Assemblée générale : Inquiétudes pour les droits de l’homme dans un monde où le droit international est ébranlé face à l’unilatéralisme

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Published on 29 Sep 2018 View Original

AG/12072

Assemblée générale Plénière
Soixante-treizième session, 14e & 15e séances plénières, Matin, après-midi & soir

Migrations, changements climatiques et développement durable ont été de nouveau largement évoqués samedi à l’Assemblée générale alors qu’approche la fin du débat général. Mais ce sont plus encore des conflits qu’ont traité les dignitaires présents, de même que des menaces sur le droit international, lequel pâlit sous les assauts de l’unilatéralisme que la communauté des nations avait cru dépasser, notamment en adoptant la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. C’est pour réduire ces tensions et favoriser la résolution des conflits par la voie diplomatique que le Président du Turkménistan, M. Gurbanguly Berdimuhamedov, seul Chef d’État à s’exprimer ce samedi, a proposé de faire de 2019 « l’Année de la paix et de la confiance ».

Le Ministre des affaires étrangères de la Lettonie l’a rappelé: le monde célèbre cette année le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sans le respect desquels la sécurité ne saurait être une réalité. Adopté le 10 décembre 1948 pour renforcer encore la Charte de l’Organisation, ce texte fort de 30 articles a été traduit dans plus de 500 langues. Et pourtant, a noté son pair du Brunéi Darussalam, « les fondations et principes de l’ordre international sont aujourd’hui remis en question, quand ils ne sont pas simplement ignorés ».

« Nous pouvons avoir des vues différentes dans notre approche en matière de droits de l’homme, mais cela ne doit pas être interprété comme le signe que nous tournons le dos » à la Déclaration, a toutefois tempéré le Chef de la diplomatie des Philippines. Quant au Ministre des affaires étrangères du Burundi, il a dénoncé « la tendance dangereuse de certains États à vouloir transformer le Conseil des droits de l’homme en outil de pression politique et de régulation de la géopolitique au Sud ». Un outil qui reste attractif puisqu’après bien d’autres durant la semaine, Bahreïn a annoncé sa candidature à un siège dans cet organe de 47 membres, alors que le Sénégal annonçait son intention d’en briguer la présidence l’an prochain.

Bien des interventions ont illustré aujourd’hui encore les menaces à l’ordre international. Ainsi, tout en dénonçant la montée des groupes terroristes qui cherchent à déstabiliser les États du Moyen-Orient, le Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis a accusé l’Iran de continuer à semer le chaos et de miner la sécurité des États, citant les attaques dont sont victimes l’Arabie saoudite et le Yémen. Son homologue du Bahreïn a, lui aussi, condamné la « politique de destruction » menée par l’Iran au Moyen-Orient, avant de s’en prendre au Qatar, qui « refuse de cesser ses pratiques à l’encontre de la sécurité collective dans la région ».

Le conflit au Yémen a été au centre de l’intervention du Chef de la diplomatie d’Oman, qui a souhaité une solution politique qui tienne compte de la réalité yéménite, à savoir que toutes les parties et forces politiques au Yémen comme à l’étranger aient une chance de participer à l’édification d’un avenir prospère pour leur pays. La question palestinienne n’a pas été ignorée. Alors que de nombreux orateurs appelaient à la reprise des pourparlers pour parvenir à la solution des deux États, Oman a répété que c’est le problème central du Moyen-Orient, avertissant que « le non-établissement d’un État palestinien ne va que perpétuer la violence et le terrorisme ».

Le terrorisme, le Pakistan en a « fait un instrument de sa politique officielle », a accusé la Ministre indienne des affaires étrangères. « Nous aspirons à la résolution des différends au travers d’un dialogue global couvrant toutes les questions d’intérêt commun », a retorqué son homologue pakistanais, qui a accusé l’Inde de chercher des prétextes pour annuler les réunions conjointes prévues entre les deux pays, avant de demander l’établissement, dans les meilleurs délais, d’une commission d’enquête de l’ONU pour établir les responsabilités sur les heurts au Jammu-et-Cachemire. Il a menacé l’Inde d’une « réponse vigoureuse et à la hauteur » si elle devait « s’aventurer de l’autre côté de la ligne du cessez-le-feu ».

Face à tous ces conflits qui essaiment et devant ce déferlement de propos belliqueux, la responsable de la diplomatie de l’Autriche a demandé « où se trouve l’efficacité du multilatéralisme que nous célébrons ici? » Évoquant les « comités, déclarations et conventions », elle a dénoncé « un jeu confortable, subtil, interminable, étoffé de litanie et de mantras ». Saluant le discours prononcé mardi par le Président français, M. Emmanuel Macron, assimilant le multilatéralisme à la règle du droit, la Ministre a en outre défendu le recours à la Cour internationale de Justice (CIJ) et la Cour pénale internationale, y voyant une « façon crédible » d’assurer la primauté du droit. À cet égard, le Chef de la diplomatie du Belize a dit envisager de saisir la CIJ pour résoudre son différend frontalier avec le Guatemala.

Un pas important a été fait cette année vers la paix et le développement dans la péninsule coréenne, s’est félicité le Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Mais « l’idée que les sanctions pourront nous mettre à genoux est l’utopie de gens qui ne nous connaissent pas », a-t-il répondu au Président Trump qui affirmait mardi que les sanctions resteraient en vigueur. La RPDC a invité les États-Unis à donner plutôt la priorité au renforcement de la confiance, prenant exemple sur le réchauffement des relations entre les deux Corée, plutôt que d’insister sur « la dénucléarisation d’abord » et d’augmenter la pression par des sanctions.

« Défendre le droit international et la Charte et se tenir du côté de la justice; ou alors se soumettre aux tendances hégémoniques et à la loi de la jungle que certains essayent d’imposer à l’ONU et au monde », c’est aussi le choix clair et sans équivoque qu’a présenté à la communauté internationale le Vice-Premier Ministre de la République arabe syrienne. Alors que le Chef de la diplomatie de Singapour rappelait que l’ONU est notre « ultime bastion », son homologue algérien a estimé qu’il fallait justement appuyer une réforme de l’Organisation, laquelle doit porter tant sur les structures que sur les modes de fonctionnement. Ont une fois encore été lancés des appels à réparer l’« injustice historique faite au continent africain » dans la composition du Conseil de sécurité.

L’Assemblée générale se réunit lundi matin, à 9 heures, pour clore son débat général.

Suite du débat général

M. EDGARS RINKĒVIČS, Ministre des affaires étrangères de la Lettonie, s’est réjoui que cette session coïncide avec la célébration du centenaire de son pays, en se remémorant les remarquables changements produits il y a 100 ans, avec la fin de la Première Guerre mondiale, l’effondrement des empires et le remaniement de la carte politique de l’Europe. Cependant, a-t-il tempéré, les insuffisances de la Société des nations (SDN) fut l’une des principales raisons qui conduit la Lettonie à perdre son indépendance pendant un temps. Citant notamment l’occupation de l’Union soviétique, et le régime de terreur et de violations graves des droits de l’homme, il a regretté que la Fédération de Russie ne reconnaisse toujours pas ces faits historiques bien établis. Il a appelé ce pays le faire et à condamner les actions de l’Union soviétique. Depuis la restauration de son indépendance, la Lettonie plaide pour le respect du droit international et des droits de l’homme, a-t-il ajouté.

Les Nations Unies ont été créés non seulement pour préserver les générations du fléau de la guerre mais aussi pour respecter les obligations consacrées dans le droit international, notamment le droit de la femme et de l’enfant, a fait remarquer le Ministre en demandant que l’ONU fasse respecter ces valeurs dans n’importe quelle situation: en Syrie, au Myanmar, et aussi « en Crimée où les Tatars sont persécutés par les autorités russes ». Cette année, nous célébrons la Déclaration universelle des droits de l’homme, a-t-il rappelé indiquant que la sécurité ne saurait être une réalité sans le respect des droits de l’homme et la liberté.

M. Rinkēvičs a, à cet égard, exhorté la Fédération de Russie à « libérer le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov détenu illégalement et les 64 prisonniers politiques ukrainiens, y compris le journaliste Roman Sushchenko ». De même, la Lettonie ne reconnaîtra pas l’annexion illégale de la Crimée, a-t-il ajouté. Il a appelé, en outre, le Myanmar à libérer les deux journalistes de Reuters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo. Pour renforcer le rôle de l’ONU, des efforts doivent être entrepris pour le respect des objectifs et principes de la Charte des Nations Unies, a conclu le Ministre en appelant l’Organisation à mener de sérieuses réformes pour être à la hauteur des exigences du XXIe siècle. Il faut renforcer la légitimité du Conseil de sécurité, a-t-il exigé, en lui donnant une meilleure représentativité. Il a, enfin, rappelé que le développement durable ne peut être réalisé sans le renforcement des droits de l’homme à travers le monde.

M. RIMBINK PATO, Membre du Parlement et Envoyé spécial du Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, a rappelé que son pays accueille en novembre prochain le Forum de la coopération économique Asie-Pacifique (APEC), dont les membres représentent 39% de la population mondiale et 48% des activités commerciales internationales, notamment avec des pays comme les États-Unis, la Chine, le Japon et bien d’autres. Il a cité, parmi les sujets qui seront débattus au cours de ce forum, la question de la prospérité par le biais du commerce, la préservation de l’environnement, l’inclusion afin de ne laisser personne de côté, l’économie numérique et l’égalité des genres.

Sur ce dernier point, l’Envoyé spécial a relevé que la protection de la femme est l’un des défis les plus importants pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il reste du chemin à parcourir, a-t-il reconnu, en notant que le développement durable dépend des améliorations dans ce secteur. Le pays travaille à améliorer l’égalité des genres par le biais de politiques et lois qui combattent la violence sexiste, promeuvent l’emploi des femmes dans les secteurs formel et informel, tout en facilitant leur éducation. À ce sujet, il a salué les progrès qui ont permis à un million de jeunes supplémentaires d’être scolarisés, notamment des jeunes filles. Ces avancées ont pu se faire grâce au soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux comme le système des Nations Unies, a-t-il relevé.

M. Pato a salué les efforts visant à financer le Fonds vert pour le climat, affirmant que l’accès à ces financements est crucial pour les petits États insulaires en développement (PEID) notamment, car ces pays entendent atténuer les conséquences des changements climatiques et s’y adapter, tout en renforçant leur résilience aux catastrophes naturelles.

Il a en outre noté le vif intérêt de la communauté internationale pour le référendum qui aura lieu à Bougainville en juin 2019, une région de son pays. Il a salué l’implication des partenaires du pays sur cette question, mais a précisé que leur travail ne doit en aucun cas empiéter sur la souveraineté nationale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée sur son territoire, conformément au droit international. Sur la question des migrations enfin, il a dit que son pays travaille en collaboration avec l’Australie dans la relocalisation des demandeurs d’asile dont certains seront envoyés aux États-Unis, alors que les autres migrants restent sur place en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

M. YOUSEF BIN ALAWI BIN ABDULLAH, Ministre des affaires étrangères d’Oman, a affirmé que la paix est la « pierre angulaire » de la stabilité et du développement. Notant que la question palestinienne est le problème central du Moyen-Orient, il a appelé la communauté internationale à créer les conditions nécessaires pour aider les parties à mettre fin au conflit. Il a ainsi plaidé pour la création d’un environnement favorable à la reprise des discussions devant mener à un accord sur la solution des deux États, car « le non-établissement d’un État palestinien ne va que perpétuer la violence et le terrorisme », a-t-il averti.

