. Il a affirmé que le Canada cherchait à bâtir un monde où la primauté du droit et les droits de l’homme étaient sauvegardés.

« Nous pensons que la liberté, la prospérité et la paix forment un cercle vertueux », a-t-il poursuivi, avant de défendre vigoureusement les bénéfices résultant des échanges commerciaux entre les nations. La libéralisation du commerce profite également aux pays en développement. Pour illustrer son point de vue, M. Harper a cité une phrase du Président du Sénégal, M. Macky Sall, qui insistait sur l’importance des investissements pour les économies africaines.

Il a ensuite vigoureusement plaidé pour la poursuite des efforts visant à diminuer la mortalité maternelle et infantile, par le biais notamment de campagnes de vaccination. La véritable mesure du progrès est le nombre de vies sauvées, a-t-il affirmé, ajoutant que la santé maternelle et infantile devait demeurer prioritaire.

Le Premier Ministre a affirmé que son pays appuierait financièrement l’initiative de l’ONU « Chaque femme, chaque enfant ». En conclusion, M. Harper a appelé de ses vœux l’édification d’un monde où la vie, la liberté, les droits de la personne seraient préservés et la force brutale défaite.

M. MARK RUTTE, Premier Ministre et Ministre des affaires générales des Pays-Bas, a rappelé la tragédie qu’a été la mort en juillet dernier des 298 passagers du vol de la Malaysia Airlines MH17, parmi lesquels 196 ressortissants néerlandais. Ces passagers seraient en vie si le conflit en Crimée et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine n’étaient pas survenus, a-t-il poursuivi. Il a demandé que les passagers décédés qui n’ont pas été identifiés le soient dans les plus brefs délais et que les restes et effets personnels des victimes soient rapatriés. « Les causes de ce désastre doivent être élucidées et les responsables jugés », a déclaré M. Rutte.

S’agissant de l’épidémie d’Ebola, il a indiqué que son pays allait accélérer ses efforts humanitaires, avec une nouvelle contribution de 18 millions de dollars pour combattre le virus. « Dans la même veine, les Pays-Bas continueront d’appuyer les missions de maintien de la paix de l’ONU », a-t-il affirmé. Le Premier Ministre a ensuite insisté sur l’importance que les auteurs de violations des droits de l’homme soient traduits en justice. « Nous devons cela aux passagers du vol MH17, mais également aux victimes de la violence en Syrie et en Iraq. »

Enfin, M. Rutte a indiqué que son pays était candidat à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour les années 2017 et 2018. « Nous souhaitons aider à la modernisation et au renforcement du Conseil », a-t-il déclaré, ajoutant que son pays soutenait l’initiative française consistant à limiter l’usage du droit de veto lorsque des atrocités de masse sont commises.

M. QOHIR RASULZODA, Premier Ministre du Tadjikistan, a estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devait s’inscrire dans le prolongement des Objectifs du Millénaire de développement (OMD) avec comme priorité l’élimination de la pauvreté et des inégalités. Ce nouvel ordre du jour doit également intégrer les trois composantes du développement durable tout en tenant compte des principes de Rio+20 et des spécificités nationales.

Le Forum politique de haut niveau sur le développement durable est, selon lui, capable de proposer une plateforme efficace et universelle pour la mise en œuvre du programme d’action du développement durable. Il espère que ce Forum deviendra un relais important du dialogue en cours et des examens des objectifs de développement durable. Le financement de ces objectifs est un autre aspect crucial à ne pas négliger. Il préconise, à cet effet, de nouveaux partenariats mondiaux et souligne le rôle significatif que les commissions d’experts intergouvernementaux pourraient jouer en vue de créer un mécanisme onusien de promotion du développement durable et de transfert de technologies.

Le Tadjikistan a déployé des moyens considérables pour réaliser les OMD, ce qui lui a permis de significativement réduire la pauvreté. En tant que pays pilote de l’ONU, le Tadjikistan s’apprête à faire un examen de la mise en œuvre des OMD en 2015 et se dit prêt à étroitement collaborer avec les agences et programmes de l’ONU dans ce contexte. Le Premier Ministre a proposé qu’un examen similaire soit fait à l’échelle mondiale pour évaluer la mise en œuvre de la Décennie internationale d’action 2005-2015 sous le thème « L’eau, source de vie » et de développer ensemble des recommandations spécifiques pour renforcer et reconduire cette action.

