Assemblée générale: sur fond d’appels vibrants au multilatéralisme, le Chef de la diplomatie russe dénonce la polarisation de la scène internationale

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Published on 28 Sep 2014 View Original

AG/11564

Assemblée générale
Soixante-neuvième session
15e & 16e séances plénières
Matin & après-midi

Des appels au multilatéralisme ont été lancés de toute part au quatrième jour du débat général de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, marqué, notamment, par l’intervention du Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, qui s’est élevé contre l’aspiration de quelques États à faire revivre des « blocs archaïques » « basés sur les conquêtes militaires » et des rivalités factices entre « amis et ennemis ». Les dirigeants de la Libye, de l’Algérie, du Mali, de la République centrafricaine, de l’Afghanistan et du Soudan du Sud faisaient aussi partie des 28 intervenants que l’Assemblée a entendus aujourd’hui.

Le Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergey V. Lavrov, a exprimé sa perplexité devant la contradiction qui existe, selon lui, entre la nécessité d’une action collective pour répondre à des défis transnationaux et les visées de l’« alliance occidentale », avec à sa tête les États-Unis, qu’il a accusés d’« user unilatéralement de la force », partout où il en va de leurs intérêts.

Après les bombardements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Yougoslavie, en Libye et en Iraq, a-t-il rappelé, l’Ukraine est devenue pour Washington le dernier théâtre d’une « révolution folklorique » destinée à provoquer des changements de régime inconstitutionnels et, par voie de conséquence, le « chaos » et l’« instabilité ».

Malheureusement, a expliqué le Ministre à l’Assemblée, ces tentatives d’expansion de la sphère d’influence géopolitique sont menées sans tenir compte des intérêts légitimes des pays européens. Son homologue de l’Allemagne a, peu ou prou, prêté les mêmes intentions à la Fédération de Russie, qui aurait selon lui bouleversé les frontières de l’Europe en annexant la Crimée.

« C’est la violation même des droits de l’homme qui a poussé les populations de cette région à choisir l’autodétermination », a tranché M. Lavrov, qui, de manière plus large, a souhaité qu’à l’avenir, des discussions soient menées, « sans idéologie ni visée politico-militaire », dans la région euro-atlantique, discussions auxquelles tous les pays concernés devraient prendre part, « et pas seulement ceux de l’OTAN et de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) ».

L’objectif est simple, selon M. Lavrov: combler le déficit de démocratie dans les relations internationales et lutter contre les « stéréotypes centenaires d’unicité » dans les relations internationales.

Parallèlement, des appels insistants ont été lancés par des nations confrontées à des difficultés jugées insurmontables si elles se retrouvaient isolées sur la scène internationale, témoignant au besoin de la multiplication des crises graves et complexes au cours des dernières années.

Le Président de la Chambre des représentants de la Libye, M. Agila Saleh Essa, a estimé que le chaos actuel dans son pays, dont la capitale Tripoli est aux mains de groupes armés incontrôlables, ne serait pas arrivé si la communauté internationale avait pris à temps la pleine mesure de la situation, prêté assistance à son gouvernement pour qu’il mette sur pied une armée et une police fortes et exercé une pression pour obtenir le désarmement des milices. « Du haut de cette tribune, j’affirme que détourner le regard du terrorisme qui sévit en Libye est inacceptable », s’est-il indigné, demandant un sérieux coup de main aux « amis de la Libye ».

Plaidant pour que l’ONU devienne « l’artisan de solutions durables aux problèmes globaux contemporains », le Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, M. Ramtane Lamamra, a rappelé les initiatives de son pays en faveur de la Libye voisine.

Replaçant cette crise dans le contexte de la lutte transnationale contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel et leurs interconnexions avec les réseaux de la criminalité organisée, le Ministre algérien a estimé que l’assassinat, il y a quelques jours, du ressortissant français Hervé Gourdel exige plus que jamais un renforcement de la coopération antiterroriste à tous les niveaux.

Le Président du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keita, a d’ailleurs remercié l’Algérie de sa « facilitation », qui a permis la signature conjointe, en juillet dernier, d’une feuille de route consensuelle et d’une déclaration de cessation des hostilités dans les régions du nord du Mali, où le rétablissement de l’autorité de l’État se poursuit.

C’est également sous les auspices d’un État voisin, le Congo-Brazzaville, qu’un accord de cessation des hostilités a pu être signé, toujours en juillet, par toutes les parties au conflit en République centrafricaine (RCA), a fait observer la Présidente du Gouvernement de transition de ce pays, Mme Catherine Samba-Panza. Elle a toutefois expliqué que l’appropriation nationale devait maintenant primer avec le rapatriement, « en terre centrafricaine », du processus politique et des consultations autour d’un « nouveau pacte républicain » de refondation de l’État.

L’élection à la Présidence de M. Mohammad Ashraf Ghani Ahmadzi, qui prêtera serment lundi 29 septembre, a aussi été vue comme un signe d’« appropriation nationale » par le Ministre afghan des affaires étrangères. Mais M. Zarar Ahmad Osmani a demandé à la communauté internationale de poursuivre la coopération entamée il y a une décennie dans les domaines vitaux de la sécurité, de la paix et de l’essor économique.

Enfin, le Président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a invoqué quant à lui la « responsabilité morale collective » qui incombe aux États Membres d’apporter leur soutien aux initiatives de paix au Moyen-Orient et en Afrique, y compris dans son propre pays, touché depuis décembre 2013 par un conflit dont il a reconnu, devant l’Assemblée, qu’il résulte d’une « lutte de pouvoir » et « n’est en rien un conflit ethnique ».

Suite du débat général

Le Roi TUPOU VI du Royaume des Tonga a estimé que dans le cadre des travaux préparatoires du programme de développement pour l’après-2015, il faudrait opter pour une approche transformative visant à garantir des résultats tangibles pour les peuples et assurer les ressources financières pour leur réalisation. Les objectifs de développement durable sur les océans et les ressources marines sont intimement liés à la question des changements climatiques et la survie des petits États insulaires en dépend. Le Document final « Samoa, la Voie à suivre », qui a été adopté par les dirigeants des petits États insulaires, doit être intégré dans le futur programme de développement, a souligné le Roi. Pour la mise en œuvre de ce programme, Tonga partage l’avis selon lequel il incombe en premier lieu aux États d’assurer la croissance économique, le développement social et la protection de l’environnement sur leur territoire national. La réalisation de ces objectifs, a-t-il cependant reconnu, ne pourra se faire sans la participation active de toutes les parties prenantes à travers des partenariats durables.

Les dirigeants des Îles du Pacifique ont adopté la Déclaration « Océans: source de vie et avenir » de Palaos. Le bien-être du peuple de Tonga dépend en effet d’un développement durable et d’une bonne gestion des océans et des fonds marins. Tonga a travaillé avec diligence pour veiller à ce que les activités dans l’océan pacifique soient gérées de manière responsable.

Rappelant que Tonga avait été élu par acclamation au Conseil de l’autorité internationale des fonds marins, le souverain a indiqué que le Gouvernement avait promulgué une loi sur l’exploration des fonds marins et s’était joint à l’appel des États de la région pour que des négociations commencent d’ici à septembre 2015, sous l’égide de la Commission des Nations Unies sur la délimitation du plateau continental en vue de parvenir à un accord international sur la gestion et la conservation des océans et de leurs ressources.

Le Roi de Tonga se félicite de l’initiative du Secrétaire général de convoquer un Sommet sur les changements climatiques pour que des réponses efficaces y soient apportées. Le rapport de 2013 sur les risques dans le monde a classé Tonga au deuxième rang des pays les plus vulnérables aux changements climatiques. Le souverain a appuyé la proposition visant à ce que le Conseil de sécurité reconnaisse le lien entre sécurité internationale et changements climatiques et il a exhorté le Secrétaire général à nommer un Envoyé spécial chargé des questions liées aux changements climatiques.

M. IBRAHIM BOUBACAR KEITA, Président du Mali, a déclaré qu’au moment où la phase de conception du programme transformateur pour l’après-2015 est entamée, il reste une tâche cruciale à achever: celle de veiller à la complète exécution des engagements importants pris antérieurement. Il a souhaité qu’un véritable plaidoyer soit mené en faveur de l’accélération de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Il a salué, par ailleurs, l’approche « inclusive, universelle, ambitieuse et transformatrice » du thème de la présente session de l’Assemblée générale qui intègre non seulement toutes les composantes essentielles des OMD en souffrance mais également celles des objectifs du développement durable, arrêtés sur la base d’un processus intergouvernemental transparent. Il s’est déclaré convaincu que l’élimination de la pauvreté à l’horizon 2030 devrait être l’une des cibles prioritaires des engagements de l’après-2015, en précisant que la contribution de l’Afrique à ce processus se trouve déjà formalisée dans la « position commune africaine sur le programme de développement pour l’après-2015, adoptée en juin dernier à Malabo, lors du Sommet de l’Union africaine. Cette position fait de la durabilité sociale, économique et environnementale la clef de voûte de la politique de développement du continent.

Alors que nous approchons de l’échéance de 2015, a-t-il poursuivi, l’Afrique se trouve de nouveau confrontée à la terrible épidémie de la fièvre à virus Ebola qui sévit cette fois en Guinée, en Sierra Leone, au Libéria et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest dont l’apparition fulgurante et l’ampleur ont mis à rudes épreuves tous les systèmes de santé publique déjà en place. Les capacités individuelles de nos États, déjà fragiles et en pleine consolidation, ne suffiront pas à y faire face, a-t-il prévenu.

Au plan national et depuis l’amorce du processus de dialogue pour la paix et la réconciliation conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et à l’Accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013 avec les groupes armés du nord du Mali, des évolutions significatives ont été enregistrées dans les domaines de la sécurité, du rétablissement de l’autorité de l’État, de la protection des droits de l’homme, du développement de l’action humanitaire, de l’exécution du mandat de la MINUSMA, de la coordination des actions de développement et du partenariat avec la communauté internationale.

Dans ce contexte, le Gouvernement du Mali a engagé une large gamme d’actions couvrant la décentralisation, par une dévolution plus radicale de compétences jusque-là détenues par l’État central, la réconciliation nationale et le vivre ensemble, le développement effectif des régions du nord du Mali, la bonne gouvernance ainsi que la lutte contre la corruption et l’impunité.

Aujourd’hui, se tissent à Alger, avec la facilitation de l’Algérie et l’accompagnement de la communauté internationale, les fils du dialogue inclusif intermalien sur une paix globale et définitive, a indiqué le Président. « Il est à présent permis de croire en la conclusion, à brève échéance, d’un tel accord répondant aux aspirations profondes du peuple malien », a-t-il commenté, en précisant qu’un premier cycle de pourparlers directs tenu à Alger du 16 au 24 juillet 2014, avait permis d’aboutir à la signature conjointe d’une feuille de route consensuelle et d’une déclaration de cessation des hostilités dans les régions du nord du Mali. Les discussions de la deuxième phase doivent conduire à se mettre d’accord sur une vision commune du futur, à apporter progressivement une solution à tous les points de divergences et à amorcer la phase finale devant se conclure par la signature de l’accord de paix en terre malienne.

