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L’Assemblée générale proclame le 9 septembre « Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques »

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AG/12246

L’Assemblée générale a proclamé aujourd’hui le 9 septembre « Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques ». Dans une résolution* adoptée « tacitement » avec les réserves de la Fédération de Russie et de la Syrie, l’Assemblée se dit consternée par l’aggravation des attaques contre les établissements scolaires, leurs élèves et leurs enseignants, en violation du droit international humanitaire. Elle dénonce, en particulier, l’utilisation d’écoles à des fins militaires et la violence à l’égard des filles en milieu scolaire, y compris celle perpétrée par des enseignants.

La proclamation de la Journée internationale a été accueillie par le Président de l’Assemblée générale, M. Tijjani Muhammad-Bande, par ces mots: « Pour les enfants piégés dans les conflits, l’éducation est une source de stabilité et d’espoir d’un avenir meilleur. Chaque année d’école réduit de 20% le risque qu’un jeune prenne part à un conflit. J’espère que cette résolution contribuera à fournir aux jeunes gens les outils pour devenir des bâtisseurs de la paix. Nous devons travailler ensemble, surtout au moment où nous luttons contre la COVID-19, pour garantir aux enfants un accès égal à une éducation de qualité. Ne pas le faire, c’est trahir une génération. »

Ces propos ont été appuyés par la Fédération de Russie qui s’est tout de même opposée à la référence à la Cour pénale internationale (CPI). Elle a aussi émis des réserves quant à la mention de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. Selon notre entendement, a-t-elle dit, cette mention ne signifie pas que l’Assemblée générale salue ou approuve la Déclaration « qui a d’ailleurs un nombre très limité de signataires ». La Déclaration et ses Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés ne reflètent pas, a estimé la Fédération de Russie, le libellé exact du droit international humanitaire, tel qu’énoncé dans les Conventions de Genève et leurs Protocoles. Cela risque, a-t-elle mis en garde, de compliquer l’application dudit droit.

Une autre mise en garde a été lancée par la Syrie qui a vu dans ce type de résolution une entorse à la « procédure d’approbation tacite »** à enclencher exclusivement pour des décisions «  essentielles  » liées à l’Organisation. Distanciation sociale oblige, l’Assemblée générale adopte ses décisions « tacitement », depuis le 27 mars dernier. En vertu de cette procédure, son Président est autorisé à faire circuler auprès des États Membres des projets de décision. Si aucune objection n’est soulevée, dans les 72 heures, les projets sont considérés comme adoptés et elle en prendra note à la première réunion plénière qu’elle organisera dès que seront levées les mesures de précaution imposées par la pandémie de COVID-19.

La Syrie a jugé la résolution de 20 paragraphes, « longue, répétitive et truffée de dispositions inutiles ». Elle a dénoncé le fait qu’avec d’autres, elle ait été exclue des négociations. À son tour, elle s’est opposée à la référence à la CPI, à laquelle elle n’est pas partie, mais aussi au travail de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. La Syrie a reproché à cette dernière des rapports remplis d’accusations fallacieuses. Elle a tenu à souligner la nécessité d’un engagement « global et transparent » de tous les États Membres dans un processus « inclusif » de négociations qui garantisse le bon déroulement des travaux de l’Assemblée.

*A/74/L.66

**A/DEC/74/544

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