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L’Assemblée générale achève son débat sur le Plan d’action du Secrétaire général pour la prévention de l’extrémisme violent, qu’elle a adopté le 12 février

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AG/11761

Soixante-dixième session,
86e séance plénière - après-midi
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
COUVERTURE DES RÉUNIONS

L’Assemblée générale a terminé, aujourd’hui, son débat sur le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent présenté par le Secrétaire général vendredi dernier. Si de nombreux orateurs ont salué l’adoption par l’Assemblée du Plan d’action, d’autres ont relevé des lacunes, citant en particulier l’absence de références à la souveraineté et l’intégrité territoriale des États. Le représentant de l’Iran a souligné que les interventions étrangères et militaires et les changements de régime ainsi que l’occupation étrangère étaient des causes sous-jacentes de l’extrémisme violent que le Plan d’action a omis de mentionner.

Certaines délégations, soulignant les défis auxquels sont confrontés leurs pays en raison de la crise des migrants en Europe et de la radicalisation des jeunes, ont présenté les initiatives prises par leurs gouvernements pour mieux y répondre. Le représentant de la Serbie a décrit les programmes établis par son gouvernement pour contrer la menace des combattants terroristes étrangers dans son pays et dans la région des Balkans occidentaux. Son homologue de l’Espagne a passé en revue les efforts régionaux visant à prévenir la propagation des idéologies extrémistes. Ces efforts sont particulièrement concentrés sur les jeunes, a-t-elle précisé.

De nombreux intervenants ont convenu qu’il était important d’axer les efforts sur l’éducation et les opportunités d’emplois en faveur des jeunes afin qu’ils puissent élargir leurs horizons. Les programmes découlant du Plan d’action devraient en effet cibler les jeunes, en particulier dans les États arabes, dans le but de prévenir la montée des idéologies extrémistes, a insisté la représentante du Liban. Son pays, qui a payé un lourd tribut au terrorisme, est au premier plan de la lutte contre ce fléau, a-t-elle assuré.

Les délégations ont également souligné l’importance d’adopter une approche concertée et coordonnée pour enrayer la propagation de l’extrémisme violent. Le délégué de la République de Corée a déclaré qu’il n’y avait pas de solution unique pour combattre ce phénomène mais qu’il était, au contraire, nécessaire d’adopter des approches multidimensionnelles. D’autres orateurs ont déclaré que les efforts devraient être entrepris pour faire obstacle au recrutement que des groupes terroristes organisent sur Internet. Le représentant de l’Algérie, à l’instar d’autres intervenants, a estimé qu’il faudrait définir de manière claire la notion de « terrorisme ». Cette définition, a-t-il précisé, devrait respecter les buts et principes énoncés par la Charte des Nations Unies.

Indiquant la voie à suivre, le représentant du Bénin a déclaré que sans une coopération internationale et un financement adéquat pour mettre en œuvre le Plan d’action, la réalisation des objectifs communs resterait difficile et insaisissable.

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

CULTURE DE PAIX: LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE DES NATIONS UNIES

Rapport du Secrétaire général A/70/674 et document A/70/675; Projet de résolution A/70/L.41

Déclarations

M. GHOLAMALI KHOSHROO (République islamique d’Iran) a souligné la nécessité de plus de cohérence pour rendre le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent plus crédible. Le Plan d’action aurait dû se concentrer sur l’extrémisme violent en tant que forme de terrorisme. Le texte est silencieux sur un nombre significatif de causes qui ont poussé des milliers de personnes vulnérables à rejoindre des groupes terroristes, citant notamment l’occupation étrangère, la déstabilisation de gouvernements légitimes ou les interventions militaires. En outre, le Plan d’action ne parle pas non plus du rôle destructif des médias traditionnels qui promeuvent le sectarisme, l’intolérance, les comportements xénophobes et le racisme. De nombreux jeunes, dont la plupart sont issus de communautés minoritaires défavorisées, glissent vers la radicalisation à cause de la propagande et de la désinformation véhiculées par les grands médias traditionnels.

