La sécurité des journalistes et la question de l’impunité: Rapport du Secrétaire général (A/74/314)

Report
from UN General Assembly
Published on 16 Aug 2019 View Original

Soixante-quatorzième session
Point 72 b) de l’ordre du jour provisoire*
Promotion et protection des droits de l’homme : questions relatives aux droits de l’homme, y compris les divers moyens de mieux assurer l’exercice effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Résumé

Le présent rapport, soumis en application de la résolution 72/175 de l’Assemblée générale, donne un aperçu de la situation actuelle en ce qui concerne la sécurité des journalistes et des mesures prises à cet égard par les États Membres, les organisations régionales, les organismes des Nations Unies et les organisations de la société civile.

I. Introduction

  1. En application de la résolution 72/175 de l’Assemblée générale, le présent rapport donne un aperçu de la situation actuelle en ce qui concerne la sécurité des journalistes et des mesures prises à cet égard aux niveaux national, régional et international, notamment par l’ONU, au titre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

  2. Pour établir le présent rapport, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), agissant au nom du Secrétaire général, a sollicité les contributions d’États Membres, d’organisations régionales et internationales, d’institutions nationales des droits de l’homme et d’organisations non gouvernementales. Outre les informations reçues de ces parties prenantes, le présent rapport repose sur un ensemble de sources publiques.

II. Situation actuelle

  1. La liberté d’expression et la liberté des médias sont essentielles pour aider à la compréhension et au dialogue nécessaires à la réalisation des objectifs de développement durable. Cependant, ces dernières années, les atteintes à la sécurité physique des journalistes et autres professionnels des médias se sont aggravées et ont augmenté, de même que les atteintes entravant leur capacité d’exercer leur droit à la liberté d’expression, telles que les menaces de poursuites judiciaires, d’arrestation et d’emprisonnement, les dénis d’accès à l’information et les défauts d’enquête sur les crimes dont ils sont victimes ainsi que de poursuites à l’encontre des coupables (voir résolution 72/175).

  2. Dans son dernier rapport sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a noté que l’impunité juridique des auteurs restait la norme pour la plupart des meurtres de journalistes, moins d’un cas sur 10 aboutissant à une condamnation. Elle a également indiqué dans ce rapport qu’entre janvier 2017 et juin 2019, 207 journalistes avaient été tués, dont 117 dans des pays exempts de conflit armé. Nombre de ces journalistes qui réalisaient des reportages sur la criminalité organisée, la situation politique locale ou la corruption avaient préalablement été menacés.

  3. D’après les données recueillies par l’UNESCO, pendant la même période, 90 journalistes ont été tués dans des pays en proie à un conflit armé. Plusieurs d’entre eux ont été victimes d’attentats-suicides ou d’agressions perpétrés par des groupes militants. Il semblerait que certains étaient en train de réaliser des reportages sur des questions telles que les déplacements de civils, le sort des civils se trouvant dans des zones de conflit et les attaques militaires commises par des parties à un conflit.

  4. Outre ces tendances inquiétantes, le paysage médiatique a évolué. De nouveaux médias et supports de communication sont apparus, et les nouvelles technologies favorisent la diffusion rapide de campagnes ciblées de désinformation et de dénigrement. Cette évolution a contribué non seulement à rendre la question de la sécurité et de la liberté des médias plus complexe, mais également à éroder la confiance du public dans les médias. Par ailleurs, l’utilisation abusive des lois et les mesures prises par des personnes occupant des postes à responsabilité dans le secteur public pour discréditer le travail des journalistes exposent davantage ces derniers à l’intimidation. La proportion de femmes parmi les journalistes assassinés a également augmenté, celles-ci étant exposées à des risques accrus d’agressions sexistes, telles que le harcèlement sexuel (y compris en ligne), la violence sexuelle et les menaces de violence.