L’accès aux nouvelles sources d’énergie est également un facteur déterminant pour le développement durable, a souligné le Premier Ministre, ajoutant que son pays était en train de développer son potentiel énergétique avec un accent particulier mis sur les énergies renouvelables, dont notamment des stations hydroélectriques. Le Tadjikistan soutient la réunion, du 3 au 5 novembre 2014 à Vienne, de la Conférence d’examen de la mise en œuvre du Programme d’action d’Almaty. Le nouveau programme d’action devrait apporter aux pays les moins avancés sans littoral de nouvelles opportunités pour leur future intégration dans l’économie mondiale, a estimé le Premier Ministre.

Il a également abordé le problème de la lutte contre le trafic illicite de drogues et de leur production, domaine dans lequel son pays a acquis une expérience significative. Fort de cette expérience, il s’apprête à organiser une conférence régionale sur cette question qui aura lieu à Douchanbé en 2015, un an avant la session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur la drogue. Le Tadjikistan compte sur le soutien des Nations Unies, des États intéressés ainsi que des organisations internationales pour cette conférence.

Abordant la situation en Afghanistan, le Premier Ministre a plaidé pour que ce pays soit inclus dans le processus régional de coopération en vue de faciliter le succès des efforts actuellement en cours de la communauté internationale.

M. KAY RALA XANANA GUSMÃO, Premier Ministre du Timor-Leste, a dit que 14 ans après l’indépendance de son pays, peu de choses avaient été réalisées par la communauté internationale dans la lutte contre la pauvreté et dans les domaines de l’éducation et de la production alimentaire dans les pays en développement. Les pays fragiles et en guerre sont loin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Pour répondre à ces défis, les Nations Unies doivent renforcer la coopération surtout au niveau régional, et respecter la souveraineté et la particularité de chaque État. Toute action menée en dehors de ce cadre n’entraînerait que la poursuite des mesures du passé qui, dans la plupart des cas, ont échoué.

Après avoir assisté à sa quasi-destruction, le Timor-Leste connaît les conséquences et les cicatrices de la guerre, a-t-il dit, notant qu’immédiatement après le conflit, la société timoraise s’était réconciliée avec elle-même pour parvenir à la paix. Au lieu d’alimenter la haine et la vengeance, il a entretenu les valeurs de solidarité et de tolérance, en fournissant les bases d’une paix politique et d’une véritable réconciliation avec l'Indonésie. Le partenariat avec les Nations Unies dans la reconstruction du pays « nous a enseigné des leçons importantes, que nous avons partagées avec le monde, en particulier avec les États fragiles », a-t-il dit.

Le Premier Ministre s’est dit préoccupé par les développements à l’est et au sud de la mer de Chine. Cette question est d’une importance vitale pour le Timor-Leste, a-t-il souligné, mettant l’accent sur la nécessité de mettre des frontières maritimes entre les pays d’une manière claire, en conformité avec le droit international.

Mentionnant la « terrifiante épidémie d’Ebola » en cours en Afrique de l’Ouest, Mme ERNA SOLBERG, Premier Ministre de la Norvège, a souligné la nécessité de bâtir des systèmes de santé sur lesquels des individus comme Joséphine Finda Sellu puissent s’appuyer. « Mme Sellu, infirmière chef dans un hôpital gouvernemental de la Sierra Leone, a vu 15 de ses infirmières mourir d’Ebola, néanmoins elle n’a jamais cessé de se battre », a-t-elle affirmé.

Elle a ensuite insisté sur le rôle de l’éducation, en particulier des jeunes filles, pour éliminer la pauvreté. Condamnant fermement les attaques visant à priver les enfants de leur droit à l’éducation, elle a rendu hommage à Malala, l’écolière pakistanaise agressée par les Taliban. « Si une écolière peut combattre les Taliban, alors la communauté internationale peut vaincre l’extrémisme et le terrorisme. »

Le Premier Ministre a condamné les violations du droit international commises par la Fédération de Russie et demandé que tout règlement du conflit en Ukraine respecte l’intégrité territoriale de ce pays. Elle a déploré le fait que le Conseil ait échoué à répondre efficacement aux situations en Ukraine et en Syrie, en raison de la persistance « des croyances de certaines puissances dans les idées dépassées de jeux à somme nulle et de sphères d’influence ».

