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Cérémonie d’ouverture de la Conférence virtuelle de haut niveau sur la fabrication de vaccins pour la sécurité sanitaire en Afrique

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Union africaine et CDC d’Afrique

Monsieur le Président Felix Tshisekedi,

Monsieur le Président Cyril Ramaphosa,

Monsieur le Président Paul Kagame,

Monsieur [le Président] Moussa Faki Mahamat,

Excellences, chers invités, chers collègues et amis,

Bonjour et merci beaucoup de me donner l’occasion de vous faire part de quelques réflexions aujourd’hui.

La mise au point, l’approbation et le déploiement de vaccins sûrs et efficaces contre la COVID-19 nous donnent à tous l’espoir de maîtriser la pandémie.

Au niveau mondial, 194 pays ont commencé à vacciner leur population et 26 ne l’ont pas encore fait.

Le Mécanisme COVAX a permis de livrer plus de 38 millions de doses de vaccin à 105 pays au cours des six dernières semaines.

Nous sommes heureux de constater que presque tous les pays qui souhaitent vacciner leur population ont commencé à le faire.

Cependant, j’insiste sur le verbe « commencer ». La plupart des pays, y compris en Afrique, n’ont pas assez de vaccins pour tous les soignants ou tous les groupes à risque, sans même parler du reste de leur population.

Comme je l’ai dit à maintes reprises, des inégalités choquantes persistent dans la distribution mondiale des vaccins.

Plus de 700 millions de doses de vaccin ont été administrées dans le monde, mais plus de 87 % d’entre elles sont allées à des pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, tandis que les pays à faible revenu n’en ont reçu que 0,2 %.

La pandémie a montré que les capacités de fabrication et les chaînes d’approvisionnement au niveau mondial n’étaient pas suffisantes pour fournir rapidement et équitablement des vaccins et d’autres produits sanitaires essentiels là où on en a le plus besoin.

C’est pourquoi il est si important de renforcer les capacités de fabrication de vaccins en Afrique, et j’apprécie la proposition qu’ont présentée le Président Kagame et le Président Ramaphosa.

Il est indispensable d’investir dans des capacités de fabrication nationales durables et sûres et en faveur des autorités réglementaires nationales pour mettre en œuvre des programmes de vaccination essentiels et pour bâtir des systèmes de santé solides et résilients permettant de faire face aux prochaines situations d’urgence sanitaire, qui surviendront inévitablement.

L’OMS se joint aux pays, partout dans le monde, qui appellent les fabricants de vaccins à lever les obstacles qui empêchent l’accès aux produits sanitaires essentiels.

Nous continuons à demander aux entreprises de partager leur savoir-faire, leur propriété intellectuelle et leurs données avec d’autres fabricants de vaccins qualifiés, y compris dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Pour y parvenir, il faudra établir un plan de travail cohérent fondé sur la coordination des communautés économiques régionales, le soutien des gouvernements et un financement durable.

Afin de relever ce défi, l’OMS et ses partenaires ont mis en place un groupe spécial du Mécanisme COVAX sur la fabrication, afin d’accroître l’offre à court terme mais aussi d’établir une plateforme durable de fabrication de vaccins pour assurer la sécurité sanitaire régionale.

Permettez-moi de vous exposer les trois façons dont l’Union africaine et ses États Membres peuvent soutenir la production locale, et comment l’OMS est prête à vous aider :

Premièrement, nous exhortons les États Membres de l’Union africaine à envisager toutes les possibilités d’accroître la production, y compris les licences volontaires, les fonds de technologies, l’application des flexibilités prévues par l’Accord sur les ADPIC et la renonciation à certaines dispositions relatives à la propriété intellectuelle.

Pour faciliter le transfert de technologie, l’OMS continue d’appeler les bailleurs de fonds et les fabricants à utiliser le Groupement d’accès aux technologies contre la COVID-19 (C-TAP) afin de partager volontairement leur propriété intellectuelle, leurs connaissances et leurs données.

L’OMS est prête à fournir immédiatement un appui technique pour aider les pays à évaluer la faisabilité de la production locale et à accéder à la technologie et au savoir-faire.

Deuxièmement, nous exhortons les États Membres de l’Union africaine à renforcer leurs capacités de réglementation.

L’OMS est prête à soutenir les autorités de réglementation nationales pour qu’elle les répertorie, afin de faciliter considérablement le transfert de technologie et la mise sur le marché des produits sanitaires.

Le projet d’Agence africaine du médicament sera également essentiel pour les capacités régionales de réglementation, nous soutenons cette démarche et j’appelle à nouveau tous les États Membres de l’Union africaine à ratifier le traité portant sur la création de l’Agence africaine du médicament.

Je félicite également mon frère Michel Sidibé pour sa nomination en tant que nouvel envoyé spécial pour l’Agence africaine du médicament.

Troisièmement, nous encourageons tous les États Membres de l’Union africaine à soutenir le projet de résolution sur le renforcement de la production locale de médicaments et d’autres technologies sanitaires, proposé notamment par l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Éthiopie, le Ghana, le Rwanda, qui sera examiné à l’Assemblée mondiale de la Santé.

Mes frères et sœurs,

Avant même la pandémie, nous savions que le renforcement de la production locale en Afrique serait essentiel pour que notre continent s’achemine vers la couverture sanitaire universelle.

Maintenant, il est évident que c’est extrêmement urgent. Nous devons saisir cette occasion.

L’OMS est déterminée à collaborer avec l’Union africaine, ses États Membres et les CDC d’Afrique pour soutenir le développement des capacités nationales de fabrication de vaccins, dans le cadre des efforts que nous déployons pour un avenir plus sain, plus sûr et plus juste en Afrique.

Je vous remercie.