Il a condamné « avec la dernière énergie » toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme, ainsi que les avatars de grand banditisme, de narcotrafic et de crimes transnationaux et transfrontaliers qui les accompagnent. « Le terrorisme, en particulier celui conduit sous la bannière de l’extrémisme religieux est complètement étranger à la société malienne », a-t-il tenu à préciser, en ajoutant que cette société est connue pour son ouverture, sa tolérance et pour sa pratique d’un islam modéré, fondé sur des valeurs d’humanisme et d’acceptation de la différence de l’autre.

Le Président malien s’est ensuite félicité des progrès accomplis sur la voie de la reconstruction et de la réconciliation nationale en Guinée-Bissau, estimant que la bonne tenue des élections présidentielles et législatives consacre le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans ce pays. Se disant cependant préoccupé par la situation en République centrafricaine, notamment la situation humanitaire, il a appuyé la Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) dont, a-t-il espéré, le déploiement rapide permettra de mettre fin à l’escalade de la violence et de protéger les populations civiles. Il s’est dit aussi inquiet des offensives du groupe terroriste « État islamique en Iraq et au Levant », qui mettent en péril la stabilité de toute la région du Moyen-Orient.

Concernant la réforme de l’Organisation des Nations Unies, le Président du Mali a déploré « l’érosion du multilatéralisme » dans le domaine du désarmement en particulier, et la paralysie prolongée dont souffre la Commission du désarmement, d’une part, ainsi que du manque d’avancée dans la réforme du Conseil de sécurité, dont les négociations intergouvernementales se poursuivent pourtant depuis deux décennies déjà. « L’Afrique, malgré ses 53 États sur les 193 que compte l’ONU, reste, à ce jour, le seul continent à ne pas disposer de siège permanent au Conseil de sécurité. Cette situation jure d’avec les valeurs d’égalité et de justice qui sont les idéaux prônés par notre Organisation », a-t-il souligné, en renvoyant à la position commune africaine, arrêtée à Ezulwini qui propose une solution juste et réaliste pour l’octroi de deux sièges permanents au continent, avec droit de veto, et de cinq autres sièges non permanents. Le Conseil ainsi réformé reflétera mieux les réalités géopolitiques du monde actuel et réparera l’injustice historique faite à l’Afrique, a conclu le Président malien.

M. SALVA KIIR, Président du Soudan du Sud, a exhorté les États Membres de l’ONU à apporter leur soutien aux initiatives de paix en Afrique et au Moyen-Orient, car il s’agit, selon lui, d’une responsabilité morale collective. Il faut trouver des moyens appropriés pour mettre fin à ces conflits et pour ouvrir la voie à un monde dans lequel les peuples vivront dans la paix. Pour y parvenir, le Président Kiir est d’avis que le Conseil de sécurité doit être renforcé de manière à pouvoir répondre aux attentes et défis du monde du XXIe siècle. C’est pourquoi il appuie la proposition de réformer le Conseil de sécurité pour le rendre plus inclusif et accorder un siège permanent à l’Afrique.

La quête du peuple du Soudan du Sud pour l’indépendance et la liberté a été difficile, a noté le Président qui dit avoir hérité d’un pays confronté à une multitude de problèmes, en particulier les faibles institutions nationales. Il a remercié la communauté internationale pour le soutien qu’elle a apporté à son pays. Le conflit de décembre dernier au Soudan du Sud, était une tentative manquée de coup d’État, a-t-il rappelé, en regrettant les pertes en vies humaines et le coup qu’il a porté aux relations entre communautés. Le Président a remercié les Nations Unies et l’Union africaine pour leur prompte réaction afin de rétablir la paix et la stabilité au Soudan du Sud. Son gouvernement, a-t-il assuré, s’engage à résoudre ce conflit par la voie pacifique. À cette fin, des pourparlers sont actuellement en cours à Addis-Abeba avec les rebelles, a expliqué M. Kiir. Grâce aux efforts intenses des médiateurs, un accord de cessation des hostilités a été signé et réaffirmé en mai 2014. Le Président du Soudan du Sud a assuré que son gouvernement avait respecté cet accord, tandis que les rebelles l’avaient violé à de nombreuses reprises. La communauté internationale, a-t-il souligné, doit exhorter les rebelles à signer le protocole relatif à cet accord.

S’agissant de la crise humanitaire et des violations des droits de l’homme qui ont résulté de cette tentative de coup d’état, le Président Kiir a assuré qu’une enquête avait été engagée en vue d’établir les responsabilités et qu’il œuvrait pour mettre fin à l’impunité. Il a également signé une nouvelle loi sur les médias ainsi que trois conventions des Nations Unies relatives aux droits de l’homme, dont celle sur les droits de l’enfant et celle sur l’interdiction de la torture. Pour lui, le conflit au Soudan du Sud se résume à une lutte pour le pouvoir et n’est en rien un conflit ethnique, comme certains l’ont qualifié. Les victimes innocentes du conflit ont besoin d’urgence d’aide humanitaire et il a remercié ceux qui avaient déjà apporté leur soutien.

Les conflits en cours au Soudan et au Soudan du Sud sont souvent liés et c’est pourquoi, son gouvernement travaille à améliorer les relations entre les deux pays, a souligné le Président Kiir.

M. Kiir a indiqué que son gouvernement œuvrait à rétablir un climat de confiance pour que les personnes déplacées qui vivent dans les camps de la MINUSS puissent revenir chez elles. S’agissant du mandat de la MINUSS, il a insisté pour que le Conseil réexamine la question de la réforme du secteur de la sécurité lors du renouvellement du mandat de la Mission en novembre prochain.

Mme CATHERINE SAMBA-PANZA, Présidente du Gouvernement de transition de la Républicaine centrafricaine, a rappelé que cette session se tient dans un contexte où son pays connaît toujours une situation préoccupante aux plans sécuritaire, humanitaire et économique qui interpelle tous les États Membres. Elle s’est réjouie que ses appels à l’appui aux efforts de transition ne soient pas restés sans réponse puisque des « appuis multiformes nous ont été apportés grâce auxquels le pire a été évité ».

Au titre des avancées perceptibles, elle a salué l’adoption de la résolution 2149 du Conseil de sécurité autorisant le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Républicaine centrafricaine (MINUSCA), qui a abouti, depuis le 15 septembre dernier, au transfert de l’autorité de la MISCA. Elle a souligné que la réussite de cette Mission dépendra aussi de l’implication, à ses côtés, des forces de défense et de sécurité nationales susceptibles d’apporter un appui pour leur connaissance du terrain. Elle a sollicité « la grande compréhension et la mansuétude » du Comité des sanctions du Conseil de sécurité pour que l’embargo sur les armes soit réexaminé. Mme Samba-Panza a également appelé au désarmement de tous les groupes armés, à la réforme du secteur de la défense et de la sécurité et surtout, à la mise en œuvre du programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR), décidé au Forum de Brazzaville qui a abouti à la signature d’un accord.

Dans le domaine humanitaire, bien que le nombre des déplacés internes soit passé de 900 000 à 175 000, la situation reste préoccupante car tributaire de la situation sécuritaire fragile, notamment dans l’arrière-pays. Elle a mis l’accent sur la nécessité de concentrer les efforts sur le retour des 400 000 réfugiés dans les pays voisins et d’améliorer les ressources mobilisées, qui ne couvrent que 48% des besoins humanitaires exprimés.

Rappelant que le taux de croissance du pays a chuté à 36% en 2013, elle a signalé que, dans l’ensemble, les populations éprouvent encore d’énormes difficultés d’accès aux produits de première nécessité en raison aussi des tensions inflationnistes.

S’agissant du dialogue politique et de la réconciliation nationale, elle a mis l’accent sur « le désarmement des cœurs et des esprits », et a indiqué que le premier pas a été franchi à Brazzaville, le 23 juillet 2014, par la signature de l’Accord de cessation des hostilités par tous les acteurs de la crise. « Il est désormais question de poursuivre le processus en terre centrafricaine en donnant d’abord l’occasion aux populations à la base de poser leur propre diagnostic de la situation du pays, assorti de leur vision de l’avenir, et en réunissant ensuite tous les acteur de la crise autour d’une table pour réfléchir au nouveau pacte républicain de refondation de l’État », a proposé Mme Samba-Panza.

Sur le plan international, elle a plaidé en faveur d’une plus grande mobilisation de la communauté internationale contre le terrorisme et notamment contre la secte Boko Haram, qui opère au Nigéria et au Cameroun, non loin des frontières de la Centrafrique, et contre la LRA, qui sévit encore sur le territoire de son pays. Elle a attiré l’attention sur la situation des pays sans littoral comme le sien et exhorté à leur accorder une « aide conséquente afin d’alléger le poids lié à leur vulnérabilité économique, tout en facilitant la mise en œuvre du programme d’action d’Almaty ». Enfin, elle a soutenu la position du Maroc sur la question du Sahara, conformément aux résolutions 1754(2007) et 2152 (2014) du Conseil de sécurité.

M. PROSPER BAZOMBANZA, Vice-Président du Burundi, a déclaré que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient constitué un pacte de solidarité mondiale dans les domaines économique et social. Ainsi, le Burundi partage l’idée qu’il serait erroné d’abandonner les OMD et de remettre le compteur à zéro. Au contraire, il faudrait, a-t-il estimé, poursuivre les réformes qui ont généré des progrès sans précédent et capitaliser sur ces progrès pour définir les objectifs du programme de développement pour l’après-2015 tout en renforçant le multilatéralisme et les réformes de l’ONU. En dépit de difficultés, le Burundi, a assuré son Vice-Président, a accompli des progrès indéniables dans les domaines de l’éducation et de la santé grâce aux mesures de gratuité scolaire et des soins médicaux pour les enfants de moins de 5 ans. Sur le plan politique, son pays continue le processus engagé pour la tenue prochaine d’élections présidentielles et générales prévues à partir du mois de mai 2015. Grâce à l’adoption d’une feuille de route par les différents partis politiques, ces élections devraient être transparentes, libres et démocratiques, et le Code électoral a déjà été adopté par le Parlement. La Commission électorale nationale indépendante a annoncé le calendrier électoral en juin dernier, a-t-il ajouté.

Au niveau de la bonne gouvernance, le Vice-Président est revenu sur les institutions mises en place au cours de la présente législature comme la Commission nationale indépendante des droits de l’homme et l’Institution de l’Ombudsman ainsi que la stratégie de lutte contre la corruption. Il s’agit d’une œuvre de longue haleine et ce qui est important c’est qu’il existe une volonté politique pour aller de l’avant, a estimé le Vice-Président. Le Parlement a adopté une loi relative à la Commission Vérité et Réconciliation, prévue par l’Accord d’Arusha de 2000, et des consultations sont en cours pour l’élection de ses 11 commissaires. En outre, une commission ad hoc chargée de la sélection des candidats vient d’être mise en place par consensus général. Pour ce qui est de la consolidation de l’aide au Burundi, le Vice-Président a fait observer que le Bureau des Nations Unies au Burundi terminera son mandat au 31 décembre 2014 pour transférer ses responsabilités à une équipe de pays des Nations Unies. Le programme conjoint de transition a été présenté à l’organe habilité en mai 2014, dans les bureaux de l’ONU au Burundi. Un comité de pilotage conjoint et une équipe technique de transition sont entrés en fonctions.

