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Conflits, crises et personnes déplacées : L’action du Fonds mondial dans les contextes d’intervention difficiles

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Le défi

Pour mettre fin au VIH, à la tuberculose et au paludisme en tant que menaces pour la santé publique et faire face aux périls émergents qui pèsent sur la sécurité sanitaire mondiale, nous devons être en mesure de fournir des services de prévention et de traitement aux personnes les plus vulnérables, où qu’elles se trouvent. Cela signifie agir plus spécifiquement dans les contextes d’intervention difficiles – des pays ou des régions en proie à des flambées épidémiques, des catastrophes naturelles, des conflits armés ou des troubles civils, une gouvernance fragile, des crises liées au changement climatique et/ou des déplacements massifs de population. Les contextes d’intervention difficiles, bien qu’ils représentent moins de 14 % de la population mondiale, portent près du tiers de la charge de morbidité mondiale pour le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Les bouleversements qui affectent les contextes d’intervention difficiles détruisent ou mettent sévèrement à mal les systèmes de santé fragiles, ce qui provoque des perturbations considérables des services de santé.

Dans ces environnements, les maladies infectieuses sont plus susceptibles de se propager à grande vitesse. La logistique et les chaînes d’approvisionnement s’effondrent, ce qui entraîne une interruption de l’approvisionnement en produits de santé. Les mesures de prévention échouent. Les maladies ne sont pas traitées ou bien le traitement est interrompu, ce qui aggrave les pathologies ou provoque le décès des patients et le développement d’infections pharmacorésistantes. Les gains durement acquis contre le VIH, la tuberculose et le paludisme ont été perdus. Dans les pires cas, les systèmes de santé s’effondrent.

Lors des conflits et après des catastrophes naturelles, les maladies infectieuses, le manque de traitements et l’insécurité alimentaire peuvent parfois tuer davantage que la violence ou la crise elle-même. La baisse de sécurité entraîne généralement une augmentation des risques pour les personnes vulnérables, en particulier les adolescentes et les jeunes femmes, les enfants, les personnes âgées et les populations clés comme les hommes homosexuels et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes,les travailleurs et travailleuses du sexe, les consommateurs et consommatrices de drogues, les personnes transgenres et les personnes incarcérées. Les attaques à l’encontre de l’égalité des sexes et les violations des droits humains s’accentuent, notamment les exécutions sommaires, la torture, les viols, les crimes de guerre, l’épuration ethnique, la traite des êtres humains, la destruction des infrastructures civiles, le pillage des aliments, médicaments et autres produits essentiels, la fraude et la corruption ainsi que de nombreuses formes de discrimination. Un grand nombre de personnes fuient ou sont déplacées de force, et ce nouveau statut de réfugiés ou de personnes déplacées dans leur propre pays entraîne une vulnérabilité supplémentaire. Ces formes d’abus et de persécution, qui constituent des préjudices par essence, ont également un effet dévastateur sur la santé de la population et les systèmes de santé et accélèrent l’apparition et la propagation des maladies infectieuses.

Notre riposte

Le Fonds mondial donne la priorité aux besoins de santé dans les contextes d’intervention difficiles pour élargir la couverture des services de prévention et de traitement du VIH, de la tuberculose et du paludisme, atteindre les populations clés et les populations vulnérables, et sauver des vies. En raison de leurs besoins complexes et des obstacles auxquels ils sont confrontés, les contextes d’intervention difficiles bénéficient de près de 30 % des sommes allouées par le Fonds mondial. Nous avons distribué 15 milliards de dollars US pour les contextes d’intervention difficiles depuis 2002.

Notre politique pour les contextes d’intervention difficiles, instaurée en 2016, vise à adapter l’approche du Fonds mondial aux pays concernés par des contextes d’intervention difficiles. Grâce à l’innovation, à une plus grande souplesse et à la mise en place de partenariats, le Fonds mondial souhaite accélérer la riposte au VIH, à la tuberculose et au paludisme dans les contextes d’intervention difficiles, tout en améliorant la résilience en renforçant les systèmes communautaires et les systèmes de santé et en surmontant les obstacles liés au genre et aux droits humains qui entravent l’accès aux services. Même en temps de crise, nous ne devons laisser personne de côté. En travaillant avec des partenaires qui possèdent une expertise et une plus grande efficacité dans les situations d’urgence, nous sommes en mesure de réagir plus vite dans les situations de crise humanitaire, tout en renforçant la gouvernance et la prestation de services et en améliorant l’assistance technique dans le pays. Cette politique reconnaît la nécessité d’adapter les modalités à chaque contexte tout en exerçant un suivi fiduciaire responsable des financements, l’objectif étant de raccourcir les délais de nos investissements, de réduire le fardeau administratif pour nos partenaires et de favoriser une offre de services plus efficace aux populations qui en ont besoin. Cette nouvelle approche situe le Fonds mondial à la jonction entre développement et action humanitaire.

Chaque année, le Fonds mondial actualise une liste de contextes d’intervention difficiles d’après l’indice de risque externe2 (IRE), qui peut être complétée en cours d’année. La liste actuelle des pays avec des contextes d’intervention difficiles éligibles à l’aide financière pour 2020-2022 comprend l’Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, l’Érythrée, la Guinée, la Guinée-Bissau, Haïti, l’Irak, la République populaire démocratique de Corée, le Liban, le Liberia, le Mali, le Myanmar, le Nicaragua, le Niger, le Nigeria, le Pakistan, la Palestine, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Syrie, le Tchad, l’Ukraine, le Venezuela et le Yémen.