Cadre pour la mise en œuvre de la “stratégie de l'OMS pour mettre fin à la tuberculose” dans la région africaine au cours de la période 2016 - 2020

Report
from World Health Organization
Published on 06 Dec 2017 View Original

Situation actuelle

La Région africaine continue de supporter une part importante de la charge mondiale de tuberculose, soit 28 % des 9,6 millions de cas incidents de tuberculose survenus dans le monde en 2014. Entre 2000 et 2014, la mise en œuvre des stratégies DOTS et Halte à la tuberculose par les États Membres a permis de sauver environ 10,1 millions de vies dans la Région africaine. De 2000 à 2014, la Région a également enregistré une baisse de 37 % du taux de mortalité par tuberculose, lequel taux a diminué de 47 % chez les personnes vivant avec le VIH. Le taux de succès thérapeutique cible fixé à 85 % en 2015 dans la Stratégie Halte à la tuberculose a été atteint par 21 États Membres6 , alors que la moyenne régionale s’établit à 79 %.

La Région africaine abrite 74 % de tous les patients tuberculeux VIH-positifs (1,2 million) notifiés dans le monde en 2014. Et ce, malgré un certain nombre d’avancées telles que la forte augmentation des interventions de collaboration contre la co-infection VIH/tuberculose qui ont été mises en œuvre en faveur de plus de 90 % des patients tuberculeux diagnostiqués positifs pour le VIH dans 24 pays; la réalisation d’une couverture par la thérapie antirétrovirale de 77 % chez les patients tuberculeux co-infectés par le VIH ; l’administration du traitement préventif au cotrimoxazole à 89 % des patients ; et une baisse de 47 % de la mortalité chez les patients tuberculeux VIH-positifs de 2000 à 2014.

Selon les estimations de l’OMS, la Région africaine a enregistré entre 32 000 et 49 000 cas de tuberculose multirésistante en 20147. Grâce à la prise en charge programmatique élargie de la tuberculose pharmacorésistante dans les pays, on a pu dépister 26 531 (soit 83 %) des 32 000 cas estimatifs de tuberculose multirésistante chez les patients tuberculeux notifiés en 2014. Soixante-huit pour cent des cas diagnostiqués ont été placés sous traitement, mais avec un taux de succès thérapeutique moyen, peu satisfaisant, de 55 % en 2012 (la dernière année pour laquelle des données sont disponibles). La tuberculose multirésistante continue donc de poser un problème de santé publique à cause des lacunes dans le dépistage et l’accès au traitement.

Le nombre de centres de microscopie de la tuberculose est passé de 10 469 en 2009 à 15 200 à la fin de 2014. Vingt-huit États Membres8 ont atteint le ratio de référence de l’OMS concernant la couverture des laboratoires de microscopie, fixé à un pour 100 000 habitants, tandis que 15 pays ont respecté la norme d’un laboratoire de culture pour cinq millions d’habitants9 , et seulement 10 États Membres ont réussi à se doter d’un laboratoire de test de pharmacosensibilité pour cinq millions d’habitants10. L’OMS recommande d’abandonner la microscopie au profit des méthodes de diagnostic rapide. Il est encore plus difficile d’obtenir une couverture optimale en recourant au diagnostic rapide.