Genre et Résilience - Document de travail

Résumé d’orientation

La contribution qu’apportent les projets de développement à la résilience des personnes, des ménages et des communautés face aux risques de changements et de catastrophes climatiques dépendra en grande mesure de la pertinence de leurs activités par rapport au contexte local et de la façon dont les Organisations Non-Gouvernementales (ONGs) s’attaqueront à la dynamique sociale et aux rapports de pouvoir existants.

Le fait d’examiner la dimension de genre de la résilience aux catastrophes et aux changements climatiques encourage les chercheurs et les praticiens qui travaillent dans ces domaines à se concentrer sur les différentes relations qu’entretiennent les populations avec leur environnement et sur l’accès différent qu’elles ont aux ressources. Cela les encourage par ailleurs à évaluer l’incidence des normes sociales, notamment celles qui ont trait aux inégalités entre les sexes, sur les projets visant à gérer les risques et à renforcer la résilience.

Le présent document traite de différentes approches possibles pour incorporer les objectifs d’égalité entre les sexes (ou égalité de genre) dans les projets de résilience. Il se sert d’un échantillon de propositions de projets sous l’égide du programme BRACED visant à Renforcer la résilience et l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes et catastrophes climatiques (Building Resilience to Climate Extremes and Disasters programme – BRACED). L’analyse suggère également des manières de promouvoir des pratiques efficaces et cohérentes dans l’ensemble des projets. La méthodologie est double ; il s’agit de mener, d’une part, un examen systématique de la manière dont la résilience des hommes et des femmes est traitée dans les écrits portant sur la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation aux changements climatiques et, d’autre part, une analyse des documents de planification des projets pour huit des 15 projets d’ONG actuellement soutenus par BRACED.

L’analyse des approches des ONG révèle différents niveaux d’ambition, allant de la reconnaissance des différences basées sur le genre au ciblage des intérêts spécifiques entre les hommes et les femmes, jusqu’à la transformation des rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes. Plusieurs défis ont toutefois été identifiés ayant trait à l’intégration du genre dans la conception des projets, à la faisabilité opérationnelle et aux aspects pratiques du suivi des progres en termes d’égalité.
Les auteurs présentent des recommandations pour la mise en œuvre de projets de renforcement de la résilience dans une optique d’égalité de genre, en se basant sur des exemples tirés des écrits et de la documentation des projets des ONG.

Ils mettent un accent particulier sur les liens entre les « minithéories du changement » portant sur l’objectif ambitieux qu’est la transformation des relations entre les sexes et la théorie du changement globale pour le projet de résilience dans son ensemble.

Ainsi, les agences chargées de la mise en œuvre peuvent améliorer la cohérence, l’impact en matiere d’égalité et l’efficacité des plans de suivi et d’évaluation. Cet exercice demandera un examen approfondi des relations de cause à effet entre l’autonomisation des femmes et la résilience au niveau des communautés ou des ménages.