Sur le Yémen, le Ministre a salué la mobilisation de la communauté internationale pour le soutien humanitaire à ce pays. Oman appuie les efforts de l’Envoyé spécial, M. Martin Griffiths, qui s’évertue à organiser des pourparlers entre les parties yéménites. Le Ministre a dit que son pays voudrait une solution politique qui tienne compte de la réalité yéménite: toutes les parties et forces politiques au Yémen comme à l’étranger doivent ainsi avoir une chance de participer à l’édification d’un avenir prospère pour leur pays.

M. Bin Abdullah a ensuite salué la diminution de la violence en Syrie, grâce notamment aux interventions de la Fédération de Russie, du Gouvernement syrien, des États-Unis, de l’Union européenne et des pays de la région qui collaborent pour la lutte contre le terrorisme. Il a également soutenu les actions de l’Envoyé spécial, M. Staffan de Mistura, avant de terminer en se réjouissant des perspectives positives dans la Corne de l’Afrique après les accords récents entre certains États de la région.

Mme SUSHMA SWARAJ, Ministre des affaires étrangères de l’Inde, a promis de rester engagée, avec l’ONU, dans la réalisation des objectifs de développement durable. L’Inde a lancé un processus de transformations économique et sociale sans précédent qui doit contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable bien avant la date butoir, a-t-elle indiqué. Elle a cité quelques initiatives concluantes comme la mise en place du plus grand mécanisme financier au monde, baptisé « Jan Dhan Yojana », qui a permis à 320 millions d’Indiens de disposer pour la première fois d’un compte bancaire. Les personnes les plus pauvres ont ainsi pu recevoir directement les allocations du Gouvernement, mettant ainsi fin au gaspillage et à la corruption.

De même, « l’Inde a lancé récemment un plan révolutionnaire en matière d’assurance universelle qui bénéficiera à 500 millions d’Indiens ». La Ministre a encore cité « la plus grande opération de logement du monde » menée par son pays pour que chacun ait un toit: l’objectif est 21 millions de logement à l’horizon 2022. D’ores et déjà, 5 millions d’habitations ont été construites au bénéfice des pauvres.

L’Inde a aussi lancé le programme « Mudra » qui vise à donner des compétences aux demandeurs d’emploi et à permettre aux pauvres de devenir des entrepreneurs. À la date d’aujourd’hui, a ajouté Mme Swaraj, 140 millions d’Indiens, dont 75 millions de femmes, ont bénéficié des prêts. « Car en Inde, nous croyons que l’émergence des nations passe par l’autonomisation de la femme. » Le Premier Ministre indien est déterminé à faire de l’Inde un pays propre, prospère, éduqué, en bonne santé, énergique et fort, à l’horizon 2022, a témoigné la Ministre en se montrant confiante.

Abordant par ailleurs les deux défis principaux posés au monde -les changements climatiques et le terrorisme– elle a d’abord appelé les pays développés à ne pas se dérober devant leurs responsabilités sur le dossier du climat et à aider les pays qui en ont besoin sur les plans technique et financier. Elle a évoqué le lancement, par l’Inde et la France, de l’Alliance solaire internationale (ISA) et fait part de sa satisfaction de voir 68 nations s’y être joint. Quant au terrorisme, ce « démon qui hante le monde », elle a fait remarquer que, pour l’Inde, ce phénomène ne vient pas d’un pays lointain mais d’un qui se trouve « de l’autre côté de notre frontière », qui est devenu « expert de la duplicité ».

Elle en a voulu pour preuve qu’Osama Bin Laden, l’architecte et idéologue du 11 septembre, avait fait du Pakistan -pourtant proclamé allié et ami des États-Unis- son sanctuaire. Le Pakistan a fait du terrorisme un « instrument de sa politique officielle », selon la Ministre indienne. « Les tueurs du 11 septembre sont morts, mais le coordinateur du 26/11, Hafiz Saeed, se promène dans les rues du Pakistan en toute impunité », a-t-elle déploré en faisant référence à l’attentat de Mumbai de 2008. « Quant aux pourparlers avec ce pays, comment envisager de telles négociations avec un pays qui adopte un tel comportement? On nous accuse de saboter les pourparlers, cela est un pur tissu de mensonge », s’est-elle emportée.

Plusieurs gouvernements indiens ont choisi l’option de la paix mais ce dialogue a été stoppé net à cause du comportement du Pakistan, a-t-elle encore accusé. Elle a corroboré ses propos par le rappel des attaques terroristes perpétrées sur la base aérienne de Pathankot, le 2 janvier 2016, alors qu’elle s’était rendue personnellement à Islamabad pour un dialogue bilatéral. « Comment, dès lors, engager des pourparlers alors que les terroristes font couler le sang dans notre pays », s’est-elle interrogée en concluant son intervention.

M. WALID AL-MOUALEM, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et des expatriés de la République arabe syrienne, a déclaré qu’au cours des sept dernières années, les Syriens ont refusé de se compromettre, malgré leurs souffrances face au terrorisme et aux soutiens extérieurs. « N’en déplaise à certains, a-t-il avancé, la situation sur le terrain est plus sûre et plus stable, et la guerre contre le terrorisme est presque terminée. » Mais, a-t-il averti, la lutte se poursuivra jusqu’à ce que tout le territoire syrien soit « épuré de groupes terroristes » -quels que soient leurs noms- et de toute présence étrangère illégale.

Le Vice-Premier Ministre a indiqué que certains pays ont dénié le droit de la Syrie, en vertu du droit international et du devoir national, de combattre le terrorisme et de protéger sa population, à l’intérieur même de ses frontières. Et dans le même temps, « ces gouvernements ont formé une coalition internationale illégitime, menée par les États-Unis, sous le prétexte de combattre le terrorisme en Syrie ». « La soi-disant coalition n’a pas du tout lutté contre le terrorisme », a-t-il affirmé, ajoutant que les objectifs de la coalition étaient même parfaitement alignés sur ceux des groupes terroristes. Il a aussi accusé la coalition d’avoir détruit des infrastructures civiles, notamment à Raqqa, ce qui est constitutif de crime de guerre, a-t-il estimé en imputant également à la coalition l’appui militaire direct offert aux terroristes, à de multiples occasions, et alors que ces derniers combattaient le Gouvernement syrien. Ces constats lui ont fait dire qu’il aurait été plus juste de parler de « coalition en soutien aux terroristes et aux crimes de guerre ».

M. Al-Moualem a expliqué que « la situation en Syrie ne peut être dissociée de la bataille qui fait rage sur la scène internationale entre deux camps ». Un camp promeut la paix, la stabilité et la prospérité à travers le monde, promeut le dialogue, la compréhension mutuelle, le respect du droit international et s’aligne derrière le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États. L’autre camp, cependant, essaye de créer le chaos dans les relations internationales et emploie la colonisation et l’hégémonie comme outils pour rechercher ses intérêts égoïstes, selon le Vice-Premier Ministre syrien. Il a dénoncé les « méthodes de corruption » de ce dernier camp, comme « le soutien au terrorisme et l’imposition d’embargo économique pour soumettre les peuples et gouvernements qui rejettent les diktats extérieurs et veulent prendre eux-mêmes leurs décisions ». Devant ce constat, le Vice-Premier Ministre a demandé à la communauté internationale de faire un choix clair et sans équivoque: « défendre le droit international et la Charte des Nations Unies et se tenir du côté de la justice; ou alors se soumettre aux tendances hégémoniques et à la loi de la jungle que certains essayent d’imposer à l’ONU et au monde ».

Il a en outre souligné que, sur le terrain en Syrie, le Gouvernement continue de réhabiliter les zones détruites par les terroristes. Toutes les conditions sont désormais réunies pour un retour volontaire de réfugiés syriens dans leur pays, a—t-il affirmé. Des milliers de Syriens ont même déjà commencé à rentrer, s’est-il félicité. « Le retour de chaque Syrien est la priorité pour l’État syrien », a-t-il annoncé en soulignant que la porte leur est ouverte pour un retour volontaire et sûr. Il a accusé certains pays occidentaux de faire peur aux réfugiés et de subordonner leur retour à l’avancée du processus politique. Le Vice-Premier Ministre a dit que son pays est ouvert à l’assistance internationale pour sa reconstruction, avec les États qui n’ont pas pris part à l’agression contre la Syrie. A contrario, les pays ayant soutenu le terrorisme en Syrie ne sont ni conviés ni les bienvenus, a-t-il prévenu.

Il a promis que son gouvernement restait engagé pour un processus politique sans compromission des principes nationaux. Il a rappelé que la tâche du futur comité constitutionnel sera uniquement de revoir les articles de la Constitution actuelle de la Syrie, à travers un processus mené par les Syriens eux-mêmes et qui peut être facilité par l’Envoyé spécial du Secrétaire général. Il a souligné que ce comité devra être indépendant, puisque « la Constitution est une question syrienne qui doit être traitée par le Syriens eux-mêmes ». De ce fait, « le peuple syrien doit avoir le dernier mot sur la Constitution ou sur toute autre question de souveraineté nationale », a-t-il insisté.

M. Al-Moualem a par ailleurs affirmé que son gouvernement est opposé à tout usage d’armes chimiques; c’est pourquoi le pays a éliminé entièrement son programme chimique, comme cela a été confirmé par des rapports de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Il a accusé les États-Unis, la France et le Royaume-Uni de politiser le travail de l’OIAC et de faire fi d’informations dignes de confiance que la Syrie transmet sur les armes chimiques aux mains des groupes terroristes qui les ont utilisées à plusieurs reprises. Il a en outre accusé les Casques blancs de prêter le flanc à la fabrication d’accusations sur l’usage d’armes chimiques en Syrie.

Le Vice-Premier Ministre a ensuite rappelé qu’Israël continue d’occuper le Golan syrien. Comme le sud de la Syrie a été libéré des terroristes, le Gouvernement est déterminé désormais à libérer tout le Golan syrien occupé jusqu’aux positions du 4 juin 1967, a-t-il indiqué. Il a, à cet égard, invité la communauté internationale à forcer Israël au respect des résolutions de l’ONU, notamment la 497 sur le Golan syrien occupé. De même, il a invité la communauté internationale à aider les Palestiniens à établir un État indépendant et à faciliter le retour des réfugiés palestiniens chez eux.

Un pas important a été fait cette année vers la paix et le développement dans la péninsule de Corée, s’est félicité M. RI YONG HO, Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). En avril dernier, le Président Kim Jong Un a présenté une nouvelle stratégie consistant à concentrer tous ses efforts sur la construction économique socialiste. Cette tâche historique, a-t-il précisé, est rendue possible par le fait que « nous avons suffisamment consolidé nos capacités de défense nationale et de dissuasion pour faire face aux menaces nucléaires dont la RPDC fait l’objet depuis plusieurs décennies ».

Le Président Kim Jung Un, fermement déterminé à faire de la péninsule coréenne une terre exempte d’armes et de menaces nucléaires, a réalisé une avancée importante en améliorant les relations nord-sud et avec les États-Unis, et en revitalisant des relations amicales et de coopération avec les pays voisins, a fait remarquer le Ministre. M. Ri a souligné que la clef de la consolidation de la paix et de la sécurité dans la péninsule coréenne réside maintenant dans l’application intégrale de la Déclaration conjointe RPDC-États-Unis adoptée en juin dernier lors du sommet entre les deux pays à Singapour.

