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Des retards pour atteindre les cibles mondiales de la couverture vaccinale avertit l'OMS

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22 avril 2015 | GENÈVE – Les progrès pour atteindre les cibles mondiales de la couverture vaccinale fixées pour 2015 sont très insuffisants. Un enfant sur cinq ne bénéficie toujours pas des vaccins essentiels qui permettraient d'éviter 1,5 million de décès infantiles. À la veille de la Semaine mondiale de la vaccination 2015 (24 -30 avril), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle à redoubler d’efforts pour rétablir un rythme de progression suffisant.

En 2013, près de 22 millions de nourrissons n’ont pas bénéficié des trois doses requises de vaccin antidiphtérique-antitétanique-anticoquelucheux (DTC3), nombre d’entre eux vivant dans les pays les plus pauvres du monde. L’OMS appelle à mettre un terme aux incapacités et à la mortalité causées par les lacunes de la vaccination.

«La Semaine mondiale de la vaccination crée une plateforme mondiale pour redynamiser nos efforts collectifs et veiller à vacciner chaque enfant, quel qu’il soit et où qu’il soit», a déclaré le Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général de l’OMS pour la Santé de la famille, de la femme et de l’enfant. «Il est indispensable que la communauté mondiale consente désormais un effort collectif et concerté pour que nous progressions à nouveau et atteignions nos six cibles.»

Un Plan d’action mondial pour les vaccins

En 2012, les 194 États Membres de l’OMS ont approuvé à l’Assemblée mondiale de la Santé le Plan d’action mondial pour les vaccins (GVAP), un engagement pour veiller à que personne ne passe plus à côté des vaccins essentiels. Néanmoins, un rapport d’évaluation indépendant et récent sur les progrès du Plan sonne l’alarme et avertit que les vaccins ne sont pas administrés de manière équitable ou fiable et qu’actuellement nous ne sommes dans les temps que pour atteindre une seule des six cibles fixées pour la vaccination en 2015, l’introduction des vaccins pas suffisamment utilisés.

De nombreux pays dans le monde ont connu des flambées étendues de rougeole au cours de l’année écoulée, compromettant les efforts pour atteindre l’une des cibles du Plan, à savoir l’élimination de la rougeole dans trois Régions de l’OMS d’ici fin 2015.

Un effort mondial concerté pour la vaccination, commencé au milieu des années 1970 avec la création du Programme élargi de vaccination dans tous les pays, a obtenu des résultats spectaculaires, portant le niveau de vaccination parfois de 5% seulement à plus de 80% dans de nombreux pays en 2013.

Selon les estimations de l’OMS, les vaccinations permettent de nos jours d’éviter de 2 à 3 millions de décès par an et protègent encore bien davantage de personnes de la maladie et des incapacités.

Bien que les progrès aient marqué le pas ces dernières années, ce succès précoce démontre bien tout le potentiel des vaccins, proposés de plus en plus aussi aux adolescents et aux adultes et plus seulement aux enfants, et assurant ainsi une protection contre certaines maladies comme la grippe, la méningite, le cancer du col de l’utérus et le cancer du foie.

Trois mesures essentielles pour combler les lacunes

Le Plan recommande trois mesures essentielles pour combler les lacunes de la vaccination:

  • intégrer la vaccination à d’autres services de santé, comme les soins post-natals pour les mères et les nourrissons;

  • renforcer les systèmes de santé pour pouvoir continuer à administrer les vaccins même en situation de crise; et

  • veiller à ce que chacun puisse avoir accès aux vaccins et ait les moyens de se les payer.

Le Dr Jean-Marie Okwo-Bele, Directeur du Département OMS Vaccination, vaccins et produits biologiques, indique que l’Organisation s’efforcera d’intensifier son appui à tous les pays qui sont en retard pour atteindre les cibles de la vaccination. En mai cette année, l’OMS réunira des représentants de haut niveau de 34 pays ayant une couverture de la vaccination systématique par trois doses de DTC (DTC3) inférieure à 80%, afin de discuter des difficultés auxquelles ces pays sont confrontés et rechercher des solutions pour les surmonter.

