Elevage: des chaînes d’approvisionnement plus écologiques permettraient de faire progresser la lutte contre le changement climatique

Une meilleure sécurité alimentaire et productivité et une baisse des émissions de dioxyde de carbone produites par le bétail vont de pair

14 novembre 2017, Bonn, Allemagne - Le secteur agricole est le secteur où les efforts visant à mettre un terme à la faim et à prévenir un réchauffement planétaire peuvent être mis en commun. Améliorer les chaînes d'approvisionnement de l'élevage est un moyen rapide de commencer, a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

« Avoir un bétail qui émet moins de dioxyde de carbone est possible » a-t-il déclaré en marge de la Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP 23).

L'agriculture est à l'origine d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre mais est également « le secteur économique le plus exposé aux effets du changement climatique, » a souligné M. Graziano da Silva. Il a par ailleurs fait remarquer que les effets négatifs du changement climatique font peser un lourd fardeau aux personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de ce monde, dont la plupart vivent en milieu rural et dépendent des activités agricoles, de la foresterie et des pêches pour leurs moyens d'existence.

Il s'exprimait à l'occasion d'un événement parallèle organisé par la Coalition pour le climat et l'air pur soit 54 gouvernements, 17 organisations intergouvernementales et 45 organisations non gouvernementales regroupés sous la forme d'un partenariat volontaire et qui se sont engagés à améliorer la qualité de l'air et à protéger le climat par le biais de mesures destinées à réduire les polluants à courte durée de vie.

Selon le CCAP, les polluants à courte durée de vie tels que le méthane, les hydrofluorocarbures et la suie peuvent permettre d'éviter que la planète ne se réchauffe de 0,9 degrés Celsius en plus d'ici 2050, ce qui contribuerait ainsi de manière significative à l'objectif fixé par l'Accord de Paris sur le climat.

Le méthane et les efforts d'atténuation

Presque deux tiers des ménages ruraux les plus pauvres élèvent du bétail et en dépendent pour leurs moyens d'existence. « Avec de meilleures pratiques, qui plus est, intelligentes face au climat, nous pouvons rapidement parvenir à des chaînes d'approvisionnement plus durables et plus écologiques pour le bétail, » a expliqué M. Graziano da Silva.

« Réduire les émissions de méthane entérique est l'une des stratégies les plus rentables pour atténuer les effets du changement climatique. L'associer à une hausse de la productivité et à une meilleure sécurité alimentaire est naturel et urgent, » a-t-il déclaré.

« A condition d'être facilement accessibles, de meilleures pratiques d'élevage relatives à l'alimentation du bétail et à la gestion du fumier ainsi qu'une meilleure utilisation des technologies telles que les générateurs à biocombustible, pourraient aider le secteur de l'élevage a réduire de 30 pour cent sa production d'émissions, » a-t-il souligné.

Les polluants à courte durée de vie sont plus nocifs pour le réchauffement de la planète et les réduire aura donc davantage d'impact en comparaison avec le dioxyde de carbone.

Rendre écologique le secteur de l'élevage peut entraîner des "progrès rapides tout en contribuant au développement durable, à la sécurité alimentaire et aux efforts visant à s'adapter au changement climatique," a ajouté M. Graziano da Silva, soulignant que la FAO et ses partenaires se tenaient prêts à aider les pays du monde entier à réaliser de tels progrès.

La FAO travaille aux côtés de la Coalition pour le climat et l'air pur afin de réduire les émissions de méthane entérique en Amérique latine, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.