Mme Solberg a ensuite rappelé que la protection des droits de l’homme incombait en premier lieu aux États. Elle a déploré à ce titre l’adoption de lois limitant la liberté d’expression et la persistance des discriminations, en particulier à l’encontre des minorités.

En conclusion, elle a demandé que les négociations relatives au programme de développement pour l’après-2015 incluent les questions relatives à la paix et à la stabilité et répondent au défi des changements climatiques.

M. ABDELILAH BENKIRANE, Premier Ministre du Maroc, a lu le discours du Roi du Maroc, MOHAMED VI, qui déclare que le thème focal de la question du développement humain durable pour l’après-2015 était un choix pertinent qui s’inscrivait au cœur des priorités de l’Organisation et constituait un point de rencontre où convergent les considérations économiques, sociales, environnementales, sécuritaires et politiques.

« Je suis venu porteur d’un appel à l’équité pour les pays en développement, surtout en Afrique, un appel pour une approche objective de la problématique du développement dans ce continent », souligne le Roi du Maroc, indiquant que le développement durable ne se décrète pas par des décisions ou des recettes toutes prêtes; pas plus qu’il n’existe un seul et unique modèle en la matière.

Le Roi a ainsi lancé un « appel pour le respect des spécificités de chaque pays, dans son itinéraire national, et de la volonté qui est la sienne d’édifier son propre modèle de développement. Cela vaut surtout pour les pays en développement qui pâtissent encore des effets de la colonisation ».

Le souverain marocain ajoute que le colonialisme a causé de grands préjudices aux États qui en ont subi la tutelle et, même si de nombreuses années se sont écoulées depuis, il n’en demeure pas moins que les États coloniaux portent la responsabilité historique pour la situation difficile, parfois dramatique, que vivent certains États du Sud, surtout en Afrique.

« Aujourd’hui, après tous ces effets pervers, ces États n’ont pas le droit d’exiger des pays du Sud un changement radical et rapide selon un schéma étranger à leurs cultures, leurs principes et leurs atouts propres, comme si le développement ne pouvait se réaliser qu’à l’aune d’un modèle unique: le modèle occidental. »

Dans ce qu’il désigne comme son deuxième appel à la communauté internationale, le Roi Mohamed VI invite à davantage de réalisme et de sagesse dans les rapports avec ces États, dont il faut comprendre les circonstances ayant marqué leurs parcours respectifs vers la démocratie et le développement.

Mais, a-t-il insisté, « certains États occidentaux, qui n’ont demandé l’autorisation de personne pour coloniser les pays du Sud, au lieu d’apporter le soutien nécessaire aux peuples de ces pays, s’obstinent à leur imposer des conditions drastiques qui entravent leur évolution naturelle vers le progrès ».

Allant plus loin, le souverain souligne que les États occidentaux, et les institutions qui en dépendent, ne savent que donner des leçons, à profusion et dans le meilleur des cas, prodiguer quelques conseils. Quant au soutien qu’ils concèdent, dit-il, il est très faible et systématiquement soumis à des conditions.

Dans ce contexte, et après avoir remis en question l’opération de notation et de classement des États, le Roi Mohammed VI préconise que le capital immatériel figure désormais parmi les principaux critères de mesure et de classement de la richesse des États, et réitère son discours de février dernier à Abidjan dans lequel il avait indiqué que « l’Afrique n’avait pas tant besoin d’aides humanitaires que de partenariats mutuellement bénéfiques », et appuyé la coopération Sud-Sud.

En conclusion, le souverain marocain déclare que le monde aujourd’hui est à la croisée des chemins. « Soit la communauté internationale apporte son appui aux pays en développement, pour qu’ils puissent avancer et assurer la sécurité et la stabilité dans leurs régions respectives, soit nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auquel aucun endroit au monde ne pourra échapper. »

Mme NATALIA GHERMAN, Vice-Premier Ministre etMinistre des affaires étrangères et de l’intégration européenne de la République de Moldova, a affirmé que les ambitions de son pays pour une étroite coopération avec l’Union européenne ne sauraient être exaucées si les bénéfices n’en étaient pas entièrement partagés avec les citoyens moldaves vivant dans la région de la Transnistrie. Elle a indiqué que l’objectif poursuivi en Transnistrie restait le même: une solution politique basée sur le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Moldova et un statut spécial pour la région de la Transnistrie.