M. EDEN CHARLES (Trinité-et-Tobago) a exprimé le soutien de sa délégation au Plan d’action du Secrétaire général pour la prévention de l’extrémisme violent, en soulignant que les liens entre extrémisme et développement ne devraient pas être sous-estimés. Il a ainsi rappelé que des pays comme le sien disposaient de capacités et de ressources limitées pour lutter contre ce fléau. C’est pourquoi, il a estimé que le Plan d’action constituait une opportunité pour la communauté internationale de partager les informations et connaissances sur les questions relatives à l’extrémisme violent et d’approfondir la coopération afin de lever au niveau mondial un « bouclier efficace ». Trinité-et-Tobago est prête à accorder son assistance à d’autres pays pour mettre en œuvre certains aspects du Plan d’action, qui invite les États Membres à des échanges interculturels et à la promotion de l’inclusion et de la cohésion sociales, a assuré son représentant.

M. HAHN CHOONGHEE (République de Corée) a souligné l’importance de l’éducation des jeunes pour prévenir l’extrémisme violent. Plus de 30 000 combattants terroristes étrangers ont rejoint les rangs des groupes extrémistes dont certains ont à peine 15 ans. Pour empêcher que les jeunes ne tombent dans le piège de l’idéologie et de la propagande extrémistes, il est important de leur enseigner dès le plus jeune âge les valeurs de paix, de dignité humaine, de tolérance, d’entente et de compréhension mutuelles. C’est à travers le principe de citoyenneté mondiale que nous serons capables de convaincre les jeunes à contribuer à l’édification de sociétés libres et tolérantes.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a déclaré que le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent est un outil nécessaire à un moment où les stratégies traditionnelles ne sont plus efficaces. Le représentant a indiqué que la définition des notions « extrémisme violent » et « terrorisme » relevait de la souveraineté des États. Une définition claire contribuerait à assurer à une meilleure application au niveau national. Il a suggéré que la prévention soit au cœur de l’approche globale permettant d’examiner les causes qui poussent certaines personnes à rejoindre des groupes radicaux. Il faudrait aussi harmoniser les plans nationaux de développement avec les objectifs 1 et 16 de développement durable à l’horizon 2030 et accorder une attention accrue aux financements des activités terroristes dans le cadre d’une coopération régionale renforcée. Le représentant a également préconisé de lutter contre les messages de haine véhiculés dans les médias sociaux en direction des jeunes.

M. BORIS HOLOVKA (Serbie) a rappelé que la région des Balkans occidentaux était confrontée à des défis sans précédent en raison des flux de migrants et du phénomène des combattants terroristes étrangers qui sont des problèmes. Ce n’est que par le biais de la coopération régionale et internationale qu’il sera possible d’y faire face efficacement, a-t-il estimé. S’agissant du Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, le représentant a indiqué que son pays était bien conscient que les mesures proactives visant à prévenir l’extrémisme violent sont essentielles pour éliminer les risques de terrorisme. Les institutions et agences gouvernementales travaillent à l’adoption de ces mesures, a indiqué M. Holovka. La prévention de l’extrémisme violent et la radicalisation qui conduisent au terrorisme, a-t-il assuré, font l’objet d’une attention particulière dans le cadre de la stratégie nationale contre le terrorisme et d’autres documents stratégiques. Mais c’est seulement à travers un travail de prévention de longue haleine, d’inclusion et d’engagement en faveur de la tolérance et du développement ainsi que de prévention de l’émergence et de la diffusion des idées de l’extrémisme violent que nous pouvons atteindre l’objectif ultime d’éliminer le terrorisme international, a-t-il dit. Dans ce contexte, l’état de droit, la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme offrent un cadre approprié que nous devrions nous efforcer de promouvoir, a expliqué le représentant avant de conclure.

