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Initiative des dirigeants africains pour la nutrition (ALN) Intégrer la nutrition dans les plans d’action et de redressement en réponse à la Covid-19: Exposé de position sur la Covid-19

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1. Contexte

La pandémie de coronavirus (Covid-19) a créé un choc sanitaire et économique mondial majeur, aux conséquences sans précédent sur la santé, la nutrition et les moyens de subsistance des populations. L’Afrique devrait connaître notamment une croissance économique négative, principalement en raison de la forte baisse de la productivité, des emplois et des revenus. À de nombreux égards, la Covid-19 touchera surtout les pauvres, notamment par les pertes d’emplois, la hausse des prix des denrées alimentaires, la baisse des transferts de fonds, la réduction du pouvoir d’achat, le rationnement de la nourriture et autres biens de base, l’insuffisance des filets de sécurité et les perturbations des services de soins de santé et d’éducation. On s’attend à voir apparaître une population de nouveaux pauvres et une multiplication des personnes poussées dans l’extrême pauvreté.

La propagation mondiale de la Covid-19 et le nombre croissant de cas de coronavirus en Afrique alimentent l’inquiétude face aux insuffisances des soins de santé et à l’effondrement des systèmes alimentaires. L’Afrique est déjà en proie à une invasion de criquets dans la Corne de l’Afrique, à des sécheresses et des inondations extrêmes dues au changement climatique et à des importations alimentaires dont les coûts ont augmenté de plus de 47 milliards de dollars en 2019. La convergence de tous ces éléments prépare le terrain à une crise alimentaire et nutritionnelle imminente, à moins que des mesures ne soient prises pour atténuer l’impact de l’épidémie. Les mesures anti-pandémie, comme les fermetures de frontières et les confinements à l’échelle de tout un pays aggravent les pénuries alimentaires, en particulier pour les produits nutritifs mais périssables comme les fruits, les légumes et les produits de la pêche. Les restrictions de circulation et les mesures de quarantaine entravent l’accès des agriculteurs aux marchés. À moins que des efforts concertés et intégrés ne soient rapidement déployés dans le cadre d’un plan d’intervention multisectoriel, la pandémie annulera les gains vitaux réalisés en matière de développement humain et de nutrition dans toute l’Afrique, et les conséquences s’en feront sentir pendant des années.
Cet exposé de position est un appel lancé aux chefs d’État et de gouvernement de l’Assemblée de l’Union africaine pour demander l’incorporation et la promotion d’interventions nutritionnelles adaptées dans les plans d’action et de redressement en réponse à la Covid-19.

2. Covid-19 et malnutrition en Afrique

Dans le contexte de la Covid-19, la dénutrition compromet le fonctionnement du système immunitaire : elle rend les organismes vulnérables aux infections, réduit l’efficacité des vaccins et entrave la guérison. Au cours de la dernière décennie, l’Afrique a accompli des progrès significatifs, depuis l’adoption des engagements de lutte contre la malnutrition d’ici 2025 lors de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) en 2012 et celle de la déclaration de Malabo en 2014.
Malgré cela, les enfants africains continuent de souffrir des conséquences les plus graves de la malnutrition, qui réduit de façon permanente leurs capacités cognitives et entraîne une diminution de leur potentiel productif et rémunérateur à l’âge adulte. À titre d’exemple :• 78% des pays d’Afrique ont une forte prévalence de retard de croissance chez les enfants (entre 20 et 30 %).

• 55% des pays africains ont une forte prévalence d’anémie chez les femmes en âge de procréer (20-39,9%). Environ la moitié des pays ont une prévalence plus élevée qu’en 2012, et pas un seul pays n’est en voie d’atteindre l’objectif fixé en 2012.

• Environ 27% des pays présentent une forte prévalence de l’insuffisance pondérale à la naissance (> 15%).

• Plus de la moitié (58%) des pays d’Afrique ont une forte prévalence de la cachexie chez les enfants de moins de cinq ans (> 15%), soit le double de la moyenne mondiale (7,3%).