Des experts mondiaux examinent comment des mesures rapides peuvent contribuer à éviter les famines

Report
from UN Children's Fund
Published on 18 Apr 2012 View Original

Par James Elder

FLORENCE, Italie, 18 avril 2012 - La famine dans la Corne de l'Afrique et la crise en cours au Sahel ont renouvelé le débat sur causes sous-jacentes de tels désastres, sur les points critiques (de non retour) et les solutions.

VIDÉO (en anglais) : des dizaines de milliers d'enfants sont morts de famine dans la Corne de l'Afrique. Un million d'autres sont aujourd'hui menacés au Sahel. Peut-on éviter les famines et les crises nutritionnelles ? Comment ? Qui est responsable ?

Dans la dernière édition du Research Watch - le magazine eTV/ du Bureau de recherche de l'UNICEF - des experts mondiaux ont discuté de savoir comment empêcher que la malnutrition, les sécheresses, la montée des prix des denrées alimentaires, les migrations, les conflits et le changement climatique ne dégénèrent en crises nutritionnelles et en famines absolues.

Des experts pour empêcher les famines

Prévenir les famines, agir rapidement, ce thème a rassemblé des grands penseurs dans un studio pour débattre et rédiger des commentaires réclamant de savoir si les famines et les crises nutritionnelles peuvent être évitées, et si tel est bien le cas, comment et qui, s'il existe, est responsable.

« Chaque fois que se produit une famine en Afrique, nous devrions nous demander pourquoi elle a eu lieu et pourquoi on ne l'a pas empêchée », déclare dans le cadre du débat le Professeur Stephen Devereux, spécialiste de l'économie du développement. « Nous devrions être extrêmement fâchés - que des gens continuent de mourir pour rien, alors mêmes qu'il y a longtemps que nous possédons les moyens d'en finir avec les famines ».

Prévenir les famines, agir rapidement comprend des communications du rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter ; de la Co-fondatrice et Directrice Exécutive de Horn of Africa Relief, Fatima Jibrell ; de l'auteur de « Théorie de la famine » et de « Sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne », le Dr Stephen Devereux ; du Directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Est et australe, Elhadj As Sy ; du « Père de la révolution verte en Inde », le Professeur M.S. Swaminathan ; et du Professeur pour les Politiques publiques, l'alimentation et la nutrition à l'Université Cornell, Per Pinstrup-Andersen.

Combinant une connaissance et une expérience vastes, ces communications pointent du doigt des éléments essentiels pour mettre fin aux crises nutritionnelles et à la famine, comme : les technologies de transformation ; l'établissement « d'interventions d'utilisation libres et immédiates » ; les stratégies nationales de protection sociale ; les mécanismes pour affronter la volatilité des prix alimentaires ; la stabilité et la responsabilité ; et enfin, alors même que les systèmes d'alerte précoce ont beaucoup évolué, le fait que l'échelle actuelle de mesure de la famine ne permet pas de déclencher une réponse avant que les enfants ne soient sévèrement sous-alimentés.

Planifier les urgences futures

« Une action d'urgence est bien mieux préparée en période de non urgence », explique Elhadj As Sy, le directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Est et australe. « Il est temps aujourd'hui de travailler à des structures de bonne gouvernance ; il est temps maintenant d'établir de bons plans ; de se projeter dans l'avenir avec des programmes et des financements pluriannuels, de manière à être déjà sur place et prêt à répondre avant qu'il ne soit trop tard. Maintenant il est temps de faire passer le message, de travailler avec nos partenaires, pour donner l'alerte au premier signe, de façon à prendre immédiatement les mesures préventives qui s'imposent ».

C'est une approche qu'a souligné récemment le Directeur général de l'UNICEF, Anthony Lake, lors d'un déplacement dans l'Ouest tchadien. Il a appelé à une accélération rapide des interventions humanitaires pour arrêter la crise au Sahel et a renouvelé les appels à faire face aux niveaux élevés de malnutrition dans la région grâce à l'amélioration des systèmes de santé, des services sociaux, de la protection sociale, et au soutien d'un changement durable des comportements et des moyens de subsistance.

« Il ne s'agit pas seulement de sauver des vies aujourd'hui », a-t-il dit. « Il s'agit aussi de prévenir les nouvelles urgences de demain ... »

Pour lire la totalité des Commentaires, ou regarder le débat, rendez-vous sur www.unicef-irc.org