M. PAWEŁ RADOMSKI (Pologne) a souligné qu’il était indispensable de garantir cohérence et synergie dans le cadre des initiatives qui seront lancées sur le terrain pour contrer la montée de l’extrémisme violent. Il a également tenu à rappeler que la radicalisation et l’extrémisme violent ne devraient pas être associés à une religion, à une nationalité, à une civilisation ou à un groupe ethnique en particulier. La prévention, a ajouté le représentant, est le moyen le plus efficace d’éradiquer le terrorisme, qu’il a qualifié de « cancer ».

Mme CAROLINE ZIADE (Liban) a déclaré que pour faire face à l’extrémisme violent, les États doivent œuvrer ensemble. L’adoption du Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, le 12 février dernier, envoie un message positif et fort, a-t-elle estimé. Il est important d’examiner les causes profondes de l’extrémisme violent, a-t-elle souligné, en citant l’occupation étrangère, la marginalisation, les foyers de tension, les violations des droits de l’homme, la politique du « deux poids deux mesures » dans l’application du droit international et l’impunité. Elle a estimé qu’il était également essentiel de mettre l’accent sur les jeunes car, a-t-elle précisé, ils devraient être les bénéficiaires du Plan d’action, en particulier dans le monde arabe où ils représentent un tiers de l’ensemble de la population. L’éducation qui promeut les valeurs d’ouverture, de dialogue et qui encourage la pensée critique est vitale pour la résilience des futures générations. De même, l’autonomisation des femmes est cruciale car elles contribuent indéniablement à la construction de sociétés stables et pacifiques. La représentante a rappelé, avant de conclure, que son pays avait payé un lourd tribut à cause du terrorisme et qu’il était fermement engagé à combattre ce fléau.

Mme FRANCISCA PEDROS CARRETERO (Espagne) a déclaré que toute action dans le cadre de la prévention de l’extrémisme violent doit respecter les droits de l’homme. La représentante a invité les États Membres à renforcer leur cadre juridique contre le terrorisme. Il faudrait aussi encourager le dialogue interreligieux comme le fait l’Alliance pour les civilisations. Citant une initiative conjointe avec le Maroc sur le sujet, la représentante a souligné l’importance d’assurer une bonne gouvernance dans la lutte contre l’extrémisme violent. Elle a également encouragé la participation de toutes les populations et des communautés locales dans l’élaboration des politiques et des mesures pour la prévention de l’extrémisme violent. Elle a suggéré de lutter contre les actions des agents de la haine. La représentante a réitéré que les jeunes doivent être la priorité dans toute stratégie contre l’extrémisme violent et la radicalisation. Elle a souligné aussi l’importance du rôle des femmes. Les États Membres devraient garantir l’égalité entre les hommes et les femmes. En outre, il faudrait élaborer des programmes d’éducation mettant en valeur la tolérance. S’agissant du rôle des médias sociaux, elle a estimé qu’il était nécessaire d’assurer une veille stratégique sur le contenu d’Internet sans toutefois restreindre les libertés fondamentales. Elle a suggéré l’utilisation des réseaux sociaux pour faire entendre les témoignages des victimes qui, a-t-elle dit, sont importants dans la prévention de l’extrémisme violent. Concernant le phénomène des combattants terroristes étrangers, elle a insisté sur la nécessité de tarir leurs ressources.

M. JEAN-FRANCIS R. ZINSOU (Bénin) a déclaré que soucieux de participer plus activement aux efforts de la communauté internationale dans le domaine de la prévention des conflits et la résolution durable des conflits qui se répandent en Afrique, le Gouvernement du Bénin a souscrit au Mécanisme d’évaluation par les Pairs et a pris le parti d’engager une Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel. Le lancement officiel de cette Initiative a eu lieu à l’occasion du Symposium international de Cotonou en mai 2015.

Cette Initiative vise essentiellement à contrer la résurgence de l’extrémisme violent en Afrique, en s’attaquant aux racines du mal avec comme point d’ancrage l’éducation à la paix. Il faudrait aussi continuer d’appuyer partout les efforts par les leaders des confessions religieuses pour travailler ensemble pour la paix et le développement durable. En outre, conscient que la prévention de l’extrémisme violent passe par la promotion d’une croissance durable, le Gouvernement du Bénin a récemment pris des mesures en faveur des populations les plus vulnérables dans la cadre de la politique visant à ne laisser aucun Béninois sur le quai.