Au plan économique, le Burundi a tenu, en 2013, deux conférences sectorielles sur les domaines prioritaires, a indiqué le Vice-Président, en précisant que les résultats étaient mitigés. C’est pourquoi, il a lancé un appel aux partenaires représentés ici pour qu’ils honorent les engagements pris lors de la Conférence de 2012 à Genève. Pour l’après-2015, le Burundi axe ses efforts sur des secteurs clefs comme la bonne gouvernance, les inégalités, la croissance économique et l’emploi, l’accès aux services sociaux de base et la sécurité alimentaire.

Le Gouvernement du Burundi continuera à travailler au-delà de 2015, à redoubler d’efforts pour sauvegarder et renforcer les principes et les valeurs contenus dans la déclaration du millénaire qui constitue une fondation solide pour le programme de développement pour l’après-2015.

M. NARENDRA MODI, Premier Ministre de l’Inde, s’est félicité du chemin parcouru depuis la création de l’ONU, qui a mené pas moins de 69 missions de maintien de la paix depuis 1948 et fait du Casque bleu la couleur de la paix. La démocratie tente désormais de trouver sa voix en Asie occidentale et en Afrique du Nord; la réussite de la Tunisie laissant croire que cela est possible, a-t-il espéré. Il a salué les récents changements en Asie du Sud, notamment en Afghanistan, qui en est à un tournant historique de sa transition démocratique et de l’affirmation de son unité. Le Népal est passé de la violence à la paix et la démocratie et la jeune démocratie de Bhoutan continue d’avancer.

Soucieuse de jeter les bases d’un climat stable et propice au développement, a dit le Premier Ministre, l’Inde s’efforce de coopérer avec ses voisins, y compris le Pakistan. L’Inde est disposée à un sérieux dialogue bilatéral dans une atmosphère paisible et à l’abri du terrorisme, pour promouvoir l’amitié et la coopération. Le Premier Ministre a indiqué, à cet égard, que l’Inde a organisé d’importantes opérations d’aide aux victimes des inondations et offert une assistance au Cachemire occupé.

Dans le contexte des changements actuels dans le monde, M. Modi a exhorté ses pairs « à agir en fonction de l’appel de notre temps » dans le cadre d’un véritable partenariat international qui repose sur le dialogue et un engagement sincère. La nouvelle formule de partenariat doit obligatoirement passer par une réforme des Nations Unies, notamment du Conseil de sécurité, pour rendre ces dernières plus démocratiques et plus participatives. Une institution qui reflète les impératifs du vingtième siècle ne saurait être efficace au XXIe siècle », a-t-il tranché, en invitant à surmonter les différences et à monter un effort international concerté pour combattre le terrorisme et l’extrémisme. Comme symbole d’un tel effort, il a appelé à l’adoption de la Convention générale sur le terrorisme international. « Nous devons garantir la paix, l’ordre et la stabilité dans l’espace et le cyberespace et œuvrer de concert pour que tous les pays observent les règles et normes internationales », a encore dit le Chef du Gouvernement indien, qui a ensuite appelé à impliquer davantage les pays fournisseurs de contingents aux opérations de maintien de la paix de l’ONU dans le processus de prise de décisions.

Dans une forme de boutade, M. Modi a voulu que le développement et l’autosuffisance se propagent aussi vite que les médias sociaux. Pour ce faire, il incombe à chaque pays de prendre ses propres mesures et à chaque gouvernement d’assumer ses responsabilités vis-à-vis de la croissance et du développement.

Évoquant l’ampleur des besoins mondiaux, M. Modi a rappelé que 2,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’assainissement de base; 1,3 milliard à l’électricité; et 1,1 milliard à l’eau. L’Inde, a-t-il affirmé, a mis ces besoins au cœur de son agenda de développement. « L’élimination de la pauvreté doit demeurer au centre du programme de développement pour l’après-2015 », a-t-il encore déclaré, en invitant les pays développés à honorer leurs engagements en matière de financement et de transfert des technologies, d’un côté, et à tous les pays de faire preuve d’imagination et d’engagement au niveau national, en particulier en modifiant les modes de consommation. « Une énergie non consommée est l’énergie la plus propre », a-t-il affirmé, en rappelant les enseignements et vertus des anciennes traditions indiennes du yoga. Il a d’ailleurs proposé la proclamation d’une journée internationale du yoga.

Pour SHEIKH HASINA, Premier Ministre du Bangladesh, les préconditions du développement durable sont la paix et la sécurité. Or la situation sécuritaire volatile dans le monde continue à représenter un défi majeur pour le développement. Dans ce contexte, elle a réaffirmé la solidarité du Bangladesh avec le peuple palestinien dans sa lutte pour l’autodétermination et a condamné les violences commises par Israël dans sa dernière offensive à Gaza. Reconnaissant le rôle central de l’ONU pour préserver la paix et la sécurité internationales, le Bangladesh témoigne son soutien par sa contribution de troupes de maintien de la paix des Nations Unies avec un total de 128 133 Casques bleus, a rappelé le Premier Ministre. Son gouvernement a également adopté une politique de tolérance zéro face au terrorisme et à la violence extrémiste ainsi qu’à la radicalisation religieuse. Affirmant que les forces antilibération sont toujours actives au Bangladesh et qu’elles cherchent à détruire le tissu séculaire et progressiste de la nation, le Premier Ministre a justifié le renforcement du régime juridique de la lutte antiterroriste, et notamment la loi antiterroriste adoptée en 2013 et celle sur le blanchiment d’argent adoptée en 2012. Le pays s’est également engagé dans la lutte contre l’impunité et la promotion de l’état de droit, ce qui a permis de traduire en justice les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, qui remontent à la guerre de 1971.

Au plan économique, le Bangladesh a intégré les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans ses plans quinquennaux successifs, a expliqué Sheikh Hasina. À ce jour, le Bangladesh a atteint les six premiers objectifs et la pauvreté a baissé de 57% par rapport à 1991. Le taux de croissance économique se situe autour de 6% depuis cinq ans et des investissements substantiels ont été faits dans les infrastructures et dans les projets de connectivité pour catalyser le développement économique. De plus, le Bangladesh a passé des accords avec l’Inde, la Chine et le Japon pour développer des centrales électriques d’ici à 2021. Actuellement 18 zones économiques sont en cours de développement pour encourager les investissements étrangers. Le pays bénéficie d’un dividende démographique « évident » et sait qu’il faut investir dans la formation professionnelle et l’éducation, a souligné Sheikh Hasina. Avec 50 millions de personnes connectées à l’Internet, le pays s’est résolument engagé sur la voie des nouvelles technologies, y compris dans les domaines de la santé et de l’éducation. Il a également mis en place un programme de bourses pour l’éducation primaire dont bénéficient 12,8 millions d’enfants démunis et a distribué 318 millions de manuels scolaires pour les élèves du secondaire. Actuellement l’accent est mis sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement et l’autonomisation de la femme, a encore précisé le Premier Ministre.

Pour Sheikh Hasina, la priorité pour le programme de développement pour l’après-2015 doit rester l’éradication de la pauvreté dans le monde. Le nouvel agenda doit veiller à trouver un équilibre entre les trois piliers du développement durable, en tenant compte des spécificités nationales. Il doit répondre aux aspirations de tous les peuples du monde et faire attention à n’abandonner personne à son sort, a demandé Sheikh Hasina ajoutant que l’agenda doit aussi renforcer le multilatéralisme et la coopération internationale. Son succès dépendra largement des ressources qui y seront allouées ainsi que de la qualité des partenariats fondés sur le respect et la confiance mutuels et du respect du principe de la responsabilité commune mais différenciée, a-t-elle poursuivi. Dans ce contexte, Sheikh Hasina a rappelé que certains pays développés n’honorent toujours pas les engagements pris en termes d’aide publique au développement (APD). Elle a fait valoir que les pays les moins avancés (PMA) et ceux qui sont les plus exposés aux effets néfastes des changements climatiques, dont le Bangladesh, devraient pouvoir compter sur un soutien plus large en termes d’APD et de transferts de technologies.

On dit souvent, a estimé M. JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, Premier Ministre des Fidji, que les élections sont la clef de la démocratie. Mais à Fidji, a-t-il dit avoir constaté, cela n’a pas été le cas parce que le système électoral n’avait apporté pas apporter ni démocratie, ni justice, ni transparence ni bonne gouvernance. Notre système visait seulement à renforcer le pouvoir des élites et à diviser la population en différents groupes communautaires. Il nous fallait donc, a affirmé le Premier Ministre, une révolution pour nous mettre sur le chemin de la vraie démocratie, et depuis les élections d’il y a 10 jours, nous nous sommes lancés dans une série de réformes qui a transformé notre nation. Tout le monde n’a pas compris ce que l’on voulait faire, a regretté le Premier Ministre, en rappelant que certains ont essayé de miner les efforts du pays par des sanctions et de dégrader la nature de la nouvelle gouvernance parce que « nous refusions d’accepter leurs prescrits et leur manque de subtilité envers nous ». Mais la majorité des pays a reconnu notre droit de déterminer notre propre avenir et a fini par comprendre que nous travaillions en fait non pas pour l’élite au pouvoir mais pour l’intérêt commun, s’est réjoui le Premier Ministre.

Depuis l’indépendance, il y a 44 ans, le voyage a été long et traumatisant, a-t-il souligné. Le pays a connu quatre coups d’État, une rébellion, quatre constitutions et « 56 jours de honte » en 2000 quand les membres du Parlement ont été pris en otage. Le pays s’est battu pour rester uni et avec ces dernières élections, il a tourné cette page de son histoire. Avec notre démocratie, a insisté le Premier Ministre, nous sommes Fidjiens et pas membres de groupes ethniques et religieux distincts. Le Premier Ministre a tenu à déclarer: mon gouvernement sera un gouvernement inclusif. Je serai le leader de tous les Fidjiens, pour tous les Fidjiens, et je suis déterminé à n’abandonner personne à son sort ». Tendant « la main de l’amitié » à ses opposants, il les appelés à travailler ensemble et de manière constructive au sein du Parlement pour améliorer la vie de tous les Fidjiens.

En cette Année internationale des petits États insulaires en développement, le Premier Ministre a estimé qu’il faut plus d’efforts concertés pour renforcer les institutions du Forum du Pacifique et faire face aux énormes défis que sont la croissance démographique, l’exploitation non viable des ressources naturelles des océans et l’élévation du niveau de la mer causée par le changement climatique qui provoque déjà à Fidji l’évacuation des zones côtières. L’Histoire, a prévenu le Premier Ministre, jugera sévèrement les grands pollueurs à moins qu’ils ne prennent des mesures immédiates et globales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Du point de vue moral, il est tout simplement « inacceptable » de regarder les petits États insulaires se noyer à cause de la détermination « égoïste » des pays industrialisés à protéger leurs économies.