Une fois que la Déclaration conjointe sera mise en œuvre, la tendance actuelle à la détente se transformera en paix durable et aboutira à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, a-t-il assuré. « La péninsule coréenne, le point le plus tendu du globe, deviendra le berceau de la paix et de la prospérité, qui contribuera à la sécurité en Asie et dans le reste du monde. »

À cette fin, a poursuivi M. Ri, la RPDC et les États-Unis doivent donner la priorité au renforcement de la confiance. Avant même le sommet de Singapour, le Gouvernement de la RPDC a pris des mesures pour montrer sa bonne volonté, comme l’arrêt des essais nucléaires et des tirs de missiles balistiques intercontinentaux. Toutefois, a-t-il regretté, « nous ne voyons pas de réponse similaire de la part des États-Unis ». Au contraire, a-t-il déploré, les États-Unis insistent sur « la dénucléarisation d’abord » et augmentent la pression par des sanctions, et s’opposent même à la « déclaration de la fin de la guerre ».

« L’idée que les sanctions pourront nous mettre à genoux est l’utopie de gens qui ne nous connaissent pas », a continué le Ministre. Le problème est que les sanctions et les méthodes coercitives des États-Unis nous rendent plus méfiants, a-t-il ajouté. À l’inverse, il a souligné que le dialogue en cours entre les dirigeants du nord et du sud souligne bien l’importance du renforcement de la confiance. « Si la partie à cette question de dénucléarisation était la Corée du sud et non pas les États-Unis, la dénucléarisation de la péninsule coréenne ne serait pas arrivée à une telle impasse », a-t-il imaginé.

S’il y des vues pessimistes aux États-Unis à propos de la Déclaration conjointe, ce n’est pas parce qu’il y a des lacunes dans le document, c’est du fait de la politique intérieure américaine, a considéré M. Ri. Une fois de plus, il a appelé les États-Unis à appliquer fidèlement l’engagement pris à Singapour. À cet égard, a-t-il conclu, le Conseil de sécurité a aussi un rôle à jouer en saluant et en appuyant les développements positifs dans la péninsule coréenne.

M. ABDELKADER MESSAHEL, Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, a fait observer que le monde continue de vivre au rythme d’une « crise multiforme d’une rare intensité ». Dans un environnement de mondialisation avancée, voire irréversible, la gravité de ces défis colossaux, anciens et nouveaux, se voit accentuée par les effets pervers d’une crise économique et financière qui tend à s’installer dans la durée malgré la timide hausse de la croissance économique mondiale, a-t-il noté. Face à ce constat, rendu plus alarmant encore par l’apparition récente de velléités unilatéralistes et protectionnistes, il a demandé d’avoir le courage de « reconnaître l’inadéquation, pour ne pas dire l’inanité, de nombre de politiques conjoncturelles suivies jusqu’ici du fait, essentiellement, des déficiences structurelles d’une architecture de gouvernance mondiale de plus en plus dangereusement anachronique ». Pour lui, le « triste constat que nous devons nous résoudre à faire est que nous sommes face à une véritable crise morale ».

Si l’ONU demeure, selon lui, l’enceinte par excellence du dialogue et de la coopération entre toutes les nations du monde, elle se doit également d’être porteuse des changements nécessaires. Il a appelé, à cet égard, à une réforme de l’Organisation qui doit porter tant sur les structures que sur les modes de fonctionnement, et plus particulièrement sur le Conseil de sécurité: il faut à cet égard réparer l’« injustice historique faite au continent africain ».

L’Algérie, a poursuivi le Ministre, suit avec un intérêt particulier les conflits et les crises qui secouent les pays de l’aire géographique à laquelle elle appartient. Son pays est en faveur de solutions politiques à travers l’appropriation par les parties concernées et le dialogue inclusif. Qu’il s’agisse des situations au Mali, en Libye ou encore en Syrie et au Yémen, « seule une telle approche pourrait permettre à ces pays frères de renouer avec la paix et la stabilité », selon lui. Concernant la question du Sahara occidental, « qui en tant que problème de décolonisation relève de la responsabilité première des Nations Unies », l’Algérie considère que son règlement ne peut être trouvé qu’à travers l’exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination. Son pays, qui réitère son ferme soutien aux efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, forme le vœu que leur action puisse contribuer, avec l’apport de l’Union africaine, à la reprise des négociations sans préconditions et de bonne foi entre les deux parties -le Royaume du Maroc et le Front Polisario- pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable assurant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

S’agissant de la Palestine, seule une solution fondée sur la légalité internationale et la reconnaissance des droits nationaux imprescriptibles du peuple palestinien pourra mettre un terme définitif au conflit, a estimé le Ministre. Sur la question du terrorisme, il a rappelé que l’Algérie en avait été la toute première cible au tournant du siècle passé, mais que le pays avait pu y faire face, au prix de lourds sacrifices, en adoptant une approche et des moyens qui ont prouvé leur efficacité. Cette expérience que « nous sommes disposés à partager » s’est basée sur la conviction que toute stratégie de lutte doit impérativement s’attaquer aux causes profondes de cette plaie des temps modernes, a-t-il précisé. Le Ministre a appelé la communauté internationale à faire en sorte que la lutte contre le terrorisme s’accompagne à la fois de mesures de déradicalisation et d’une véritable promotion de politiques prônant le « vivre-ensemble ».

Mme YLDIZ POLLACK-BEIGHLE, Ministre des affaires étrangères du Suriname, a invité la communauté internationale à mobiliser les fonds nécessaires en faveur de la lutte contre les changements climatiques. C’est une nécessité pour venir en aide aux États dont le littoral est peu élevé, comme le Suriname, qui sont exposés à la montée du niveau de la mer. Elle a donc demandé de laisser de côté la rhétorique et de prendre des actions immédiates. La Ministre a ensuite dit attendre de voir se matérialiser le principe de « responsabilité commune mais différentiée » dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques. De plus, a-t-elle ajouté, le Suriname fait face à une période de récession économique du fait de la baisse du prix de l’or et de la fermeture de la principale mine de bauxite du pays.

Malgré les efforts du Gouvernement, le pays est confronté à certains obstacles comme son classement dans le groupe des pays à revenu intermédiaire. Ce classement oublie les nombreux défis auquel il fait face et tient seulement compte du critère du revenu national par habitant, a regretté la Ministre. En outre, les problèmes liés aux correspondants bancaires et à la notation des agences financières viennent s’ajouter à des actions unilatérales comme l’introduction du Suriname sur des listes de pays peu fréquentables et la saisie de ses avoirs. La Ministre a donc plaidé pour le dialogue et la coopération afin de résoudre ces problèmes.

Mme Pollack-Beighle a déploré le fait que certaines puissances économiques sont promptes à utiliser des sanctions unilatérales, dénonçant une guerre économique qui contribue à durcir les positions, avec des conséquences négatives sur la paix et la sécurité internationales. C’est pourquoi le Suriname désapprouve la poursuite de l’embargo économique et commercial contre Cuba. Selon la Ministre, le multilatéralisme reste essentiel pour réaliser un développement durable, faire face aux défis mondiaux comme le maintien de la paix et de la sécurité, la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ou encore les changements climatiques. Elle a terminé en appelant à la poursuite de la réforme de l’ONU, afin de tenir compte des réalités du monde actuel. Elle a précisé que la réforme du Conseil de sécurité doit se faire de manière consensuelle et ouverte, afin de tenir notamment compte des préoccupations des pays en développement.

M. VIVAN BALAKRISHNAN, Ministre des affaires étrangères de Singapour, a plaidé en faveur du multilatéralisme, dont l’ONU est « l’ultime bastion ». Dans un monde où les défis sont nombreux, chaque État doit s’adapter aux nouvelles réalités et trouver un nouveau modus vivendi, tout en restant fidèle à l’ordre mondial fondé sur des règles qui garantissent la paix et la prospérité depuis 70 ans. Un petit pays comme Singapour, a-t-il souligné, ne pourrait pas survivre dans un monde sans état de droit, « où les forts font ce qu’ils veulent, et où les pauvres n’ont qu’à endurer ».

En particulier, M. Balakrishnan s’est inquiété des frictions entre les États-Unis et la Chine qui font craindre une guerre commerciale. Or, d’après lui, les gouvernements sont tenus d’envisager des solutions durables à long terme, « au lieu de dresser des barrières commerciales ». Ainsi, pour répondre aux inégalités croissantes et à la stagnation des salaires, il faut s’attaquer à leurs causes profondes. En pleine révolution numérique, nous devons doter les gens des compétences nécessaires aux emplois du futur, a-t-il ajouté. Singapour, s’est félicité le Ministre, est ainsi en train de restructurer son système éducatif.

Même si Singapour a été classée par l’Union internationale des communications (UIT) comme étant le pays le plus engagé dans la cybersécurité, elle n’a pas été exempte de menaces dans ce domaine. Lors de la troisième conférence ministérielle sur la cybersécurité, qui s’est tenue à Singapour la semaine dernière, les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) se sont engagés à souscrire à 11 normes contenues dans le rapport de 2015 du Groupe d’experts gouvernementaux sur la question. En outre, a annoncé le Ministre, Singapour va lancer en 2019 avec l’ASEAN le Centre d’excellence sur la cybersécurité.

Enfin, en tant que Présidente de l’ASEAN cette année, Singapour continuera d’œuvrer avec les États qui en sont membres pour faire en sorte que l’architecture régionale reste ouverte, inclusive et fondée sur des règles. Ils œuvrent à un partenariat économique régional global, qui, une fois conclu, sera « le plus grand bloc commercial du monde », couvrant un tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial », a-t-il relevé. Par ailleurs, le Ministre s’est réjoui que son pays ait modestement contribué à l’apaisement des tensions dans la péninsule coréenne en accueillant, en juin dernier, le sommet entre les États-Unis et la RPDC.

M. NICOLA RENZI, Ministre des affaires étrangères de Saint-Marin, a estimé que l’ONU devait accroître son leadership dans la gestion de la gouvernance mondiale en raison de sa dimension profondément démocratique, de son universalité et de sa légitimité indiscutable. Dans ce contexte, la réforme de l’ONU revêt une importance fondamentale, en vue d’améliorer sa contribution au développement durable, et au règlement des différends et des conflits. Pour y parvenir, il faudra se pencher sur les causes profondes des problèmes et aussi réformer les pratiques du Conseil de sécurité, a observé M. Renzi en soulignant que son pays appuyait le Code de conduite du Groupe ACT, qui demande l’encadrement de l’exercice du droit de veto dans les situations de crimes graves.

« Mais il ne saurait y avoir de développement durable sans paix, ni de paix sans développement durable », a-t-il poursuivi. Le principe au cœur du Programme de développement durable, selon lequel personne ne saurait être laissé de côté, exige des mesures spécifiques pour soutenir les populations vulnérables, a rappelé le Chef de la diplomatie saint-marine. Tout en estimant que les nouvelles technologies peuvent contribuer au développement durable, son gouvernement se dit conscient de la nécessité de lutter contre la désinformation qui ne cesse d’alimenter les préjudices. Abordant ensuite la question des changements climatiques, le Ministre a apporté son soutien à l’Accord de Paris sur les changements climatiques et sa nécessaire synergie avec le Programme 2030. Saluant enfin le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, M. Renzi s’est déclaré persuadé que sa mise en œuvre renforcerait l’universalité des droits de l’homme, et l’exercice des droits fondamentaux des migrants et leur protection.