Bien que de nombreux pays administrent déjà le DTC3 à quatre enfants sur cinq, un tiers des pays ont toujours du mal à vacciner le «cinquième enfant», ce qui signifie que des millions d’enfants sont encore exposés au risque de maladie, d’incapacités ou de décès du fait qu’ils ne bénéficient pas des vaccinations dont ils ont besoin.

«Il n’y a pas de méthode unique centralisée pour s’assurer que les vaccins sont bien délivrés et administrés à chaque enfant. Sur le terrain, les plans pour la vaccination doivent être certes adaptés aux pays, mais aussi aux districts et aux communautés», a déclaré le Dr Okwo-Bele. «Un effort véritablement concerté est requis, ainsi qu’une responsabilisation beaucoup plus forte pour que chacun des principaux acteurs impliqués remplisse sa mission et contribue à combler les lacunes de la couverture vaccinale.»

Des besoins cruciaux pour rattraper le retard

Les besoins opérationnels cruciaux pour obtenir un élargissement de la vaccination sur le terrain sont les suivants:

  • trouver des moyens de simplifier les procédures vaccinales sur le terrain;

  • améliorer la délivrance de la vaccination pour vacciner jusqu’aux derniers enfants, en particulier ceux qui vivent dans des zones éloignées ou inaccessibles;

  • garantir que les vaccins soient abordables et renforcer les chaînes d’approvisionnement; former davantage de personnels de santé, d’administrateurs compétents et assurer un soutien par la supervision;

  • améliorer la qualité des données recueillies par les pays et les utiliser pour améliorer les opérations de vaccination;

  • surmonter les difficultés rencontrées lors des conflits, des catastrophes naturelles et des autres situations de crise;

  • sensibiliser les communautés à la vaccination et augmenter leur demande; et

  • développer la responsabilisation liée à la microplanification des opérations de vaccination et définir clairement les lignes de responsabilité.

Au début de l’année, les institutions et les pays donateurs se sont engagés à satisfaire les besoins de financement de Gavi, l’Alliance du vaccin, qui réunit les secteurs public et privé pour donner aux enfants un accès égal aux vaccins nouveaux ou pas suffisamment utilisés dans les pays les plus pauvres du monde.

Note aux rédactions

Le Plan d’action mondial pour les vaccins a pour ambition d’instaurer d’ici 2020 un monde où chaque personne vit à l’abri des maladies évitables par la vaccination. Il fixe six cibles pour 2015:

Vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC3)
Cible: couverture de 90% de la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche d’ici 2015..
RETARD: 65 countries

Introduction des vaccins pas suffisamment utilisés
Cible: au moins 90 pays à revenu faible ou intermédiaire ont introduit un ou plusieurs de ces vaccins d’ici 2015.
DANS LES TEMPS

Éradication de la poliomyélite
Cible: Aucun nouveau cas après 2014
RETARD: la poliomyélite reste endémique dans trois pays

Tétanos maternel et néonatal: élimination mondiale d’ici fin 2015
Cible: Éliminer le tétanos maternel et néonatal
RETARD: 24 pays

Éliminer la rougeole
Cible: Élimination dans trois Régions de l’OMS d’ici fin 2015
RETARD: 16% des enfants ne sont pas vaccinés contre la rougeole

Éliminer la rubéole :
Target: Éliminer la rubéole dans deux Régions de l’OMS d’ici fin 2015
RETARD: La moitié des enfants ne sont pas vaccinés contre la rubéole

Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec:

Christian Lindmeier
Chargé de communication, OMS
Portable: +41 79 500 65 52
Téléphone: +41 22 791 19 48
Courriel: lindmeierch@who.int

Hayatee Hasan
Département Vaccination, vaccins et produits biologiques, OMS
Portable: +41 79 500 65 32
Téléphone +41 22 791 21 03
Courriel: hasanh@who.int