M. CRISTIÁN BARROS MELET (Chili) a estimé qu’il faudrait prendre des mesures permettant de créer une société plus ouverte, équitable et pluraliste fondée sur les droits de l’homme afin de prévenir l’extrémisme violent. Il a aussi indiqué l’absence de définition des termes « extrémisme violent conduisant au terrorisme », et a appelé à l’ouverture d’une discussion au sein de l’Assemblée générale sur cette question. Il a terminé en suggérant que le guide qui émanerait du Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent du Secrétaire général devrait être établi de manière cohérente avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et, en particulier, avec des cibles liées à la prévention de l’extrémisme violent et à l’avènement d’une société ouverte.

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a déclaré que l’élément clef de la politique et des mesures prises par son gouvernement portent sur le dialogue interculturel et l’éducation, en particulier en faveur des jeunes et de l’autonomisation des femmes. De notre point de vue, a-t-il indiqué, le renforcement du dialogue, de la culture de paix et de la tolérance, et l’établissement de relations constructives avec toutes les communautés au niveau national doivent aller de pair avec la coopération internationale entre les États, les institutions des Nations Unies et les organisations de la société civile. Cette approche devrait aussi être adoptée pour répondre aux crises humanitaires et aux flux migratoires causés par la violence dans de nombreuses parties du monde, en particulier dans le bassin méditerranéen. Des évènements « portes ouvertes » et la compassion pour la souffrance humaine sont essentiels pour promouvoir la confiance mutuelle. Dans ce cadre, dans de nombreux forums internationaux et sur le terrain, l’Italie fait la promotion de projets pour la protection du patrimoine culturel, avec l’appui d’autres parties prenantes. Nous sommes convaincus que ces initiatives renforceront le respect mutuel et contribueront à combattre l’intolérance et les réponses violentes à la diversité.

M. SABRI BOUKADOUM (Algérie) a déclaré que les efforts pour la prévention de l’extrémisme violent ne devraient pas se limiter à la répression militaire. Il faudrait adopter une politique de prévention et de dialogue, a suggéré le représentant. Il a fait observer qu’à ce jour, il n’existe pas de définition du terrorisme qui respecte les buts et principes de la Charte des Nations Unies. L’occupation étrangère est l’une des causes de l’expansion de l’extrémisme violent, a-t-il estimé. De l’avis de sa délégation, le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent évite de faire le lien entre religion et terrorisme. Le représentant a ensuite indiqué que son gouvernement avait établi une stratégie axée sur la vigilance des forces de sécurité pour protéger l’ordre public, et une politique de déradicalisation complète embrassant les domaines politique, religieux et culturel. Il a invité les autres États Membres à s’inspirer de cette politique de déradicalisation de l’Algérie dans l’élaboration de leurs propres plans d’action. Le délégué a aussi souligné l’importance de la coopération régionale et internationale dans la lutte contre le terrorisme, notamment sur le continent africain. Au Sahel, la situation actuelle appelle davantage de coopération entre les pays de la région, a-t-il déclaré. Avant de conclure, il a passé en revue diverses initiatives régionales comme la création de l’Unité de fusion et de liaison visant le partage de renseignements qui facilite la coopération militaire dans la région.

M. ILYA ADAMOV (Bélarus) a estimé qu’il serait utile de reconnaître un certain déséquilibre dans le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, en faisant observer que la mention des notions des droits de l’homme et de la bonne gouvernance était très générale. Le représentant a regretté que le Plan d’action ne fasse pas mention des principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations Unies comme la souveraineté des États, l’intégrité territoriale ou encore la non-ingérence dans les affaires internes des États.

