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Vénézuela: L'aide française à la reconstruction

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(date de mise à jour : février 2000)

1. Au lendemain de la catastrophe de décembre dernier, la France a marqué sa volonté d'aider le Venezuela dans la reconstruction des zones sinistrées et l'élaboration d'un nouveau schéma directeur d'aménagement du territoire.

2. Une mission d'identification et de cadrage (spécialistes de l'aménagement du territoire, des risques naturels et représentants du ministère des Affaires étrangères), du 19 au 26 janvier 2000, a permis de définir les orientations de l'aide française.

3. L'aide française à la reconstruction s'est traduite par la mise en place, dès le mois de février 2000, d'un "programme de reconstruction" comprenant quatre composantes :

- L'expertise sur les principales insfrastructures affectées par la catastrophe dans l'Etat de Vargas a fait l'objet de deux missions techniques :

  • volet portuaire (port de La Guaira) : mission de M. Jean Smagghe du Conseil général des Ponts et Chaussées et Président de l'Institut des sciences et des techniques de l'équipement et de l'environnement pour le développement (ISTED), du 29 février au 3 mars.
  • volet correction des torrents et couloirs de déjection : mission de MM. Pierre Usselmann, directeur de recherches au CNRS et Didier Richard, ingénieur au Centre national du machinisme agricole, du génie rural et des eaux et forêts (CEMAGREF ), du 21 au 26 février 2000. Des travaux correctifs sont envisageables dans un certain nombre de bassins versants. Le suivi de certains pourrait être confié à la France (aux côtés d'autres pays partenaires).
- L'appui institutionnel à la politique nationale d'aménagement du territoire et à l'élaboration d'un schéma directeur général de reconstruction a conduit à programmer la mission de trois experts de la Délagation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (Datar), accompagnés de M. Pierre Usselmann et de M. Henri Detours, consul honoraire du Venezuela à Bordeaux et ancien directeur de la chambre de commerce de Bordeaux, 7 au 14 mars 2000.

- Une implication importante du secteur privé dans la reconstruction illustrée par le déplacement au Venezuela, du 10 au 15 mars, d'une quinzaine de représentants d'entreprises (AFEX, BCEOM, Bouygues, Campenon Bernard, EGIS, Alstom, GTM, GTME, Ingerop, Outinord Saint Armand, SAE International-Eiffage, Suez-Lyonnaise des Eaux) accompagnés par la Direction des relations économiques extérieures (DREE).

- Projet de reconstruction du hameau de "El Nuevo Guapo" (municipalité de Rio Chico) dans la région de Barlovento, zone de l'intervention d'urgence française.

Des partenariats avec les ONG et les collectivités territoriales sont recherchés. Certaines se sont déjà mobilisées : Croix Rouge Française (qui, étant déjà intervenue dans cette région, pourrait en être l'opérateur), Association France-Venezuela ( FRAVEN ), Conseil Régional du Nord.

4. L'ensemble de ce programme a fait l'objet d'une demande de financement complémentaire (3 à 5 MF) sur la réserve du Premier Ministre.

Bilan de l'aide d'urgence française

1. L'aide française au Venezuela peut être évaluée à 580 000 euros, chiffre ne tenant pas compte des services non directement quantifiables (rotations d'avions, frais de transports, mises à disposition d'experts...).

2. Plus de 100 tonnes d'aide humanitaire ont été transportées au Venezuela par des avions militaires français depuis le 18 décembre 1999, début de l'assistance française aux populations sinistrées :

- Un Transall, effectuant, à partir du 20 décembre 1999, des rotations entre la Martinique et le Venezuela, a permis d'acheminer 30 tonnes de fret (eau, lait, rations de campagne) pour une valeur approximative de 200 000 euros. Cet avion a également débarqué au Venezuela une équipe logistique de 10 militaires français spécialistes des catastrophes naturelles, qui ont participé, jusqu'aux premiers jours de janvier 2000, à des opérations de secours. Cet appareil a été mis à la disposition des autorités vénézuéliennes pour l'évacuation de personnes sinistrées et le transport de matériels et d'équipes de secours à l'intérieur du pays.

- Par ailleurs, un avion cargo transportant 7 unités de potabilisation, 20 citernes d'eau, 13 groupes électrogènes, 55 tentes et des vivres (30 tonnes pour un montant de 230 000 euros ) est arrivé le 24 décembre 1999 à Caracas en provenance de Paris. A son bord se trouvait également une équipe de 17 experts de la sécurité civile, assistés de 2 techniciens du traitement des eaux et de 3 experts allemands.

- Enfin, la population martiniquaise a donné 7 tonnes de fret humanitaire,qui ont été acheminées le 12 janvier 2000 de Fort-de-France à Caracas par un Transall C 160.

3. Sur place, un crédit de première urgence de 37 000 euros a permis dès le début de la catastrophe à notre ambassade d'acheter des médicaments. Il convient d'y ajouter les dons de la communauté française au Venezuela et de la Chambre de commerce franco-vénézuélienne (127 000 euros).

4. Les autorités venezueliennes nous ont exprimé leur reconnaissance pour cette aide significative ( nous plaçant parmi les tout premiers contributeurs ), efficace, adaptée aux besoins immédiats et qui a bénéficié d'une bonne visibilité médiatique.