M. ALAN PETER S. CAYETANO, Secrétaire des affaires étrangères des Philippines, a regretté qu’aujourd’hui, le monde soit devenu victime du pragmatisme plutôt que le champion de l’idéalisme et, de plus en plus, tenté de « faire ce qui se fait déjà » et d’accepter que « nous ne pouvons pas résoudre les problèmes ». Dans ce contexte, nous nous en remettons à une déclaration de la majorité plutôt que de chercher à atteindre un large consensus sur la façon de résoudre un problème, a-t-il ajouté. Citant Albert Einstein, qui a défini la folie comme « refaire toujours la même chose et attendre des résultats différents », il a souligné qu’il n’y a certainement pas de « stupidité à l’ONU », mais juste « cette tendance à refaire les mêmes choses qui nous plombent », car tenter d’autres choses semble être un véritable défi! « Ce que nous devons craindre, c’est de faire du surplace », a-t-il poursuivi, disant entrevoir un espoir dans l’idéalisme et les aspirations à un monde meilleur.

Constatant qu’aujourd’hui, « le contrat social n’est plus confiné à nos nations respectives », il a demandé de s’efforcer à se connecter, à « mettre en avant ce qui nous unit et non pas nos différences », à penser en tant que citoyens du monde: les peuples des Nations Unies. Il est vrai qu’il ne faut pas agir toujours en tant que « front uni » ou en tant que « communauté », a reconnu M. Cayetano, en soulignant que de nombreux problèmes ne peuvent être résolus que dans le cadre d’une « communauté mondiale unie ». Cela est valable pour les questions relatives aux problèmes de l’environnement, de la pauvreté et des inégalités, de l’état de droit, de la lutte contre le terrorisme et de l’extrémisme violent.

« Ensemble, nous pouvons trouver un idéalisme pragmatique qui nous apportera espoir et cet élan pour aller de l’avant. » La question de la migration, par exemple, ne peut être résolue en étant ignorée; elle doit être discutée de manière franche, ouverte et en profondeur, a-t-il dit, saluant à cet égard le pacte mondial pour les migrations qui est un pas dans la bonne direction.

M. Cayetano a ensuite parlé de son pays, en tant qu’État démocratique et souverain qui lutte pour éviter de devenir un narco-État ou tomber entre les mains de riches et puissants qui n’auront cure des pauvres et des marginalisés. Il y a, aux Philippines, une volonté d’améliorer l’économie pour que les dix millions de Philippins vivant à l’étranger choisissent de retourner chez eux et pour que les pauvres qui sont encore dans le pays ne soient pas forcés par la pauvreté à s’exiler et se séparer de leurs familles. « Nous pouvons avoir des vues différentes dans notre approche en matière de droits de l’homme mais cela ne doit pas être interprété comme si nous tournions le dos » à la Déclaration universelle des droits de l’homme, a-t-il assuré. « Quand il s’agit de protéger les citoyens respectueux des lois et d’appliquer le droit à l’égard des criminels et des barons de la drogue, le choix est vite fait », a-t-il martelé. Il a estimé, en conclusion, que l’ONU est le lieu des grandes opportunités pour rendre le monde meilleur, où « tous nos rêves et espoirs » peuvent se réaliser.

Mme KARIN KNEISSL, Ministre fédérale de l’Europe, de l’intégration et des affaires étrangères de l’Autriche, a déploré le fait que, trop souvent, les diplomates ne parviennent pas à faire entendre les « voix de ceux qui sont dans la misère », privilégiant les « belles déclarations » aux « véritables actions ». Selon Mme Kneissl, cet état d’esprit traduit une perte du sens de la réalité. « C’est de l’autisme », a-t-elle conclu, avant de s’interroger sur le véritable sens des discussions qui ont cours dans les cercles diplomatiques. Où se trouve l’efficacité du « multilatéralisme que nous célébrons ici? » s’est demandé la Ministre, évoquant les comités, les déclarations et les conventions. Mme Kneissl a salué à ce sujet le discours du Président français, M. Emmanuel Macron, qui a déclaré devant l’Assemblée générale que le multilatéralisme et la règle du droit sont synonymes. Or, le multilatéralisme s’efface trop souvent dans un « manège de réunions, dont certains diplomates nantis ont fait un jeu confortable, subtil, interminable, étoffé de litanie et de mantras », a-t-elle dénoncé.

Pendant que des enfants souffrent en Syrie et au Yémen, nous nous contentons de ces mantras, tels que reconstruction et stabilisation, a poursuivi Mme Kneissl. Pour sa part, l’Autriche souhaite contribuer au déminage en Syrie, et est prête à accroître son aide humanitaire au Yémen, « la plus grande tragédie de notre époque ». Elle a condamné l’utilisation des armes chimiques en Syrie et proposé d’interdire « catégoriquement » la production et l’utilisation des armes nucléaires. Déplorant la mise en œuvre « inadéquate » du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, elle a plaidé pour l’application des règles contraignantes existantes, soulignant que les traités « ne relèvent pas de l’ordre moral, mais du domaine juridique ». Enfin, elle a jugé « primordiale » la ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

La Ministre a en outre défendu le recours à la Cour internationale de Justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI), y voyant une « façon crédible » d’assurer la primauté du droit. Elle a enfin décrit les initiatives de son pays dans la lutte contre les mutilations génitales féminines et les violations aux droits de la personne.

M. SHAIKH KHALID BIN AHMED AL-KHALIFA, Ministre des affaires étrangères de Bahreïn, s’est dit déterminé à mettre en œuvre tous les programmes destinés à accroître le niveau de vie des citoyens de son pays et à assurer son développement durable. Il a vanté les avancées réalisées par le Bahreïn, notamment ses efforts visant à diversifier son économie. Le Bahreïn, a-t-il rappelé, a établi un mécanisme de coordination avec les Nations Unies et posé sa candidature au Conseil des droits de l’homme.

Le Ministre a condamné la « politique de destruction » menée selon lui par l’Iran au Moyen-Orient, dénonçant la poursuite de ses « aspirations hégémoniques » dans la région et ses tentatives de renverser des gouvernements. Il a condamné ses actions « criminelles et hostiles » au Yémen et ses activités balistiques en Arabie saoudite, ajoutant qu’elles avaient été confirmées par des rapports des Nations Unies. Le Bahreïn est un membre actif de la coalition arabe pour restaurer la légitimité au Yémen afin de rétablir l’indépendance et l’intégrité territoriale de ce pays, a assuré le Ministre.

M. Al-Khalifa a également dénoncé le Qatar, l’accusant de refuser de cesser ses pratiques à l’encontre de la sécurité collective dans la région. Selon lui, le Qatar a apporté un soutien logistique et financier à des groupes terroristes au Bahreïn. Le Ministre a invité le Qatar à « reprendre ses esprits » et à répondre aux conditions posées par le Bahreïn, l’Arabie saoudite, l’Égypte et les Émirats arabes unis. Il a en outre plaidé pour un soutien accru à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), afin d’alléger les souffrances du peuple palestinien.

M. EZÉCHIEL NIBIGIRA, Ministre des affaires étrangères du Burundi, a rappelé que son pays a organisé un référendum constitutionnel, le 17 mai dernier, « dans le calme et la sérénité ». Lors de la promulgation de la nouvelle Constitution, le 7 juin, le Président a annoncé que « son deuxième mandat prendrait fin en 2020 et qu’il s’apprêtait à soutenir le nouveau président » qui sera alors élu. Le Ministre a souligné que « l’esprit de tolérance, l’assainissement et l’ouverture de l’espace politique se renforce de plus en plus au Burundi », comme en témoigne le retour de plusieurs milliers de réfugiés et de leaders politiques.

S’agissant du dialogue interburundais, M. Nibigira a ajouté que le dialogue comme moyen de trouver des solutions pacifiques aux différends est devenu « une culture ». Plus de 20 partis politiques ont déjà adopté une feuille de route en vue des élections de 2020, et la nouvelle commission électorale nationale va être mise en place, dans le respect de l’inclusion politique, ethnique, régionale et de genre, expliqué le Ministre.

Sur le plan sécuritaire, la situation au Burundi est calme, stable et maîtrisée, a affirmé M. Nibigira. Ce constat positif est, a-t-il ajouté, partagé par l’Envoyé spécial du Secrétaire général et par le Conseil de sécurité. Le Ministre a demandé une nouvelle fois à tous les pays qui hébergent les putschistes du 13 mai 2015 de les extrader vers le Burundi, afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.

S’il a réitéré sa disponibilité et sa coopération avec l’ONU pour promouvoir les droits de l’homme, le Ministre burundais a dénoncé « la tendance dangereuse de certains États à vouloir transformer le Conseil des droits de l’homme en outil de pression politique et de régulation de la géopolitique dans les pays du Sud ».

Rappelant la fierté de son pays à avoir déployé plus de 6 000 hommes et femmes dans différentes opérations de maintien de la paix de l’ONU, M. Nibigira a de nouveau prié le Conseil de sécurité d’avoir « le courage de retirer le Burundi de son agenda ». D’après lui, la situation politico-sécuritaire y est loin de constituer une menace à la paix et à la sécurité internationales. « La place que le Burundi mérite aujourd’hui ne se trouve pas dans la salle ovale du Conseil de sécurité. Elle devrait être au niveau des agences des Nations Unies en charge du développement pour booster son relèvement économique », a-t-il fait valoir, avant de préciser que son pays venait de se doter d’un plan national de développement 2018-2027.

Le Ministre a tenu à souligner que les sanctions économiques unilatérales prises par l’Union européenne « dans la foulée de la fièvre électorale de 2015 » l’avaient été dans un contexte qui a « fondamentalement changé » depuis lors, avant de rappeler que l’Union africaine avait appelé, lors du Sommet de Nouakchott l’été dernier, à lever ces « sanctions injustes et immorales ». Enfin, il a averti que sans action immédiate et coordonnée, il serait beaucoup plus difficile et coûteux, en Afrique et ailleurs, de s’adapter aux changements climatiques.

M. DATO ERYWAN PEHIN YUSOF, Ministre des affaires étrangères du Brunéi Darussalam, a indiqué que « nous vivons aujourd’hui dans un monde marqué par une absence de sécurité aux plans géopolitique et géoéconomique ». Les fondations et principes de l’ordre international sont aujourd’hui remis en question, quand ils ne sont pas simplement ignorés, a-t-il remarqué. Pour un petit État comme le Brunéi Darussalam, une telle imprévisibilité peut être décourageante et va à l’encontre des efforts régionaux et internationaux visant à bâtir des sociétés équitables et durables. De plus, la réalisation des objectifs visant la promotion de la prospérité, un développement durable et une paix pérenne, est étroitement liée à la cohérence et à la stabilité de l’adhésion du pays à ses obligations internationales et à l’état de droit. Il est donc essentiel, pour le Ministre, de s’engager dans un multilatéralisme efficace qui traite tous les défis posés au monde, de la prévention des conflits à la dégradation de l’environnement en passant par l’instabilité économique.

Le Ministre a fait part de la volonté de son pays de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable du Programme 2030 qui, a-t-il espéré, va permettre de sauvegarder le bien-être des citoyens pour les générations à venir. Dans les efforts menés à cet effet, il a jugé essentiel de respecter le droit de chaque pays de choisir sa propre voie de développement, y compris à travers des législations adaptées au contexte national.