M. JORGE DOTTA (Uruguay) a déclaré que les actions de prévention de l’extrémisme violent ne devraient pas se traduire uniquement par des opérations militaires. Il faudrait adopter des mesures visant à promouvoir les droits sociaux de la personne humaine, a suggéré le représentant qui a souligné la nécessité de mettre l’accent sur les facteurs et les causes conduisant des personnes, en particulier les jeunes, à l’extrémisme violent. Il a réitéré qu’il était important de prendre des mesures non coercitives pour éradiquer les causes de l’extrémisme violent. Il est également important, a-t-il dit, de mener un dialogue au sein de l’Assemblée générale sur cette question.

M. RAJA REZA BIN RAJA ZAIB SHAH (Malaisie) a noté l’absence de définition de la notion d’« extrémisme violent » dans le Plan d’action qui a été adopté par l’Assemblée générale vendredi dernier. Le représentant s’est réjoui cependant que le Plan d’action n’associe pas l’extrémisme violent à une religion ou à une culture. Il est important de comprendre les causes et les facteurs qui alimentent l’extrémisme violent comme, notamment, l’occupation étrangère et l’injustice prolongée. La Malaisie a promulgué une loi sur la déradicalisation dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme, laquelle, a-t-il rappelé, ne peut être gagnée en recourant à la force. Il a estimé qu’une démarche multidimensionnelle s’imposait pour mieux appréhender les causes de l’extrémisme violent qui attire, en particulier, les jeunes. Il s’est dit préoccupé par les discriminations que subissent les musulmans et les actes racistes qui portent atteinte à la dignité des musulmans. L’islam peut encourager le progrès dans une société multiethnique et diverse et également pour mieux faire face aux menaces des terroristes, a-t-il assuré, en citant l’exemple de la Malaisie qui, dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme, a créé un centre de lutte contre les opérations de désinformation des réseaux sociaux. Au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), le représentant a parlé de l’organisation d’une conférence sur la modération promouvant la tolérance comme valeur clef de la région pour qu’elle reste prospère et pacifique.

M. DIANGUINA DIT YAYA DOUCOURE (Mali) a déclaré qu’au Mali, les autorités avaient pris la mesure du défi en matière de prévention de l’extrémisme violent. En effet, a-t-il expliqué, le Gouvernement malien a initié, avec l’appui du Maroc, un programme de formation des imams maliens afin de renforcer leur résilience dans la préservation des valeurs authentiques de l’islam enseigné dans les universités de Tombouctou et pratiqué dans la région du Sahel depuis des siècles. Cette initiative salutaire, qui s’étend à d’autres pays de la sous-région, permettra de véhiculer et de propager les valeurs de l’islam que sont les valeurs de paix et de tolérance. L’autre approche du Gouvernement du Mali réside dans la lutte contre l’enrôlement des jeunes dans les réseaux terroristes et extrémistes, a indiqué le représentant. Cette lutte, a-t-il précisé, insiste sur les vertus du dialogue et de la compréhension mutuelle, en discréditant l’idéologie de la haine, de l’intolérance et du rejet de la différence. Le représentant a fait savoir que d’autres initiatives avaient été prises au plan régional impliquant les États voisins et partenaires du Mali, notamment dans le cadre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel dont la mise en œuvre rapide devrait également contribuer à lutter efficacement contre les causes de l’extrémisme violent.

M. TÉTE ANTÓNIO, Observateur de l’Union africaine, s’est félicité de l’adoption du Plan d’action pour prévenir l’extrémisme violent, qui reflète un consensus international grandissant sur l’importance cruciale de développer une approche et qui aille au-delà des réponses sécuritaire et militaire pour tenir compte des facteurs socioéconomiques et politiques à l’origine de ce fléau. L’Union africaine s’est dotée, pour sa part, d’un cadre de mise en œuvre des instruments de lutte antiterroriste internationaux et africains, a-t-il précisé. Il a cité en exemple le Sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, qui s’est tenu le 29 janvier dernier, et au cours duquel ses États membres ont réaffirmé leur intention de redoubler d’efforts pour lutter contre l’extrémisme violent et la radicalisation religieuse qui « font le lit de l’intolérance et de la violence ».

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