Le sort du monde nous importe-t-il? Donnons-nous vraiment de la valeur à ce que nous déclarons ici à l’ONU? s’est emporté M. ENELE SOSENE SOPOAGA, Premier Ministre des Tuvalu, en racontant qu’un enfant lui a demandé un jour: « a-t-on un avenir? Pouvez-vous nous sauver? » La façon dont cette Organisation répond à ces questions fondamentales suscite chez moi un sentiment mitigé, a avoué le Premier Ministre, découragé par le manque d’attention voire le mépris de ceux qui nient le phénomène du changement climatique, y compris dans la région du Pacifique. Il faut, a encouragé le Premier Ministre, transformer l’élan du Sommet sur le climat en une réponse collective, stratégique et pragmatique à la question du changement climatique, et parlant de « Samoa, la Voie à suivre », le scénario écrit à la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, le Premier Ministre a prévenu que le succès se mesurera à l’aune des actions concrètes qui seront menées, en tenant compte du « cas spécial » que sont ces pays. Il est tout à fait urgent, a-t-il insisté, d’intégrer « Samoa, la Voie à suivre » dans le programme de développement pour l’après-2015 et dans le travail de tous les fonds et programmes de l’ONU, en mettant un accent particulier sur un accès simplifié aux financements des efforts contre le changement climatique.

Le Premier Ministre a en effet estimé que le critère utilisé pour sortir les pays de la catégorie des PMA doit être réexaminé minutieusement parce qu’il ne correspond en rien aux caractéristiques des petits États insulaires en développement (PEID). Un de ces États peut parvenir à un revenu élevé par habitant ou un index élevé de développement humain mais il restera toujours un PEID. On ne peut, s’est énervé le Premier Ministre, sortir de la catégorie des contraintes naturelles et des vulnérabilités écologiques qui caractérisent précisément les PEID. Compte tenu des « ambiguïtés » qui entourent la recommandation sur la sortie de Tuvalu de la catégorie des PMA, le Premier Ministre a demandé le report de la gradation jusqu’à ce qu’une évaluation soit menée en prenant dûment compte du dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et les autres documents sur Tuvalu.

Le Premier Ministre n’a pas manqué d’appuyer la définition, dans le programme de développement pour l’après-2015, d’un objectif spécifique aux océans et le lancement de négociations sur leur protection. Il est revenu sur « la gravité et l’urgence » de la question du changement climatique, au nom d’un pays, qui est à peine à deux ou trois mètres du niveau de la mer. Il a appuyé ici aussi la définition d’un objectif spécifique. Il nous faut, a-t-il précisé, un nouveau Protocole au Sommet de Paris en 2015, pour inverser la tendance des émissions d’hydrofluorocarbures et maintenir l’augmentation de la température moyenne de la terre bien en-deçà de 1,5 degré Celsius. Le Protocole doit inclure une assurance contre les pertes et dégâts dus au changement climatique et offrir les financements qu’il faut pour appuyer les efforts d’adaptation des PEID. Le temps des demi-mesures est révolu, a averti le Premier Ministre. Il faut que le Fonds vert pour le climat et les autres mécanismes de financement soient constitués ou reconstitués et que l’accès des PEID y soit simplifié.

M. AGILA SALEH ESSA, Président de la Chambre des représentants de la Libye, a rappelé qu’en dépit du courage qui a inspiré la révolution libyenne en 2011, les affrontements déchirent aujourd’hui son pays, « des frères ennemis » se livrent à des bains de sang et la destruction injustifiée des bâtiments publics et des propriétés privées offrent un spectacle désolant. La Libye d’aujourd’hui est dans une situation différente de celle qui prévalait il y a trois ans, a-t-il reconnu. La plupart des activistes ont fui l’arène politique, en raison d’un isolement imposé de force ou des intimidations, des arrestations ou des assassinats perpétrés par les différents groupes armés.

« Le Gouvernement n’a plus aucun contrôle sur ces groupes qui essaient d’imposer leur volonté par la force, commettant des violations des droits de l’homme, s’adonnant au chantage vis-à-vis des autorités pour avoir accès aux fonds et obtenir que la police et l’armée ne soient ni armées ni restaurées, a déploré le Président de la Chambre. Le conflit entre groupes armés à l’intérieur ou en dehors de Tripoli a contraint le Gouvernement à évacuer son personnel de tous les locaux saisis par une coalition, dont fait partie une organisation terroriste prêtant allégeance à Al-Qaida. L’« Aube de la Libye », a-t-il précisé, s’est emparé de Tripoli, a détruit l’aéroport et a causé des dégâts considérables aux avions au sol.

Cette situation, a estimé M. Essa, ne serait pas arrivée si la communauté internationale avait pris toute la mesure de la situation, prêté assistance au Gouvernement pour qu’il constitue une armée et une police fortes et exercé une pression pour obtenir le désarmement des groupes armés. « Du haut de cette tribune, j’affirme que détourner le regard du terrorisme qui sévit en Libye est inacceptable. Notre peuple ne peut plus tolérer les assassinats, les humiliations, les intimidations, la suppression des libertés et les violations répétées des droits de l’homme. »

La communauté internationale doit rester aux côtés des autorités libyennes légitimes et mettre en œuvre la résolution 2174 du Conseil de sécurité en imposant des sanctions à ceux qui entravent le processus politique, compromettent la sécurité nationale et piratent les institutions de l’État. « Ou alors, elle doit clairement dire que les Libyens doivent faire face seuls au terrorisme », a tranché le Président de la Chambre, tout en prévenant qu’elle devra alors s’attendre à payer les conséquences dont l’inévitable expansion du terrorisme en Afrique du Nord et dans la région du Sahel.

Nous avons besoin d’un sérieux coup de main de la part des « amis de la Libye » pour opérationnaliser l’armée et lui donner les moyens de combattre le terrorisme et l’extrémisme, qui s’étend de l’Algérie à l’Iraq. Nous encourageons toutes les initiatives que les États membres, les Nations Unies, la Ligue des États arabes et l’Union africaine peuvent lancer pour aider les autorités légitimes à reprendre le contrôle de la situation », a ajouté M. Essa.

Pour sa part, la Chambre des représentants et le Gouvernement sont déterminés à poursuivre la voie du dialogue et de la tolérance, à résoudre tous les problèmes et les divergences entre Libyens et à respecter le processus démocratique. Le Président de la Chambre a demandé l’aide de la communauté internationale pour renforcer les institutions de l’État dans le domaine sécuritaire, rétablir l’autorité de l’État dans la capitale et frapper de sanctions les autorités illégales qui entravent le processus politique. Il a demandé une aide dans la lutte contre le terrorisme et dans le renforcement d’une culture du dialogue en Libye.

M. TANASAK PATIMAPRAGORN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande, a dit que pour la Thaïlande, le développement ne se réduit pas au produit intérieur brut (PIB), mais, a-t-il expliqué, pour qu’il soit durable, il doit aller de pair avec la démocratie, les droits de l’homme, la paix et la sécurité. La démocratie va au-delà des élections. Elle doit s’appuyer sur le respect de l’état de droit, de la bonne gouvernance, de la transparence, de la reddition des comptes et de l’égalité d’accès de tous à la justice. « Ces exigences n’étaient pas respectées dans mon pays avant le 22 mai », a affirmé le Vice-Premier Ministre. Il a expliqué qu’avant cette date, la Thaïlande vivait une impasse politique marquée par un dysfonctionnement de la démocratie et un risque de bain de sang. L’opposition politique, a-t-il ajouté, n’a pas su saisir la chance qui lui a été donnée et l’armée a dû intervenir pour sauver la démocratie thaïlandaise et prévenir l’instabilité dans le pays et la région tout entière, a affirmé M. Patimapragorn.

La Thaïlande, a-t-il aussi affirmé, est maintenant dans une période de transition et reste engagée en faveur de la démocratie et des droits de l’homme. « La Thaïlande ne tourne pas le dos à la démocratie, mais nous avons besoin de temps et d’espace pour permettre la réconciliation, mener des réformes politiques et renforcer nos institutions démocratiques », s’est défendu le Vice-Premier Ministre. Il a noté qu’en plus de cette feuille de route en faveur du retour à la démocratie, la Thaïlande vit également le retour de la croissance économique. Il a souligné que dans le monde aujourd’hui, aucune nation ne peut être un îlot de prospérité sans tenir compte des autres. Il a ainsi invité la communauté internationale à un partenariat solide pour le programme de développement pour l’après-2015. Il a, dans la même veine, assuré que la sécurité humaine est au cœur même du développement durable, déplorant ainsi les conflits qui ont cours au Moyen-Orient, en Syrie, en Libye, en Iraq et dans la bande de Gaza.

Il a plaidé pour une paix durable entre Palestiniens et Israéliens, précisant que les premiers ont autant besoin d’un État reconnu par la communauté internationale que les seconds de vivre dans la paix. M. Patimapragorn a rappelé que des soldats thaïlandais ont été associés à plusieurs missions de maintien de la paix à travers le monde, ajoutant que c’est cet engagement pour les causes des Nations Unies qui a conduit le pays à présenter sa candidature à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période de 2015- 017, et au Conseil de sécurité pour la période 2017-2018.

M. FRANK-WALTER STEINMEIER, Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, a plaidé de manière vibrante en faveur d’un multilatéralisme au sein des Nations Unies mais aussi en dehors de cette enceinte, grâce à des initiatives unilatérales fondées sur la solidarité. Ainsi, a-t-il annoncé, son pays organisera le mois prochain une Conférence à Berlin sur l’assistance humanitaire aux réfugiés syriens. Mais seule l’ONU peut fournir le fondement de toute action de cet ordre, qui est le droit international, « auquel nous devons toujours revenir ».

Abordant le conflit qui sévit en Ukraine, il a jugé qu’il s’agissait de tout sauf d’un conflit régional. « C’est en effet un conflit dans le cadre duquel un pays, mais pas n’importe lequel –un membre permanent du Conseil de sécurité– a modifié unilatéralement les frontières de l’Europe en annexant une région tout entière », a-t-il dénoncé. En aucun cas, nous ne pouvons tolérer que le droit international soit bafoué que les clivages entre Est et Ouest émergent à nouveau, a tranché le Ministre. Quelques semaines après avoir évité une confrontation militaire directe, nous devons maintenant œuvrer à la recherche d’un cessez-le-feu et, à terme, à une solution politique au conflit. « Le monde, a-t-il dit, ne doit pas retomber dans les divisions qui l’ont affaibli pendant des décennies. »

En cette époque hantée par « de vieux fantômes et de nouveaux démons », comme celui du terrorisme qui se réclame d’une vision déformée de l’islam, nous devons poursuivre deux voies simultanément: œuvrer à la recherche de solutions politiques en Ukraine, au Moyen-Orient et en Syrie, et relever les grands défis du XXIe siècle. La lutte contre le changement climatique, l’avènement d’un Internet plus sûr et respectueux des libertés individuelles et des données privées et un programme de développement pour l’après-2015 qui soit véritablement ambitieux, a précisé le Chef de la diplomatie allemande.

Avec sa reconversion vers les énergies renouvelables, l’Allemagne a ouvert une voie qui n’est pas forcément facile d’accès mais c’est celle que nous devons emprunter collectivement si nous voulons préserver nos ressources naturelles. Mais pour cela, la première étape, c’est de constamment renforcer les Nations Unies, y compris son Conseil de sécurité, pour la rendre toujours plus pertinente dans le monde complexe d’aujourd’hui, a prévenu en conclusion le Ministre.

M. SERGEY V. LAVROV, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a dit qu’il y avait, de nos jours, une contradiction entre la nécessité de faire des efforts collectifs pour trouver des réponses aux défis qui interpellent la communauté internationale, et l’aspiration de quelques États à affirmer leur domination et à faire revivre des « blocs archaïques » basés sur les conquêtes militaires et la logique erronée du « ami ou ennemi ». L’alliance occidentale menée par les États-Unis, a-t-il noté, qui se dit championne de la démocratie, de l’état de droit et des droits de l’homme, rejette le principe démocratique d’égalité de tous les États comme le mentionne la Charte des Nations Unies, et essaye de décider pour tous de ce qui est bon ou mauvais, a-t-il ajouté. « Washington a ouvertement déclaré son droit d’user unilatéralement de la force n’importe où pour défendre ses intérêts », a-t-il affirmé.

