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Acteurs locaux et conventionnels de la solidarite internationale : quelles articulations, quelles inspirations ?

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RÉSUMÉ EXÉCUTIF

En mettant en lumière le potentiel de mobilisation et d’action des acteurs locaux dans toute leur diversité, la pandémie de COVID-19 est venue interroger les postures et les modalités d’intervention des acteurs humanitaires conventionnels, qu’ils soient bailleurs de fonds, agences multilatérales ou ONG internationales. À ce titre, le modèle dominant des relations partenariales dans le secteur humanitaire a révélé ses limites actuelles, aussi bien sur le plan de l’équité des rapports que du manque de durabilité des résultats. Un modèle qui prévoit que les acteurs internationaux conçoivent et pilotent les projets tandis que les acteurs locaux sont souvent de simples prestataires de services (ou exécutants délégués). Or, ces derniers assument aujourd’hui une bonne partie des risques liés aux opérations (sécuritaires, sanitaires, financiers).

La présente étude se présente comme une revue de synthèse de conceptions et de pratiques inspirantes autour des enjeux de la « localisation » de l’aide. Elle vise notamment à dépasser les distinctions usuelles entre acteurs locaux, nationaux et internationaux pour mettre en exergue le potentiel d’actions communes face aux crises systémiques et d’ampleur de demain.

ACTEURS LOCAUX ET CONVENTIONNELS DE LA SOLIDARITÉ : QUELLES ARTICULATIONS, QUELLES INSPIRATIONS ?

Il convient tout d’abord de rappeler que les réflexions autour du rôle et de l’importance des acteurs locaux sont nées dans le domaine du développement et que le Groupe URD – situé à la croisée des mondes humanitaire et du développement – a dès sa création mis en valeur le partenariat comme philosophie d’action et attitude opérationnelle à privilégier , puis encouragé les professionnels de l’aide à « donner la priorité aux acteurs locaux » .
Pour le secteur humanitaire, un consensus sur l'objectif de localisation a véritablement émergé lors du Sommet humanitaire mondial d’Istanbul (23-24 mai 2016) au sein de l’axe de travail n°2 du Grand Bargain.
Depuis lors, les engagements ont tardé à se concrétiser dans les faits et les objectifs – en termes de financement autant que d’inclusion dans les mécanismes décisionnaires et de coordination – sont à ce jour loin d’être atteints même si des tendances positives en matière de financement sont apparues ou ont gagné en visibilité durant la pandémie de COVID-19.

L'ensemble des débats menant au Grand Bargain ont souvent été résumés en « davantage de soutien et de financement pour les intervenants locaux et nationaux » ou encore en une action humanitaire « aussi locale que possible et aussi internationale que nécessaire ». Ces quelques leitmotivs n'ont toutefois pas permis d'évacuer tous les questionnements sur les rôles respectifs des acteurs internationaux, nationaux et locaux, et en particulier sur les enjeux de pouvoir. Aujourd’hui, le processus de réflexion intitulé « Grand Bargain 2.0 » se concentre sur deux priorités de base, axées sur un financement de qualité et un rôle plus central pour les acteurs locaux et les communautés affectées.