Il a voulu soulever, par ailleurs, la problématique de la volatilité des prix de l’énergie, notamment pour les pays en développement. Dans ce contexte, son pays, a-t-il dit, œuvre à la diversification de son économie. « Ces efforts sont illustrés à travers notre engagement dans le système du libre-échange et d’échanges commerciaux fondés sur les règles multilatérales, notamment dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). » Dans son discours, le Ministre a également évoqué la question palestinienne et réaffirmé, en conclusion, l’engagement inébranlable de son pays au respect des normes internationales et au partenariat multilatéral, piliers essentiels pour faire avancer la paix et parvenir à l’harmonie dans le monde.

M. MAKHDOOM SHAH MAHMOOD QURESHI, Ministre des affaires étrangères du Pakistan, a rappelé qu’il y a deux mois, le peuple de son pays avait « voté en faveur du changement, des réformes et d’un changement radical de paradigme de gouvernance », pour un Pakistan qui entretiendrait des relations avec ses voisins et le reste du monde, sans toutefois, a-t-il précisé, céder à des compromis qui pourraient porter atteinte à ses intérêts nationaux, à la souveraineté de l’État et à la sécurité de son peuple.

Le Pakistan, a assuré le Ministre, souhaite une relation avec l’Inde basée sur une égalité souveraine et le respect mutuel. « Nous aspirons à la résolution des différends au travers d’un dialogue global couvrant toutes les questions d’intérêt commun. Nous étions supposés nous en entretenir avec l’Inde en marge de cette session de l’Assemblée générale, mais le Gouvernement Modi a annulé ce dialogue pour la troisième fois, à chaque fois pour des raisons peu crédibles. Ils préfèrent la politique à la paix. Ils se servent d’excuses, comme l’émission, il y a plusieurs mois, d’une série de timbres, par la poste pakistanaise, à la mémoire d’un activiste cachemirien et de graves violations des droits de l’homme, comme des victimes de fusil à plomb, pour se retirer des pourparlers », a accusé M. Qureshi.

Affirmant que le dialogue était la seule manière de répondre à ces questions en suspens de longue date, le Chef de la diplomatie pakistanaise a rappelé que le différend irrésolu du Jammu-et-Cachemire faisait obstacle à la réalisation d’une paix durable entre les deux pays. Celle-ci ne saurait, selon lui, advenir en Asie du Sud en l’absence d’un règlement juste de ce différend, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité et de la volonté du peuple cachemirien « occupé » d’exercer son droit à l’autodétermination. Le Pakistan a apporté son soutien aux conclusions récemment rendues par le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, « qui a levé le voile sur des décennies d’obstruction et fait le récit des violations massives en cours au Cachemire occupé par l’Inde ».

Le Ministre a par conséquent demandé l’établissement, dans les meilleurs délais, d’une commission d’enquête par l’ONU pour enquêter et établir les responsabilités, en affirmant que le Pakistan l’accueillerait volontiers à Azad Jammu-et-Cachemire, et en espérant que l’Inde ferait de même. Jusqu’à présent, en dépit de violations répétées de la ligne de cessez-le-feu, le Pakistan a fait preuve de retenue, a encore affirmé le Ministre. « Mais si l’Inde s’aventure de l’autre côté de cette ligne, ou agit en vertu de sa doctrine de guerre limitée contre le Pakistan, elle se heurtera à une réponse vigoureuse et à la hauteur », a-t-il mis en garde, en précisant toutefois que son gouvernement était prêt à réfléchir avec l’Inde à des mesures de renforcement de la confiance, de réduction des risques et de désescalade dans la course aux armements.

En Afghanistan, le Pakistan continue d’appuyer le principe d’un État afghan et d’un processus de paix dirigés par les Afghans eux-mêmes, a déclaré M. Qureshi. « Sur le plan bilatéral, nos deux pays ont opérationnalisé le Plan d’action Afghanistan-Pakistan pour la paix et la solidarité », s’est-il félicité, en expliquant que ce dernier fixe le cadre d’engagement dans tous les domaines d’intérêt commun. Par ailleurs, peut-être la générosité du Pakistan, qui a accueilli « la plus ancienne vague de réfugiés du monde contemporain », sera-t-elle d’autant « mieux appréciée » à l’aune du sentiment antimigrants qui a cours à travers le monde, notamment « dans des nations souvent plus riches ou développées que la nôtre », s’est enorgueilli le Ministre.

Après avoir affirmé que le Pakistan était à la tête de l’opération antiterroriste « la plus importante et efficace » au monde, avec pas moins de « 200 000 » troupes déployées, le Ministre a insisté quant au fait que son pays continuait de faire face à une menace « financée, facilitée et orchestrée » par l’Inde, accusée de perpétrer un « terrorisme d’État » au Jammu-et-Cachemire.

M. DENNIS MOSES, Ministre des affaires étrangères de Trinité-et-Tobago, a indiqué que son gouvernement avait mis au point une stratégie nationale de développement intitulée Vision 2030, « une politique de développement multidimensionnelle et inclusive qui place son peuple au cœur de la réalisation des objectifs de développement durable ». Compte tenu de l’existence d’asymétries dans l’impact des changements climatiques selon les pays, le Ministre a expliqué que les Orientations de Samoa formaient une composante essentielle de la mise en œuvre de ces objectifs, de même que la Déclaration de San Pedro, adoptée lors de la réunion préparatoire régionale caribéenne des petits États insulaires en développement, qui s’est tenue plus tôt cette année au Belize. Toujours à propos des changements climatiques, M. Moses a assuré qu’en tant qu’État partie à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, son pays avait l’intention d’opérationnaliser l’Accord de Paris, tout en souhaitant que ce processus soit soutenu par une coopération internationale afin de financer les mesures d’atténuation et d’adaptation.

Par ailleurs, depuis l’adoption de la Déclaration d’engagement de Port of Spain sur les maladies non transmissibles, signée par les Chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Trinité-et-Tobago a mis en œuvre un certain nombre de politiques à cet égard, comme le Plan national stratégique pour la prévention et le contrôle de ces maladies, a poursuivi le Chef de la diplomatie trinidadienne.

Le Ministre a ensuite attiré l’attention sur la question de la cessation des relations bancaires avec les pays de la CARICOM, « étiquetés comme des juridictions fiscales non coopératives ». Cette situation a considérablement déstabilisé le secteur financier de la région sans prendre en considération les contraintes financières, humaines et techniques auxquelles sont confrontés les États membres de la sous-région, a-t-il déploré. Par conséquent, les efforts que nous avons déployés pour stabiliser nos économies se sont faits au détriment de notre croissance, et donc n’ont pas permis de faire des gains de développement supplémentaires, a plaidé M. Moses. Il a donc réitéré l’appel de la CARICOM aux partenaires internationaux à se montrer constructifs à ce sujet.

M. SHEIKH ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, a condamné la montée des groupes terroristes qui cherchent à déstabiliser les États de la région et dénoncé l’action des « États voyous » qui continuent de les appuyer. Devant ces menaces, il a jugé « impératif » de renforcer les partenariats régionaux. Pour le Ministre, les « ingérences étrangères », notamment celles de l’Iran, figurent au premier rang des défis auxquels est confronté le monde arabe. L’Iran continue de semer le chaos et de miner la sécurité des États du Moyen-Orient, a-t-il accusé, dénonçant les attaques perpétrées contre l’Arabie saoudite et le Yémen.

Devant ces ingérences « sans précédent », les Émirats n’ont eu d’autre choix que de se joindre à la coalition arabe pour restaurer la légitimité au Yémen, à la demande du Gouvernement légitime de ce pays, a expliqué le Ministre. Toutefois, a-t-il affirmé, ces efforts se heurtent à « l’intransigeance » des houthistes, qui refusent de participer aux initiatives de paix, notamment les pourparlers de Genève, et qui entravent la fourniture de l’aide humanitaire. Afin de parvenir à une solution politique, la coalition a récemment lancé une opération visant à « libérer » Hodeïda, en tenant compte des problèmes d’accès à l’aide humanitaire, a précisé le Ministre.

Pendant ce temps, les Émirats poursuivent leurs progrès dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, qui exploitent les nouvelles technologies pour diffuser leur idéologie dangereuse. À cette fin, les Émirats et leurs alliés ont pris des « mesures souveraines » pour contrer l’influence du Qatar, a encore affirmé le Ministre. Parmi les autres défis qui interpellent son pays, il a cité la question palestinienne et de la détérioration des conditions socioéconomiques qui affecte plusieurs pays du Moyen-Orient.

M. GURBANGULY BERDIMUHAMEDOV, Président du Turkménistan, a estimé que cette session de l’Assemblée générale prenait place dans un contexte politique international complexe. « En dépit des efforts des Nations Unies, la situation dans de nombreuses régions du globe est compliquée, du fait de la profération de nombreux conflits et de la baisse du niveau général de la confiance mutuelle », a-t-il déclaré. Pour lui, les Nations Unies « ont un rôle à jouer dans la préservation des fondations de l’ordre international, sur la base des principes de dialogue pacifique et respectueux ». La validité de la mission de l’Organisation ne peut faire aucun doute, car c’est la seule organisation désignée pour assurer la coopération et pour renforcer la sécurité internationale ainsi que le développement durable. Le Turkménistan propose de faire de 2019 « l’Année de la Paix et de la Confiance », pour élaborer des mesures spécifiques qui pourraient réduire les tensions et favoriser la résolution des conflits par la voie diplomatique.

Pour la région de l’Asie centrale, assurer une paix générale et de longue durée est une question clef, a affirmé M. Berdimuhamedov, pour qui le combat contre le terrorisme est la question la plus importante de l’ordre du jour régional. Néanmoins, la coopération pour parvenir au désarmement est importante, la lutte contre le trafic de drogue et le soutien économique à l’Afghanistan le sont aussi, afin d’assurer sécurité et développement stable. « C’est pourquoi nous pensons qu’il est crucial d’impliquer l’Afghanistan en tant que partenaire de premier plan dans l’application des projets concernant l’énergie, le transport et les communications », a poursuivi le Président. En travaillant avec constance, notre pays met en application le projet de construction d’une canalisation de gaz, d’un réseau d’alimentation électrique et de fibres optiques sur la ligne Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde, a-t-il expliqué. Le Turkménistan continue en outre à fournir une assistance humanitaire à l’Afghanistan, notamment en envoyant des convois d’assistance, en construisant des installations sociales, en formant des spécialistes économique et sociaux.

Le Turkménistan a pris une part active dans l’élaboration du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et a mis sur la table un certain nombre de propositions spécifiques, a fait valoir M. Berdimuhamedov. « Nous avons établi les mécanismes adéquats pour coopérer avec les Nations Unies », a-t-il ainsi déclaré. De même, « nous prêtons une grande attention pour assurer la disponibilité et l’utilisation rationnelle de l’eau potable et de l’assainissement ». Le Président a dit croire fermement que l’eau est un héritage commun de toutes les nations et qu’un accès équitable à une eau propre et consommable est un droit fondamental de l’humanité. Estimant que l’égalité des droits, le respect mutuel et la reddition des comptes devraient être les critères principaux qui déterminent les relations entre les États d’Asie Centrale, il a affirmé que les questions relatives à l’eau et à l’énergie devraient être résolues sur la base du droit international, de la prise en compte des intérêts de chacun et, enfin, sur la base de la participation active des organisations internationales, en particulier des Nations Unies.

