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COVID-19 - Santé mentale, insécurité financière et alimentaire : les femmes plus impactées, selon un rapport de l'ONG CARE

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Dès le début de la pandémie, l’ONG CARE avait tiré la sonnette d’alarme : les crises, quelles qu’elles soient, impactent plus durement les femmes et les filles. Six mois plus tard, l’ONG sort un rapport mettant en lumière les différences de perception et d’impact de cette crise sur les femmes et les hommes et les chiffres sont édifiants : 55% des femmes ont déclaré avoir perdu leur emploi ou leur revenu et 27% ont signalé une augmentation des défis associés à leur santé mentale. Le constat est sans appel : il est urgent de prendre en compte les différences de genre dans la gestion des crises.

« Nous avons constaté que non seulement, les femmes sont plus violemment impactées par la crise, mais également que - dans les pays riches, comme dans les pays les plus pauvres - les femmes rencontrent très souvent les mêmes défis. Le fait qu'il y ait tant de points communs, que les femmes nous disent la même chose, dans 40 pays différents est très révélateur sur nos sociétés et la façon dont elles ne prennent pas en compte les besoins des femmes et des filles. » explique Ludovica Anedda, spécialiste genre pour CARE France

Trois domaines ressortent notamment de cette étude :

·Insécurité financière : 55% des femmes ont déclaré avoir perdu leur emploi ou leur revenu à cause du COVID, contre 34% des hommes. Cela est dû au fait que les femmes sont plus susceptibles de travailler dans le secteur informel, que le COVID-19 frappe le plus durement, et ont moins accès aux allocations de chômage.

·Manque de nourriture : alors que la crise sanitaire a exacerbé les crises alimentaires, 41% des femmes – contre 30% des hommes - ont déclaré ne pas avoir assez de nourriture. Cela reflète les inégalités entre les sexes profondément enracinées dans les systèmes alimentaires : souvent, les femmes achètent et préparent la nourriture mais mangent moins et en dernier pour s’assurer que leur famille a assez.

·Santé mentale : L'une des différences les plus frappantes concerne la santé mentale, où 27% des femmes ont signalé une augmentation des défis associés à leur santé mentale, contre seulement 10% des hommes. Les femmes soulignent en particulier le poids de la charge mentale et des soins non-rémunérés comme source de ce stress, en plus des inquiétudes concernant les moyens de subsistance, la nourriture et les soins de santé. De plus, les femmes sont également près de deux fois plus susceptibles de signaler des difficultés d'accès à des services de santé de qualité.

À noter également que la quasi-totalité des pays couverts par cette étude ont signalé une augmentation des violences sexistes, des appels vers les lignes d'assistance téléphonique ainsi que des services d’aide.

« Les solutions existent et ce rapport met en avant des recommandations pour une réponse COVID-19 plus efficace, inclusive et qui n’ignore pas la moitié de la population. Ecoutez ce dont les femmes et les filles ont besoin, investissez dans les femmes leaders, faites des études et analyses de contexte spécifiques, comblez le manque de données. Les féministes réclament cela depuis des générations ! » alerte Ludovica Anedda, spécialiste genre pour CARE France

Contact médias :

Notre experte genre Ludovica Anedda est disponible pour des interviews. Contactez Camille Nozières, nozieres@carefrance.org ou 07 86 00 42 75

Notes aux rédactions :

Ce rapport se base sur les opinions de plus de 6000 femmes et 4000 hommes dans 38 pays, sur la base des analyses basées sur le genre (Rapid Gender Analyses) et analyses des besoins (Needs Assessments) développées par CARE. A noter que la plupart des personnes ayant répondu sont des bénéficiaires de CARE, ce qui implique qu’elles font partie des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de la société.

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