La viabilité du système international a été sévèrement mise à mal par les bombardements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Yougoslavie, en Iraq, les attaques en Libye et les opérations ayant été couronnées d’échec en Afghanistan, a dit le Ministre. Il a dit avoir l’impression que le but de toutes ces « révolutions folkloriques » est de changer des régimes indésirables et de provoquer le chaos et l’instabilité. L’Ukraine est aujourd’hui victime de ce type de politique. Après que l’Occident a déclaré sa victoire sur la guerre froide et proclamé la fin de l’histoire, a dit M. Lavrov, les États-Unis et l’Union européenne ont opté pour l’expansion de leur sphère d’influence géopolitique sans tenir compte des intérêts légitimes des pays d’Europe. L’Occident, a-t-il ajouté, a rejeté les propositions de la Fédération de Russie d’établir un traité de sécurité européen, répondant que seuls les membres de l’OTAN ont droit à la sécurité. Il a aussi déploré l’expansion de l’OTAN, de plus en plus vers l’Est, malgré des promesses contre cette option, et il a déploré la construction, par l’OTAN, d’infrastructures militaires aux frontières de la Fédération de Russie.

Le Ministre a affirmé que les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu le coup d’État en Ukraine, dénonçant les autorités autoproclamées de Kiev. Il a relevé que c’est la violation des droits de l’homme qui a poussé les populations de la Crimée à faire le choix de l’autodétermination, un choix absolument libre, a-t-il indiqué. M. Lavrov a regretté qu’aucune poursuite judiciaire n’ait été engagée contre les auteurs d’exactions de février dernier sur la place Maidan de Kiev, et dans d’autres régions et villes de l’Ukraine comme Odessa et Marioupol. Il a déclaré que le bilan laissé par les Forces armées ukrainiennes dans le sud-est du pays a été volontairement atténué. Il a également relevé que malgré l’adoption de la résolution 2166 (2014) du Conseil de sécurité, la mise en place d’une enquête précise et indépendante sur les circonstances du crash de l’avion de la Malaysian airlines, au-dessus de l’Ukraine, soit toujours reportée. La Fédération de Russie a un grand intérêt à voir son voisin, l’Ukraine, revenir à la paix, a dit le Ministre, en notant que le chemin de la paix au sud-est de l’Ukraine est ouvert après l’Accord de paix signé récemment sur l’initiative des Présidents ukrainien et russe.

M. Lavrov a convoqué l’histoire, rappelant qu’à l’établissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Fédération de Russie en 1933, les premiers avaient expressément demandé à leur vis-à-vis de s’abstenir de toute ingérence dans leurs affaires intérieures, et que son pays avait exigé la réciprocité de cette mesure, ce qui fut agréé. Il a ensuite souhaité que cette exigence soit appliquée à l’échelle planétaire, demandant par la même occasion que l’Assemblée générale adopte une déclaration à cet effet. Il a affirmé que le blocus de Cuba, mis en place par les États-Unis, était contre-productif, ajoutant que « la politique des ultimatums et la philosophie de la suprématie et de la domination ne cadrent pas avec les exigences du XXIe siècle ». Il a souhaité que des discussions soient menées, sans idéologie ni visée politico-militaire, dans la région euro-atlantique, que tous les pays y prennent part, et non pas seulement les membres de l’OTAN et de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Ces discussions doivent porter sur la sécurité de l’Ukraine, de Moldova et de la Géorgie, au lieu, a-t-il précisé, du choix fallacieux du « avec nous ou contre nous ». Nous voyons, a-t-il constaté, un déficit de démocratie dans les relations internationales et quelqu’un devrait mettre fin à ces stéréotypes centenaires de l’unicité dans les relations internationales. Il a plaidé pour le triomphe du respect mutuel comme cela se vit au sein des pays du groupe BRICS (Brésil, Fédération de Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), de l’Organisation de Shanghai pour la coopération, du G-20 ou encore du Conseil de sécurité.

Sur la question de la crise libyenne, M. Lavrov a demandé à avoir « des informations authentiques » sur la question des armes chimiques ayant appartenu à l’ancien régime. Après le bombardement du pays par l’OTAN, « en violation des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il dit, rien n’a été fait pour réparer les dommages créés, notamment la propagation des armes chimiques. Il a invité le Secrétaire général des Nations Unies à prendre ses responsabilités sur cette question. Il a voulu que la lutte contre le terrorisme s’appuie sur le droit international, ajoutant que les tentatives d’agir en marge de la Charte des Nations Unies ne contribueront pas à la réussite des efforts collectifs dans la lutte contre le terrorisme. Il a ainsi souligné que la lutte contre les terroristes en Syrie doit se faire en coopération avec le Gouvernement syrien qui a fait savoir, a-t-il noté, sa disponibilité à y participer. Il a rappelé qu’au début du printemps arabe, la Fédération de Russie avait mis en garde contre toute tentative de s’allier avec tous ceux qui se réclamaient ennemis du Président syrien.

L’élimination du terrorisme passe par l’identification de ses causes profondes et la Fédération de Russie envisage de lancer, sous les auspices du Conseil de sécurité, une étude sur les menaces de l’extrémisme et du terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Ministre a aussi estimé que l’absence d’une solution durable entre Israéliens et Palestiniens, depuis des décennies, est l’un des facteurs majeurs d’instabilité de la région, car cela permet aux extrémistes de recruter plus de djihadistes. Il a terminé en indiquant que les personnels médicaux russes sont déjà à pied d’œuvre en Afrique contre le virus Ebola, et que davantage d’assistance sera envoyée pour appuyer la toute nouvelle mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (UNMEER) en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria.

M. WANG YI, Ministre des affaires étrangères de la Chine, a rappelé que, comme l’illustrent les crises à Gaza, en Iraq, en République centrafricaine et au Soudan du Sud, le monde d’aujourd’hui est loin d’être pacifique. Face à de telles situations, la priorité numéro un doit rester la recherche de solutions politiques à tous les conflits; l’action coercitive ne devant être autorisée que par le Conseil de sécurité. Les intérêts et préoccupations de toutes les parties doivent être pris en compte dans les négociations, a-t-il aussi précisé, en ajoutant que la réconciliation nationale doit être promue, sous peine de voir surgir les tensions interethniques et communautaires. Le multilatéralisme doit s’exercer sous l’égide des Nations Unies et dans le respect du droit international. Autant de principes qui doivent, selon le chef de la diplomatie chinoise, guider le règlement des conflits, notamment celui qui sévit en Ukraine.

M. Yi a exprimé le soutien de son gouvernement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Iraq, affirmant qu’il s’opposait au terrorisme sous toutes ses formes. Là aussi, la coopération internationale doit prévaloir, le Conseil de sécurité devant assurer le leadership s’agissant des actions de lutte et de répression, mais aussi pour répondre aux causes profondes de ce fléau, a insisté le Ministre. En ce qui concerne la crise dans la péninsule coréenne, la Chine, a-t-il dit, a appelé toutes les parties à agir de manière objective et impartiale et à rester engagées en faveur de l’objectif de dénucléarisation, et ce, au travers du dialogue et de la négociation dans le cadre des Pourparlers à Six.

Abordant la question du programme de développement pour l’après-2015, il a expliqué que selon lui, la priorité doit être la promotion du bien-être de l’humanité, avec un accent sur l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement. Ce programme doit être inclusif et promouvoir la justice et l’équité sociale. Enfin, a ajouté M. Yi, il devrait privilégier la mise en œuvre, en renforçant notamment les partenariats.

Le Ministre a évoqué en conclusion le soixante-dixième anniversaire, l’année prochaine, de la victoire de la coalition « antifasciste » lors de la Seconde Guerre mondiale, la création des Nations Unies et la défaite de l’« agression japonaise » contre la Chine. « Les faits historiques sont parfaitement clairs et les verdicts définitifs ont déjà été rendus. L’Histoire ne saurait être falsifiée ni la vérité distordue. Aujourd’hui, 70 ans après, faisons respecter ensemble la justice et la conscience humaine, de sorte que ceux qui tentent de nier l’agression et de plier l’histoire à leur vision des choses n’aient nulle part où se cacher. « Ensemble, défendons la Charte des Nations Unies et les acquis de la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que l’idéal d’un monde libre et débarrassé de la guerre puisse s’enraciner dans nos cœurs et être transmis de génération en génération. »

M. PASQUALE VALENTINI, Ministre des affaires étrangères et politiques de Saint-Marin, a regretté que la région de la Méditerranée ne cesse de voir « le massacre » de migrants d’Afrique et d’Asie. Les données du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) montre l’ampleur de la tragédie mais aussi, a estimé le Ministre, la nécessité pour l’Europe de mieux partager le fardeau. Balayant l’actualité préoccupante du monde, le Ministre en a conclu que les différences culturelles et religieuses et la multiplicité des traditions représentées aux Nations Unies ne devraient pas faire obstacle à la recherche des solutions. Bien au contraire, elles devraient être vues comme une valeur permettant d’adopter une approche capable d’harmoniser les intérêts de toute la communauté internationale.

Nous avons le devoir et la responsabilité, a estimé le Ministre, de travailler sans relâche pour définir le programme de développement pour l’après-2015. Mais, a-t-il convenu, les simples appels ne suffiront pas. Étant donné que la pleine mise en œuvre des OMD a souvent été obstruée par le manque d’intégration entre les aspects économique, social et environnemental, il nous faut un nouvel élan et un nouveau départ pour faire en sorte que ces éléments promeuvent, au sein de nos communautés et nos populations, une culture de la vie, de la tolérance, de l’acceptation et de la solidarité; étant entendu que la famille est le premier élément du processus visant à édifier une culture de l’inclusion.

Tous les États, a voulu le Ministre, doivent prendre l’engagement commun de promouvoir la protection de la famille car c’est là que les principales relations régissant la coexistence entre humains sont gérées et développées. En conséquence, l’affaiblissement et la marginalisation de la famille sont souvent la cause de la grande confusion existentielle des jeunes générations avec les conséquences que l’on sait sur leur vie personnelle et sociale.

M. ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, s’est élevé contre toutes les formes d’extrémisme, de terrorisme et de divisions confessionnelles au Moyen et au Proche-Orient, qui posent plus largement des problèmes pour la paix et la sécurité internationales. Au-delà de la menace de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), l’Afghanistan, la Somalie, le Yémen et la Libye, ainsi que les États de la région du Sahel, sont directement touchés par les groupes « Takfiri », qui ont exploité l’instabilité dans ces pays pour tenter d’y créer des sanctuaires et puisé des fonds, un soutien logistique et des entraînements. Les Émirats, a-t-il dit, sont particulièrement préoccupés par la détérioration préoccupante des conditions de sécurité dans ces pays et les répercussions sur leurs voisins. M. Nahyan a déploré les développements en Iraq, où l’EIIL a exploité les divisions confessionnelles causées par le précédent Gouvernement. Et, en ce qui concerne la Syrie, il a plaidé pour qu’un soutien soit apporté à l’opposition syrienne modérée dans le cadre d’une stratégie efficace de lutte antiterroriste.

