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Crise de la Covid-19 : une quarantaine de dirigeants discutent de la manière d'aider les pays les plus touchés

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La crise de la Covid-19 fait payer un tribut sans précédent aux économies en particulier dans les pays et communautés qui n’ont pas les moyens d’y répondre et on ne constate pas encore une solidarité suffisante pour leur apporter le soutien massif et urgent dont ils ont besoin, a regretté le Secrétaire général de l’ONU mardi à l’issue d’une réunion de haut niveau sur « Le financement du développement durable à l’horizon 2030 à l’ère de la Covid-19 », tenue en marge du débat général de l’Assemblée générale.

Une quarantaine de chefs de gouvernements et d'organisations internationales se sont réunis mardi dans le cadre de la réunion virtuelle pour discuter des meilleures mesures qui peuvent être prises pour aider les pays à faible revenu à faire face aux effets socio-économiques dévastateurs de la pandémie de Covid-19.

« En l’espace de quatre mois seulement, depuis que le Premier ministre Trudeau, le Premier ministre Holness et moi-même avons réuni les dirigeants mondiaux en mai, 25 millions de personnes supplémentaires ont contracté la Covid-19 et 600.000 autres sont mortes. Il y a plus de 33 millions de cas confirmés dans le monde et le nombre de vies perdues a déjà dépassé le million », a signalé M. Guterres prenant la parole lors d’une conférence de presse conjointe avec les Premiers ministres du Canada et de la Jamaïque, Justin Trudeau et Andrew Holness.

Selon l’ONU, sur les 11.000 milliards de dollars qui ont été dépensés à ce jour à travers le monde pour répondre à l'impact financier de la pandémie de Covid-19, 88% ont été dépensés par les pays à revenu élevé et seulement 2,5% ont été dépensés dans les économies émergentes et en développement.

Des politiques « audacieuses »

Le chef de l’ONU a appelé à mettre en œuvre une série de politiques de soutien économique pour les pays dans le besoin.

António Guterres a notamment appelé à accroître les ressources mises à la disposition du Fonds monétaire international (FMI), à alléger la dette et étendre la suspension du service de la dette ainsi que son champ d'application à tous les pays en développement et à revenu intermédiaire qui en ont besoin.

Les gouvernements doivent disposer des ressources nécessaires pour investir dans la création et le maintien d'emplois, remettre l'éducation et les entreprises sur les rails et aligner leurs budgets sur les ODD et l'Accord de Paris.

Il a également estimé que le secteur privé, y compris les agences de notation de crédit, doivent participer aux efforts d'allégement.

« Je suis encouragé de voir plus de 40 chefs d'État et de gouvernement et les dirigeants du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, de l'OCDE et de l'Union africaine se rassembler autour de ces politiques audacieuses », s’est félicité de chef de l’ONU lors de la conférence de presse.

M. Guterres a invité la communauté internationale à prendre une mesure collective pour fournir 35 milliards de dollars à l'accélérateur ACT afin de garantir un accès équitable aux diagnostics, aux traitements et aux vaccins.

Enfin le chef de l’ONU a vivement encouragé la fourniture de ressources à l'échelle des économies en développement, notamment par l'intermédiaire de la Banque mondiale et d'autres banques multilatérales de développement, que ce soit par le biais de mécanismes existants, ou de mécanismes innovants de financement à des conditions préférentielles pour les pays qui en ont le plus besoin.

« Les gouvernements doivent disposer des ressources nécessaires pour investir dans la création et le maintien d'emplois, remettre l'éducation et les entreprises sur les rails et aligner leurs budgets sur les ODD (Objectifs de développement durable) et l'Accord de Paris (sur le climat), afin de construire plus loin, plus fort, plus vert et meilleur », a précisé M. Guterres.

Des signes avant-coureurs à ne pas ignorer

Pour M. Guterres la pandémie de Covid-19 est « une crise aiguë qui a mis en évidence des crises chroniques préexistantes » et « ignorer ces signes avant-coureurs est un acte d'autodestruction planétaire ».

Le Premier ministre Holness s’est félicité de l’initiative sur « Le financement du développement durable à l’horizon 2030 à l’ère de la COVID-19 » qui « crée la voie pour que les pays développés alignent leurs perspectives mondiales sur celles des pays en développement ».

Il a affirmé que la pandémie était « l'occasion de repenser le système financier mondial afin qu'il puisse promouvoir un développement plus équitable à l'échelle mondiale ».

Pour sa part le Premier ministre canadien a réitéré son appel à œuvrer ensemble. « Nous savons tous qu'en temps de crise, il est naturel pour l'homme de vouloir se replier sur lui-même, de se protéger et de penser ensuite à ses voisins et aux autres pays du monde », a déclaré M. Trudeau précisant que « cette crise particulière nous oblige à travailler ensemble en tant que communauté mondiale ».

« Aucun pays ne peut éliminer le virus Covid-19 tant que tous les pays n'ont pas éliminé le virus Covid-19. Aucun pays ne peut sortir et rétablir la prospérité économique si nous n'avons pas également un rétablissement global de la prospérité économique », a dit le dirigeant canadien, ajoutant que son pays contribuait ainsi des centaines de millions de dollars au mécanisme COVAX d’accès mondial au vaccin contre la Covid-19, au financement et à l’allègement de la dette entre autres.

« Nous devons stopper le virus, réagir, nous rétablir et renforcer nos systèmes pour l'avenir », a conclu M. Guterres.