Le sauvetage de la mer d’Aral fait partie des enjeux importants de la coopération entre les pays de la région, a poursuivi le Président, pour qui ce n’est toutefois plus seulement un problème régional: sa préservation concerne la communauté internationale. C’est pourquoi le Turkménistan s’est impliqué dans l’élaboration d’un programme spécial des Nations Unies pour le bassin de la mer d’Aral. M. Berdimuhamedov a appelé les États Membres des Nations Unies à soutenir cette initiative. De même, le devenir de la mer Caspienne est important. En ce sens, la signature de la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne par les chefs d’État des pays riverains le 12 août 2018 a ouvert des perspectives concernant la transformation de la région de la mer Caspienne en une région stratégique pour le transit et le transport et en hub d’énergie d’importance international, a encore fait valoir le Président du Turkménistan.

M. JAN HAMACEK, Ministre de l’intérieur et Ministre par intérim des affaires étrangères de la République tchèque, a apporté son soutien au Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, pour rendre l’Organisation plus efficace, en particulier s’agissant de résoudre les conflits. Aussi a-t-il préconisé d’adopter une approche globale de la paix et de la sécurité, qui envisage les changements climatiques comme une menace à la sécurité, tout en plaçant au premier plan le développement durable et la promotion des droits de l’homme.

Le Chef de la diplomatie tchèque a annoncé que, dans le contexte du Programme de développement durable à l’horizon 2030, son pays, en guise de suivi à sa présidence de l’ECOSOC, se ferait le champion de l’objectif 16, qui consiste à promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous aux fins du développement durable, à assurer l’accès de tous à la justice et à mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes. M. Hamacek a estimé que les États Membres devraient tirer parti de l’expérience unique de l’ONU en matière de droits de l’homme, dont la promotion devrait être une priorité de politique étrangère.

Après s’être dit intéressé par l’amélioration de la situation dans la péninsule coréenne, M. Hamacek s’est prononcé en faveur d’une approche résolue et coordonnée de la lutte contre le terrorisme et la non-prolifération des armes de destruction massive. Par ailleurs, alors que la République tchèque commémore le cinquantenaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, le Ministre a estimé qu’il n’est pas acquis que tous les pays d’Europe orientale aient « le droit de choisir leur orientation en matière de politique étrangère sans voir leur souveraineté et leur intégrité territoriale menacées » et a qualifié l’annexion de la Crimée de violation flagrante du droit international.

M. Hamacek a enfin appuyé le principe du « Mécanisme Triple I » -pour « International, impartial, et indépendant »- pour prêter assistance aux enquêtes et aux poursuites judiciaires des individus responsables des crimes les plus graves commis en Syrie depuis mars 2011. « L’établissement des responsabilités n’est pas seulement un moyen de rendre justice à ceux qui souffrent des conflits, il s’agit aussi d’une voie vers la réconciliation et d’un moyen crucial de mettre fin aux atrocités », a conclu le Ministre.

M. SALEUMXAY KOMMASITH, Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique lao, a indiqué que les dernières inondations à avoir frappé son pays constituaient le désastre naturel le plus grave de son histoire. « Jusqu’à présent, 2 409 villages sur 8 464 dans 115 des 148 districts du pays ont été frappés par des inondations massives », a-t-il déclaré. Face à une telle situation, le Ministre a exhorté les pays à s’acquitter de leurs engagements dans le cadre de l’Accord de Paris.

M. Kommasith a ensuite insisté sur la détermination de son pays de lutter contre la criminalité transnationale organisée, matérialisée par l’adoption de plusieurs lois et de plans d’action et la signature de la Convention contre la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

Le Ministre a en outre appuyé les initiatives du Secrétaire général pour un repositionnement et une réforme de l’ONU, tout en se disant préoccupé par la baisse des contributions au budget de base des agences onusiennes. « Ma délégation exhorte les pays donateurs à s’acquitter de leur engagement de consacrer au moins 0,7% de leur revenu national brut à l’aide publique au développement », a-t-il insisté.

M. Kommasith a ensuite salué les développements positifs enregistrés dans la péninsule coréenne, avec le récent sommet de juin entre les dirigeants des États-Unis et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et il a appelé à entretenir cette dynamique pour une dénucléarisation de toute la région. Enfin, le Ministre a demandé la levée de l’embargo frappant Cuba.

M. WILFRED P. ELRINGTON, Ministre des affaires étrangères du Belize, a reconnu que, depuis son indépendance, le Belize avait réalisé des gains « modestes » dans sa quête du développement, en rendant notamment responsables les revendications territoriales du Guatemala voisin, qui ont sapé tous ses efforts. Pour résoudre ce problème et réduire les tensions, le Belize organisera, le 10 avril 2019, un référendum sur la pertinence de porter ce différend devant la Cour international de Justice (CIJ), a déclaré le Ministre, tout en exhortant le Guatemala à s’entendre sur un protocole destiné à renforcer la confiance sur la rivière Sarstoon, qui marque la frontière entre les deux pays.

Alors que la pauvreté affecte 43% de ses citoyens, le Belize s’efforce de mettre en œuvre sa stratégie de croissance et de développement durable, a poursuivi M. Elrington, qui s’est alarmé du fossé qui se creuse entre les personnes éduquées et celles qui sont laissées de côté. Le Gouvernement compte donc construire 35 nouvelles écoles, notamment dans les régions rurales, a-t-il annoncé.

Devant la multiplication des catastrophes naturelles qui s’abattent sur la région de la Caraïbe année après année, le Ministre a appelé à l’adoption de mesures concrètes pour venir en aide aux petits États insulaires en développement. En outre, le Gouvernement s’efforce de mettre en œuvre son plan national de résilience climatique, et a banni l’usage des sacs de plastique, a-t-il précisé. S’agissant de la criminalité transnationale organisée, M. Elrington a prôné une approche régionale fondée sur la coopération, avec le soutien des agences des Nations Unies pertinentes. Il a souhaité en conclusion que la CIJ soit en mesure de mettre fin au différend territorial entre le Venezuela et Guyana.

M. OSMAN MOHAMMED SALEH, Ministre des affaires étrangères de l’Érythrée, a d’abord souligné le caractère « historique » des accords de paix signés cette année avec l’Éthiopie, « qui mettent fin à une sombre guerre de plus de 20 ans ». L’Accord, « même si retardé depuis plus de 13 ans, a déjà provoqué beaucoup d’espoir et d’optimisme chez les peuples des deux pays », s’est-il réjoui.

Le Ministre a cependant mis en avant ce que son gouvernement considère comme une injustice: les sanctions imposées par le Conseil de sécurité, en 2009 puis en 2011. Certains membres du Conseil de sécurité appellent à une levée de ces sanctions, tandis que d’autres pays membres se révèlent procéduriers et veulent trouver des prétextes pour que les sanctions contre l’Érythrée ne soient pas levées, s’est-il indigné. « L’Érythrée ne peut et ne veut pas plaider pour la clémence ou la magnanimité », elle continuera « à se battre pour des droits jusqu’à ce que justice soit faite », a-t-il déclaré.

Les « sanctions contre l’Érythrée proviennent de trois causes », a détaillé M. Mohammed. D’abord, des précédents Gouvernements des États-Unis qui, a affirmé le Ministre, ont abusé de leur pouvoir au sein du Conseil de sécurité alors qu’ils avaient un agenda régional avec des intérêts contraires à ceux de l’Érythrée. En second lieu, a-t-il poursuivi, l’impossibilité pour le système des Nations Unies de prévenir de telles erreurs et de tels déséquilibres. Le Ministre s’est plaint, à cet égard, que jamais « aucune sanction digne de ce nom » n’avait été prononcée par le Conseil de sécurité contre son adversaire éthiopien. La troisième raison, selon lui, est l’existence de gouvernements qui servent les intérêts de puissances étrangères supérieures.

Considérant les sanctions imposées contre l’Érythrée ces neuf dernières années comme ayant entraîné d’énormes dégâts et retardé son développement, M. Mohammed a exigé non seulement la levée immédiate des sanctions imposées par le Conseil de sécurité contre son pays, mais aussi des réparations pour les dégâts causés, notamment le retard de son développement économique et les « opportunités ratées ».

M. URBINO JOSÉ GONÇALVES BOTELHO, Ministre des affaires étrangères de Sao Tomé-et-Principe, a mis l’accent sur la problématique de l’immigration, souhaitant que l’ONU continue d’encourager le dialogue entre nations relatif à l’accueil des réfugiés tout en soutenant les pays dont ils sont originaires. Il a fait remarquer que les solutions se trouveraient en premier lieu à la table des négociations, pour contenir les conséquences humaines des conflits armés, notamment en Syrie.

Appelant à un arrêt des troubles en République centrafricaine et à la fin de la crise humanitaire, M. Gonçalves Botelho a aussi salué la tenue d’élections dans la « République-sœur » de Guinée-Bissau en novembre prochain, ainsi qu’en RDC le mois suivant.

Se réjouissant de la réconciliation entre l’Éthiopie et l’Érythrée, ainsi qu’entre les parties belligérantes au Soudan du Sud, M. Gonçalves Botelho a exprimé son soutien à l’Envoyé spécial des Nations Unies pour ses efforts pour désamorcer le conflit et relancer le processus politique dans la région du Sahara. Il a en outre appelé au respect du droit du peuple palestinien ainsi qu’à la levée de l’embargo états-unien sur Cuba.

Concernant les changements climatiques, M. Gonçalves Botelho a sommé la communauté internationale de mettre en pratique les termes de l’Accord de Paris sur le climat sur les plans techniques, financiers et humains.

En tant que petit État insulaire en développement, Sao Tomé-et-Principe ne ménage pas ses efforts pour atteindre les objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a poursuivi M. Gonçalves Botelho, qui a remercié les organisations internationales pour leur soutien.

Des élections se tiendront le 7 octobre dans le pays, a-t-il en outre rappelé, en invitant la communauté internationale à les suivre « en tant qu’observateurs indépendants pour témoigner de la robustesse et de la qualité de notre démocratie ».

M. SIDIKI KABA, Ministre des affaires étrangères du Sénégal, a déclaré qu’il est nécessaire que les États surmontent leurs divergences idéologiques et politiques pour améliorer l’efficacité des Nations Unies, garantes de « l’effectivité du multilatéralisme ». Pour ce faire, la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 est essentielle, selon le Ministre, qui a aussi appelé à conclure les négociations de Doha en prenant en compte les intérêts des pays en développement, notamment ceux de l’Afrique. En tant que pays côtier vulnérable aux changements climatiques, le Sénégal soutient également les Fonds vert et l’Accord de Paris sur le climat.

Nous devons démontrer la volonté politique nécessaire pour corriger l’injustice historique de la sous-représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité, seul continent à ne pas disposer de siège permanent, a fait valoir le Ministre. M. Kaba a ensuite appelé au respect des engagements pris lors de la rencontre portant sur la reconstitution du Fonds mondial destiné à l’éducation, qui s’est tenue à Dakar en février de cette année. Le Sénégal s’affaire également à mettre en œuvre son plan Sénégal émergent à l’horizon 2035 afin d’améliorer la situation des femmes.

Le Ministre a mis en avant la tenue, en janvier 2019, à Dakar, de la réunion sur l’émergence, et salué l’appui du Programme de développement des Nations Unies à la mise en œuvre du Programme d’urgence de développement communautaire, destiné à améliorer les conditions de vie des populations rurales. Le Sénégal, a poursuivi M. Kaba, compte briguer la présidence du Conseil des droits de l’homme en 2019. Il a convié en terminant les États Membres au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qui se tiendra en novembre prochain.