Le Ministre a évoqué la situation au Yémen, où les Houthis, « tentent de compromettre le processus politique et la légitimité constitutionnelle des autorités » et a exigé une action ferme et immédiate contre les tentatives de changer la réalité par la violence et la force. Au-delà d’une coopération internationale pour mettre fin à de tels actes, a ajouté M. Nahyan, les Émirats sont convaincus qu’un appui devrait être apporté aux gouvernements en difficulté pour renforcer leurs capacités et les aider à répondre aux défis qui se posent à eux dans le domaine sécuritaire. C’est pourquoi les Émirats assument leurs responsabilités, en particulier au sein du Forum mondial de lutte contre le terrorisme, et en coordination avec les autres organisations régionales et les pays concernés. « En accueillant sur son sol le Centre Hedayah pour la formation, le dialogue et la recherche dans la lutte contre la violence extrémiste, notre pays continue de soutenir la communauté internationale dans l’échange des pratiques optimales sur cette question », a assuré le Ministre.

Celui-ci s’est par ailleurs élevé contre les déclarations faites ces derniers jours à l’Assemblée générale contre le Gouvernement égyptien actuel, « qui a été élu librement par son peuple », soulignant que la stabilité de la région dépendait en grande partie de la stabilité de l’Égypte. Il a dénoncé le fait que la République islamique d’Iran ait hissé tout récemment son drapeau sur les îles d’Abou Mussa, ce que les Émirats considèrent comme une violation flagrante du mémorandum d’accord conclu par les deux pays.

Nous vivons dans un monde globalisé qui avance vers la multipolarité dans une époque caractérisée par des menaces sur l’espèce humaine, a déclaré M. BRUNO RODRÍGUEZ PARRILLA, Ministre des affaires étrangères de Cuba, en jugeant que ni les États-Unis ni l’OTAN ne pourront inverser cette tendance par une nouvelle distribution des cartes et par le recours aux armes. Mais, les a-t-il prévenus, en tentant de le faire, ils risquent de rendre ce monde ingouvernable. Ni les énormes arsenaux d’armes nucléaires et classiques, ni les dépenses annuelles d’armement de 1 000 milliards de dollars, ni l’accroissement des budgets militaires imposés aux membres de l’OTAN ne sauraient combattre la pauvreté, la faim, les épidémies, les migrations et ou résoudre les crises de l’eau, de l’énergie, de la nourriture, de l’environnement et de l’économie.

Elles ne feraient que mener à un chaos caractérisé par la déstabilisation voire la destruction des États, la prolifération des groupes extrémistes et violents, les déchirements entre nations, cultures et religions, lesquels ne manqueraient de menacer la paix et la sécurité internationales. La mise en œuvre extraterritoriale des lois américaines au détriment d’autres nations souveraines est même plus agressive encore, a dénoncé le Ministre, en appelant à un nouvel ordre mondial qui ne ferait aucune place à la philosophie de la guerre et à l’exploitation des ressources naturelles. Le Ministre a appelé à la fin de l’intervention en Syrie, jugeant inconcevable que les puissances occidentales encouragent, financent et arment des groupes terroristes au détriment d’un État tout en essayant de combattre les crimes que ces mêmes groupes commettent dans un autre État, en l’occurrence l’Iraq.

Le Gouvernement américain viole le droit international lorsqu’il procède, au mépris de l’ONU, à des bombardements, en ignorant les frontières nationales et en cachant derrière des coalitions douteuses. La tentative de déployer l’OTAN aux frontières russes aura de graves conséquences sur la paix, la sécurité et la stabilité en Europe, a prévenu le Ministre, qui a qualifié « d’immorales et d’injustes » les sanctions imposées à la Fédération de Russie.

Le Ministre a aussi rappelé la situation des Palestiniens avant d’appeler à une réforme en profondeur du Conseil de sécurité au sein duquel les pays du Sud doivent avoir une représentation équitable. Les Nations Unies doivent se réformer profondément et défendre les principes sur lesquels elles ont été créées. Le Ministre a critiqué le manque de volonté politique des pays industrialisés pour faire avancer le développement, la voracité des multinationales et la mauvaise répartition des richesses. Dans ce contexte, il a dit n’avoir que peu d’espoir s’agissant du programme de développement pour l’après-2015. Mais, s’est-il résigné, il faut essayer d’avancer en sachant que le document ne doit pas être l’illustration d’un consensus entre quelques-uns mais le consensus lui-même. Le Ministre a conclu en passant en revue les avancées de sa région en matière de coopération. Il n’a pas manqué de dénoncer l’embargo américain imposé à son pays qui est parvenu à sa seizième année.

M. SEBASTIAN KURZ, Ministre des affaires étrangères de l’Autriche, a voulu offrir à l’Assemblée générale « le point de vue de la jeune génération », celle de l’après-guerre et de la chute du mur de Berlin, lorsqu’il avait trois ans, un évènement, a-t-il dit, qui a généré l’espoir et de nouvelles opportunités. Si la guerre est revenue, dans les Balkans, deux après la chute du mur, aujourd’hui, a estimé le jeune Ministre, ces pays ont une vision européenne claire. Or, le monde d’aujourd’hui, a-t-il regretté, prend une autre tournure, comme en témoigne la situation en Ukraine que personne n’aurait pu prévoir. Ne revenons pas à la philosophie de la guerre froide où deux blocs se faisaient face, a-t-il plaidé. Notre orientation politique doit s’éloigner de la logique « l’Europe ou la Russie » et épouser celle de « l’Europe et la Russie ». Certains disent aujourd’hui que l’Ukraine ne se serait pas retrouvée dans cette situation si elle n’avait pas renoncé à son arsenal nucléaire. Mais, s’est indigné le Ministre, cette façon de penser est dangereuse. C’est plutôt le désir d’éviter les conséquences humanitaires des armes nucléaires qui devraient nous unir. Le Ministre a donc espéré que la prochaine Conférence prévue à Vienne en décembre 2014 marquera un réel changement de direction dans les discussions internationale sur les armes nucléaires.

Il a dénoncé, à son tour, la montée de l’extrémisme dans le monde, dont un nouvel élément: les combattants étrangers. Il a appelé les gouvernements et le secteur privé à mettre en place des mesures préventives contre ce phénomène, à geler tout appui financier aux organisations terroristes et à lutter contre l’abus des médias sociaux en développant des modèles volontaires de restriction. La résolution que le Conseil de sécurité vient d’adopter est un pas dans la bonne direction, il faut maintenant la mettre en œuvre. La ligne de front, a alerté le Ministre, n’est pas seulement en Iraq et en Syrie. Elle est dans nos propres sociétés occidentales.

Le Ministre n’a pas caché la fierté de son pays d’organiser la deuxième Conférence sur les pays en développement sans littoral, en novembre de cette année, et a réitéré l’engagement de l’Autriche de travailler activement au sein de l’ONU et de ses organisations pour relever les défis mondiaux que ce soient comme Casques bleus, Président du Conseil économique et social (ECOSOC) ou comme membre du Conseil des droits de l’homme. L’Autriche, a-t-il ajouté, est fière d’être l’hôte de l’Office des Nations Unies qui est devenu un point de repère dans le paysage viennois.

ANTONI MARTI PETIT, Chef de Gouvernement de la Principauté d’Andorre, a déclaré que les deux guerres mondiales avaient démontré le caractère dangereux de l’unilatéralisme et que l’ONU était née de cette prise de conscience. Toute solution s’éloignant des principes fondateurs de l’Organisation est vouée à l’échec, a-t-il assuré. C’est pourquoi son pays défend par exemple un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien qui aboutisse à la coexistence pacifique de deux Etats dans des frontières sûres et reconnues. Pour M. Petit, la situation en Iraq et en Syrie, où l’extrémisme de l’État islamique en Iraq et au Levant « EIIL » s’est installé, exige une action de la communauté internationale et le refus de toute impunité. Sur ce point, l’éducation et la sensibilisation sont deux instruments permettant une prise de conscience de la citoyenneté mondiale, a souligné le Chef du gouvernement.

Pour sa part, a-t-il dit, Andorre a participé à l’Initiative mondiale Education pour tous, lancée par le Secrétaire général, et qui réconcilie les actions entreprises aux niveaux local et mondial. Les citoyens d’Andorre peuvent avoir accès à l’éducation publique en France, en Espagne et en Andorre, ce qui représente un atout incomparable pour la diversité linguistique et multiculturelle, dont notre pays est sorti renforcé, s’est enorgueilli M. Petit. Rappelant que son pays avait massivement ouvert l’économie d’Andorre aux investissements étrangers, il a indiqué tous les droits économiques existants des citoyens a été élargis à l’ensemble des étrangers présents sur le sol, en partant du principe qu’une société à deux vitesses était une société inacceptable.

C’est dans la lutte contre le changement climatique que nous constatons, plus que n’importe où ailleurs, l’impératif du multilatéralisme, a-t-il poursuivi. « Dans les années à venir, nous nous efforcerons de développer des énergies renouvelables, mais sans un engagement au niveau mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les efforts consentis au niveau national ne connaîtront jamais le succès », a-t-il prévenu. L’heure était venue, a-t-il dit par ailleurs, de se mobiliser contre l’épidémie d’Ebola et de venir en aide à la Sierra Leone, au Liberia et à la Guinée.

M. PHAM BINH MINH, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Viet Nam, a estimé que les défis majeurs auxquels la communauté internationale est aujourd’hui confrontée sont le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, les risques dus aux armes nucléaires et les questions environnementales telles que la pollution et les changements climatiques. Il a relevé que la paix et la sécurité sont des prérequis pour un développement durable, et a ajouté que le respect du droit international est le fondement de la paix et de la sécurité. Il a ainsi appelé tous les États à respecter la Charte des Nations Unies, et à ne pas utiliser la force pour résoudre les différends internationaux. Le Vice-Premier Ministre a ensuite appelé à la fin de l’embargo imposé à Cuba, et a émis le vœu de voir une solution durable au conflit israélo-palestinien.

M. Minh a souhaité que le programme de développement pour l’après-2015 soit orienté vers la résolution des inégalités sociales, la lutte contre la pauvreté, la réduction du fossé entre pays développés et pays en développement, et la construction d’une économie verte. Il a invité l’ONU à poursuivre ses réformes, y compris le Conseil de sécurité qu’il a souhaité voir reformé afin de mieux refléter les défis mondiaux s’agissant de la paix et de la sécurité, notamment en modifiant les conditions d’accès et les méthodes de travail. Il a aussi évoqué la question de la mer de Chine méridionale, faisant part de la volonté du Viet Nam de résoudre ce différend de manière pacifique conformément au droit international. Il a enfin invité les délégués à soutenir les candidatures du Viet Nam au Conseil économique et social (ECOSOC) pour la période 2016-2018, et au Conseil de sécurité pour la période de 2020 à 2021.

M. EVANGELOS VENIZELOS, Vice Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Grèce, a dit son souhait de voir l’ONU se réformer, y compris le Conseil de sécurité, afin de rendre l’Organisation mieux à même de « s’adapter aux changements perpétuels de notre époque et renforcer son caractère opérationnel et son efficacité dans l’exercice de la diplomatie préventive ». Il a relevé que les changements climatiques sont parmi les sujets d’importance majeure à l’échelle internationale, et il a émis le vœu qu’un accord universel et juridiquement contraignant soit trouvé, car « la transition vers un nouveau modèle d’économie verte à faible intensité de carbone doit être accélérée », a-t-il affirmé.

