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En 2016, au moins 32 membres du personnel de l’ONU ont été tués lors d’attaques délibérées

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ORG/1643

On compte près de 240 tués parmi ce personnel au cours des cinq dernières années, les « cibles molles » étant de plus en plus exposées

Au moins 32 membres du personnel des Nations Unies et du personnel associé ont été tués en 2016 dans l’exercice de leurs fonctions, selon le Comité permanent sur la sécurité et l’indépendance de la fonction publique internationale du Syndicat du personnel de l’ONU.

Parmi ces personnes figurent 26 Casques bleus, deux agents de sécurité, un membre du personnel civil et un entrepreneur. Elles ont été tuées lors d’attaques délibérées par des engins explosifs improvisés (EEI), des tirs de roquettes et d’artillerie, des mortiers, des mines terrestres, des grenades, ainsi que lors d’attentats-suicides, d’assassinats ciblés et d’embuscades armées.

Au cours des cinq dernières années, près de 240 membres du personnel des Nations Unies sont morts lors d’attaques délibérées.

Le personnel des Nations Unies étant appelé à faire plus avec moins et à travailler de plus en plus dans des environnements à haut risque où il fait face à un nombre croissant d’attaques délibérées, le Comité demande au Secrétaire général de mobiliser les ressources nécessaires pour garantir la sécurité et la sûreté, en particulier dans les lieux d’affectation les plus à risque.

Le Comité note que le bilan de ces attaques aurait pu être plus lourd si ce n’était le professionnalisme et le dévouement, qui vont au-delà de l’appel du devoir, dont fait preuve le personnel de sécurité et de maintien de la paix des Nations Unies dans de nombreuses zones à haut risque.

Tendances

Pour la troisième année consécutive, c’est le Mali qui enregistre le plus grand nombre de membres du personnel tués, avec au moins 23 personnes fauchées dans des embuscades, des explosions de l’EEI ou lorsque leurs véhicules sont passés sur des mines terrestres. En 2015, au moins 25 personnes avaient été tuées au Mali, dont 11 Casques bleus et 14 civils membres du personnel associé.

En 2015, au moins 51 membres du personnel de l’ONU et du personnel associé ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par le Comité. Parmi ces personnes, il y avait 27 Casques bleus, dont 2 policiers, et 24 civils.

En 2014, on a compté au moins 61 membres du personnel de l’ONU tués: 33 Casques bleus, 16 civils, 9 contractuels et 3 consultants. Pour 2013, le chiffre était d’au moins 58 morts lors d’attaques délibérées (33 Casques bleus et 25 civils et membres du personnel associé), tandis qu’on en a compté au moins 37 en 2012, soit 20 civils et 17 Casques bleus, dont 2 policiers.

D’autres membres du personnel de l’ONU ont payé de leur vie tout en travaillant pour l’Organisation en 2016, en raison d’accidents, de graves incidents de sécurité et d’autres causes.

Incidents mortels

Liste des attaques délibérées ayant entraîné la mort de membres du personnel de l’ONU en 2016, établie par le Comité permanent sur la sécurité et l’indépendance de la fonction publique internationale du Syndicat du personnel de l’ONU:

  • 12 février: six Casques bleus guinéens à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) -Henry Haba, Mohamed Nylon Camara, Micheline Lamah, Moussa Dabo, Faraban Djoumessy et Saa Victor Kantambadou- sont tués dans une attaque contre un camp des Nations Unies à Kidal, dans le nord-est du Mali, par des tirs de roquettes et d’un véhicule piégé. Une trentaine d’autres Casques bleus sont blessés.

  • 15 février: le Casque bleu Mamadou Adama Barry, de la Guinée, décède de ses blessures après l’attaque précitée du 12 février.

  • 15 février: Amer al-Kaissy, de l’Iraq, agent de liaison pour la Mission d’assistance des Nations Unies en Iraq (MANUI) à Diyala, en Iraq, est assassiné. M. al-Kaissy avait été enlevé en avril 2015 dans la province de Diyala par des personnes non identifiées. Son corps porte des signes d’exécution par balle.

  • 9 mars: Edward Mxolisi Mnyipika, de l’Afrique du Sud, membre du contingent sud-africain déployé à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), est tué, tandis qu’un autre est blessé, lors d’une attaque par un groupe armé inconnu, à 40 kilomètres au Sud-Ouest de Koutoum, dans le Nord du Darfour. Ces Casques bleus se rendaient de Kutum à Djarido.