M. KALLA ANKOURAO, Ministre des affaires étrangères du Niger, a déclaré que son pays accordait une place de premier plan au multilatéralisme et au rôle fédérateur de l’ONU. En ce qui concerne la question migratoire, le Ministre s’est félicité de la mise au point du pacte mondial pour les migrations sûres, ordonnées et régulières, premier arrangement international mis en place par les Nations Unies pour la gouvernance des migrations.

Face à la question des migrants, le Niger a défini en 2016 et mis en œuvre une doctrine opérationnelle reposant sur une législation équilibrée et des mesures réglementaires appropriées qui lui ont permis d’enregistrer des résultats probants, a affirmé M. Ankourao. Ainsi, a-t-il expliqué, entre octobre 2016 et janvier 2018, « nous avons réduit de 90% le nombre de migrants potentiels entrant par mois dans la ville d’Agadez, porte principale d’entrée et de sortie des migrants au Niger ». En 2017, 268 trafiquants ont été déférés devant les tribunaux et 140 de leurs véhicules ont été immobilisés. Le Ministre a jugé cruciale la conférence internationale de Marrakech, prévue en décembre prochain. « Nous serons présents pour apporter notre soutien à cette démarche, qui marquera le point de départ d’une coopération internationale structurée dans la région », a-t-il assuré.

Saluant les objectifs de développement durable à l’horizon 2030, le Ministre a souligné que le Niger avait adopté sa stratégie de développement durable pour une croissance inclusive – Niger 2035. Cette stratégie prend en compte l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour le développement du continent dont l’un des instruments clefs de mise en œuvre, la Zone de libre-échange continentale africaine, a été adoptée en mars 2018, au Rwanda, à l’occasion d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine organisé à cet effet. Cette Zone de libre-échange vise à surmonter la dépendance à l’égard des exportations des produits de base et à promouvoir la transformation sociale et économique pour une croissance inclusive, une industrialisation et un développement durable sur l’ensemble du continent, a précisé le Ministre.

M. Ankourao a rappelé que le Niger était un pays sahélien aux deux tiers désertiques, qui subit de plein fouet les impacts du dérèglement climatique. « L’Accord de Paris constitue une chance unique pour sauver notre planète », a-t-il déclaré, « et le Niger se fait un point d’honneur à mener à bien les activités inscrites dans la feuille de route ». En novembre 2018 se tiendra ainsi une table ronde des partenaires techniques et financiers pour définir les conditions de mise en œuvre du Plan d’investissement climat de la zone du Sahel.

M. Ankourao a estimé que le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, la pauvreté, les chocs climatiques et environnementaux avaient désarticulé l’économie agropastorale et accentué la vulnérabilité des populations du Sahel. Les chefs d’État de la région ont pris l’initiative de la mutualisation de leurs moyens en créant la Force multinationale mixte pour le bassin du lac Tchad d’une part et, d’autre part, la Force conjointe du G5 Sahel pour endiguer la crise malienne et son extension aux pays voisins, a-t-il rappelé. Le processus opérationnel de la Force conjointe créée en 2017 dans le cadre du G5 Sahel semble s’accélérer depuis la réunion des chefs d’État à Nouakchott en juillet 2018, a-t-il relevé. Pourtant, le Ministre a jugé peu rassurantes les perspectives de financement requis pour assurer la poursuite de la mission de la Force conjointe. La solution la mieux indiquée serait de mettre son mandat sous le Chapitre VII de la Charte, a-t-il plaidé, ajoutant qu’il avait « du mal à cacher son incompréhension face à l’hésitation de certains pays devant une telle évidence ».

Enfin, s’agissant de la réforme du Conseil de sécurité, le Niger reste attaché à la Position commune africaine. Le Ministre a encouragé les États Membres à accélérer le processus et à faire montre de plus de détermination pour adapter le Conseil de sécurité aux réalités du monde actuel.

Mme FRANCINE BARON, Ministre des affaires étrangères et de la CARICOM de la Dominique, a rappelé que, le 18 septembre dernier, l’ouragan Maria avait mis son pays à genoux. Mais le monde doit savoir la force et la ténacité de mon peuple face à ce désastre, a-t-elle dit, en saluant l’appui fourni par l’ONU et les pays frères et sœurs des Caraïbes.

Le Ministre a regretté qu’un grand nombre de personnes soient encore dans le déni vis-à-vis des changements climatiques, en déplorant la non mise en œuvre des engagements pris à Paris. « Les changements climatiques sont la responsabilité globale de notre époque », a—t-elle ajouté. Elle a aussi fait observer qu’une grande violence découle des changements climatiques, qui sont « le principal symptôme du modèle économique, social et humain cassé qui est le nôtre ». Alors que nous pontifions et débattons à l’envi, les changements climatiques poursuivent leur marche et détruisent les vies, a-t-elle déclaré. Mme Baron a rappelé que l’inertie de certains pays sur ce sujet avait pour explication cette réalité économique: « ceux qui gagnent le plus du fait des activités à l’origine des changements climatiques sont ceux qui sont le plus préservés de ses conséquences ».

Mme Baron a estimé à 226% du PIB de son pays les dommages causés par un ouragan, ce qui excède ses capacités de relèvement, avant de rappeler que les changements climatiques n’étaient pas un accident de la nature mais découlaient de l’action de l’homme. La Ministre a aussi dénoncé la politique prônée par nombre de pays développés, par laquelle les pays insulaires en première ligne face aux changements climatiques devraient contracter des assurances supplémentaires alors que ce sont d’autres pays qui sont à l’origine desdits changements. « Ce serait comme si un pyromane vous disait qu’au lieu de l’empêcher de mettre le feu à votre maison, il vous faudrait contracter une assurance contre les incendies », a-t-elle accusé.

Mme Baron a proposé que l’ONU supervise un fonds d’assurance pour les dommages et pertes dus au climat, qui serait abondé par les pays à l’origine des changements climatiques et dédommagerait les pays qui souffrent de ses conséquences. Enfin, elle a indiqué que la Dominique avait élaboré un plan afin de faire du pays la première nation résiliente face aux changements climatiques. « Si nous continuons de regarder nos pieds, nous mourrons de chagrin », a-t-elle conclu.

M. JEAN-CLAUDE GAKOSSO, Ministre des affaires étrangères du Congo, a constaté que « le monde était entré dans une nouvelle période d’incertitudes et de turpitudes ». S’insurgeant contre la crise migratoire et « ces milliers de vies humaines, souvent jeunes, englouties dans les profondeurs de la Méditerranée » et le « sort tragique d’un continent qui se dépeuple », il a exhorté la communauté internationale à agir.

Indiquant qu’« œuvrer à la construction et la préservation de la paix dans le monde était une exigence morale », il a assuré que c’est cette exigence morale qui guidait l’action de son gouvernement. Dans cette optique, le Congo, en assurant de front la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la présidence du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, est quasiment devenu, selon le Ministre, « le siège de la palabre africaine ».

Se félicitant des évolutions survenues en République démocratique du Congo, pays voisin appelé à choisir de nouveaux dirigeants d’ici à la fin de l’année, M. Gakosso a salué la décision du Président Joseph Kabila de ne pas postuler à sa propre succession et a invité « toutes les parties et tous les acteurs à consolider le dialogue, à privilégier la concertation et à prôner la pondération ». Inquiet en revanche de la recrudescence de la violence armée en République centrafricaine (RCA), le Congo appelle les groupes rebelles à intégrer le processus de paix conduit par le Président Touadéra avec l’appui du Panel de l’Initiative africaine et le soutien des autres entités facilitatrices.

Concernant la situation intérieure, M. Gakosso a rappelé la signature d’un cessez-le-feu le 23 décembre 2017 et le retour à la paix dans le sud du pays, dans le département du Pool. Il a salué l’accompagnement offert par les Nations Unies, notamment « dans la mise en place rapide du financement du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion des anciens combattants ».

Concernant la préservation de l’environnement, le Ministre a réitéré son soutien à l’Accord de Paris et appelé « mécènes et donateurs, philanthropes et amis de la nature » à soutenir financièrement son pays pour protéger les forêts du bassin du Congo.

M. PETER DAVID, Ministre des affaires étrangères de la Grenade, a déclaré que les changements qui se produisent dans le monde étaient amplifiés, en particulier pour les États en développement, par les phénomènes des changements climatiques, des catastrophes naturelles et des maladies non transmissibles. Alors que les Caraïbes se remettent à peine d’une saison des ouragans dévastatrice en 2017, « nous retenons notre souffle », a-t-il déclaré.

M. David a affirmé que la sous-région et les autres petits États insulaires en développement jouaient un rôle pionnier à l’échelle nationale dans la mise en œuvre de technologies relatives à la lutte contre les changements climatiques, comme les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, l’hydroélectricité et l’énergie géothermale. À cet égard, la Grenade est en train d’œuvrer à son propre « développement vert et bleu », en « célébrant le mariage » du développement économique avec la viabilité environnementale, s’est enorgueilli M. David.

Cependant, alors que nous nous efforçons de bâtir des sociétés durables, nous nous heurtons à des politiques et à des agissements financiers de la part d’acteurs internationaux qui menacent notre développement durable, a déploré le Ministre. Il s’est aussi déclaré préoccupé par le fait que son pays et d’autres doivent quitter prématurément la catégorie des petits États insulaires en développement pour celle des pays à revenu intermédiaire, sans qu’il soit tenu compte des vulnérabilités spécifiques de la sous-région. C’est la raison pour laquelle la Banque caraïbéenne de développement a mis au point des indices de vulnérabilité au moment de consentir des prêts, a-t-il expliqué, avant de plaider pour que les partenaires internationaux conçoivent de même un index de vulnérabilité pays par pays, qui tienne compte de manière holistique des risques inhérents à chacun. « Dans ce contexte, le retrait des opérations par correspondants bancaires peut être vu comme un assaut économique de nature à déstabiliser le secteur financier de pays déjà vulnérables », a-t-il analysé.

M. AHMED ISSE AWAD, Ministre des affaires étrangères de la Somalie, a rappelé que son gouvernement était aux affaires depuis un an et demi et qu’il était bien conscient des énormes défis, en particulier ceux concernant les menaces liées au terrorisme. « Notre peuple a besoin de sécurité », a-t-il dit, expliquant que c’était la raison pour laquelle le Chef de l’État avait passé six semaines au quartier général de la défense, donnant des ordres pour des opérations de terrain. Alors que nous démantelons toutes les caches des terroristes, nous engageons dans le même temps un dialogue avec les dirigeants religieux, les personnes âgées, les jeunes, les femmes et tous les groupes de la société qui veulent tourner le dos à l’idéologie de haine, de violence et d’intolérance religieuse, a affirmé le Ministre.

Le côté positif tient à ce que les jeunes ou les femmes ne rejoignent plus les Chabab, s’est félicité M. Awad, pour qui cette idéologie n’est plus populaire. Les Chabab et Al-Qaida n’ont plus voie au chapitre, a-t-il assuré. Ils n’arrivent plus à recruter des volontaires. Les anciens commandants, les anciens chefs d’infanterie, se sont tous rendus de façon inconditionnelle, nous livrant leurs connaissances dites « techniques », ce qui a affaibli leurs réseaux de terreur. Nous sommes à présent engagés dans la création de partenariats sains entre les forces de police et les communautés, pour liquider ce qu’il reste de terroristes, a assuré le Ministre. Pour M. Awad, c’est un premier pas. « Au nom du peuple somalien, je voudrais dire sans équivoque que nous sommes vraiment reconnaissants aux courageux hommes et femmes qui ont servi dans les missions de l’Union africaine. Nous ne l’oublierons jamais, nous leur en serons toujours reconnaissants », a-t-il déclaré.