Le Vice-Premier Ministre a appelé à la mise sur pied d’une stratégie internationale pouvant contenir le virus Ebola et éviter une crise humanitaire sans précédent qui risquerait de provoquer l’effondrement du système de santé et le tissu social des États affectés. Il a salué la création de l’UNMEER et a dit l’engagement de la Grèce à participer à cet effort mondial. Il a par ailleurs indiqué qu’au vu des crises au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe de l’Est, une stratégie cohérente et globale était nécessaire, et il a appelé à un rôle prépondérant des Nations Unies et du Conseil de sécurité. Il a aussi fait part de son inquiétude face à la crise ukrainienne, et il a dit son soutien à l’intégrité territoriale, à l’indépendance et la souveraineté de l’Ukraine.

M. Venizelos a en outre estimé qu’en tant que membre de la coalition internationale contre l’État islamique en Iraq et au Levant, la Grèce invite la communauté internationale à agir promptement contre les combattants terroriste étrangers et l’EIIL. Il a aussi plaidé pour l’intégration des Balkans de l’ouest dans l’Union européenne, appelant aussi à la poursuite des discussions entre Belgrade et Pristina au sujet de la question du Kosovo. Sur un tout autre plan, il a souhaité que l’ex-République yougoslave de Macédoine puisse se voir attribuer un nom consensuel. Rappelant enfin que Chypre avait été envahie il y a quatre décennies par la Turquie, il a appelé à une solution définitive et durable à la question chypriote, une solution qui serait entérinée par un référendum populaire, a-t-il suggéré.

M. RI SU YONG, Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a estimé qu’en matière de paix et de sécurité internationales, les Nations Unies affichaient un retard considérable par rapport à d’autres domaines, comme l’illustre selon lui le cas du Conseil de sécurité. Ainsi, un membre permanent cherche à devenir le « gendarme du monde », en imposant des blocus militaires et en cultivant des alliances militaires bilatérales parfaitement étrangères à la mission de l’ONU.

« Ces stéréotypes et préjudices d’une autre époque trouvent leur expression la plus absurde dans la situation qui prévaut dans la péninsule coréenne », a affirmé M. Ri, qui a dénoncé les manœuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud plus tôt cette année, visant selon lui à « occuper » la capitale de la RPDC, Pyongyang. Pourtant, a-t-il rappelé, en janvier dernier, le Gouvernement de la RPDC avait proposé de mettre fin aux actes d’hostilité mutuels dans la péninsule coréenne, mais les manœuvres évoquées avaient manifestement pour but de torpiller ce geste de bonne volonté. Nous avons saisi le Conseil de sécurité, mais il s’est détourné de nous, « fermant les yeux sur les agissements d’un de ses membres permanents », s’est-il indigné.

C’est une des raisons pour lesquelles ce Conseil doit être réformé de toute urgence, a plaidé le chef de la diplomatie nord-coréenne, pour qui il doit cesser de se livrer aux politiques de deux poids, deux mesures. Il a en effet un Conseil qui ignore les meurtres de civils palestiniens innocents par Israël avec le parrainage d’un membre permanent, pourtant prompt à s’en prendre au Gouvernement syrien, de manière tout à fait sélective. Le dossier nucléaire dans la péninsule coréenne devrait être résolu de manière pacifique, a-t-il affirmé, expliquant que la politique hostile poursuivie par les États-Unis depuis plus d’un demi-siècle a eu pour conséquence inévitable la nucléarisation de la RPDC, à des fins strictement « dissuasives ».

S’élevant à nouveau contre la sélectivité, M. Ri a déclaré être fermement opposée à l’instrumentalisation des violations des droits de l’homme perpétrées à des fins politiques, comme les « changements de régime ». Il a assuré en conclusion que la RPDC était tout à fait ouverte au dialogue et à la promotion des droits de l’homme avec les pays qui ne lui sont pas hostiles. C’est dans le même esprit de coopération que la réunification des deux Corée devrait s’opérer, afin de « prévenir la guerre et de préserver la paix », a suggéré le Ministre.

M. RAMTANE LAMAMRA, Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, a indiqué que face à la crise multidimensionnelle qui persiste, la communauté internationale a besoin de vision et d’ambition pour faire de l’ONU « l’artisan de solutions durables aux problèmes globaux contemporains ». Il a fait le pari que les nouveaux objectifs de développement durable « contribueront à la réalisation d’un monde qui rende possible la protection effective des droits, la participation inclusive de tous et le partage de la prospérité avec les régions déshéritées où vivent plus de 40% des personnes les plus démunies ». Il a voulu que soit au rendez-vous la concrétisation rapide des engagements, s’agissant de l’aide publique au développement, du Consensus de Monterrey, de la Déclaration de Doha ou de la Conférence Rio+20. Le Ministre a par ailleurs relevé que l’Algérie, en tant que coordonnateur du Groupe de travail des pays non alignés sur la revitalisation de l’Assemblée générale des Nations Unies, poursuivra ses efforts pour que cet organe, « le plus représentatif du système international », se réapproprie ses prérogatives. Il a également promis que son pays allait continuer de travailler à la réforme du Conseil de sécurité, « en vue de mettre fin à l’injustice historique faite au continent africain et qui est au cœur du déficit de représentation et de légitimité du Conseil ».

Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, le renforcement de la coopération et du partenariat entre l’Union africaine et les Nations Unies doit être encouragé, en particulier au titre du règlement des nombreux conflits et crises qui continuent d’endeuiller l’Afrique et « de retarder le parachèvement de sa décolonisation ». Dans cette perspective, il a souhaité que l’évaluation d’ensemble que le Secrétaire général des Nations Unies va présenter, en avril 2015, sur la question du Sahara occidental, opposant le Royaume du Maroc et le Front Polisario, pourra « honorer la doctrine des Nations Unies en matière de décolonisation, ainsi que l’effectivité des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale ». Il a rappelé l’appui de l’Algérie au « droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination », et il a encouragé le Secrétaire général et son Envoyé personnel au Sahara occidental à intensifier leurs efforts pour assurer le succès de leur œuvre de paix.

Le Ministre a ensuite indiqué qu’à la demande des parties maliennes, l’Algérie conduit une grande médiation entre le Gouvernement malien et les « mouvements du Nord ». L’adoption d’une « feuille de route pour les négociations dans le cadre du processus d’Alger » et d’une « Déclaration de cessation des hostilités » ont balisé le terrain pour le lancement de négociations substantielles, depuis le 1er septembre, en vue de parvenir à un accord de paix global et définitif. Le Ministre a précisé que le lancement de ces pourparlers a été un motif de satisfaction en ce qu’il a coïncidé avec la libération des deux derniers diplomates algériens retenus en otages pendant près de trois ans par un groupe terroriste.

Sur la situation en Libye, il a déclaré que la double initiative de son pays est venue apporter une contribution de qualité à un sursaut collectif salutaire du peuple libyen « que nous appelons tous de nos vœux ».

Cette difficile conjoncture régionale requiert une intensification des efforts de lutte contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel et les interconnexions qu’ils ont établies avec les réseaux du trafic de drogues et du crime organisé. Assurant que son pays poursuivra sa coopération au sein du Forum mondial de lutte contre le terrorisme et, notant avec intérêt les résultats de la réunion du Conseil de sécurité sur le terrorisme et les combattants étrangers et la mobilisation internationale contre le terrorisme qui affecte l’Iraq et la Syrie, le Ministre a estimé que l’assassinat du ressortissant français, Hervé Gourdel, souligne l’exigence du renforcement de la coopération antiterroriste dans toutes ses dimensions.

Il a conclu sur les bouleversements qui affectent la vie des peuples du Moyen-Orient et qui ajoutent de nouveaux questionnements à l’interpellation ininterrompue de la communauté internationale par la tragédie infligée au peuple palestinien. Il a aussi lancé un appel en faveur de la non-prolifération nucléaire et a voulu que le soixante-dixième anniversaire de l’ONU, l’année prochaine, soit l’occasion d’un engagement renouvelé en faveur du multilatéralisme.

M. OLDEMIRO MARQUES BALÓI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Mozambique, a déclaré que les expériences tirées de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) devraient servir à élaborer, « de manière inclusive », le prochain programme de développement durable. « Déjà, attachons-nous à pérenniser ceux que nous avons accomplis dans le cadre des OMD », a-t-il recommandé, indiquant en outre que son pays avait lancé un processus de consultations sur le programme de développement durable pour l’après-2015 impliquant les différents ministères, la société civile et le secteur privé. Précisant qu’à ce stade, les délibérations avaient souligné la nécessité, entre autres, de lier éradication de la pauvreté et amélioration des services publics, protection de la biodiversité et utilisation durable des ressources naturelles et de renforcer la coopération Sud-Sud, M. Baloi a plaidé pour l’émergence d’une vision commune du développement durable partagée aux niveaux sous-régional, régional et global. « La conclusion sans délai du Cycle de négociations de Doha est indispensable pour que le développement durable devienne réalité », a-t-il encore noté avant d’insister sur l’importance qu’il y a à ce que les priorités de l’Afrique, « dont la croissance pourrait atteindre les 4% en 2014 », soient reflétées dans le prochain programme.

Sur la menace terroriste, M. Baloi a salué la séance tenue le 24 septembre par le Conseil de sécurité sur le phénomène grandissant des combattants terroristes étrangers, considérant que la lutte contre ce fléau devait être ancrée dans le respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies et s’attaquer aux causes profondes de l’embrigadement. « Dans le monde qui est le nôtre, globalisé et interdépendant, l’action multilatérale, nécessaire à l’appréhension des défis globaux, doit être transparente et inclusive si elle veut être efficace », a considéré l’orateur. C’est ainsi qu’il a appelé de ses vœux un renforcement du rôle de l’ONU, qu’il a qualifiée d’« épicentre du multilatéralisme ». S’agissant de la coopération entre l’ONU et l’Union africaine, M. Baloi a jugé que pour accélérer la résolution des conflits, les deux organisations devaient mettre l’accent sur la diplomatie préventive et intensifier leurs activités de médiation. Il a réservé un mot à l’attachement de son pays à l’application du principe du droit à l’autodétermination, seul moyen selon lui d’assurer à tous les peuples l’exercice de leurs droits fondamentaux. « Nous notons avec satisfaction la nomination de l’ancien Président du Mozambique, M. Joaquim Alberto Chissano, en tant qu’Envoyé spécial pour les P5+ l’Espagne en vue de trouver une solution assurant au peuple sahraoui son droit à l’autodétermination », a-t-il dit.

M. RUI MACHETE, Ministre d’État et des affaires étrangères du Portugal, a fait remarquer que son pays était candidat à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2015-2017. Le Portugal, a-t-il rappelé, a prouvé à travers ses actions, lors de son dernier mandat au Conseil de sécurité en 2011 et 2012, que la promotion des droits de l’homme était l’une de ses priorités. Le pays est partie, sans réserves, à huit traités fondamentaux des droits de l’homme et à tous leurs protocoles facultatifs.

