Des obstacles importants entravent les efforts de prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles en Afrique, soulignent de nombreux ministres

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Published on 06 Mar 2013 View Original

Assemblée générale

FEM/1944
Commission de la condition de la femme

Cinquante-septième session

5e & 6e séances – matin & après-midi

« Les stratégies de prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles, notamment de la violence sexuelle, en temps de conflit devraient se donner pour but de mettre fin à l’impunité et d’œuvrer en faveur de la tolérance zéro », précise le rapport du Secrétaire général dont était saisie cette semaine la Commission de la condition de la femme. En Afrique, ont souligné de nombreuses délégations ministérielles de pays de la région, au cours de ce troisième jour de débat général, les conflits armés, le taux élevé de prévalence du VIH/sida, la pauvreté ou encore l’impact des pratiques traditionnelles ou religieuses limitent sérieusement l’action des gouvernements.

« Au Mali, des groupes armés rebelles, terroristes et « narco-jihadistes » sèment la peur dans les régions septentrionales du pays en se livrant notamment à des viols collectifs et à des lapidations à mort. Ils imposent le port forcé du tchador et détruisent les infrastructures sanitaires et scolaires. » C’est le constat qu’a fait la Ministre malienne de la famille, de la promotion de la femme et de l’enfant de ce pays, Mme Ichata Sahi Alwata, en expliquant que les moyens de prévention étaient limités et se résumaient à la diffusion de messages clefs à l’endroit des communautés et à la formation des forces armées et de sécurité sur la sécurité des femmes et des enfants en situation de conflit.

Intervenant au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Ministre des femmes, des enfants et du bien-être social du Malawi, Mme Anita Kalinde, s’est inquiétée du taux élevé d’abus sexuels perpétrés en République démocratique du Congo (RDC). La Ministre du genre, de la famille et de l’enfant de ce pays, Mme Geneviève Inagosi-Bulo Ibambi Kassongo, a reconnu que la RDC continuait à vivre un drame humanitaire dans sa partie est, du fait des conflits armés et de la cohorte des violences. Mettant l’accent sur l’urgence de la prévention dans ce domaine, elle a salué l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, signé le 24 février dernier, qui confirme l’engagement du Président congolais d’œuvrer pour le rétablissement rapide de la paix et de prévenir de ce fait les violences liées à la guerre.

Au Libéria, les 14 années de guerre civile ont donné lieu à une culture de la violence, a expliqué la Ministre libérienne de la parité et du développement. Malgré les interventions du Gouvernement et de ses partenaires pour prévenir la violence sexiste, il y a encore un nombre très élevé de viols, a-t-elle déploré.

Les mutilations génitales féminines et les mariages forcés touchent beaucoup les filles et les femmes africaines, ont aussi noté les délégations de ce continent. En Guinée, 96% des femmes et des filles subissent des mutilations génitales féminines, a reconnu la Ministre des affaires sociales, de la promotion de la condition des femmes et de l’enfance, Mme Diaka Diakite. Elle a aussi déploré un taux élevé de mariages précoces, en précisant que 3 filles sur 5 étaient mariées avant l’âge de 17 ans. La Ministre des affaires sociales, de l’enfance et de la famille de la Mauritanie, Mme Moulaty Mint El Moctar, a assuré que son gouvernement n’acceptait en aucun cas les pratiques traditionnelles préjudiciables aux femmes et aux filles. De même, la Ministre des femmes, des enfants et de l’entreprenariat des femmes du Sénégal, Mme Mariama Sarr, a invoqué les dispositions législatives qui interdisent les mutilations génitales féminines et les mariages précoces.

Beaucoup ont par ailleurs reconnu les graves effets de la pandémie de VIH/sida sur les femmes et les filles. La violence à l’encontre des femmes et le VIH/sida demeurent des défis énormes au Botswana, a indiqué le Ministre du travail et des affaires intérieures, M. Edwin Jenamiso Batshu. Au-delà des questions de santé, cette pandémie empêche les femmes de se développer sur les plans social et familial, a expliqué la Conseillère pour les questions des femmes, de la jeunesse, des sports et des loisirs du Lesotho, Mme Ralebitso Tebello. C’est pourquoi, elle a lancé un appel à la communauté internationale pour accélérer les efforts en vue d’améliorer l’accès à des traitements antirétroviraux abordables.

Au cours de la table ronde de l’après midi, quatre expertes ont présenté des initiatives de prévention et de traitement de la violence à l’encontre des femmes dans leurs pays: des équipes spécialisées dans la violence domestique en Argentine, des thérapies individuelles et de groupe au Royaume-Uni, la coordination des services intersectoriels en Zambie et un programme de service médicolégal au Timor-Leste. En outre, la Rapporteure spéciale sur la violence contre les femmes, Mme Rashida Manjoo, a présenté des observations sur les améliorations à apporter aux services de police pour qu’ils soient mieux à même d’assister les femmes victimes de violences.

En début de matinée, la Présidente de la Commission, Mme Marjon Kamara, a adressé ses condoléances au peuple du Venezuela après le décès, hier, du Président Hugo Chavez.

La prochaine séance plénière de la Commission de la condition de la femme aura lieu demain, jeudi 7 mars, à 10 heures.