En outre, M. Awad a appelé les Nations Unies à lever l’embargo sur les armes à destination de la Somalie qui, a-t-il affirmé, n’a plus de raison d’être. Au contraire, une plus forte capacité de combat nous permettrait de prendre le dessus sur les organisations terroristes, a-t-il plaidé. Notre objectif est désormais de développer la démocratie, afin que notre peuple puisse jouir des droits inaliénables: son droit à la vie, à la liberté, la liberté de presse, d’association et même la liberté de demander au Gouvernement des réparations pour les traumatismes subis. Individuellement et collectivement, notre peuple et les communautés comprennent que c’est la responsabilité de leur Gouvernement de protéger leurs libertés, sous les auspices de la Constitution. Nous devons aussi protection et soutien aux minorités, aux communautés et à ceux qui ont des besoins particuliers, a poursuivi M. Awad, qui a ajouté: notre peuple comprend que pour que le Gouvernement soit efficace, l’état de droit doit régner.

Le Ministre a souligné que la Somalie possède une position stratégique dans la Corne de l’Afrique. Par ailleurs, elle possède de grandes ressources naturelles, à savoir: des réserves de pétrole, du gaz naturel, du minerai de fer, des terres arables et productives, ainsi que le deuxième plus long littoral d’Afrique, qui fournit d’immenses opportunités pour des productions durables. À cet égard, nous cherchons à renforcer des alliances avec nos partenaires pour promouvoir la coopération économique et ouvrir de nouveaux horizons pour notre peuple, a déclaré M. Awad. Nous cherchons aussi à renforcer des partenariats stratégiques avec nos voisins, le continent et le monde, en partageant des intérêts communs en matière de sécurité et de coopération sociale. Nous avons augmenté le revenu domestique à des niveaux records. Nous sommes en train de normaliser nos relations avec les Institutions internationales financières. Cela nous fait entrevoir la possibilité de l’allègement de notre dette.

La Corne de l’Afrique est en train de vivre des transformations politiques et économiques remarquables, avec une nouvelle génération de dirigeants, a encore affirmé le Ministre. « Nous sommes fiers de prendre un rôle important dans la quête de l’intégration économique dans la Corne de l’Afrique en prenant le rôle de médiateur après des décennies de conflit; à cet égard, j’appelle humblement les Nations Unies à lever les sanctions économiques sur notre voisin, l’Érythrée », a-t-il ajouté. Pour M. Awad, ceci permettrait de faciliter les flux commerciaux. L’Afrique de l’Est est en train de devenir la région qui connaît la plus grande croissance de la région et l’Afrique devient la plus grande région au monde de libre-échange: « Nous sommes prêts pour les affaires », a-t-il conclu.

M. ALPHA BARRY, Ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, a indiqué que le pays poursuivait ses efforts de renforcement de la démocratie et de consolidation de l’État de droit, avant l’avant-projet de nouvelle constitution et la révision achevée du Code électoral, qui permettra aux Burkinabè de l’extérieur de voter en 2020. La nouvelle constitution entend renforcer les droits de l’homme et les libertés publiques et davantage équilibrer les pouvoirs, a-t-il expliqué.

La croissance, avec un chiffre annoncé de 6,7% « malgré un contexte économique et social difficile », a été obtenue grâce à un effort d’assainissement des finances publiques et à « l’amélioration des recettes fiscales »; elle a permis d’élargir la couverture maladie à tous les Burkinabè, s’est félicité le Ministre.

Les attaques terroristes dont il est l’objet préoccupent le Burkina Faso, a poursuivi M. Barry. Elles s’étendent désormais du nord du pays vers d’autres régions, notamment le sud-ouest et l’est, s’est-il inquiété, rappelant qu’en trois ans, elles avaient causé 229 morts. Les terroristes utilisent un nouveau modus operandi, les engins explosifs improvisés, et s’attaquent aux écoles et aux symboles de l’État. Dans ce contexte, M. Barry en a appelé au soutien de la communauté internationale pour rendre opérationnelle la Force conjointe du G5 Sahel. Il a aussi demandé au Conseil de sécurité de placer la Force conjointe du G5 Sahel sous le mandat du Chapitre VII de la Charte, en vue de lui assurer un financement pérenne et multilatéral, et s’est réjoui de l’adoption de la résolution du 31 mai 2018, qui prévoit une redynamisation du rôle du système des coordonnateurs résidents.

Rappelant que son pays est le premier contributeur de troupes à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le Ministre a félicité ce pays pour avoir organisé avec succès l’élection présidentielle « malgré le contexte de la menace terroriste ».

Partisan d’une réforme du fonctionnement du Conseil de sécurité pour qu'il soit davantage représentatif, le représentant burkinabè a aussi appelé à des négociations basées sur un texte, « seul moyen d’avancer sûrement vers une solution réelle et consensuelle ».

Droits de réponse

Le représentant du Qatar, utilisant son droit de réponse après les « fausses accusations » des Émirats arabes unis et du Bahreïn, a réaffirmé que son pays se battait contre le terrorisme et pour la paix. Il a jugé les accusations « contraires au droit international et aux droits de l’homme ». « Ces États qui nous accusent sont coupables de ce dont ils nous accusent », a-t-il affirmé; ils « ont comploté, financé une tentative de coup d’État raté au Qatar », « décidé d’imposer au Qatar un blocus » et de « mentir jusqu’à ce qu’on les croie ».

Le représentant a aussi qualifié les Émirats arabes unis d’être une plateforme du financement du terrorisme. « Le Bahreïn ferait mieux d’adhérer aux conventions internationales et de résoudre ses propres problèmes de respecter ses engagements et d’éviter de marginaliser ses propres citoyens », a-t-il lancé. Pour le représentant, les Émirats arabes unis ne respectent pas les principes de bon voisinage, ne respectent pas leurs engagements, ils « sont devenus un pays qui tente d’évacuer les résolutions du Conseil de sécurité » et qui espionne ses pays voisins.

La représentante de l’Inde a répondu au Pakistan que « le soi-disant nouveau Pakistan » lui semblait « être une resucée de l’ancien ». Elle a cité parmi les « accusations mensongères » du discours prononcé par le représentant du Pakistan, celle portant sur l’attentat terroriste contre une école il y a quatre ans, à Peshawar, qui aurait été fomenté par l’Inde. Pour mémoire, toute l’Inde a pleuré ces enfants, a-t-elle dit. Les deux chambres du Parlement indien ont fait part de leur tristesse et les écoles de toute l’Inde ont à l’époque observé deux minutes de silence. Elle a rappelé en outre que le Jammu-et-Cachemire était et resterait indien.

La représentante a aussi souligné que le Pakistan avait affirmé être à la tête de l’opération antiterroriste « la plus importante et efficace » au monde. Or, le Pakistan peut-il nier héberger de nombreux terroristes sur son sol? a-t-elle demandé. Le Pakistan peut-il nier que les terroristes jouissent de liberté au Pakistan et même que certains d’entre eux se présentent aux élections? Les droits de l’homme, ça commence chez soi, a-t-elle lancé.

En conclusion, la représentante a estimé que le nouveau Ministre des affaires étrangères du Pakistan utilise des allégations fausses et des faits tronqués. Or le Pakistan doit prouver qu’il peut aller au-delà d’un discours de tromperie, a-t-elle conclu.

La représentante des Émirats arabes unis a réagi aux « allégations fausses et infondées » du Qatar. « Il essaie d’ajouter une dimension internationale à cette crise, tout en parlant des mesures légales prises par les Émirats arabes unis en collaboration avec le Bahreïn et l’Arabie saoudite, a-t-elle déclaré. Or, ces mesures étaient en réponse à l’attitude déstabilisatrice du Qatar durant des décennies. « Le Qatar a financé des groupes terroristes », a-t-elle ajouté.

« Nous réaffirmons que nos mesures sont ciblées contre des activités illégales du régime qatari, et les Émirats arabes unis respectent complètement le peuple qatari », a poursuivi la représentante. Selon elle, les allégations du Qatar sont infondées. « Les Émirats arabes unis respectent l’arrêt de la Cour internationale de Justice », a-t-elle indiqué.

Réagissant à son tour, le représentant du Bahreïn a accusé le Qatar de n’avoir « pas cessé d’appuyer des groupes terroristes, déstabilisant certains pays de la région ». Le Qatar appuie l’extrémisme pour renverser certains systèmes, mais les principes du droit international et de souveraineté permettent à ces pays de réagir, a-t-il poursuivi, accusant le Qatar d’avoir appuyé des groupes terroristes au Bahreïn et de leur avoir fourni un soutien médiatique. « Nous détenons des preuves de leur ingérence », a-t-il déclaré. Pour ces raisons, c’est le Qatar qui agit contre les principes des Nations Unies, selon Bahreïn. « Le Qatar continue de se focaliser sur des questions qui n’existent pas », « développe des théories du complot alors qu’il commet des violations de droits de l’homme », a ajouté le représentant.

Le représentant du Pakistan a répondu à son tour à l’Inde en estimant que la diatribe de sa représentante était habituelle. De nombreux centres en Inde sont des foyers de terrorisme, a-t-il ajouté, et un discours de supériorité ethnique est propagé dans toute l’Inde. Le représentant a égrené les noms de victimes de violences ethniques et ajouté que des chrétiens avaient été lapidés par des nationalistes indous. Dans l’Inde d’aujourd’hui, on ne peut s’éloigner de la ligne de pensée officielle, a-t-il déclaré. L’Inde est un pays qui utilise la violence. D’ailleurs, ces dernières années, l’Inde a participé à de nombreuses actions violentes. S’agissant du Cachemire, l’Inde peut-elle nier que les Nations Unies ont appelé à une solution pour faire valoir les droits des cachemiri au Jammu-et-Cachemire? Les violations des droits de la personne y sont nombreuses, a encore déclaré le représentant. L’occupation de l’Inde au Jammu-et-Cachemire est reconnue au niveau international et le Jammu-et-Cachemire n’est pas indien et ne le sera jamais. L’Inde ne peut se cacher derrière des discours. Cent mille Cachemiris ont été victimes du terrorisme d’État, a-t-il encore ajouté.

Usant de son second droit de réponse, le représentant du Qatar a qualifié les accusations des Émirats arabes unis et du Bahreïn de « gratuites ». Il a estimé que la meilleure des réponses était à trouver dans ses partenariats conclus avec de nombreux États Membres des Nations Unies pour atteindre les objectifs de l’ONU pour la paix et la sécurité durables. « Chacun le sait, les politiques qataries découlent de son engagement pour le droit international. Nous faisons preuve de retenue et sommes attachés au dialogue », contrairement à ceux qui accusent le Qatar, a appuyé le représentant.

Répondant de nouveau au Qatar, la représentante des Émirats arabes unis a demandé si le Qatar pourrait enfin cesser de promouvoir le terrorisme. Parlant de « piraterie numérique », elle a accusé le Qatar d’exacerber l’instabilité à travers la promotion du terrorisme.

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