Mme Gherman a cité parmi les obstacles à la recherche d’un tel règlement la présence continue des forces militaires russes en Transnistrie, contrairement aux engagements internationaux pris. « Nous attendons de la Fédération de Russie qu’elle finalise le processus de retrait sans plus tarder. »

Elle a ensuite déploré le fait que les exportations agricoles de son pays vers la Fédération de Russie fassent l’objet de restrictions injustifiées et remercié l’Union européenne pour son soutien au Gouvernement moldave dans l’atténuation des conséquences desdites restrictions.

Concernant la situation en Ukraine, elle a affirmé que les choix souverains de tous les membres de la communauté internationale devaient être respectés. « Comme beaucoup d’autres pays, nous ne reconnaîtrons jamais l’annexion de la Crimée », a-t-elle ajouté. Enfin, le Vice-Premier Ministre a indiqué que la République de Moldova avait pris des mesures concrètes pour soutenir les Nations Unies, l’Union européenne et l’OTAN dans la préservation de la paix, la sécurité et la stabilité en Europe et dans le monde.

M. PIERRE MOUKOKO MBONJO, Ministre des relations extérieures du Cameroun, a appelé de ces vœux un programme transformateur pour l’après-2015. Il a indiqué que son gouvernement avait mis en œuvre, depuis 2010, une stratégie pour la croissance et l’emploi dans le but d’améliorer les conditions de vie de la population. Le Ministre a toutefois indiqué qu’en dépit des progrès importants réalisés en la matière, il restait encore beaucoup à faire dans les domaines de l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et à l’électricité et des routes.

M. Moukoko Mbonjo a estimé nécessaire de modifier la conception actuelle du développement. Celui-ci ne devra plus être perçu comme un processus exogène, mais comme l’expression des souhaits et des besoins des populations ciblées, s’est-il expliqué. Il a également jugé nécessaire de mettre en place un mécanisme de suivi des objectifs du nouveau système, et de réformer le mode de financement de l’aide au développement pour améliorer son efficacité.

Le Ministre a aussi insisté sur la nécessité d’assurer la sécurité car « sans sécurité, il n’est point de développement possible ». Il a par ailleurs indiqué qu’en raison de l’insécurité en République centrafricaine et des attaques de Boko Haram, le Cameroun accueille plus de 200 000 réfugiés. Il a averti que si cette situation devait se prolonger, il n’est pas certain que les moyens du pays lui permettent d’y faire face.

M. Moukoko Mbonjo a ensuite appelé les parties au conflit en Afrique, au Moyen-Orient ou en Afrique orientale à la négociation, indiquant c’est la voie que le Nigéria et la Cameroun avaient choisie pour régler le différend qui les opposaient sur la presqu’île de Bakassi.

M. MANKEUR NDIAYE, Ministre des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur du Sénégal, a rappelé que le Président du Sénégal, M. Macky Sall, avait lancé l’ambitieux programme « Plan Sénégal émergent » qui constitue aujourd’hui et pour les années à venir le référentiel de la politique économique et sociale du pays. Indiquant que le programme de développement pour l’après-2015 devrait être l’occasion d’un partenariat plus dynamique avec les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, il a souligné l’importance que revêt à ce titre le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

M. Ndiaye a rappelé que son pays ne comptait à ce jour aucun cas de virus Ebola et salué la décision du Secrétaire général de mettre en place une mission onusienne de réponse urgente au virus Ebola.

Concernant le dossier du Sahara occidental, il a réitéré le soutien de son pays à l’initiative du Maroc d’accorder une large autonomie au Sahara occidental, dans le cadre du respect de sa souveraineté et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Le Ministre a ensuite attiré l’attention de la communauté internationale sur les multiples enjeux liés à la tenue en 2015 d’élections présidentielles dans certains pays africains.

Se tournant vers le Moyen-Orient, le Ministre a renouvelé son soutien à une solution politique juste, négociée et pacifique, afin de parvenir à la création d’un État palestinien viable et indépendant vivant au côté d’Israël.

En conclusion, M. Ndiaye s’est exprimé en faveur de l’octroi à l’Afrique de deux sièges de membres non permanents au sein du Conseil de sécurité, ainsi que de deux sièges de membres permanents, « avec toutes les prérogatives attachées à ce statut, y compris le droit de veto ».

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