Le terrorisme, l’extrémisme et les groupes radicaux, dont l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) est « un sinistre exemple », doivent être répudiés et condamnés de la façon la plus véhémente possible, a déclaré M. Machete. À cet égard, il s’est félicité de l’adoption récente de la résolution du Conseil de sécurité sur les combattants terroristes étrangers. La situation en Iraq ne peut pas être séparée du conflit prolongé en Syrie, où les niveaux de violence et de souffrance sont innommables.

Le Portugal préside actuellement le Forum pour le dialogue en Méditerranée occidentale (Dialogue 5+5), dont la Lybie est un partenaire important. Préoccupé par la détérioration de la situation dans ce pays, le Ministre a estimé que la communauté internationale devait y aider le processus de transition politique et que toutes les parties libyennes devaient s’engager dans un véritable dialogue.

Les pays africains, a-t-il poursuivi, sont des partenaires politiques et commerciaux et le Portugal s’efforce de contribuer aux efforts internationaux visant à stabiliser les conflits ou à prévenir les risques sécuritaires en Afrique. C’est ainsi qu’il participe à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le Portugal est également prêt à participer au renforcement de la sécurité dans le golfe de Guinée et à coopérer pour renforcer les capacités maritimes des pays de la région.

Dans le même esprit, M. Machete a salué la restauration de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau et proposé la création d’une force de stabilisation, basée sur la mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans ce pays, et mandatée par l’ONU.

Par ailleurs, le Portugal a récemment adopté une nouvelle stratégie maritime centrée sur la « croissance bleue » qui va dans le sens des efforts de l’ONU pour une gestion durable des océans et de leurs ressources. Le Ministre a plaidé pour l’adoption d’un instrument international, dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, relatif à la conservation et à l’utilisation durables de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Enfin, le Portugal espère faire du portugais une langue officielle des Nations Unies.

M. LUBOMÍR ZAORÍÁLEK, Ministre des affaires étrangères de la République tchèque, a indiqué que, cette année, son pays célébrait les 25 ans de son retour à la démocratie et à la liberté. Or aujourd’hui, « l’intégrité territoriale de l’Ukraine, garantie par la Charte des Nations Unies et le Mémorandum de Budapest, a été violée par l’annexion russe de la Crimée et les activités des séparatistes pro-russes dans l’est du pays », a affirmé M. Zaoríálek. Pour lui, il est de la responsabilité de la communauté internationale de réunir les conditions d’une désescalade des tensions ayant causé d’immenses souffrances parmi le peuple ukrainien et un nombre considérable de victimes innocentes, y compris celles ayant trouvé la mort dans le crash du vol de la Malaysian Airlines MH17.

Concernant la situation dans le nord de l’Iraq et en Syrie, le Ministre tchèque des affaires étrangères a condamné les exactions commises par l’autoproclamé « État islamique » contre les minorités ethniques et religieuses, qu’il a qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. « Nous saluons la stratégie du Président Obama pour venir à bout de ce nouveau type de terrorisme et appelons par ailleurs toutes les parties au conflit syrien à cesser les violences et à coopérer sans conditions avec le nouvel Envoyé spécial en vue de parvenir à une sortie de crise durable », a-t-il encore déclaré.

Interpellant ensuite la communauté internationale et les Nations Unies, M. Zaoríálek a affirmé que la dignité des hommes, la possibilité pour tout un chacun de vivre une vie sûre et sans menace reposait, dans nombre de régions du monde, sur l’application du principe de la responsabilité de protéger. « Nous sommes particulièrement attachés aux dimensions sous-jacentes de ce principe, nommément la prévention de la violence et le renforcement des capacités nationales », a-t-il précisé, rappelant l’engagement de longue date de la République tchèque dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU. Afin précisément de renforcer la prévention des conflits, il a appuyé le plan d’action « Les droits avant tout » lancé par le Secrétaire général des Nations Unies. « Nous interprétons cette initiative comme un appel de l’ONU à ses organismes et aux États Membres pour qu’ils assurent partout le respect des droits de l’homme, une meilleure gouvernance, des élections libres et transparentes et une participation sans exclusive aux processus de décision, y compris celles ayant trait à la réalisation du développement durable », a dit M. Zaoríálek.

Le Ministre des affaires étrangères et du commerce de la Jamaïque, M. ARNOLD NICHOLSON, a salué l’appui que la communauté internationale a apporté à la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement et à « Samoa, la Voie à suivre », qui se fonde sur le Programme d’action de la Barbade et la Stratégie de Maurice. Les préoccupations de ces États, a-t-il fait valoir, devront figurer dans le programme de développement pour l’après-2015. Ces États cherchent notamment à être pleinement intégrés dans le système commercial multilatéral et à renforcer leur participation dans les institutions financières internationales.

Les menaces posées par les changements climatiques sont « bien réelles pour ceux qui vivent dans les Caraïbes », a poursuivi M. Nicholson, avant de souligner la plus grande fréquence des ouragans dans sa région et leur impact financier sur des pays dont la situation économique est déjà difficile.

Mettant l’accent sur l’importance de l’égalité des sexes, le Ministre a dit qu’il fallait « déraciner » la violence contre les femmes, promouvoir leur autonomisation et leur participation au processus de prise de décisions à tous les niveaux. Il a ensuite appelé l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime à aider les États Membres à élaborer un programme strict pour mettre fin à la traite des êtres humains, qui exploite en particulier les femmes et les enfants. Sur le thème de la santé, M. Nicholson a jugé que la nature pandémique de la fièvre hémorragique Ebola ou du VIH/sida ou encore ces « tueuses silencieuses » que sont les maladies non transmissibles, méritent la même attention urgente que les autres défis mondiaux.

Par ailleurs, les États des Caraïbes sont bien conscients des effets pernicieux de la prolifération des armes légères et de petit calibre, encouragée par le commerce des stupéfiants. « C’est là que réside la cause principale de la peur et de l’insécurité de nos citoyens », a déploré le Ministre qui s’est tout de même félicité de la prochaine entrée en vigueur du Traité sur le commerce des armes.

La Jamaïque a nommé un candidat à la Cour internationale de Justice (CIJ) pour la période 2015 à 2024, a indiqué M. Nicholson qui a encouragé les États Membres à coopérer au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour le Mémorial permanent pour les victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves qui va être érigé en 2015. Il a également salué le prochain lancement de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine. À cet égard, les pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) estiment que la justice réparatrice est un élément important de ce processus, « pour remédier aux torts historiques qu’ils ont subis ».

M. ZARAR AHMAD OSMANI, Ministre des affaires étrangères de l’Afghanistan, s’est d’abord réjoui de la réussite de l’élection présidentielle ayant porté au pouvoir le futur président, M. Mohammad Ashraf Ghani Ahmadzi, qui prêtera serment le 29 septembre. Il a voulu voir dans cette étape la preuve que son pays est sur la voie de l’appropriation nationale, même si, a-t-il reconnu, l’Afghanistan reste confronté à de nombreux défis en matière de sécurité et sur le plan économique. Pour les relever, il s’est dit confiant dans le fait que le prochain gouvernement pourrait compter sur le soutien de la vaste majorité des Afghans.

M. Osmani a déploré qu’au cours des 10 dernières années, le développement de son pays ait été sapé par les forces extrémistes et du terrorisme, ajoutant que seule une réponse globale permettra de venir à bout d’une menace désormais mondiale. Remerciant au nom du peuple afghan pour l’assistance fournie au cours de la dernière décennie par la communauté internationale dans les domaines vitaux de la sécurité, de la paix et de l’essor économique, il a insisté sur la nécessité de poursuivre cette « coopération mutuelle » afin de consolider les acquis et pérenniser les partenariats.

M. Osmani a ensuite rappelé que le transfert des responsabilités aux forces nationales entamé en 2011 serait achevé à la fin de l’année. « Les forces afghanes assurent la sécurité dans tout le pays en dépit des violences perpétrées de plus en plus souvent par des groupes armés composés de combattants étrangers », a-t-il ajouté, estimant que l’internationalisation du terrorisme au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde rendait l’appui de la Mission de l’OTAN en Afghanistan d’autant plus crucial.

Le Ministre afghan des affaires étrangères a également attiré l’attention sur les efforts politiques conduits par son gouvernement pour réconcilier tous les Afghans, en incitant les combattants à renoncer à la violence et à respecter la Constitution, qui consacre, a-t-il souligné, l’égalité des droits entre hommes et femmes. Par ailleurs, sur les relations de l’Afghanistan avec les pays voisins, M. Osmani a condamné les tirs de roquettes depuis le Pakistan, « qui mettent en péril la coopération et la confiance entre nos deux nations ».

Évoquant l’avenir du pays, il a indiqué que pour s’engager sur la voie du développement durable, l’Afghanistan devrait miser sur la modernisation de son agriculture, l’exploitation, en coopération avec ses partenaires internationaux, de ses abondantes ressources naturelles, comme les minerais et les hydrocarbures, et la mise en œuvre de la Décennie de la transformation. Sur ce dernier point, il a insisté sur la nécessité de mener de front le renforcement de la sécurité et du processus politique et de développement économique. « À cette fin, les promesses de contributions faites en 2012 lors des Conférences de Tokyo et Chicago permettront d’accompagner les efforts du Gouvernement en matière économique et sociale. » « L’Afghanistan aura besoin de ce soutien généreux de la part de la communauté internationale au cours des prochaines années », a-t-il déclaré.

Enfin, revenant sur la coopération régionale, M. Osmani a souligné l’importance du Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, qui regroupe 12 pays appuyés par 12 autres pays partenaires et pas moins de 9 organisations internationales. « Une coopération élargie à ce niveau ne pourra que servir nos objectifs tant économiques que sécuritaires », a-t-il insisté.

Droits de réponse

Le représentant de l’Iran a répondu aux observations des Émirats arabes unis sur la question « des trois îles iraniennes dans le Golfe persique ». À ce sujet, les mesures prises par les autorités iraniennes ont toujours été menée sur la base des principes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran. « Toute affirmation contraire est considérée comme une ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran », a-t-il dit. L’Iran a toujours cherché à mener une politique de bon voisinage dans la région et souhaite éliminer tout malentendu qui pourrait exister entre les deux pays.

Le représentant du Pakistan a répondu aux remarques faites par le Premier Ministre de l’Inde qui a fait référence au « Cachemire occupé par le Pakistan ». Le nom correct, a-t-il précisé, est « Jammu-et-Cachemire ». Le Pakistan condamne le terrorisme sous toutes ses formes et cherche le dialogue. Les Nations Unies sont le forum le plus approprié pour parler de cette question et le droit à l’autodétermination doit être exercé par le peuple de Jammu-et-Cachemire conformément aux résolutions de l’ONU.

Le représentant de l’Inde a rejeté les observations du délégué du Pakistan en rappelant que l’Inde est prête à « participer à un dialogue sérieux avec le Pakistan, dans une atmosphère pacifique sans l’ombre du terrorisme », et que le Pakistan doit créer un environnement approprié à cette fin.

Le représentant du Pakistan a souligné que ce n’est pas son pays qui a arrêté le processus du dialogue mais l’Inde. Le Pakistan lui-même est « la plus grande victime du terrorisme ».

Le représentant de l’Inde a rejeté « toutes les remarques non sollicitées et injustifiées du délégué du Pakistan ».

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