Tanzania + 4 more

Lutte contre la malaria : La Suisse poursuit sans relâche son engagement

Source
Posted
Originally published
Origin
View original
Du 14 au 19 décembre 2009, la malaria est sous les feux de l'actualité grâce à l'opération « Jeder Rappen zählt » conduite par DRS 3, SF (radio et télévision suisses alémaniques) et la Chaîne du Bonheur. Le soutien populaire à la lutte contre cette maladie qui condamne à mort près d'un million d'enfants par année s'inscrit dans la bataille engagée par la Suisse depuis longtemps pour venir à bout de ce fléau. Une ténacité qui commence à porter ses fruits.

40% de la population mondiale exposée et 1 million de morts par an dont 80% d'enfants

La lutte contre la malaria appartient, au même titre que le VIH/SIDA et la tuberculose, à l'Objectif du millénaire pour le développement numéro 6. 40% de la population mondiale vit aujourd'hui encore en contact avec ce fléau typique de la pauvreté. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement exposées. Chaque année 300 à 500 millions de personnes contractent cette maladie qui entraîne dans son sillage 1 million de morts dont 80% sont des enfants en dessous de 5 ans vivant en Afrique subsaharienne. Humainement, socialement et économiquement, cette situation est insupportable.

Une maladie mortelle et pourtant évitable

Le contrôle de la malaria n'est pas une entreprise surhumaine : des médicaments efficaces et sûrs sont disponibles, les moustiquaires imprégnées d'insecticide ont fait la preuve de leur utilité. Mais il faut comprendre que pour les pays affectés, qui sont parmi les plus pauvres de la planète, les méfaits du paludisme représentent un fardeau économique considérable. La faiblesse des systèmes de santé empêche la mise en place des mesures indispensables et leur accès à une grande majorité de la population. C'est pourquoi ces pays ont besoin de l'aide internationale.

2 milliards de dollars : un effort international qu'il faut doubler

Il s'agit donc d'assurer un financement durable. La communauté internationale investit 2 milliards de dollars par an dans la lutte contre la malaria, dont 40 millions proviennent de Suisse. Cette somme est insuffisante pour renverser réellement la vapeur. Selon des calculs d'experts (en l'occurrence Jeffrey Sachs, de Earth Institute), il faudrait carrément doubler cette somme.

En 8 ans, l'UNICEF a multiplié par 10 le nombre des moustiquaires

Cependant, sur le terrain, les efforts engagés commencent à porter leurs fruits. L'UNICEF a ainsi multiplié par 10 le nombre de moustiquaires distribués, passant de 2,3 millions en 2001 à 20 millions en 2007. Le Fonds global pour la lutte anti-SIDA, tuberculose et malaria a financé en 2007 46 millions de moustiquaires.

La Suisse : une mobilisation générale contre la malaria

La Suisse, via le secteur privé, la recherche, la coopération publique au développement et les organismes d'entraide, est active depuis des décennies sur le front de la malaria. Les activités se déploient dans plusieurs secteurs qui vont de la recherche de pointe sur les médicaments et les insecticides à la recherche appliquée sur le terrain, du renforcement du système public de santé et de services au soutien financier d'initiatives globales. Illustration de ce dynamisme helvétique, la constitution en 2008, sur l'initiative de la DDC, du Swiss Malaria Group.

L'aide suisse en chiffres

Les entreprises suisses de l'industrie pharmaceutique, les ONG et la coopération publique au développement investissent ensemble quelque 40 millions de francs chaque année pour mieux contrôler et faire reculer le paludisme. Pour sa part, la DDC consacre 11,5 millions de francs à l'aide bilatérale et multilatérale à la lutte contre la malaria et 15 millions au renforcement des systèmes de santé locaux.

Les priorités de la DDC

La DDC apporte sa contribution au renforcement des services de santé au Rwanda, au Burundi et en République démocratique du Congo ainsi qu'au renforcement des systèmes de santé nationaux en Tanzanie et au Mozambique. Une part substantielle de cette contribution est injectée dans les thérapies contre la malaria ainsi que dans les programmes de prévention.

La DDC encourage les partenariats privé-public, à l'instar de la collaboration innovante et réussie qui s'est instaurée entre Novartis et Medecines for Malaria Venture avec, dès cette année, le développement et la distribution à titre conjoint du Coartem, médicament supporté par les enfants.

La recherche d'un vaccin unique contre la malaria, engagée depuis plusieurs années, arrive à un tournant. De nouveaux résultats intermédiaires laissent espérer un vaccin pour 2012. La DDC et d'autres acteurs suisses comme l'Institut tropical suisse soutiennent depuis des années en Tanzanie le Centre de santé Ifakara (Ifakara Health Centre), une des figures de proue des centres africains, qui contribue de manière substantielle à cette importante étude consacrée au vaccin.

Tanzanie : Un taux de mortalité infantile qui a diminué d'un quart

Dans l'un des projets emmenés par la DDC et l'Institut tropical suisse l'achat et l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides ont été dopés par la mise en place d'un véritable marketing social. Ce projet a réussi à réduire la mortalité infantile de 26%. Il a aussi contribué à l'élaboration d'une stratégie nationale du contrôle de la malaria qui se voit maintenant implantée.

Kirghizistan : Protéger les mères et les enfants

En collaboration avec la Croix Rouge suisse, la DDC soutient un programme innovant de santé de base qui met notamment l'accent sur la prévention de la malaria. Grâce aux recommandations touchant aux moustiquaires imprégnées et à leur distribution aux femmes enceintes, la prévention se voit intégrée dans le programme mère-enfant. Ce programme pilote s'étend désormais à l'ensemble de ce pays d'Asie centrale.