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La santé reproductive, maternelle, néonatale et adolescente en temps de pandémie: Leçons apprises et conseils pratiques

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Résumé

Le présent rapport passe en revue les principales épidémies survenues depuis 2003, dont le SRAS-CoV, le VIH/sida, et les virus Ebola, Zika et MERS-CoV. Les réponses à ces épidémies ont souvent eu une incidence négative sur les services de santé maternelle, reproductive et infantile. Pour que les pays mettent en place des réponses efficaces et équitables, il est essentiel de déterminer comment et dans quelle mesure les épidémies affectent les femmes, les enfants et les autres populations vulnérables.

Nous exposons ici les enseignements tirés des épidémies passées, en mettant l’accent sur la manière de garantir la continuité des services de santé reproductive, maternelle, infantile et des adolescents pendant la pandémie actuelle de COVID-19.

Santé maternelle et néonatale

L’ampleur et la gravité de l’épidémie d’Ebola (2013-2016) ont révélé que les pays et les systèmes de santé qui en ont souffert se trouvaient alors en territoire inconnu. Il en va de même pour le COVID-19. Voici quelques enseignements tirés de la réponse apportée à l’épidémie d’Ebola et à d’autres crises similaires :

→ il est essentiel de diffuser des messages cohérents, qui aideront les femmes et leurs familles à obtenir des conseils à un stade précoce et à prendre des décisions en temps utile ;

→ il est également essentiel de veiller à ce que les maternités soient toujours perçues comme des lieux sûrs ;

→ les travailleurs de la santé devraient suivre une formation adéquate sur les pratiques de contrôle et de prévention des infections, ainsi que sur l’utilisation correcte des équipements de protection individuelle (EPI) ;

→ l’établissement d’une « prime de risque » claire peut contribuer à motiver et à augmenter les effectifs de travailleurs de la santé ;

→ il conviendrait de tester régulièrement toutes les femmes enceintes dans le cadre des soins prénatals afin de pouvoir leur offrir un suivi et une protection adéquats ;

→ les femmes dont les résultats du test de dépistage du COVID-19 sont positifs, y compris celles qui allaitent, ne devraient pas être séparées de leurs enfants. Elles devraient plutôt respecter les mesures barrières, comme le port du masque, lorsqu’elles allaitent leur bébé ;

→ des interventions devraient être mises en œuvre pour soutenir les établissements, les sages-femmes et les membres du personnel de santé qui travaillent à titre privé au sein des communautés, afin qu’ils deviennent des alternatives sûres pour les femmes pendant les crises.

Santé sexuelle et reproductive

La réorientation des ressources financières et des prestataires de soins de santé vers la lutte contre la pandémie risque d’entraîner une pénurie de médecins et d’autres professionnels de la santé qui fournissent des services de santé sexuelle et reproductive. Il est primordial que nous appliquions DÈS MAINTENANT des mesures pour réduire ce déséquilibre. Dès lors :

→ un représentant des équipes de santé sexuelle et reproductive devrait occuper un siège à la table des équipes de coordination des réponses au COVID-19 ;

→ l’accès à la contraception devrait être étendu au-delà des établissements de santé habituels ;

→ la présence de prestataires de services qualifiés peut accroître l’utilisation de tels services par les adolescents et contribuer à prévenir les grossesses non désirées ;

→ des campagnes de promotion de la santé permettraient aux communautés de s’informer sur la contraception et sur les moyens d’y accéder.

Violence domestique et basée sur le genre

Il existe un risque élevé d’augmentation de la violence basée sur le genre pendant la pandémie actuelle en raison des restrictions de déplacement qui obligent les femmes et les enfants à rester chez eux. En outre, certaines mesures de lutte contre les maladies qui ne tiennent pas compte des besoins et des vulnérabilités spécifiques des femmes et des enfants peuvent accroître les risques concernant la protection de ces derniers et donner lieu à des mécanismes d’adaptation néfastes. Dès lors :

→ il est important de renforcer les systèmes de réponse initiale contre la violence. Les premiers intervenants devraient anticiper une flambée de violence basée sur le genre dès le début d’une pandémie et se préparer en conséquence, notamment en augmentant le personnel et les ressources ;

→ nous devrions étudier de quelle manière la technologie peut aider les personnes en quarantaine qui ont besoin d’accéder aux services de lutte contre la violence basée sur le genre ;

→ nous devrions veiller à ce que la violence basée sur le genre soit intégrée dans les interventions des systèmes de santé. Tous les prestataires de soins de santé devraient être formés à l’identification des femmes et des enfants exposés à la violence et être présents dans tous les lieux de test et de dépistage ;

→ nous devrions collaborer avec des réseaux sociaux formels et informels, tels que des groupes de femmes, des groupes communautaires, des organisations de la société civile et des organisations de défense des droits des femmes.

Pour répondre à la pandémie actuelle et pour faire en sorte que nous soyons correctement préparés à en affronter d’autres à l’avenir, il importe également d’élaborer des méthodes fiables et rapides de collecte de données qui seront ensuite analysées par des experts et notifiées en temps utile. Il est essentiel de tenir compte de tous ces éléments dès le début d’une pandémie afin de déployer rapidement des mesures pour y répondre. En outre, la mise au point d’une application pouvant être utilisée dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour collecter l’ensemble des données liées au COVID-19 ainsi que des données spécifiques à la santé reproductive, maternelle, néonatale et adolescente serait une contribution bienvenue dans ce combat épique.