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Le chef du HCR exhorte les États à une réponse plus équitable aux crises de réfugiés

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Zeinab, chef d’entreprise, emploie 43 femmes vulnérables, dont des réfugiées afghanes, dans son atelier de couture situé dans la ville iranienne de Shiraz. © HCR/Sebastian Rich

Durant l’Assemblée générale des Nations Unies, Filippo Grandi a appelé les États Membres à apporter leur soutien à un nouveau pacte mondial sur les réfugiés.

NEW YORK, États-Unis – Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a appelé ce jour les États membres des Nations Unies à soutenir un nouveau pacte mondial sur les réfugiés fondé sur des valeurs de dignité et de respect des droits et des aspirations des réfugiés et de leurs hôtes.

Lors de la présentation de son rapport annuel et du pacte à la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, Filippo Grandi a indiqué que le multilatéralisme tenait bon en dépit d’une forte adversité, mais qu’il avait besoin d’un nouveau souffle.

« La question des réfugiés est une préoccupation internationale ainsi qu’une responsabilité partagée », a déclaré Filippo Grandi. « Le pacte nous fournira pour la première fois un modèle pratique et réalisable, un ensemble d’outils qui traduit ce principe en action ».

Filippo Grandi s’est dit préoccupé par le fait que les réfugiés et les migrants sont de plus en plus souvent les cibles et les victimes des programmes politiques antagonistes et des politiques régionales et internationales.

« Nous devons trouver le moyen de nous débarrasser de la politique pour rediriger l’attention sur ce qui importe vraiment : la dignité, les droits et notre humanité commune », a ajouté Filippo Grandi.

Il y a deux ans, l’Assemblée générale des Nations Unies a prié le HCR d’engager des consultations avec l’ensemble des États Membres et d’autres parties prenantes en vue de l’élaboration d’un nouveau traité international sur les réfugiés — appelé pacte mondial sur les réfugiés — et de lui en présenter le texte à l’occasion de son rapport annuel à l’Assemblée, une mission dont Filippo Grandi s’est acquitté aujourd’hui.

« Si on leur en donne la possibilité, les réfugiés peuvent également être des catalyseurs d’humanité, de solidarité et d’une visée sociétale commune ; en d’autres termes, tout ce qui nous unit et nous rend plus forts face aux défis mondiaux », a précisé Filippo Grandi.

Les crises qui sévissent sur tous les continents ont entraîné le déplacement forcé de 68,5 millions de personnes, dont plus de 25,4 millions de réfugiés, a rappelé Filippo Grandi dans son allocution face à la Commission.

Selon lui, les solutions politiques restent globalement hors de portée tandis que la conjugaison des conflits et d’autres facteurs tels que le changement climatique, la pauvreté et l’inégalité conduit à des flux de populations complexes et difficiles à gérer.

Filippo Grandi a également noté qu’en dépit de nombreux cas décevants où des réfugiés et des demandeurs d’asile ont été refoulés, il existe de par le monde une multitude de communautés locales, souvent situées dans des zones frontalières isolées, qui continuent d’offrir protection et soutien aux réfugiés malgré leur propre manque de moyens, car elles sont animées par la compassion et les valeurs humaines fondamentales.

Dans nombre de ces régions, une nouvelle réponse globale à l’égard des réfugiés est en train de prendre racine.

« Les décennies durant lesquelles les réfugiés ont été tenus à l’écart, consignés dans des camps ou maintenus en marge de la société cèdent le pas à une approche fondamentalement différente qui vise à inclure les réfugiés dans les systèmes nationaux, les sociétés et les économies de leur pays hôte pendant la période nécessaire et à leur permettre ainsi de contribuer à leur nouvelle communauté et de garantir leur propre avenir dans l’attente d’une solution à leur tragique situation », a déclaré Filippo Grandi en soulignant que le pacte mondial a pour origine la générosité de ces communautés.

Filippo Grandi a exhorté les États Membres à apporter leur plein soutien à l’entreprise collective incarnée par ce pacte et à contribuer à sa mise en œuvre.

Évoquant le courage, la résilience et la détermination de nombre des déracinés qu’il a rencontrés au cours de l’année écoulée au Kenya, en Syrie, en Iran et en Colombie, entre autres pays, Filippo Grandi a exprimé le vœu que ce moment demeure dans tous les cœurs.

« Un moment où des personnes pragmatiques se sont réunies pour tracer une voie nouvelle conduisant à une réponse plus appropriée, plus juste et plus équitable aux crises de réfugiés, loin des aléas de la politique et mieux adaptée à notre monde en pleine tourmente. »

« Il incombe à chacun d’entre nous de faire en sorte que ça marche ; de s’assurer que cette promesse devienne réalité pour les millions de réfugiés et de déplacés qui comptent sur nous dans le monde entier », a-t-il conclu.

Le pacte mondial sur les réfugiés devrait être approuvé par l’Assemblée générale des Nations Unies d’ici la fin de l’année 2018.

Le texte intégral de l’allocution du Haut Commissaire Filippo Grandi est disponible ici.