Dans un rapport, le HCR souligne l’ampleur de la crise de l’éducation des enfants réfugiés

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 12 Sep 2017 View Original

Plus de 3,5 millions d’enfants réfugiés de 5 à 17 ans n’ont pu aller à l’école au cours de l’année académique passée, souligne le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, dans un rapport publié aujourd’hui.

D’après ce rapport, ce sont quelque 1,5 million d’enfants réfugiés qui n’ont pu aller à l’école primaire et 2 millions d’adolescents réfugiés qui ne sont pas à l’école secondaire.

« Sur les 17,2 millions de réfugiés qui relèvent de la compétence du HCR, la moitié sont des enfants », a déclaré Filippo Grandi, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. « L’éducation de ces jeunes est d’une importance cruciale pour le développement pacifique et durable des pays d’accueil et pour leurs pays d’origine, quand ils pourront y retourner. Mais par rapport aux autres enfants et adolescents du monde, l’écart en termes d’opportunités se creuse sans cesse davantage pour les réfugiés. »

Le rapport : “Laissés pour compte : La crise de l’éducation des réfugiés”, compare les sources et statistiques du HCR en matière d’éducation pour les réfugiés aux données de l'UNESCO, l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, sur l'état de la scolarisation dans le monde. À l'échelle mondiale, 91 pour cent des enfants vont à l'école primaire. Pour les réfugiés, ce chiffre est nettement inférieur et n'atteint que 61 pour cent – et dans les pays à faibles revenus, il est inférieur à 50 pour cent.

En grandissant, les enfants réfugiés se heurtent à des obstacles grandissants : seuls 23 pour cent des adolescents réfugiés sont inscrits en école secondaire, par rapport à 84 pour cent à l’échelle mondiale. Dans les pays à faible revenu, seuls 9 pour cent des réfugiés ont accès à l’école secondaire. Pour ce qui est de l’éducation post-secondaire, la situation est critique. Dans le monde, les inscriptions en post secondaire se situent à 36 pour cent. Pour les réfugiés, en dépit d’améliorations importantes grâce aux investissements dans des bourses et d’autres programmes, le chiffre stagne à 1 pour cent. La communauté internationale n’atteindra pas ses Objectifs de développement durable — 17 objectifs visant à transformer le monde jusqu’en 2030 — si elle n’agit pas pour inverser ces tendances. L’objectif quatre, “Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie”, ne sera pas réalisé sans la prise en compte des besoins en éducation des populations vulnérables, y compris les réfugiés et autres personnes déracinées. De surcroît, les perspectives de nombreux autres objectifs de développement relatifs à la santé, la prospérité, l’égalité et la paix seront compromises si l’éducation est négligée.

Ce rapport lance un appel pour placer l’éducation comme élément essentiel des réponses aux situations d’urgence de réfugiés, et pour qu’elle soit inscrite dans la planification à long terme et dotée d’un financement fiable. Il exhorte les gouvernements à inclure les réfugiés dans leurs systèmes d’éducation nationaux, car il s’agit de la mesure la plus efficace, la plus équitable et la plus durable, et il souligne certains des efforts significatifs entrepris pour mettre en œuvre une telle politique, même dans des pays où les ressources atteignent déjà leurs limites.

Les conclusions du rapport soulignent en outre l’importance d’un enseignement de qualité et des réseaux de soutien nécessaires à l’échelle nationale et internationale pour maintenir le niveau de formation des enseignants, leur motivation et leur capacité à avoir un impact positif sur les classes les plus dures au monde. De nombreux récits personnels figurant dans le rapport montrent que les réfugiés sont avides d’éducation — car ils sont conscients du pouvoir transformateur qu’elle peut avoir sur leurs vies — mais qu’il existe bien trop peu d’enseignants, de salles de classe, de livres d’enseignement et de mécanismes de soutien pour répondre à l’énorme demande.

Il s’agit du deuxième rapport annuel du HCR sur l’éducation. Le premier rapport “Missing Out” (en anglais) a été publié en amont du sommet de l’Assemblée générale de l’ONU pour les réfugiés et migrants en septembre dernier. La Déclaration de New York pour les réfugiés et migrants, signée par 193 pays, met l’éducation au cœur de l’intervention de la communauté internationale.

« En dépit du vaste soutien obtenu pour la Déclaration de New York, un an plus tard les réfugiés risquent toujours d’être laissés pour compte en matière d’éducation », a déclaré Filippo Grandi. « Veiller à ce que les réfugiés aient un accès équitable à une éducation de qualité relève d’une responsabilité partagée. Il est grand temps que, tous, nous passions des paroles à l’action. » Selon le rapport du HCR, les inscriptions d’enfants réfugiés en âge de scolarité primaire ont augmenté de 50 à 61 pour cent au cours de l’année académique écoulée, principalement grâce à l’amélioration des politiques et aux investissements dans l’éducation des réfugiés syriens, ainsi qu’à l’arrivée d’enfants réfugiés en Europe où l’éducation est obligatoire. Au cours de cette même période, l’accès au secondaire a stagné, puisque moins d’un adolescent réfugié sur quatre est inscrit à l’école.

Des entraves importantes persistent, principalement parce qu’un réfugié sur trois vit dans des pays à revenus faibles. Ces réfugiés-là sont ceux qui sont le moins susceptibles d’aller à l’école, six fois moins qu’à l’échelle mondiale. Les pays qui les accueillent ont souvent des difficultés à mobiliser les moyens nécessaires pour éduquer leurs propres enfants et sont confrontés à la tâche de trouver des places supplémentaires dans les écoles, des enseignants correctement formés et qualifiés et du matériel scolaire adapté pour des dizaines, voire des centaines ou des milliers de nouveaux venus qui, de surcroît, sont nombreux à ne pas parler la langue d’enseignement et à avoir manqué environ quatre années de scolarité.

« Les progrès que nous observons dans les inscriptions des enfants réfugiés syriens indiquent clairement qu’il est possible de renverser la situation de crise de l’enseignement pour les enfants réfugiés », a ajouté Filippo Grandi. « Mais le niveau catastrophique des inscriptions d’enfants réfugiés vivant dans les pays à revenus faibles indique clairement la nécessité d’investir dans ces pays hôtes souvent oubliés. »

Contacts et matériel pour les médias :

La version multimédia du rapport (en anglais) se trouve à l’adresse http://www.unhcr.org/left-behind Pour de plus amples informations sur ce sujet – dont les contacts pour les médias, une version PDF, ainsi que les photos, vidéos, infographies et animations y relatives -, veuillez consulter http://www.unhcr.org/left-behind-media