Aide aux réfugiés, aux rapatriés et aux déplacés d’Afrique - Rapport du Secrétaire général (A/71/354)

Report
from UN General Assembly
Published on 23 Aug 2016 View Original

Résumé

Le présent rapport est présenté en application de la résolution 70/134 de l’Assemblée générale sur l’aide aux réfugiés, aux rapatriés et aux déplacés d’Afrique. Il actualise les informations contenues dans le rapport présenté par le Secrétaire général à l’Assemblée à sa soixante-dixième session (A/70/337) et couvre la période allant du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016. Il a été élaboré sous la coordination du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et se fonde sur les informations reçues du Bureau de la coordination des affaires humanitaires du Secrétariat, de l’Organisation internationale du Travail, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, du Programme alimentaire mondial, de l’Organisation mondiale de la Santé, du Programme des Nations Unies pour le développement, du Fonds des Nations Unies pour la population et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, ainsi que sur des rapports rendus publics par l’Observatoire des situations de déplacement interne.

I. Introduction

  1. Des conflits nouveaux et en cours ont provoqué de nouvelles vagues de déplacement dans la région de l’Afrique1 au cours de l’année passée. La violence au Burundi, en République centrafricaine, au Nigéria et au Soudan du Sud a déplacé des centaines de milliers de personnes dans leurs propres pays et à travers les frontières, alors que la dégradation de la situation au Yémen a poussé un grand nombre de personnes à fuir à travers la mer Rouge et le Golfe d’Aden pour chercher refuge dans différents pays de la région. Entre-temps, les conflits prolongés en République démocratique du Congo, au Mali, en Somalie et au Soudan ont empêché des millions de personnes de rentrer chez elles.

  2. À la fin de 2015, environ 12millions de personnes étaient en situation de déplacement interne en Afrique2. Les nombres les plus élevés étaient concentrés au Soudan (3,2 millions), au Nigéria (2,1 millions), au Soudan du Sud (1,7 million), en République démocratique du Congo (1,5 million) et en Somalie (1,2 million). L’Afrique subsaharienne comptait le plus grand nombre de réfugiés au monde (estimé à 4,4 millions). Les réfugiés provenant de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de la Somalie, du Soudan et du Soudan du Sud représentaient 80 % de ce chiffre.

  3. La majorité des pays en Afrique ont perpétué leur longue tradition d’hospitalité et de solidarité envers les réfugiés. Cinq pays africains figuraient parmi les 10 premiers pays d’accueil des réfugiés au monde, à savoir, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, la République démocratique du Congo et le Tchad. Malgré cette générosité, on ne saurait sous-estimer les difficultés d’ordre économique, politique et en matière de sécurité liées à l’accueil d’un grand nombre de réfugiés pendant une longue période.

  4. Le fait de ne pas s’attaquer aux causes profondes du conflit, ainsi que l’insécurité et les violations généralisées des droits de l’homme expliquent pour l’essentiel le caractère chronique des déplacements dans la région et les progrès insuffisants enregistrés dans la recherche de solutions au problème des personnes déplacées. Entre-temps, l’insécurité alimentaire a touché de nombreux réfugiés et personnes déplacées dans leurs propres pays, entraînant une augmentation des cas de malnutrition aiguë, de retards de croissance et d’anémies. Les organismes d’aide avaient du mal à accéder aux populations touchées, ce qui a aggravé la situation humanitaire dans certaines opérations. Dans certaines des zones les plus touchées, l’insécurité alimentaire a entraîné le recours à des stratégies d’adaptation néfastes, notamment la prostitution de survie. D’autres difficultés étaient liées à l’incapacité de garantir le caractère civil de l’asile et des camps de réfugiés, aux cas de violence sexuelle et sexiste et au financement insuffisant pour les opérations humanitaires.