  • 17 avril: Khalid El Hasnaoui, membre du contingent marocain auprès de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), est tué par des inconnus dans la ville de Rafaï, située dans la préfecture de Mbomou, en République centrafricaine. L’incident survient alors qu’une patrouille de la MINUSCA est envoyée à Rafaï en réponse à une attaque contre le village voisin, Agoumar, par des personnes qui appartiendraient à l’Armée de résistance du Seigneur.

  • 18 mai: six Casques bleus tchadiens de la MINUSMA -Abderahim Abdallah Abdramane, Ramat Abdelkerim Abdekerim, Abdoulaye Yacoub Abdelhadi, Allaye Babouri Ibrahim, Eric Alladoum Taoudoum, Hassane Mahamat, Mahamat- sont tués et trois autres sont blessés lorsqu’un convoi de la MINUSMA percute un EEI avant d’être pris pour cible par un groupe inconnu d’assaillants armés, à environ 15 kilomètre au nord d’Aguelhok, dans la région de Kidal, au Mali.

  • 29 mai: cinq Casques bleus togolais de la MINUSMA -Pammasi Tchadabalo, Mozoboyo Landja, Alafiah Iveideou Bamazi, Kpanté Tchédré et Komlan Segnon Akoto- sont tués lorsque leur convoi est pris dans une embuscade à 30 kilomètres à l’ouest de Sevaré, sur la route qui relie Tenenkou à Sevaré. Un autre Casque bleu est grièvement blessé.

  • 31 mai: Shen Liangliang, un Casque bleu chinois de la MINUSMA, est tué, tandis qu’une douzaine de membres du personnel des Nations Unies sont blessés, lorsqu’une voiture piégée explose au camp de la MINUSMA près de Gao au Mali, lors d’une attaque contre un avant-poste de la Mission.

  • 31 mai: Eric Flory, un contractuel français, ainsi que deux agents de sécurité maliens travaillant pour la MINUSMA, sont tués lorsqu’un camp situé dans une autre zone de la ville est attaqué par des assaillants inconnus.

  • 27 juin: Sisay Engida Gebo, un Casque bleu éthiopien en poste à la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), est tué par une balle perdue qui aurait été tirée de l’extérieur d’un camp des Nations Unies dans la région soudanaise d’Abyei.

  • 10 juillet: deux Casques bleus chinois, Li Lei et Yang Shupeng, postés à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), sont tués à Djouba, capitale du Soudan du Sud, lors de combats entre les troupes gouvernementales du Président Salva Kiir et les forces loyales au Vice-Président Riek Machar.

  • 7 août: Djimadoun Nguelebaye, Casque bleu tchadien de la MINUSMA, est tué à 11 kilomètres d’Aguelhok lors du passage de son véhicule sur un EEI, alors qu’il escorte un convoi sur l’axe Aguelhok-Anefis.

  • 3 octobre: un Casque bleu tchadien de la MINUSMA, Kerim Arme Hamid, est tué, et huit autres sont blessés, dans quatre attaques différentes visant le personnel et les installations de la MINUSMA à Aguelhok, dans la région de Kidal, au Mali.

  • 6 novembre: Essonani Beguedou, un Casque bleu togolais de la MINUSMA est tué et sept autres sont blessés dans une attaque menée au nord de Douentza, dans la région de Mopti, au Mali.

  • 19 novembre: Moalosi Albert Mokhothu, un Casque bleu sud-africain de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), est tué à Butembo, au Nord Kivu, en République démocratique du Congo, lors d’un échange de tirs avec un groupe armé qui serait des combattants mayi-mayi. Deux autres casques bleus d’Afrique du Sud sont blessés.

Cette liste ne comprend par les deux membres du personnel de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Ainsi, le 17 juillet, Yaser Mahmoud Shuaeeb est tué après avoir été frappé dans le dos par des éclats d’obus pendant qu’il retourne en bus à Alep pour rentrer chez lui. De plus, le 14 novembre, des informations indiquent que Husein Ali Muhsen et son oncle ont été tués dans la zone rurale du sud-ouest de Damas, par un tir aérien qui frappe à proximité du camp de réfugiés palestiniens de Khan el-Chih.

Si ces deux incidents n’étaient pas des attaques délibérées contre des membres du personnel des Nations Unies, la mort de ces deux personnes résultent de leur travail dans les zones de conflit.

D’autres membres du personnel de l’ONU ont payé de leur vie tout en travaillant pour l'Organisation en 2016 à cause d’accidents, d’incidents de sécurité critiques et d’autres causes.

En outre, des membres du personnel sont toujours détenus ou « disparus ». Selon le dernier rapport du Secrétaire général (S/2016/873), 27 fonctionnaires des Nations Unies -dont 25 de l’UNRWA, un du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et un du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)- ont été détenus ou disparus en Syrie avant le 30 septembre 2016.

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